Etudiant en esthétique : le guide pour réussir votre examen pratique
On connaît toutes cette scène. Le jour de l’examen, le cœur bat un peu plus vite, on vérifie une dernière fois son matériel, on regarde l’heure et, soudain, tout ce qui semblait parfaitement maîtrisé pendant les entraînements paraît beaucoup moins évident.
Pourtant, les difficultés rencontrées ne viennent pas toujours d'un manque de connaissances. Certaines erreurs apparaissent simplement parce que le stress prend le dessus ou que de mauvaises habitudes d’organisation se glissent dans la pratique.
Quelles erreurs d’hygiène peuvent vous pénaliser pendant l’examen ?
L’hygiène est évidemment l’un des premiers points sur lesquels vous devez être irréprochable. Pourtant, c’est aussi l’un des domaines dans lesquels certaines mauvaises habitudes ressortent le plus.
Le problème se retrouve notamment lorsque vous utilisez votre matériel personnel et reproduisez des gestes que vous avez pris l’habitude de faire chez vous sans penser systématiquement à le désinfecter.
L’asepsie des mains est un autre point régulièrement oublié. Or, elle ne doit pas être considérée comme une étape que vous effectuez uniquement au début du soin. « Ça doit faire partie de vos gestes quotidiens, même plusieurs fois dans le soin », insiste Justine Grosselin, jury d’examen et professeure d’esthétique.
Le lavage des mains est également important. Passer rapidement vos mains sous l’eau ne suffit pas. Il faut prendre le temps de nettoyer entre vos doigts et sous vos ongles. Il ne faut pas hésiter à utiliser une brosse pour compléter ce lavage.
Ce sont des gestes simples, mais qui doivent devenir automatiques. Le jour de l’examen, le jury ne regarde pas seulement si vous connaissez les règles d’hygiène. Il voit surtout si vous les avez réellement intégrées à votre manière de travailler.
L’hygiène du matériel
Rappel désinfecter et stériliser :
La question revient souvent et Justine tient à rappeler qu’il ne s’agit pas de deux mots interchangeables.
« Désinfecter, vous allez éliminer les micro-organismes, mais vous n’allez pas les tuer. Stériliser, vous allez vraiment tuer les bactéries, les micro-organismes, les virus, etc », détaille Justine. Les deux gestes ont donc leur importance.
Pour le matériel à usage unique, le renouvellement est évidemment nécessaire à chaque utilisation. Pour les instruments réutilisables, comme les ciseaux par exemple, le nettoyage et la désinfection doivent être complétés par la stérilisation.
Justine constate pourtant que cette dernière étape est encore trop souvent négligée, aussi bien par les élèves que par certaines professionnelles.
Ne pas oublier votre matériel et apporter le matériel adapté lors de l’épreuve
Il y a des choses auxquelles vous ne pensez pas immédiatement lorsque vous préparez votre sac pour l’examen. Les produits, les instruments, le linge, la tenue professionnelle… Et puis il y a la petite poubelle, que vous pouvez facilement oublier.
Pourtant, elle fait bien partie du matériel à apporter. « Une petite poubelle de table », précise Justine. Pas question, évidemment, de transporter une énorme poubelle. L’idée est surtout d’avoir un contenant propre et avec un couvercle.
Le linge mérite lui aussi une petite réflexion. Justine recommande le blanc pour les examens, notamment parce que cette couleur permet au jury de voir que les serviettes utilisées sont propres. Les couleurs ne sont pas problématiques, mais le blanc fait davantage professionnel. « Le blanc est fortement conseillé pour un examen. En ce moment, on voit beaucoup de beige et de marron. Je suis un peu dubitative parce qu’on ne voit pas vraiment si le linge a été utilisé plusieurs fois ou non », explique la professeure.
Le jour J, vous devez donc arriver avec l’ensemble de votre matériel, votre linge, votre tenue professionnelle, vos consommables, votre poubelle, vos lingettes et votre lampe UV. Rien ne doit être oublié sous peine d‘être fortement pénalisée.
Comment installer un poste de travail qui montre votre professionnalisme ?
Avant même d’observer une manœuvre, le jury analyse votre poste de travail.
Pour Justine, cette première image en dit déjà beaucoup. Elle se souvient de ses années d’école, lorsque sa professeure lui demandait de replacer systématiquement chaque instrument dans le même ordre sur le poste de soin. Une habitude qui peut sembler stricte, mais qui lui a appris à travailler avec méthode.
« Ça donne une discipline », explique-t-elle. Aujourd’hui, elle trouve justement que cette rigueur dans l’installation du poste se perd.
La différence peut parfois tenir à des détails. La poubelle, par exemple, ne doit pas être placée devant le matériel et à côté du modèle. Ce n’est ni hygiénique, ni professionnel. « C’est ridicule parce qu'après, vous avez le matériel derrière, donc elles touchent la poubelle avec le bras. Ce sont des erreurs bêtes », ajoute Justine.
Elle conseille plutôt de penser le poste comme un espace organisé autour de plusieurs zones. La poubelle de table peut être installée dans le fond, les éléments liés à l’hygiène dans un petit coin, puis les coupelles, les produits, le pot à instruments et les mouchoirs dans un ordre logique. Même les spatules et les éponges doivent avoir leur place.
Et une habitude doit absolument disparaître : « Ne jamais faire ça, c'est vraiment pénalisant pour vous de laisser tremper vos éponges dans l’eau. Il faut penser à acheter des supports pour poser les spatules et les éponges », ajoute-t-elle.
Cette installation ne sert donc pas seulement à avoir un poste agréable à regarder. Elle permet de travailler plus vite, d’être organisée, de limiter les gestes inutiles et de montrer au jury que vous savez déjà vous comporter comme une professionnelle.
Comment préparer votre matériel pour ne rien oublier et gagner du temps ?
La préparation commence bien avant l’entrée dans le centre d’examen. Justine vous conseille d’arriver suffisamment tôt pour pouvoir vous installer dès que vous en avez la possibilité.
Vous disposez d’une trentaine de minutes pour préparer votre poste, mais l’objectif n’est pas de tout sortir immédiatement. Il faut plutôt réfléchir à ce dont vous aurez besoin à chaque étape de l’épreuve.
C’est pour cette raison que Justine recommande de préparer plusieurs boîtes en amont. Dans l’une, le nécessaire pour l’épilation. Dans une autre, le matériel pour la beauté des ongles… Lorsque l’épreuve passe d’une technique à l’autre, il suffit de sortir la boîte correspondante et de ranger la précédente.
Cette méthode peut prendre un peu plus de place qu’une trousse, mais elle permet d’éviter de mélanger votre matériel qui finit par encombrer le poste et vous désorganiser.
Les trousses ne sont pas interdites et ne font pas perdre de points en tant que telles. Mais dans un examen professionnel, une organisation pensée autour de boîtes par technique peut être beaucoup plus pratique et plus professionnelle que des trousses à motifs.
Pourquoi faut-il découper ses cotons avant l’épreuve ?
Coupez vos cotons est une préparation qui ne changera pas directement votre note, mais qui peut vous faire gagner plusieurs minutes.
Justine recommande de préparer vos cotons avant l’épreuve. Pour le démaquillage des yeux, elle conseille notamment les cotons ronds, qui peuvent être coupés en deux. Ils sont alors plus faciles à positionner sous et au-dessus de l’œil pendant le démaquillage.
Même chose pour le démaquillage des ongles. Découper les cotons à l’avance permet de disposer d’un petit morceau pour chaque doigt.
Si vous attendez le jour de l’examen pour le faire, le temps file. « Si elles commencent à s’installer et à couper les cotons un par un pour les dix doigts, là, elles perdent facilement deux minutes », explique Justine.
Deux minutes peuvent sembler dérisoires. Mais, sur une épreuve chronométrée, elles peuvent pourtant faire la différence.
Comment construire votre timing avant de commencer la pratique ?
Pour Justine, le meilleur moyen de ne pas subir le chronomètre est de l’anticiper.
Elle conseille de profiter des trente minutes consacrées à la partie écrite pour préparer les grandes étapes du soin et leur attribuer une durée. Il ne s’agit pas de recopier tout le protocole. Quelques indications suffisent pour savoir où vous devez vous trouver dans votre épreuve à un moment donné.
Cette feuille peut ensuite rester à votre disposition pendant la pratique. Elle devient une sorte de fil conducteur.
Justine a d’ailleurs pu observer une différence entre les candidates qui prennent le temps de préparer ce déroulement et celles qui commencent directement leur pratique sans véritable projection.
Que faire lorsque vous prenez du retard pendant l’épreuve ?
Le pire réflexe serait de vouloir sauver une seule étape en sacrifiant toutes les suivantes.
Si vous vous sentez en danger concernant votre timing, Justine conseille plutôt de réduire la durée de certaines techniques. Une technologie peut notamment être utilisée moins longtemps afin de conserver du temps pour le masque ou pour une autre étape du protocole.
« Vaut mieux réaliser toutes les étapes, même si elles durent moins longtemps, plutôt que de faire dix minutes d’appareil et de ne pas avoir pu faire le masque du tout », explique-t-elle.
Cela reste évidemment pénalisant, mais permet de montrer l’ensemble des compétences demandées.
Pour surveiller le temps, Justine recommande également d’avoir une petite horloge sur votre poste. Elle conseille un affichage numérique, plus rapide à consulter pendant une épreuve que les aiguilles d’une horloge classique. Dans certains centres, un écran affiche aussi directement l’heure.
Pourquoi votre posture compte-t-elle aussi pendant un examen ?
L’esthétique est un métier physique et les mauvaises postures répétées peuvent finir par peser sur votre corps.
Les étudiantes « ne pensent pas qu’elles ont un bas du corps », souligne Justine. Autrement dit, les épaules et le dos ne doivent pas tout faire. Pour la professeure, le secret est d’utiliser vos jambes, de fléchir les genoux, d’écarter les jambes et de vous ancrer dans le sol. Cela permet de mieux répartir l’effort et d’éviter de tout envoyer dans les épaules et les cervicales.
Ces détails, le jury va les analyser et, pour vous, future professionnelle, cette habitude est à prendre le plus tôt possible.
Que faire si vous oubliez une étape du protocole ou si vous maîtrisez moins une technique ?
C’est probablement l’un des moments que vous redoutez. Vous connaissez votre protocole, vous l’avez répété plusieurs fois, et pourtant, devant le jury, impossible de retrouver la suite.
La tentation est alors de chercher la réponse autour de soi. Regarder la candidate d’à côté, lever les yeux, chercher le regard du jury… Pour Justine, c’est précisément ce qu’il ne faut pas faire. « On voit tout de suite, quand une candidate ne maîtrise pas », explique-t-elle.
Un trou de mémoire peut arriver. Ce qui va compter, c’est aussi la façon dont vous allez réagir.
« Si vous ne connaissez pas votre protocole, vous assumez et vous allez jusqu’au bout. Essayez de faire au mieux et montrez-nous que vous êtes capable. Il faut absolument rester professionnel », résume Justine.
Pourquoi le modelage est-il souvent un point faible ?
Parmi les différentes techniques de soins, le modelage revient régulièrement dans les difficultés rencontrées.
Selon Justine, certaines ne l’apprennent pas suffisamment et finissent par le réaliser trop rapidement. « Le modelage est souvent bâclé », constate-t-elle.
Justine raconte même qu’il lui arrive de reconnaître l’école dont vient une candidate simplement en observant son modelage, tant certaines appliquent leur protocole de façon identique.
Comment remédier à ça ?
La solution passe évidemment par l’entraînement. Mais le secret est de vous approprier davantage les protocoles.
Si vous êtes en alternance, vous pouvez par exemple vous appuyer sur certaines manœuvres pratiquées dans votre entreprise et que vous maîtrisez particulièrement bien, à condition qu’elles puissent s’intégrer au protocole demandé. « On adore les candidats qui vont se mettre en valeur, qui vont mettre leurs pattes et qui vont se démarquer », souligne Justine.
Que faire si vous ne maîtrisez pas l’appareil prévu à l’examen ?
Les technologies sont un autre terrain sur lequel certaines candidates perdent leurs moyens.
Justine observe notamment que beaucoup se reposent sur le même appareil, l’ionophorèse du fait de son action multi-tâches. Le problème apparaît lorsque le centre d’examen propose un autre modèle ou une autre génération d’appareil.
Impossible, bien sûr, de connaître toutes les marques existantes. Mais il est possible de vous préparer aux appareils les plus courants. Dans ses cours, Justine explique qu’elle présente notamment les anciennes et les nouvelles versions des appareils que les élèves peuvent rencontrer dans les centres d’examen.
N’oubliez pas que vous pouvez consulter les modes d’emploi mis à votre disposition dans les centres d’examen. Si un appareil vous est inconnu, quelques secondes passées à lire les indications peuvent éviter une mauvaise manipulation.
Justine préfère d’ailleurs largement une candidate qui prend trente secondes pour vérifier le fonctionnement d’un appareil, plutôt qu’une candidate qui tente au hasard de brancher une électrode ou un accessoire qui ne correspond pas. « C’est une erreur à ne pas commettre, il vaut mieux perdre 30 secondes à lire le mode d’emploi, plutôt que ne pas utiliser la technologie correctement. Il ne faut pas avoir peur, lire le mode d’emploi ne fera pas perdre de points et vous fera gagner du temps si vous ne maîtrisez pas du tout l’appareil », explique Justine.
Comment se comporter avec votre modèle pendant l’examen ?
Votre modèle est peut-être votre mère ou votre meilleure amie, cela ne change rien. Mais une fois l’épreuve commencée, il faut la considérer comme une cliente.
C’est là qu’une certaine familiarité peut jouer des tours. Discuter comme avec une amie, plaisanter ou avoir des gestes trop spontanés n’est pas forcément compatible avec l’image professionnelle attendue par un jury. « Oubliez que c’est votre maman, oubliez que c’est votre meilleure copine, c’est essentiel », insiste Justine.
En revanche, il faut rester attentionnée avec le modèle. Quelques questions simples permettent de montrer que vous veillez à son confort. Est-ce que la température convient ? Est-ce qu’elle a trop chaud ou trop froid ? A-t-elle besoin d’une couverture ?
Ce sont de petites attentions, mais elles permettent au jury de voir la professionnelle derrière la candidate. Justine explique qu’elles ne donnent pas forcément lieu à une augmentation de la note, mais qu’elles peuvent jouer en votre faveur.
Que voit le jury dans les premières secondes ?
Avant de voir votre technique, le jury voit votre posture, votre tenue, votre modèle et votre poste.
C’est pourquoi Justine insiste autant sur ces premières secondes. Une candidate déjà installée, avec une tenue professionnelle soignée, une coiffure adaptée, un maquillage sobre, un poste prêt et un modèle installé donne immédiatement l’image de quelqu’un qui sait où elle va.
À l’inverse, lorsqu’une candidate cherche encore son matériel, tourne dans la salle, repart chercher quelque chose ou semble complètement paniquée, le jury comprend rapidement qu’elle est en difficulté. Une coiffure négligée ou des cheveux mal attachés peuvent également être pris en compte dans la partie de la grille consacrée à l’hygiène et à la présentation professionnelle.
Même chose pour la ponctualité. Justine constate que les retards de candidates sont de plus en plus fréquents et rappelle qu’un examen professionnel reste aussi un rendez-vous avec des horaires à respecter.
Une fois dans la salle, vous devez éviter de vous affaler sur une chaise avec vos camarades en attendant le jury. « Moi, ce que j’aime, c’est voir la candidate debout derrière le lit de soins à attendre le jury », raconte Justine.
L’objectif est de montrer que vous êtes prête à commencer votre travail comme le ferait une professionnelle.
Que faut-il faire lorsque l’épreuve est terminée ?
La fin du chronomètre n’est pas encore le moment de relâcher complètement votre attention.
Dans le cadre du CAP, le jury doit notamment pouvoir vérifier certaines réalisations, comme l’épilation, le maquillage ou la pose de vernis. Vous devez donc l’appeler afin que ces vérifications puissent être effectuées.
Il faut également penser à rendre le sujet. Un détail qui semble évident, mais que les candidates oublient régulièrement.
Ce n’est qu’une fois ces étapes terminées que le rangement peut commencer. Et surtout, il faut attendre que le jury annonce officiellement la fin de l’épreuve avant de recommencer à échanger avec votre modèle ou les autres candidates.
Quelles erreurs liées au stress pouvez-vous facilement éviter ?
Il y a les erreurs qui témoignent d’un manque de préparation et celles qui arrivent simplement parce que le stress brouille les automatismes.
Justine cite un exemple qu’elle rencontre régulièrement. Une candidate peut connaître parfaitement son protocole et pourtant prendre le mauvais gommage ou le mauvais masque. Parfois, elle a même écrit le bon produit sur sa feuille, mais choisit malgré tout le mauvais au moment de l’épreuve.
Dans ces moments-là, le stress peut vite s’emballer. Une petite erreur entraîne une hésitation, qui fait perdre du temps, qui augmente encore la pression et le cercle est lancé.
La première chose à faire est donc de ralentir quelques secondes. « Prenez trente secondes pour fermer les yeux et respirer », conseille Justine.
Elle recommande également de prévoir de l’eau. Et, pour les candidates qui savent qu’elles peuvent avoir un gros coup de stress ou une montée d’adrénaline, une petite compote ou un aliment sucré peut être utile.
