Comment faire de votre institut de beauté un refuge émotionnel ?
Lieu de soin et de détente, l’institut de beauté possède déjà de nombreux atouts pour offrir un espace de respiration à l’abri du monde extérieur. Mais grâce à votre savoir-faire d’esthéticienne, il peut aussi devenir un précieux refuge émotionnel pour vos clientes dont le besoin de lâcher-prise est de plus en plus pressant.
L'institut de beauté : un lieu ou l'on peut enfin tomber le masque
Le premier message à délivrer aux clientes qui franchissent le seuil de votre centre, c’est qu’ici, elles ne sont plus ces personnes multi-tâches, à la fois compagne, professionnelle, aidante, mère… qui doivent se montrer fortes et performantes en toutes occasions, mais simplement des femmes qui ont le droit de se montrer vulnérables, d’avouer qu’elles sont fatiguées et qui n’ont qu’une envie, c’est de se recentrer sur elles-mêmes. Un « égoïsme » salvateur, selon Guilaine Petit, psychothérapeute, car c’est en déposant leur charge mentale pendant une heure ou plus, qu’elles vont retrouver leur équilibre émotionnel et continuer à être une force pour leur entourage.
Inviter sa cliente à “tomber le masque”, ne se résume pas à lui demande simplement de l’enlever ! Il faut construire un cadre où elle n’a plus besoin de le porter, et une relation authentique entre l’esthéticienne et sa cliente qui va l’inciter à lâcher la pression et se dévoiler un peu :
- Un cadre qui désactive la pression : voix posée, gestes plus lents, on ralentit le moment de l’accueil afin d’imposer un nouveau rythme qui signale qu’ici, « on prend son temps ».
- Des micro-attitudes qui font céder les défenses : évitez les questions multiples sur ses habitudes et sur ce qu’elle souhaite. C’est à vous de prendre le contrôle pour lui permettre d’abandonner son rôle social et se laisser aller le temps du soin. Invitez-la à s’en remettre à votre expertise en commençant par synchroniser vos respirations puis créez le contact en posant vos mains sur les principales zones de tension, le front, les mâchoires, les épaules …L’idée est de créer un sentiment de sécurité et une vraie relation de confiance.
- Créer des images mentales positives : les personnes stressées par leur quotidien ont tendance à perdre le contact avec leur enveloppe corporelle. Un soin esthétique a déjà l’avantage de réactiver les sensations au niveau de la peau mais quelques phrases telles que « vous sentez comme votre peau réagit bien au massage » ? ou « votre dos et vos épaules se détendent, c’est parfait », projettent des images mentales positives qui permettent à la cliente de se réapproprier son corps.
La cabine de votre institut de beauté : un véritable cocon sensoriel
La cabine n’est pas simplement un lieu technique, c’est également un espace hors du temps, où la cliente peut oublier le monde extérieur et se reposer mentalement. Le confort, la lumière, les fragrances et la texture des produits de soin sont déjà des éléments étudiés pour procurer le bien-être.
« Ce que l’on sait moins, c’est comment la forme, la disposition et la circulation dans une cabine, peut influencer l’état émotionnel d’une cliente », analyse Guilaine Petit. Ce concept de géométrie émotionnelle repose sur l’idée que l’espace parle au cerveau qui envoie ensuite messages au système nerveux. C’est ainsi que la hauteur de plafond, la profondeur d’une pièce et la fluidité de circulation, peuvent avoir un effet bénéfique ou au contraire négatif, sur le bien-être.
Pour mettre en place cette géométrie émotionnelle dans votre institut, nul besoin d’abattre les cloisons ou de changer de décoration. Il suffit de respecter ces quatre zones sensorielles qui vont aider la cliente à relâcher sa vigilance pour mieux se recentrer sur son bien-être :
- L’entrée dans la cabine, zone de décompression : l’objectif est de faire passer la cliente du monde extérieur vers un univers intérieur sécurisant de manière fluide, sans obstacles pour la freiner. Pour cela, on évite tout ce qui pourrit encombrer le passage, le mobilier trop massif ou des appareils esthétiques, qui donnent l’impression d’un espace rétréci et sans respiration.
- L’espace déshabillage, zone de transition : c’est là où symboliquement, la cliente dépose ses responsabilités et s’en remet à l’expertise de la praticienne. Un petit placard fermé ou une zone paravent qui masque ses affaires personnelles, aide à préserver son intimité tout en l’aidant à se détacher en douceur du monde extérieur.
- La zone de soin, le cœur du cocon : pour envoyer au système nerveux un message de détente profonde, elle doit être géométriquement rassurante. Pour cela, le lit de soin doit être bien centré dans la pièce ou légèrement décalé mais toujours positionné de manière à assurer une circulation fluide, donc pas de table placée contre un mur comme c’est parfois le cas. La lumière toujours indirecte, doit provenir d’au moins trois points différents pour créer une sensation d’enveloppement. Pensez également à des éléments de décoration apaisants comme un mur en papier peint représentant un espace végétal que la cliente pourra voir lorsqu’elle est en position allongée.
- La zone de retour, l’ancrage dans la réalité : pour reprendre pied en douceur et conserver ce sentiment de sécurité éprouvé pendant le soin, la cliente a besoin d’un point d’ancrage visuel que vous pourrez lui procurer en installant au mur un grand miroir aux formes douces équipé de lumières chaudes. Outre le fait d’agrandir l’espace, cela permet d’y voir les bienfaits visibles de cette parenthèse de lâcher-prise : un visage plus lumineux et reposé, des épaules plus détendues et une posture générale plus dynamique.
