Actifs cosmétiques tendances automne 2026 : les incontournables en institut

Tout comme les saisons qui défilent, les besoins de la peau de vos clientes évoluent et diffèrent selon que l’on soit en hiver ou en été. Chaque période de l’année apporte son lot de changements, avec un impact direct sur l’épiderme. C’est pourquoi les soins que vous proposez en institut de beauté, ainsi que les actifs employés, nécessitent d’être adaptés au fil des saisons.

Bérengère, ingénieure chimiste de formation spécialisée en cosmétique et créatrice de contenus, plus connue sous le pseudo de Pibou Beauty sur les réseaux sociaux, partage les actifs à privilégier en automne.

L’impact de l’automne sur la peau

En automne, la peau de vos clientes subit donc plusieurs changements, notamment une diminution de l’exposition aux UV, plus importante en été que le reste de l’année, ainsi qu’une baisse des températures. Certains actifs sont donc plus adaptés que d’autres à cette saison.

Les AHA

Les AHA (acides alpha-hydroxy) sont des actifs couramment employés dans le domaine cosmétique, permettant d’éliminer les cellules mortes présentes à la surface de la peau. « Utiliser ces actifs permet d’obtenir un grain de peau plus affinée, une peau un petit peu plus lumineuse et des pores un petit peu plus resserrés. Ils peuvent être intéressants dès l’adolescence pour cibler les imperfections ou plus tard pour action anti-âge » explique Bérengère.

Il convient néanmoins de noter que toutes vos clientes n’ont pas nécessairement besoin d’exfolier leur peau puisque celle-ci se renouvelle naturellement. « L’exfoliation fait sens en cas de peau congestionnée, avec des imperfections, ou un teint terne » précise l’experte.

Un actif efficace mais pas adapté à toutes les peaux

Bien que les AHA soient efficaces, ils doivent néanmoins être utilisés avec précaution. « Les AHA, et surtout l’acide glycolique, qui est le plus connu, le plus utilisé et le plus documenté, sont particulièrement efficaces. Cependant, pour les peaux plus sensibles ou réactives, notamment celles sujettes à la rosacée ou aux dermatites, l’acide glycolique n’est peut-être pas l’exfoliant idéal, explique l’experte en cosmétique. Il s’agit en effet de la plus petite molécule parmi les AHA, ce qui lui permet de pénétrer plus profondément, mais le rend également plus irritant. »

Dans ces cas-là, mieux vaut privilégier des AHA plus doux, comme l’acide mandélique ou l’acide lactique, voire se tourner vers les PHA, dont les molécules sont beaucoup plus grosses et qui agissent donc davantage en surface. Pour les peaux un peu plus sensibles, ces solutions peuvent être particulièrement adaptées.

Un actif à utiliser avec précaution

Les AHA étant des actifs puissants avec un fort pouvoir irritant, il est essentiel de les utiliser judicieusement. « Certains AHA, hautement dosés avec un fort pourcentage (plus de 10 %), doivent être utilisés une fois par semaine. Ensuite, on va retrouver des exfoliants à utiliser plutôt quotidiennement (pourcentage situé entre 2 et 10 %) » indique Bérengère.

Si votre cliente commence l’utilisation des AHA, l’ingénieur chimiste conseille de débuter avec une application un soir sur trois. Une méthode qui permet de vérifier la sensibilité de la peau à ces actifs. « Et si on veut aller plus loin et maximiser les bénéfices, on peut augmenter la fréquence d'utilisation si la peau supporte » ajoute l’experte.

En outre, l’experte conseille d’appliquer les AHA sur peau sèche afin de minimiser les irritations.

Attention à la photosensibilité !

De nombreuses marques de cosmétiques prônent l’application d’une protection solaire quotidienne afin de protéger sa peau des UVA (liés au vieillissement de la peau) et des UVB (responsables du bronzage). Une protection qui devient plus que nécessaire en cas d’utilisation d’AHA qui ont, pour rappel, une action amincissante de la couche protectrice de la peau.

Des associations à privilégier

Il est toujours très intéressant de combiner les AHA à des actifs hydratants ou des lipides, des ingrédients réparateurs de la barrière cutanée. « Là ça va être très intéressant puisqu'on va avoir l’action des acides exfoliants qui éliminent les cellules mortes, mais on aura aussi l’action des actifs apaisants » précise Bérengère.

Sont recommandés par l’experte : les céramides, l’ectoïne, le panthénol.

Les alternatives en cas d’intolérance

En cas de peau intolérante aux AHA, Bérengère recommande de se tourner vers les enzymes exfoliantes comme la papaïne (issue de la papaye) ou la bromélaïne (issue de l'ananas).

Les rétinoïdes

Les rétinoïdes font partie de la famille de la vitamine A. « Ce sont des ingrédients très efficaces pour préserver le collagène déjà présent et pour stimuler la production de nouveau collagène. Les rétinoïdes sont donc pertinents si on veut cibler les signes de l'âge : rides, relâchement cutané… souligne l’experte. Ce sont aussi des ingrédients qui favorisent le renouvellement cellulaire, donc très intéressants si on veut améliorer le grain de peau, agir sur les taches pigmentaires… Les rétinoïdes sont également très efficaces pour réguler la production de sébum. »

Dès l’âge de 25ans, les rétinoïdes peuvent être efficaces pour agir sur les signes de l’âge. Ils peuvent également être utilisés dès l'âge de 12 ans en cas de problèmes d'imperfections.

Bien choisir le dosage

En cas de peau sensible, l’utilisation de rétinoïdes doit se faire avec prudence. Il existe des rétinoïdes faiblement dosés, réputés plus doux et donc adaptés aux peaux sensibles. « Dans ces cas-là, je conseillerais de partir sur un rétinol dosé entre 0,1 et 0,3 %. Il s’agit de pourcentages adaptés aux débutants. Pour le rétinal, je conseillerais de partir sur un pourcentage max de 0,05% pour les peaux les plus sensibles » détaille Bérengère.

Les formulations optimales

Privilégier des formulations encapsulées peut également être pertinent « puisque l'encapsulation va permettre d'avoir une libération progressive des actifs, ce qui fait que la peau va le tolérer beaucoup plus facilement. »

Bérangère conseille également d’opter pour des formules qui contiennent des céramides ou encore du panthénol. Ces actifs apaisants permettront ainsi de contrecarrer l'effet potentiellement irritant. Parallèlement, on évitera l'association exfoliant/rétinoïdes par précaution. « Je la déconseille, sauf aux personnes qui sont vraiment expertes, qui connaissent leurs peaux, qui utilisent ces actifs depuis des années » précise l’ingénieure chimiste.

Les alternatives

En cas de peau intolérante aux rétinoïdes, Bérengère conseille d’opter pour les peptides. « Les données sont encore un peu moins nombreuses concernant l’effet anti-âge. Par ailleurs, la principale difficulté avec les peptides réside dans leur grande diversité : ils ne sont pas tous aussi bien documentés et leur efficacité peut varier. Cela dit, ils constituent une très belle alternative dans une routine anti-âge » souligne-t-elle.

Néanmoins les peptides présentent l’avantage d’être bien tolérés. « Les peptides les plus documentés sont les matrikines comme le Matrixyl 3000. »

Les céramides

Les céramides sont des lipides naturellement présents dans la peau, essentiels à la préservation de la barrière cutanée. Apportés par les produits cosmétiques, les céramides favorisent la réparation de la barrière cutanée et préservent l’hydratation.

Les céramides sont bien tolérés par tous les types de peau, sensibles ou non. Ils peuvent être utilisés par tout le monde et sont compatibles avec tous les actifs.

L’ectoïne

L’ectoïne est un osmolyte : un actif qui va former un bouclier hydrique pour protéger les cellules. « On pourrait le rapprocher, par exemple, des antioxydants, même si son mode d’action est très différent. L’objectif est de protéger les cellules tout en apportant hydratation et confort. C’est donc particulièrement intéressant pour les peaux réactives et sensibles, explique Bérengère. Cet actif peut convenir à tous les types de peau, mais il est d’autant plus indiqué pour celles qui sont réactives et déshydratées. »

Des associations intéressantes

Afin d’optimiser l’action apaisante de l’ectoïne, il peut être intéressant de l’associer à du panthénol, des céramides, de la vitamine B3, ou encore du niacinamide. « Là on est vraiment sur une routine qui est spécialisée sur l'hydratation, sur la réparation et si on a une peau qui est un petit peu sensible, réactive, c'est parfait » souligne l’experte.

Le niacinamide

Le niacinamide est réputé comme étant l’actif "couteau suisse" de la cosmétique. « L’avantage du niacinamide, c’est qu’il est bien toléré et convient à de nombreux types de peau. Il est notamment intéressant pour les peaux grasses, mixtes ou sujettes aux imperfections, grâce à son action sur la production de sébum. Il contribue également à prévenir l’apparition des taches brunes et à unifier le teint.

Enfin, il aide à maintenir l’hydratation et à renforcer la barrière cutanée, tout en pouvant agir sur les signes de l’âge, certaines études suggérant notamment qu’il stimule la production de collagène » explique Bérengère.

Cosmétiques : quelle galénique est la plus efficace ?

Pour tirer le meilleur parti d’un actif, la forme galénique a également son importance. D’après Bérengère, les sérums sont généralement les plus intéressants, notamment parce qu’ils permettent d’atteindre des concentrations élevées et de recourir à des technologies de formulation comme l’encapsulation. « Pour faire très simple, ce sont les sérums qui vont avoir un petit peu plus d’efficacité » explique-t-elle.

Mais ce n’est pas une règle absolue. Certains actifs, comme les lipides ou les céramides, trouvent parfaitement leur place dans une crème. « On peut, par exemple, avoir un rétinol sous forme de sérum associé à une crème qui contient des céramides. Et là, la routine est excellente comme ça » souligne-t-elle.

Matin ou soir : quand appliquer ses actifs ?

En ce qui concerne le moment de l’application, certains actifs sont à privilégier le soir. C’est notamment le cas des rétinoïdes, dont certaines formes sont sensibles aux rayons UV. Le rétinol peut ainsi se dégrader sous l’effet du soleil. « C’est possible de les utiliser en journée, mais c’est quand même plus simple de les utiliser le soir » précise Bérengère.

Les acides exfoliants de type AHA peuvent également être intégrés à une routine du soir, tandis qu’une protection solaire reste indispensable le matin, en particulier lorsque l’on utilise des actifs susceptibles de rendre la peau plus sensible au soleil.

Les actifs à suivre dans les prochaines années

Et du côté des tendances, un ingrédient attire particulièrement l’attention de Bérengère : l’éctoïne. Cet actif, encore relativement récent dans les routines skincare, lui semble particulièrement prometteur. « C’est l’ingrédient un petit peu buzz que je trouve très intéressant » estime-t-elle.

Autre molécule actuellement sur toutes les lèvres : le PDRN, que l’on commence à retrouver dans de nombreuses formules cosmétiques. Mais Bérangère invite à garder un certain recul face à cet ingrédient très en vogue. Sa taille importante soulève notamment des interrogations quant à sa capacité à franchir la barrière cutanée lorsqu’il est appliqué par voie topique. « À mon sens, ce n’est pas forcément encore le plus intéressant » nuance-t-elle.

Le PDRN est pourtant déjà utilisé en médecine esthétique, où il est injecté directement dans la peau. En cosmétique, son intérêt pourrait donc dépendre des futures technologies permettant d’améliorer la pénétration des actifs. « Peut-être que dans les prochaines années, suivant les techniques que l’on va avoir pour favoriser la pénétration des ingrédients actifs, ça pourra être un ingrédient intéressant » estime-t-elle.

Le PDRN soulève par ailleurs une autre question : son origine. Traditionnellement issu du saumon, il peut poser des problématiques éthiques pour certains consommateurs. Des alternatives présentées comme végétales commencent donc à apparaître, mais elles sont pour l’instant encore moins documentées. Une raison supplémentaire, donc, de ne pas céder trop vite à l’effet de mode.

 

 

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À l’automne 2026, quels actifs cosmétiques privilégier pour les soins visage en institut de beauté ? AHA, rétinoïdes, céramides, ectoïne ou niacinamide : découvrez les tendances skincare à connaître pour mieux conseiller vos clientes.