Etudiant en esthétique : les clés pour bien débuter ton alternance et réussir ton apprentissage

Dans presque un mois, tu vas devoir retourner sur les bancs de l'école. Mais une chose va changer, tu vas faire tes premiers pas dans le monde professionnel. L'alternance est une formidable opportunité de te professionnaliser et de découvrir progressivement le métier que tu as choisi. Pour la première fois, tu vas intégrer une équipe, apprendre à travailler avec une clientèle et découvrir le fonctionnement d'un institut de beauté.

Cette première journée est souvent un mélange d'excitation et d'appréhension. Tu vas rencontrer tes collègues, découvrir ton environnement de travail, observer les habitudes de l'institut et commencer à prendre tes marques. Il est donc normal de ressentir du stress. Pourtant, cette étape mérite toute ton attention. Les premiers jours vont bien au-delà de la découverte des lieux : ils vont poser les bases de la relation que tu construiras avec ton tuteur, tes collègues et, plus tard, les clientes.

« C'est très important de réussir son intégration parce que ça va permettre déjà de mettre en confiance le tuteur et aussi de mettre le jeune dans un bon état d'esprit. Le premier contact est souvent très important », explique Séverine Noret, professeure en esthétique.

Autrement dit, ton objectif n'est pas d'impressionner immédiatement ton employeur avec tes compétences techniques. L'institut sait que tu es encore en apprentissage. Ce qui fera la différence dès les premiers jours, c'est ton attitude, ton envie d'apprendre et ta capacité à trouver naturellement ta place dans l'équipe.

Le premier jour se prépare avant même de franchir la porte de l'institut de beauté 

Pour Séverine Noret, cette préparation commence par un élément essentiel : ta présentation.

« On s'habille correctement. La façon de s'habiller doit correspondre au positionnement et à l'identité de l'institut. Normalement ce sont des choses qui ont dû être vues en amont avec l'entreprise. Il y a quand même un dress code qui doit être respecté. »

Tous les instituts n'ont pas les mêmes codes. Un spa haut de gamme n'attendra pas forcément la même image qu'un bar à sourcils ou un institut spécialisé en maquillage. Avant même ton arrivée, n'hésite donc pas à poser des questions sur la tenue attendue.

« Les cheveux doivent être propres, alors attachés ou pas attachés, en chignon ou pas, ça aussi c'est en fonction de l'entreprise. Et pour le coup ça fait partie vraiment des questions que l'alternante doit poser aussi en amont par exemple au moment du premier entretien », ajoute Séverine Noret.

Même logique pour le maquillage. « On est quand même dans un milieu esthétique, donc un maquillage léger. Là aussi, on adapte son maquillage à l'endroit où on est, si on travaille dans des espaces de maquillage, on peut accepter des contourings très marqués, des faux-cils.... Mais dans des endroits un petit peu plus en spa ou soins, on essaye d'avoir des maquillages beaucoup plus discrets. On adapte son maquillage à l'espace dans lequel on travaille, c'est important ».

Comment te comporter dès ton arrivée en institut de beauté en tant qu’alternante ?

Lorsque l'on arrive en alternance, on peut avoir envie de montrer que l'on maîtrise déjà certaines techniques, surtout après un CAP ou plusieurs stages. Pourtant, vouloir prouver que l'on sait déjà tout faire peut rapidement donner une mauvaise image.

Chaque institut possède sa propre façon de travailler, ses habitudes, son organisation et sa vision du métier. Une technique apprise à l'école ou dans un précédent stage n'est pas forcément réalisée de la même manière ailleurs.

« Je pense qu'il faut arriver avec beaucoup d'humilité, ne pas penser tout savoir. Si de jeunes filles sont en alternance et font par exemple un brevet professionnel ou un BTS en alternance et ont déjà passé un CAP, elles peuvent peut-être se dire qu'elles savent épiler, qu'elles savent déjà plein de choses et c'est possible, elles ont déjà acquis des compétences mais elles ne doivent pas arriver en disant "je sais" », explique Séverine Noret.

Cette humilité permet d'être davantage à l'écoute des conseils de son tuteur et de ses collègues. Les remarques ne sont pas des critiques personnelles, mais des occasions pour toi de progresser. Plus tu accepteras les conseils, plus ton évolution sera rapide.

« Il faut accepter les remarques, ne pas avoir de l'orgueil mal placé et puis il faut savoir écouter parce que la clé c'est d'observer aussi, observer l'entreprise, observer comment fonctionne la responsable parce que chaque responsable a sa personnalité, a une façon de gérer son institut, son espace de vente. Donc observer, on apprend beaucoup en observant. »

Comment la responsable accueille une cliente ? Quelle est la manière de présenter les produits ? Comment se déroule un soin ? Tous ces petits détails vont te permettre de comprendre l’ADN de l'entreprise avant même de commencer à pratiquer.

L'employeur ne cherche pas une experte mais une future collègue de confiance

Beaucoup d'alternantes redoutent de ne pas être « assez compétentes » lorsqu'elles arrivent en institut. Pourtant, ce n'est pas ce qu'un employeur observe en premier. Les compétences techniques vont évoluer tout au long de la formation. En revanche, certaines qualités humaines se remarquent dès les premières heures.

Lorsqu'un institut recrute une alternante, il sait qu'elle est encore en apprentissage. Personne ne s'attend à ce qu'elle maîtrise parfaitement tous les protocoles ou qu'elle soit autonome dès son arrivée. Ce que recherche avant tout un tuteur, c'est une personne sur qui il pourra progressivement s'appuyer. « Les entreprises savent très bien que les étudiantes ne sont pas forcément toutes opérationnelles de suite, mais ce qu'elles vont chercher, c'est d'avoir un jeune qui ait justement des qualités qu'elles vont rechercher pour pouvoir développer leur entreprise », poursuit Séverine Noret.

Ces qualités ne s'apprennent pas dans un manuel, elles relèvent avant tout du savoir-être.

« Les qualités c'est ça, c'est quelqu'un qui n'est pas forcément compétent tout de suite mais qui a envie d'apprendre, qui est motivé, quelqu'un sur qui on peut compter, sur qui on peut avoir confiance, quelqu'un de motivé, de courageux. Finalement ce sont des valeurs qui ne reposent pas tout de suite sur des compétences mais sur un savoir-être qui est important pour que le tuteur fasse confiance et puis après donner des tâches plus intéressantes ou des tâches à responsabilité », souligne la professeure.

Montrer que tu es sérieuse, impliquée et volontaire aura souvent plus d'impact qu'essayer de cacher tes difficultés. La confiance se construit au fil des semaines. Et plus ton tuteur sentira qu'il peut compter sur toi, plus il sera enclin à te confier des missions variées.

Comment s’intégrer à l’équipe lorsqu’on est alternante ?

Une bonne intégration ne dépend pas uniquement de l'accueil que te réserve l'équipe. Elle repose aussi sur ta capacité à aller vers les autres.

Lorsqu'on est timide ou impressionnée, le premier réflexe est souvent de rester discrète. Pourtant, attendre que les collègues viennent naturellement vers toi n'est pas toujours la meilleure solution.

Séverine Noret encourage les alternantes à prendre les devants. « Il ne faut pas hésiter à aller aussi vers ses collègues, vers la tutrice, soigner sa communication et toujours être ouverte. »

Cette ouverture passe par des gestes simples : dire bonjour, participer aux échanges, montrer que tu t'intéresses au fonctionnement de l'institut et surtout rester disponible.

Mais attention, ton petit objet préféré peut rapidement devenir un frein à ton intégration : le téléphone portable. « Il vaut mieux laisser son portable dans son vestiaire ou dans sa poche mais éteint, pas en mode vibreur, comme ça on n'est plus disposé à écouter les autres et on est beaucoup plus ouverte à la communication et à l'échange. »

Même si certaines entreprises autorisent le téléphone pendant les temps calmes, les premiers jours sont avant tout faits pour observer, échanger et apprendre. Passer quelques minutes sur les réseaux sociaux peut donner l'impression que tu n'es pas pleinement investie, alors que quelques minutes de discussion avec une collègue peuvent au contraire créer du lien.

Pose des questions

L'une des erreurs les plus fréquentes lorsqu'on débute est de penser que poser une question peut donner l'impression que l'on ne sait pas faire. En réalité, c'est tout l'inverse.

Les tuteurs apprécient généralement les alternantes qui cherchent à comprendre pourquoi elles réalisent un geste plutôt qu'un autre. Cette curiosité montre ton envie d'apprendre. Elle peut porter sur les techniques, les produits, l'organisation de l'institut ou encore la relation avec la clientèle. Une interrogation ne doit pas en rester une à la fin de la journée.

Une fois la phase d'observation passée, n’hésite pas à proposer ton aide. « Quand on a passé le cap de l'observation, on peut prendre des initiatives et puis ne pas hésiter à demander ce que vous pouvez faire et comment vous pouvez aider : est-ce que je peux préparer la cabine ou est-ce que je peux observer telle ou telle prestation », ajoute Séverine Noret.

Ces petites initiatives montrent que tu ne restes pas dans une position passive. Elles témoignent de ton implication et vont donner envie à ton tuteur de te confier davantage de responsabilités au fil des semaines.

Comment te comporter avec les clientes en tant qu’alternante ?

Même si tu es encore étudiante, les clientes te considèrent déjà comme une professionnelle. Dès que tu enfiles ta tenue de travail, tu représentes l'image de l'institut. C'est pourquoi le savoir-être avec la clientèle fait partie des premiers critères observés par les employeurs.

« Il faut être poli, aimable, courtois, mais pas familière, il faut garder une certaine distance, on est dans un rapport de service, de commerce mais la cliente n'est pas une copine donc il faut mettre une certaine distance. »

Séverine Noret évoque également une attitude qui peut faire la différence dès les premiers jours : montrer que tu es investie jusqu'au bout de tes missions. « Il ne faut pas hésiter à faire une minute de plus ou cinq minutes de plus parce que c'est important. Ce n'est pas parce que l'heure de la fin de journée est arrivée qu'on ne peut pas dépasser un petit peu le temps, ça montre que vous avez eu envie de finir votre travail de façon consciencieuse et ça montre votre implication. »

L'idée n'est évidemment pas d'accepter systématiquement des dépassements d'horaires, mais de montrer que tu ne regardes pas constamment ta montre.

Tu manques de confiance face aux clientes ? C'est normal

Les premières prestations peuvent être impressionnantes. Beaucoup d'alternantes craignent de ne pas être légitimes ou d'être jugées par les clientes. Pourtant, si ton employeur te confie une prestation, c'est qu'il estime que tu es capable de la réaliser.

Ainsi, pour rassurer la cliente et te rassurer toi-même, ouvre le dialogue avec ta cliente. « Souvent les clientes aiment bien aussi qu'on leur explique les gestes techniques. Donc ne pas hésiter pendant une épilation, expliquer pourquoi on fait les choses. Finalement la cliente va se dire : tiens, elle sait m'expliquer et ça va mettre en confiance la cliente et forcément l'alternante aussi », conseille Séverine Noret.

Créer le dialogue dès le début du rendez-vous aide également à faire retomber la pression. « Elle peut communiquer aussi, poser des questions à la cliente, demander si c'est la première fois qu'elle vient dans cet institut, depuis combien de temps elle vient. Finalement d'ouvrir le dialogue avec la cliente ça va permettre à l'alternante de contrôler ses peurs », ajoute la professeure.

En te concentrant sur la cliente plutôt que sur ton propre stress, tu gagneras en assurance. C'est en échangeant que la confiance s'installe, des deux côtés.

Comment te comporter lorsque tu fais une erreur ?

Aucune alternante ne traverse une année sans commettre d'erreurs. C'est même le principe de l'apprentissage. Pourtant, lorsqu'une maladresse arrive, certaines jeunes préfèrent ne rien dire par peur d'être jugées.

Pour Séverine Noret, c'est justement ce qu'il faut éviter. « Les erreurs on en fera forcément une, donc ce n'est pas grave en soi. Quand on fait des erreurs, c'est aussi ce qui nous permet d'avancer et de progresser. »

Ce qui compte n'est donc pas l'erreur elle-même, mais la façon dont tu réagis. « La chose la plus importante c'est d'en parler, ne pas garder ça pour soi ou essayer de le cacher, mais plutôt aller voir sa responsable, son tuteur et lui demander comment réparer cette erreur. C'est très important de ne pas garder ça pour soi, de ne pas le cacher et la communication encore une fois c'est la clé et l'honnêteté », explique Séverine Noret.

Reconnaître une erreur demande du courage, mais c'est aussi ce qui montre ton professionnalisme. Un tuteur préférera toujours une alternante honnête, qui cherche une solution, plutôt qu'une personne qui laisse une situation s'aggraver par peur de parler.

Comment gérer le stress du premier jour ?

Presque toutes les alternantes ressentent une boule au ventre avant leur premier jour. Peur de ne pas être à la hauteur, de ne pas retenir les prénoms de l'équipe, d'oublier un geste ou de commettre une erreur. Ce stress est parfaitement normal. L'important n'est donc pas de chercher à le faire disparaître, mais de l'utiliser comme une énergie positive.

Avant tout, Séverine Noret invite les étudiantes à prendre conscience du chemin déjà parcouru.

« Déjà, elles peuvent être fières d'elles parce que ce n'est pas évident de trouver une alternance. Ensuite, que le stress ne soit pas un moteur mais pas un élément qui va les mettre mal à l'aise. C'est-à-dire qu'il ne faut pas que ça leur fasse perdre leurs moyens et utiliser ce stress pour les stimuler et qu'elle soit le moteur de leur réussite. Il faut dépasser ça pour pouvoir effectivement passer aux étapes d'après. Donc ne pas rester enfermée dans ce stress. Et garder leurs objectifs en tête qui est de s'intégrer facilement, de découvrir la clientèle pour pouvoir ensuite s'épanouir dans l'entreprise. »

Que faire en cas de difficulté avec ton tuteur ?

Même dans une équipe bienveillante, il peut arriver qu'un malentendu s'installe ou qu'une remarque soit difficile à entendre. Les débuts en entreprise demandent parfois un temps d'adaptation, aussi bien pour l'alternante que pour son tuteur.

Dans ce type de situation, le premier réflexe ne doit pas être de garder les choses pour soi.

« Je pense que là, pour le coup, l'école peut être un soutien. Parce qu'il ne faut pas oublier quand même qu'il y a une trilogie dans cette histoire. Il y a l'entreprise, l'école et l'alternante. Donc l'école peut être un support, le professeur principal peut être un support et un médiateur », explique la professeure.

Mais avant d'en arriver là, Séverine Noret encourage toutefois les étudiantes à privilégier le dialogue.

« La voie à privilégier, c'est la communication, c'est-à-dire parler avec le tuteur, parler avec la personne avec qui ça ne se passe pas bien. Si malgré ça, on voit qu'il y a des problèmes de communication, que chacun campe sur ses positions, on peut effectivement parler à l'école. »

Cependant, toutes les remarques ne sont pas destinées à décourager, mais à accompagner la progression. « Il faut quand même faire attention parce que souvent, les jeunes pensent que les remarques qui sont faites sont des critiques. Et il faut prendre plutôt les remarques comme une opportunité de progresser, de changer, de se remettre en question et pas avoir d'orgueil mal placé. Surtout quand on est jeune et qu'on démarre. »

Les erreurs qui reviennent le plus souvent et comment les éviter lors de ton arrivée en institut de beauté 

Les premières semaines en alternance sont faites pour apprendre. Il est donc normal de tâtonner, de se poser des questions et de prendre ses marques. En revanche, certains comportements peuvent freiner ton intégration sans que tu t'en rendes compte.

Pour Séverine Noret, la première erreur consiste à rester en retrait.

« Les erreurs les plus fréquentes, c'est le fait de rester dans un coin. De ne pas aller vers les collègues. Par exemple, rester sur le portable, ça c'est vraiment un poison. »

Autre erreur fréquente : penser qu'il vaut mieux se taire plutôt que de poser une question.

« Ne pas assez poser de questions. Observer le plus possible et poser des questions. Poser des questions qui peuvent être en rapport avec la formation. Poser des questions aussi sur les produits, poser des questions sur les prestations. À l'école, je fais comme ça après l'épilation et puis j'ai vu que vous, vous faisiez comme ça. Est-ce que vous pouvez m'expliquer pourquoi ? »

Enfin, lorsqu'une tâche t'est confiée, mieux vaut agir rapidement plutôt que de la repousser.

« S'intégrer, s'intéresser, poser des questions et puis être quelqu'un sur qui on peut compter aussi. Quand on vous demande une tâche, ne pas attendre, on la fait tout de suite. Et finalement, ça va intégrer le jeune à l'équipe et ça va permettre aussi qu'on lui donne d'autres tâches à faire. Mais ne jamais rester dans un coin. »