Gua-sha, roller, face pointer… Pourquoi et comment inclure les outils de massage manuels dans vos soins ?

Qu'ils soient en quartz, en verre ou en acier, les accessoires de massage du visage ont envahi les salles de bain de vos clientes, tout comme les rayons des boutiques de beauté. Peut-être en vendez-vous dans votre institut de beauté.

Sur les réseaux sociaux, quantité d'influenceuses montrent comme utiliser ces outils. En apparence, cela semble simple. Pourtant, pour que ces accessoires permettent d’obtenir des résultats probants sur l’aspect et la structure de la peau, il est indispensable de les utiliser correctement. 

Pourquoi intégrer des outils à ses soins en cabine ?

Les outils apportent à la facialiste et/ou à l’esthéticienne un support de force supplémentaire qui lui permet de moins engager sa propre force musculaire (gua-sha, face pointer), ainsi qu’une possibilité de mobiliser les tissus par glissement au niveau du fascia (roller, ridoki). Ils sont donc très complémentaires des mains, tout en offrant une expérience variée à la cliente à qui l’on propose un véritable voyage de sensations au cours du soin.

Faut-il être formée pour utiliser ces outils ?

Selon notre experte, Sylvie Lefranc, spécialiste en yoga du visage, dans la mesure où il roule, il n’est pas nécessaire d’être formée pour utiliser le roller dont l’utilisation est simple et sans risque. Néanmoins, pour utiliser correctement les outils comme le face pointer ou le gua-sha, cela est hautement souhaitable. 

Ceci, non seulement pour offrir des résultats optimums à vos clientes mais aussi pour endosser pleinement votre rôle d’experte auprès d’elles. Car n’oubliez pas que vos clientes ont accès à ces outils. Si elles viennent vous voir en institut, c’est pour votre expertise. Offrez-leur donc des soins de qualité et faites la différence !

Le rouleau ou roller

Une utilisation simple et adaptée à toutes les peaux

Outil très prisé des férues de soins de la peau, le rouleau est issu de la médecine traditionnelle chinoise. Son utilisation est recommandée sur les peaux matures et les personnes débutant la pratique de l’auto-massage, en complément de soins. Il s’agit d’un outil très sécurisé, comme nous l’explique Sylvie Lefranc. 

“On va avoir un effet très limité d’entraînement des tissus. On ne risque pas de tirer trop fort, de sur-solliciter l’élasticité de la peau, de créer une inflammation, y compris sur une peau sensible, voire à tendance couperosée” explique l’experte.

Là où le roller adoucit le mouvement de la main, le gua-sha va l’appuyer

Le rouleau fait figure d’outil fondamental à avoir si on a envie d’utiliser autre chose que ses mains pour masser sa peau. 

“Une main va avoir tendance à accrocher, alors qu’un roller, même utilisé sur une peau peu huilée, va pouvoir glisser facilement sur la peau” ajoute-t-elle.

Les bénéfices sur la peau

Il s’agit d’un excellent outil pour drainer. Pour bénéficier de ses bienfaits, on conseille de réaliser des mouvements allant du centre vers l’extérieur du visage et du haut vers le bas au niveau du cou. En outre, le rouleau permet de libérer les adhérences au niveau du fascia (maillage de collagène, d’élastine et d’acide hyaluronique). 

“Le roller permet de faire glisser les structures sur elles-mêmes, ce qui va permettre de lubrifier le fascia” précise Sylvie Lefranc. 

Le roller favorise l’éclat de la peau grâce à l’activation de la circulation lymphatique. Grâce aux manœuvres de lissage, le fascia se défroisse lorsque le roller est régulièrement utilisé. L’outil peut être utilisé froid ou chaud. Pour le refroidir, il suffit de le placer au réfrigérateur et de le passer sous l’eau chaude pour le réchauffer. Le froid aura un effet tonifiant, drainant et décongestionnant. Un effet décontractant sur le muscle pourra être obtenu avec une utilisation chaude.

L’utilisation en cabine

Bien que le roller soit un outil couramment utilisé en automassage, une esthéticienne peut complètement l’intégrer à des protocoles de soin. 

“Je recommande d’en utiliser deux simultanément, un dans chaque main, ce qui va permettre d’avoir un toucher symétrique sur le visage que les clientes effectuent rarement. Il s’agit d’un moment extrêmement relaxant, y compris pour la détente du système nerveux. En effet, cela favorise un état de pleine conscience propice à la détente” explique l’experte.

Le choix du matériau

Généralement, les rouleaux sont en pierres semi-précieuses, telles que le quartz rose. Toutefois, cette pierre se charge en énergie de façon relativement limitée. Lavée à l’eau et au savon plusieurs fois par jour, la pierre peut être réutilisée. 

La jade, l’aventurine, l’obsidienne… Ces autres pierres peuvent également être employées dans la fabrication d’un roller. 

“L’obsidienne est réputée comme ayant de grandes propriétés anti-âge. Toutefois, elle se charge très vite sur le plan énergétique. Il est donc difficile de passer d’un visage à un autre. Le quartz rose est plus adapté pour des soins en cabine” conseille Sylvie Lefranc.

Le gua-sha

Un outil qui permet d’avoir de la force

Issu également de la médecine traditionnelle chinoise, le gua-sha se distingue par sa forme qui épouse les contours du visage. “Gua-sha” signifie “qui vient gratter le feu” en Chinois. 

“À l’origine, il était en corne de vache. Cet outil était destiné à donner de la force en frottant vigoureusement certaines zones du corps de manière à faire sortir les toxines, à la manière des ventouses appliquées dans le dos. On avait l’idée que les toxines, avant d’entrer profondément dans le corps, pénétraient d’abord les couches superficielles de la peau et que la provocation d’une hyperhémie permettait de libérer les toxines” explique Sylvie Lefranc.

Les bénéfices sur la peau

Finalement, l’utilisation du gua-sha est en quelques sortes similaire à celle du roller : drainer. Le gua-sha, et particulièrement celui qui a une forme de cœur asymétrique, permet de bien épouser les contours, les pommettes, les arcades sourcilières et les côtés du cou.

L’action de drainage est donc un peu plus intense qu’avec le roller grâce à cette capacité à saisir les contours. Le gua-sha peut également être utilisé pour réduire les tensions musculaires profondes. En effet, un gua-sha va permettre de donner beaucoup de force. 

“Là où le roller va adoucir le mouvement de la main, le gua-sha va l’appuyer, étant donné qu’il s’agit d’une pierre plate. Cela donne beaucoup de puissance dans le mouvement” détaille la spécialiste. 

Ce pourquoi il est important d’être délicate sur une peau fragile, sensible, mature, et d’appliquer une huile pour limiter l’adhérence sur la peau.

L’utilisation en cabine

Vous avez sans doute déjà vu les gua-sha avec des sortes de crans sur un côté. Ceux-ci permettent de travailler les rides du front en les peignant. On peut également l’utiliser sur le cuir chevelu.

“Cela permet d’activer la circulation sanguine et lymphatique” précise Sylvie Lefranc.

Outre son utilisation au niveau des pommettes et de l’ovale du visage, toujours en remontant du bas vers le haut et en tenant la peau, le gua-sha peut être utilisé comme un outil d’acupression

“Si on utilise l’une des pointes, on peut travailler les différents points d’acupression du visage. Ce qui est intéressant pour les esthéticiennes qui peuvent avoir des sensations de crispation dans les mains et les bras” ajoute notre interlocutrice.

Le choix du matériau

Plusieurs matériaux peuvent être employés pour la fabrication d’un gua-sha. On en voit en pierre, ou encore en métal. La solidité du métal fait que de nombreuses esthéticiennes font le choix de gua-sha fabriqué en ce matériau. Faire tomber sur un sol en marbre un gua-sha en pierre peut l’user rapidement. 

“Certains métaux issus de l’ayurvéda, comme l’alliage de cuivre, confèrent des propriétés détoxifiantes au gua-sha. En contact avec la peau, cela favorise la migration des toxines à l’extérieur de la peau” précise Sylvie Lefranc.

Les ventouses ou “cupping”

Un outil qui favorise la circulation sanguine et lymphatique

La médecine traditionnelle chinoise nous offre une fois de plus un très bel outil “détox”. Comme expliqué plus haut, les ventouses ont été utilisées longtemps le long de la colonne vertébrale afin de débarrasser le corps des toxines. Il est intéressant de noter que l’utilisation des ventouses permet de créer un espace entre les tissus qui ont tendance avec le temps à se sédimenter les uns avec les autres. Les mécanismes de circulation et d’oxygénation sont ralentis. En créant une petite aspiration, la ventouse va permettre de réoxygéner les tissus et de recréer des espaces. La circulation lymphatique est donc améliorée.

Utilisation des ventouses en cabine

Sur le visage, les ventouses peuvent être utilisées du centre vers l’extérieur et de haut en bas au niveau du cou pour favoriser le drainage. Des usages plus localisés des ventouses, notamment au niveau des petites ridules de la bouche et des yeux, peuvent aussi être pertinents. 

“Cela permet de redonner du bombant au tissu et permet d’agir sur le fascia, comme avec un tape” précise la spécialiste.

Ces ventouses peuvent être intégrées à un soin visage kobido, drainant, éclat, anti-âge…

Attention toutefois, car l’utilisation des ventouses nécessite une certaine expertise, au risque de casser des fibres d’élastine et de collagène si elles sont mal employées.

Les champignons

Une approche plus douce

Les champignons sont un intermédiaire entre le roller et le gua-sha. Ils ne roulent pas et il y a plus de rondeur que dans le gua-sha. Par conséquent, cela est plus doux dans l’approche. Les champignons sont utilisés par deux, ce qui permet d’avoir un mouvement symétrique sur le visage. Ce qui est très apprécié des clientes.

Utilisations possibles au cours d’un soin

Utiliser les champignons au niveau du contour des yeux, avec des mouvements circulaires au niveau des orbites, procure une sensation de bien-être encore plus notable à la cliente.

“On peut également effectuer des mouvements de l’infini autour des yeux pour une sensation de relaxation profonde. Et puis, comme avec le gua-sha, on peut utiliser les champignons pour drainer du centre vers l’extérieur du visage et également de haut en bas au niveau du cou. On peut également utiliser des effets de température chaud/froid. Les champignons tournent très bien au niveau des points d’acupression. On peut donc les utiliser à la place des doigts” explique en détail l’experte en yoga du visage.

Les pierres semi-précieuses comme matériau

Les pierres semi-précieuses utilisées pour la fabrication des champignons sont les mêmes que pour le gua-sha et le roller. 

“Le quartz rose, l’obsidienne, le jade, ou encore l’aventurine constituent les matériaux principalement utilisés pour fabriquer ces champignons” indique Sylvie Lefranc.

Les boules cryogéniques ou sphères

Un usage à l’encontre des préconisations en médecine chinoise

L’utilisation du froid en soin rencontre un franc succès depuis quelques années. On s’éloigne de la médecine traditionnelle chinoise qui préconise l’utilisation de la chaleur, notamment au niveau du contour des yeux.

Dans les traditions, qu’elles soient ayurvédiques, japonaises, ou chinoises, les yeux sont une zone que l’on va chauffer. Ceci, à la fois pour des indications esthétiques mais aussi thérapeutiques pour la qualité de la vision, détaille notre interlocutrice. Ici, avec le froid, on provoque un choc thermique sur la peau. Cela s’apparente à la méthode Wim Hof qui consiste à immerger son corps dans de la glace tout en effectuant des respirations très profondes. On dit que cela provoque un électrochoc au corps et que cela permet libérer ses ressources profondes.

Pas pour toutes les peaux

Un accessoire qui suscite le doute chez notre experte. Utiliser du matériel très froid sur des peaux matures et fragiles pourrait être un peu agressif selon notre interlocutrice : “Le froid brûle. Et lors de l’utilisation des sphères, la peau va accrocher à celles-ci, cela peut avoir tendance à accrocher les tissus. Je réserverais donc cette utilisation à des peaux sans problématique qui ont besoin d’un petit coup de frais et d’un réveil très intense le matin.

À retenir : il est déconseillé d’utiliser les boules cryogéniques pour du drainage ou des soins anti-âge. Ceci peut avoir pour conséquence de densifier davantage la lymphe si celle-ci est au contact d’un froid trop intense. Vous rencontrerez donc des difficultés à la faire circuler durant le soin. Sylvie Lefranc préconise une utilisation en fin de soin, après avoir bien drainé la lymphe avec des outils, en guise de petit coup d’éclat minute.

Le Face Pointer

Un outil qui dénoue les tensions

Cet outil, tout récemment débarqué en France, suscite un grand intérêt, que ce soit du côté du grand public que des professionnels de la beauté. Cela ressemble, de prime abord, à un stylo d’acupression. 

Mais sa technicité va bien au-delà. L’outil présente deux embouts : un embout avec un cylindre assez épais et un autre embout avec trois cylindres montés sur des ressorts de forme conique. Ils ont été étudiés pour que lorsque l’on appuie avec les cylindres sur les muscles, une impulsion se crée qui va détendre très en profondeur la musculature et le fascia. 

“Et lorsque l’on a des adhérences au niveau du fascia, cela crée des rigidités qui vont avoir des conséquences esthétiques très importantes en figeant les rides d’expression, en tirant les traits du visage vers le bas… Le face pointer donne beaucoup de force, comme le gua-sha. Et lorsque nous l’utilisons en automassage, nous n’avons pas besoin de mettre de la tension dans les épaules pour dénouer les trapèzes, le cuir chevelu, la zone sous-occipitale...” explique la praticienne.

L’utilisation en cabine

Outre les utilisations possibles du face pointer en automassage, cet outil peut s’avérer un outil précieux pour les esthéticiennes en cabine. Pour les tensions situées au niveau de la mâchoire, cela évite de devoir mettre les doigts dans la bouche pour effectuer un massage intra-buccal. Le face pointer a autant d’efficacité que d’aller chercher les muscles de la mastication et de les malaxer par l’intérieur. 

Il s’agit d’un outil plutôt utilisé sur une cliente qui se tient assise comme cela peut être le cas pour les séances de shiatsu.

“L’idée est d’accompagner et d’avoir un retour visuel, notamment pour la professionnelle qui regarde comment les structures s’ajustent à mesure qu’elle vient détendre, dans le but de réinstaurer des équilibres” détaille Sylvie Lefranc.

Il convient de noter qu’il existe également un face pointer pour le corps.

Des bienfaits pour les praticiennes

Sylvie Lefranc nous explique que lors de la conception de cet outil, sa créatrice, Ena Namuri, avait dans sa philosophie d’alléger les tensions musculaires des professionnelles au Japon. À Tokyo, elles enchaînent les soins sur des plages horaires allant jusqu’à une heure du matin.

L’idée est de donner à la professionnelle beaucoup de force et d’efficacité au mouvement”.

Le face pointer est l’outil favori de Sylvie Lefranc.

“Je l’utilise quotidiennement pour un drainage rapide et efficace et pour détendre les tensions musculaires que j’ai tendance à accumuler dans les trapèzes et sur le cuir chevelu” nous explique-t-elle.

Le ridoki

Un outil de stimulation des points d’acupression…

Particulièrement recommandé pour les peaux matures, le ridoki est un rouleau composé de petits picots.

“Il s’agit une nouvelle fois d’un outil qui possède un ancrage dans une médecine, la médecine vietnamienne : le dien chan. Il s’agit d’une médecine très récente, qui a quelques décennies. Cela n’a rien à voir avec la médecine chinoise. Des zones de réflexologie au niveau du visage existent dans cette médecine. Ces zones de réflexologie peuvent être stimulées à l’aide d’outils pour agir sur les organes” détaille Sylvie Lefranc.

… efficace sur plusieurs zones du visage

Mais au-delà de cet ancrage thérapeutique, le ridoki est un excellent outil pour stimuler des zones qui ont tendances à être fragiles mais qui ont besoin de stimulation. Et selon Sylvie Lefranc, la zone royale pour utiliser cet outil est le cou, mais pas seulement.

“Le cou est une zone qui a tendance à vieillir en premier au niveau du visage. La peau est fine et très sollicitée. On voit bien que si nous la sur-sollicitons, elle aura davantage tendance à se distendre. Le ridoki permet de stimuler la production de collagène. Sur les zones où peuvent apparaître des rides de surface comme la patte d’oie, les joues, le contour des lèvres, etc., le ridoki est un outil très efficace. Cela donne aussi beaucoup de couleur”.

Un outil déconseillé à certaines peaux

La spécialiste émet néanmoins une réserve pour les peaux couperosées. L’utilisation du ridoki provoque un afflux sanguin important, son utilisation est donc conseillée aux peaux sujettes à la couperose.

Le kansa wand

Un outil pour rééquilibrer les énergies

Le kansa wand est issu de l’ayurvéda. On va retrouver le même type d’alliage de métaux que pour le gua-sha, notamment du cuivre avec des propriétés détoxifiantes.

“Dans la médecine ayurvédique traditionnelle, on utilise le bol kansu avec du gui et du beurre clarifié pour masser la plante des pieds. Cela permet d’éliminer toutes les toxines et rééquilibrer l’élément “feu” dans le corps” explique Sylvie Lefranc. 

Le kansa wand est apparu il y a quelques années. Il s’agit d’une demi sphère, plus petite que le bol kansu, qui est placée au bout d’un stick facilitant sa manipulation sur le visage.

L’utilisation en cabine

Le kansa wand est utilisé pour masser, drainer et dénouer les tensions. Le métal va chauffer à mesure qu’il va être en contact avec la peau. Cela renforce la détoxification. 

“On constate généralement lors de son utilisation que cela noircit. Et plus la cliente a de toxines, plus la matière grasse que l’on aura utilisée pour faire glisser l’instrument va noircir. Dans ce cas, le risque est que le corps de la cliente comprenne qu’on lui offre une opportunité de se détoxifier et qu’il transporte de fait toutes les toxines du corps vers le visage, nous indique l’experte. Le kansa wand convient davantage dans le cadre d’un massage ayurvédique, plus global. La praticienne commence par effectuer le massage du kansu au niveau des pieds, et ensuite passe au visage”.

D’après Sylvie Lefranc, utilisé dans le cadre d’une cure ou d’un auto-massage, notamment au printemps au même moment qu’une détox du foie, le kansa wand est parfait.