Peptides, rétinal, exosomes… que penser de ces actifs stars de 2026 ?

Le monde de la cosmétique n’a jamais innové aussi vite. À peine les consommateurs se sont-ils familiarisés avec un actif qu’ils en découvrent déjà d’autres. Sur les réseaux sociaux comme dans les argumentaires des marques, ces nouveaux actifs sont souvent présentés comme des révolutions capables de transformer la peau. Pourtant, toutes les innovations ne se valent pas. Certaines reposent sur des décennies de recherche, tandis que d’autres nécessitent encore davantage de recul scientifique. Alors, que faut-il vraiment retenir des ingrédients qui font 2026 ? Et lesquels méritent une place de choix dans les recommandations des esthéticiennes ?

Ce que vous devez savoir sur l'EGF (Epidermal Growth Factor = Facteur de croissance épidermique) en tant qu'esthéticienne 

De quoi s’agit-il ?

Les EGF sont des molécules naturellement présentes dans l’organisme et impliquées dans le renouvellement cellulaire. 

«Les véritables facteurs de croissance humains ne peuvent pas être utilisés tels quels dans les cosmétiques en Europe, puisque la réglementation l’interdit», indique Céline Couteau.

Pourtant, de nombreuses marques revendiquent aujourd’hui la présence d’EGF dans leurs formules, avec la promesse de stimuler le renouvellement de la peau et donc d’en améliorer l’apparence. 

«Je suppose que les marques qui emploient ce terme ont rebaptisé des extraits végétaux ou des ingrédients favorisant la croissance cellulaire et épidermique. Mais ce n’est pas réellement ce qu’un biologiste appellerait EGF», ajoute-t-elle.

Quid de l’efficacité ?

Si plusieurs études cliniques suggèrent un intérêt des facteurs de croissance pour la réparation cutanée et la cicatrisation, les preuves concernant un bénéfice anti-âge majeur dans les cosmétiques grand public restent limitées. Les chercheurs soulignent notamment des questions sur la stabilité des molécules et leur capacité réelle à pénétrer une peau intacte.

Et si on veut une alternative ?

Pour stimuler le renouvellement de l’épiderme, certains actifs disposent d’un recul scientifique bien plus important, à l’image des acides exfoliants comme l’acide lactique. 

«Son efficacité est validée, cela fonctionne», souligne Céline Couteau.

Ce que vous devez savoir sur les exosomes en tant qu'esthéticienne 

De quoi s’agit-il ?

Les exosomes sont de petites vésicules capables de transporter des protéines, des lipides ou encore du matériel génétique. Ils agissent notamment sur les fibroblastes en stimulant leur activité, afin de favoriser la production de nouvelles fibres de collagène et d’élastine. 

«Comme pour le collagène végétal, les fabricants de cosmétiques ont développé des exosomes d’origine végétale, puisqu’on ne peut pas utiliser d’exosomes d’origine humaine. On parle d’une enveloppe au sein de laquelle on retrouve une ou plusieurs molécules, le but étant de véhiculer ces actifs jusqu’au cœur des cellules», détaille la cosmétologue.

Quid de l’efficacité ?

Chaque marque développant ses propres exosomes, c’est auprès d’elle que l’on peut s’informer de l’efficacité réelle de ses actifs au travers des études réalisées. Il convient de noter qu’une étude fournisseur constitue un premier niveau de preuve intéressant mais n’a pas la même valeur qu’une étude indépendante publiée dans une revue scientifique à comité de lecture.

Céline Couteau tempère quant au caractère influençant des exosomes sur la peau

Si une crème pouvait dialoguer et prendre le contrôle de nos cellules, nous ne parlerions plus de cosmétiques mais de médicaments !

Ce que vous devez savoir sur les peptides en tant qu'esthéticienne 

De quoi s’agit-il ?

À la différence d’une protéine, les peptides sont des molécules de bas poids moléculaire. Les peptides sont de courtes chaînes d’acides aminés largement utilisées dans le domaine cosmétique, et notamment dans les formules anti-âge.

Quid de l’efficacité ?

Plus la molécule est petite, plus elle est susceptible de passer au travers de la peau. 

«Mais il n’y a pas que le poids moléculaire qui entre en jeu», précise Céline Couteau.

En effet, le type de solubilité (hydrosoluble ou liposoluble) ou encore la charge ionique influencent le phénomène de pénétration. 

«Idéalement, il faudrait que la molécule soit amphiphile (une partie hydrophile et une partie lipophile). Tout ce qui est trop l’un ou trop l’autre a du mal à pénétrer», ajoute l’experte.

En théorie donc, ces molécules sont capables de pénétrer à travers les différentes couches cutanées et d’atteindre leur cible (qui peut être le mélanocyte ou encore les poils ou les cheveux). Mais, finalement, selon la docteure en pharmacie, parler simplement de peptides est assez générique. Plusieurs peptides sont utilisables dans le domaine cosmétique, avec des noms divers et variés. 

«On retrouve sur PubMed quelques études à propos de plusieurs types de peptides. Pour d’autres, en revanche, c’est le néant, aucune publication n’existe. On est donc contraint de se référer seulement à l’avis des fournisseurs», indique Céline Couteau.

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