Marilyn Migliorini, esthéticienne : «La clé de la réussite est de croire en vos projets»
Son métier, elle a toujours voulu l’exercer. À l’âge de huit ans, Marilyn sait que plus tard elle s’occupera des femmes. «C’est une pub pour un soin que j’ai vue à la télé qui m’a montré que cela pouvait rendre les femmes heureuses, raconte-t-elle. Si je fais ce métier aujourd’hui, c’est pour m’occuper des femmes, pas parce que j’aime le make-up et les ongles.»
Un CAP et un BP esthétique pour devenir esthéticienne
Marilyn passe son Bac avant de s’inscrire en école d’esthétique pour un CAP en un an.
«Je suis complètement dans mon élément. Je découvre que ma passion pour ce métier est réelle», se rappelle-t-elle. Après le CAP, Marilyn enchaîne avec un Brevet Professionnel en alternance chez Marionnaud.
«J’y avais déjà travaillé, côté parfumerie, lorsque je préparais mon Bac, et là j’ai découvert la partie soin en cabine. J’ai été très bien formée. Je vois toujours ma responsable de l’époque quand je viens à Paris ! Elle était très stricte mais je ne la remercierai jamais assez parce que j’ai découvert beaucoup de choses grâce à elle. J’ai été formée sur plein de marques de luxe. Et puis, il y avait une rigueur, qui était vraiment comme à l’école.»
Son rêve : travailler pour une marque de luxe et ouvrir son institut de beauté
À l’époque, la jeune esthéticienne nourrit deux rêves : travailler pour une marque de luxe et ouvrir son institut de beauté.
«J’ai d’abord voulu travailler pour une marque de luxe avant d’ouvrir mon institut. J’ai donc pris contact avec une agence d’intérim à Paris qui ne faisait travailler qu’avec des marques de luxe», explique-t-elle.
Marilyn travaille pour toutes les grandes marques. Elle fait de l’animation en grands magasins pour des marques de soin et de maquillage. «J’ai travaillé pour Kenzo, Lancôme, Clinique… Étant jeune, je me suis dit qu’il fallait que je voie un peu tout pour savoir vers quoi je voulais m’orienter», indique-t-elle.
Ses premières expériences dans le luxe : Chanel en 2005
L’école de l’exigence
De fil en aiguille, Marilyn travaille pour Chanel, qui finit par l’embaucher en 2005. Elle travaille sur le stand de la marque aux Galeries Lafayette et contribue au développement de l’axe soin du stand.
«C’était magique. Chanel avait une certaine rigueur et j’étais toute jeune aussi. J’ai été propulsée dans de magnifiques soirées et dans des formations, détaille-t-elle. Ça m’a appris vraiment le sens de la vente : comment mener une vente de produits de luxe, quels sont les critères, comment gérer… J’observais beaucoup la responsable du stand.»
Une expérience formatrice pour l’esthéticienne, qui résonne avec son quotidien actuel de cheffe d’entreprise.
Une intégration pas des plus évidentes
Bien que Marilyn ait vécu un rêve éveillé en travaillant chez Chanel, il n’a pas été facile pour elle de se faire une place au milieu des autres conseillères pas toujours bienveillantes.
«J’ai vraiment tout donné pour y arriver. Je n’ai rien lâché. Il ne faut pas hésiter à faire ses preuves en étant audacieuse, conseille-t-elle. Un jour, j’ai moi-même décidé de faire une animation en maquillage. La responsable de stand passait et elle m’a félicitée. Je ne m’y attendais pas.»
L’expérience client avant
Satisfaire la clientèle exigeante des Galeries Lafayette n’est pas évident.
«Surtout avec l’offre novatrice que nous avions à l’époque. La clientèle n’avait pas pour habitude de venir faire un soin dans ce genre de lieu. Il fallait que la cliente se sente unique. La tenue, l’accueil, la petite coupelle, la tasse pour le café, le plaid, la couleur du coussin, tout compte. Il faut se souvenir d’elle, être heureuse de la retrouver. Avoir une personnalité affirmée et posée est important», explique notre interlocutrice.
Ses débuts en tant qu'esthéticienne à domicile
Après quatre années passées chez Chanel, Marilyn quitte Paris direction le sud pour suivre son compagnon. «Même si je n’étais pas emballée par l’idée, je me suis dit que j’avais réalisé un premier rêve en travaillant chez Chanel. Ce coup-ci, il était temps de réaliser le deuxième : créer mon institut.»
Marilyn s’installe à Uzès et se lance en tant qu’esthéticienne à domicile. Elle propose des prestations classiques : soin visage, épilation, beauté des mains et des pieds et vernis semi-permanent. Les débuts sont difficiles, Marilyn n’a qu’une cliente par mois.
«Parce que la Parisienne qui arrive dans le Sud, elle n’est pas du tout attendue. Donc, ça a été extrêmement difficile. Je pleurais tous les jours parce que, en plus, ma famille me manquait. Je n’avais pas d’aide. Encore une fois, j’ai dû faire mes preuves», confie-t-elle.
L’esthéticienne envisage de retourner à Paris. Puis, finalement, elle s’accorde une année afin de voir comment les choses évoluent et s’accroche.
Du domicile à la création de son institut physique
Les efforts que déploie Marilyn paient. Petit à petit, elle a de plus en plus de clientes. Et ce, uniquement grâce au bouche-à-oreille.
«Je prenais mes petites jambes et j’allais voir les commerçants du coin pour me présenter. Et à un moment donné, quelques clientes m’ont demandé de créer un lieu pour elles», explique l’esthéticienne qui crée finalement une cabine de soin chez elle.
Mais rapidement, ses journées finissent tard, ce qui peut poser problème lorsqu’on reçoit à son domicile.
C’est une cliente, pharmacienne, qui lui propose de lui louer une réserve de 15 m2, située au-dessus de sa pharmacie. «Je la rencontre et j’accepte sa proposition, parce que ça ne devenait plus possible à la maison.»
Elle refait complètement le local, ce qui lui permet d’attirer une nouvelle clientèle. «J’avais, opté pour un univers autour des bonbons, des macarons, des tons pastel. J’avais fait quelque chose un peu à la parisienne», explique Marilyn.
L’esthéticienne fait l’acquisition d’une première technologie : un appareil de pressothérapie. Son activité fonctionne bien, Marilyn travaille ainsi pendant quatre ans.
«Au bout de quatre ans, je me suis sentie un peu à l’étroit et j’avais un mois et demi d’attente. J’ai pensé qu’il serait peut-être temps d’envisager de travailler dans un lieu plus grand. Je n’avais pas la place de créer tout ce que je souhaitais», se souvient-elle.
La découverte de la marque Bloomea pour l'esthéticienne
Elle loue finalement un local plus grand à son acupuncteur, toujours à Uzès. C’est lors d’un salon que son parcours prend un nouveau tournant. En flânant dans les allées, Marilyn découvre par hasard Bloomea, une rencontre qui va bouleverser sa pratique. Pourtant, rien ne la prédestinait à s’intéresser à une technologie esthétique.
«J’ai toujours été une anti-technologie. Je travaillais exclusivement avec des techniques manuelles.»
Le succès de l'institut de beauté grâce à la technologie
C’est deux ans plus tard que Marilyn décide finalement d’investir dans “La Fontaine” de Bloomea. Une nouvelle acquisition qui lui permet de développer davantage son expertise visage.
«Je me suis beaucoup renseignée, documentée. J’ai fait des formations complémentaires pour essayer de devenir une experte. Et là, ça a cartonné. J’ai doublé mon chiffre d’affaires grâce à “La Fontaine” que j’ai rentabilisée en trois mois», détaille-t-elle.
La Fontaine
L’intégration de “La Fontaine”, une technologie polyvalente de resurfacing cutané (qui combine macro-exfoliation, luminothérapie et micro-vibration), permet à Marilyn d’initier sa clientèle, jusqu’alors attachée aux soins manuels, aux soins technologiques. Un pari gagnant qui transforme progressivement son institut.
«J’ai toujours eu une relation de confiance avec mes clientes. Quand je leur ai expliqué que si j’avais investi dans cette technologie, c’était parce que je savais qu’elle leur apporterait un vrai bénéfice, elles m’ont suivie. Et puis, certaines me demandaient aussi des soins plus correctifs. Je me suis dit que si je ne répondais pas à cette attente, d’autres le feraient. Finalement, cette technologie m’a permis à la fois de faire évoluer ma clientèle et d’attirer de nouvelles clientes en quête d’efficacité.»
NeoCare
Quelques années plus tard, Bloomea lance “NeoCare”, son appareil de radiofréquence. Convaincue par les résultats obtenus avec “La Fontaine”, Marilyn n’hésite plus longtemps avant d’investir.
«Je me suis dit que “NeoCare” pouvait m’aider à aller plus loin, notamment sur la minceur, le relâchement cutané, et les rides plus profondes. Une fois la qualité de peau améliorée, il fallait aussi pouvoir stimuler les cellules et raffermir les tissus. Cette fois, j’ai beaucoup moins hésité avant d’acheter l’appareil. Et ça a été un vrai succès. En associant les deux technologies, les résultats étaient encore meilleurs. Mes clientes avaient déjà confiance en moi et en Bloomea, alors l’adoption de cette nouvelle technologie s’est faite très naturellement», explique Marilyn.
L’embauche d’une apprentie dans son institut de beauté
En 2020, moment où elle fait l’acquisition de la “NeoCare”, l’institut de Marilyn se développe considérablement.
Travailler seule n’est plus si évident, Marilyn manque de temps pour accueillir sa clientèle. Elle pense à arrêter certaines prestations comme les ongles ou les épilations.
Au même moment, une jeune fille, Eva, la contacte pour un stage. Mais à l’époque, Marilyn ne dispose que d’une cabine, difficile donc de travailler à deux. «Finalement, je l’ai ensuite embauchée pour son alternance de BTS. Nous alternions notre présence en cabine pour ne pas empiéter sur le travail de l’autre.»
Le développement de Marilyn L’Institut
Marilyn trouve un local plus grand pour embaucher Eva dans de bonnes conditions après son apprentissage. À son installation dans ce nouveau local, Marilyn recrute une amie esthéticienne, Florine, et investit simultanément dans la “NeoCare Elite” de Bloomea. Un pari audacieux qu’elle assume.
«Je me suis dit : “Marilyn, tu as tout fait en même temps, tu es complètement folle”. Mais j’avais confiance. À l’ouverture de l’institut, on a organisé une animation autour de cette nouvelle technologie. J’ai dit à mes esthéticiennes : “Là, on n’a pas le droit à l’erreur. J’ai investi dans une machine de dingue, j’ai un loyer trois fois plus élevé et maintenant des salariées. Il faut qu’on donne tout”. Elles faisaient partie du projet, donc elles étaient pleinement impliquées. Cette animation a fait connaître à la fois la technologie et le nouvel institut. Et ça a cartonné. En une après-midi, on avait rentabilisé la “NeoCare Elite”. Ça a été de la folie. Mais j’avais énormément préparé cet événement.»
Une animation qui rapporte gros
Pour le lancement de la “NeoCare Elite”, en 2023, Marilyn imagine une véritable opération événementielle. Tout est pensé dans les moindres détails : prise de contact en amont avec les clientes par téléphone, bilans personnalisés, tenue identique pour toute l’équipe, décoration, champagne et même des biscuits à l’effigie de l’institut et de la technologie.
L’objectif est de faire découvrir l’appareil à travers des démonstrations et des rendez-vous personnalisés.
Le succès dépasse toutes ses attentes. «Les clientes repartaient avec deux cures, une pour le visage et une pour le corps, puis revenaient avec des amies. Moi, j’étais en rendez-vous pour finaliser les ventes et je ne me rendais pas compte du chiffre d’affaires. À la fin de l’animation, avec l’équipe Bloomea, on a recompté cinq fois tellement on n’y croyait pas : en une après-midi, on avait quasiment rentabilisé la machine. On a réalisé 28 000 euros de chiffre d’affaires !».
Grâce à ce succès, Marilyn a pu racheter deux technologies supplémentaires à Bloomea.
Qu'en est-il de Marilyn L’Institut aujourd’hui ?
Aujourd’hui, Marilyn L’Institut est centré sur l’expertise anti-âge et la minceur. L’équipe est composée de quatre personnes dont Marilyn. Mis à part Bloomea, Marilyn travaille avec les marques Janssen Cosmetics, Marc Inbane, 1944 Paris et Alessandro.
Un parcours client personnalisé
Chez Marilyn, chaque étape du parcours client est soigneusement pensée. Dès l’arrivée, les clientes sont accueillies de manière personnalisée, avec une boisson, un espace d’attente confortable et, pour les nouvelles venues, un sac de bienvenue contenant des échantillons. Avant chaque soin, un bilan permet de comprendre leurs attentes et leurs éventuelles contre-indications.
En cabine, rien n’est laissé au hasard : ambiance chaleureuse, confort, gestes expliqués à chaque étape et attention constante portée au bien-être de la cliente. Pour Marilyn, ce sont ces détails qui font toute la différence.
«Tout le monde peut réaliser un soin ou utiliser une technologie. En revanche, créer une vraie relation avec la cliente, tout le monde ne sait pas le faire. Nous sommes toujours à son écoute, on explique chaque geste, on s’assure qu’elle est bien installée. Les clientes nous disent souvent qu’elles n’aimaient pas aller en institut avant de nous connaître, et qu’elles ont appris à aimer ces moments chez nous. Quand une cliente me dit : “Je viens vous voir, je vous fais confiance”, je me dis que j’ai réussi.»
Un quotidien rythmé
Depuis un an, Marilyn partage son temps entre son institut et son activité de formatrice freelance pour Bloomea. Cette nouvelle mission l’a conduite à faire monter son équipe en autonomie, tout en continuant à piloter l’entreprise à distance. Gestion financière, suivi des performances, organisation de l’équipe, et développement de nouveaux soins, rythment désormais son quotidien de cheffe d’entreprise.
«Mes collaboratrices ont pris beaucoup de responsabilités. Aujourd’hui, même quand je ne suis pas là, l’institut fonctionne parfaitement et le chiffre d’affaires ne baisse pas. C’est ma plus grande fierté. J’adore transmettre et former», confie-t-elle.
Une nouvelle étape s’ouvre désormais pour elle : Marilyn a pris la direction de l’Académie Bloomea début 2026, tout en conservant son institut. Elle partage son temps entre ces deux activités, un nouveau défi qu’elle aborde avec enthousiasme.
«Mon institut, je ne le lâcherai jamais. C’est mon bébé. Mais ce nouveau challenge me fait vibrer.»
Message aux esthéticiennes cheffes d’entreprise
Pour Marilyn, le principal conseil à adresser aux esthéticiennes qui se lancent ou développent leur activité tient en un mot : oser.
«Beaucoup de professionnelles doutent d’elles, ont peur de prendre des risques ou ne se sentent pas légitimes. Pourtant, il faut croire en ses rêves et ne jamais rien lâcher. Le parcours n’est jamais simple, mais quand on est passionnée et qu’on se donne les moyens, on avance. Moi aussi, j’ai traversé des périodes très difficiles où j’aurais pu tout arrêter. Mais j’ai toujours choisi de croire en mes projets. Si on ne tente rien, on n’y arrivera jamais. Alors, osez, ayez confiance en vous et avancez», conclut-elle.
