Diane Laurenson, experte en soin visage : « On apprend toute sa vie »
Diane n’est pas arrivée dans l’esthétique par hasard, elle y a grandi.
«Je suis née dedans. Ma mère a créé l’Institut en 1977, donc j’ai toujours vécu dans ce milieu-là», confie-t-elle.
Elle évolue au sein de l’établissement familial, marqué par une signature forte axée sur le massage profond et musculaire, à contre-courant des soins standardisés.
Pourtant, reprendre l’entreprise n’était pas une évidence. C’est à 17 ans, en quête d’apprentissage concret, qu’elle quitte le parcours scolaire classique pour intégrer l’institut en CAP, en alternance.
Très vite, elle privilégie l’apprentissage et l’expérience terrain : «C’est un métier où on apprend vraiment en pratiquant. Et avec ma mère, j’avais une vraie chance».
Cette immersion précoce forge son regard sur la profession et la formation : «Les bases n’ont pas beaucoup évolué. Ce que ma mère apprenait il y a plus de 40 ans, ce que j’ai appris il y a plus de 20 ans, et ce qui se passe aujourd’hui, ça n’a pas changé ! On apprend des gestes, mais pas à comprendre la peau».
Elle souligne également l’image longtemps réductrice du métier : «On était perçues comme des “arracheuses de poils”».
Ces constats deviendront, par la suite, le moteur de son parcours.
Du corps au visage : explorer, tester, puis se spécialiser en tant qu'esthéticienne
À ses débuts, Diane explore plusieurs domaines. L’institut, historiquement reconnu pour ses soins corps et ses massages profonds, l’influence naturellement. Elle s’essaie d’abord à cet univers, puis élargit son champ de compétences au regard, en introduisant les extensions de cils en 2008 - époque où la technique est encore émergente -. Mais avec le temps, une évidence s’impose : le massage facial.
«Le visage, c’était vraiment mon domaine. Le moment que je préférais dans un soin visage, c’était le massage. C’est là que tout se joue.»
Sensible aux effets du toucher, elle y voit bien plus qu’un simple geste technique. Cette intuition, nourrie par l’expérimentation et la pratique, va se transformer en véritable expertise.
Le déclic du facialisme pour l'esthéticienne
L’année 2013 marque un tournant avec la découverte du kobido.
«Je ne savais même pas ce que c’était au départ. Mais j’ai vu immédiatement l’impact sur mes clientes», raconte-t-elle.
L’engouement est immédiat : «Mes clientes ont tout de suite adhéré. On leur proposait un massage d’une heure, uniquement dédié au visage».
Cette nouvelle approche agit comme un déclencheur, même si elle reconnaît avec recul qu’elle reste alors encore superficielle, mais ce premier pas ouvre la voie à une quête approfondie.
À partir de 2019, Diane souhaite gagner en précision, expertise et justesse elle multiplie donc les formations spécialisées et affine sa pratique.
Ses formations avec différents formateurs spécialisés (Alexandre Thang, Nathalie Mèmeteau, Yakov Gershkovich et le Dr Sergey Shchurevich) transforment sa pratique. Elle affine sa technique, découvre l’authenticité des gestes et enrichit son approche avec des méthodes comme le massage intrabuccal ou le korugi (massage coréen où l’on travaille plus sur l’ossature).
«J’ai compris que ce que je faisais, avant ces formations, n’était pas du kobido. Là, je suis entrée dans une autre dimension.»
Très exigeante dans son apprentissage, elle privilégie des formats en petits groupes, voire en individuel : «À trois ou quatre, on apprend vraiment. À trente, ce n’est pas de la formation».
Cette rigueur s’accompagne d’un regard lucide sur le secteur :
Toutes les formations ne se valent pas. Il faut savoir choisir ses formateurs.
Cette démarche lui permet de concevoir ses propres protocoles sur-mesure.
Une approche experte et globale du visage dans son institut de beauté
Aujourd’hui, Diane revendique une approche hybride, entre esthéticienne et facialiste, même si elle nuance ce terme : «Facialiste ne veut pas dire grand-chose. N’importe qui peut se revendiquer ainsi».
Sa vision repose sur une compréhension globale de la peau : «La peau, c’est la partie visible de l’iceberg. Tout se joue à l’intérieur : stress, sommeil, alimentation, hormones…».
Chaque soin débute par un échange approfondi avec la cliente sur son mode de vie, ses ressentis et habitudes, ce qui est essentiel pour poser un diagnostic précis.
Cette approche globale répond aussi à une évolution du marché et des attentes : «Les clientes sont beaucoup plus informées aujourd’hui. Elles connaissent les actifs, les problématiques de la barrière cutanée…».
Pour y répondre, elle articule son travail autour de deux axes :
- le travail musculaire via les massages,
- le traitement cutané via les soins.
«C’est un mix entre soin et massage. C’est ce qui rend les résultats plus poussés.»
Des résultats visibles et durables sur ses clientes
Si les résultats d’un soin sont immédiats et visibles (détente, éclat, luminosité), Diane reste lucide sur les limites de son métier : «Je ne suis pas une magicienne. Je ne supprime pas les rides».
Son approche repose sur le long terme, la pédagogie et la collaboration avec ses clientes : «C’est un travail d’équipe. Ce que je fais en cabine doit être suivi à la maison».
Elle n’hésite pas à poser un cadre clair à ses clientes : «Je préfère refuser un soin, quand je sais que la cliente va reprendre ses mauvaises habitudes, je ne veux pas travailler sans engagement derrière».
Corriger les erreurs du quotidien
Une grande partie de son travail consiste aussi à déconstruire les mauvaises habitudes. Elle observe fréquemment des routines inadaptées : nettoyage inadapté ou insuffisant, surutilisation d’exfoliants ou d’acides, accumulation de produits. «Elles décapent leur peau sans s’en rendre compte. Résultat, la barrière cutanée est détruite.»
Les conséquences d’une barrière cutanée détruite sont : déshydratation profonde (film hydrolipidique de mauvaise qualité), peau beaucoup plus sensible, risque d’inflammation, infection (microbiote altérée), acné, taches pigmentaires et surtout, vieillissement accéléré !
Son credo : simplifier et optimiser.
Acheter moins, mais mieux.
Technologie et soins manuels en institut de beauté
Si Diane privilégie les soins manuels, elle intègre certaines technologies ciblées, comme la Led : «C’est une photobiomodulation qui agit directement sur les cellules».
Au sein de son institut, elle dispose d’une Led, aussi utilisée dans le monde médical, qu’elle utilise aussi bien seule qu’en complément de ses soins, afin de traiter différentes problématiques, de l’acné à l’anti-âge : «Je peux l’associer avec n’importe lequel de mes soins».
Pour autant, cette technologie reste un complément : «Rien ne remplace la main. Les clientes viennent pour ça».
Fidèle à son exigence, Diane reste prudente face aux innovations et insiste sur l’importance de choisir des marques fiables avec des résultats efficaces prouvés : «Les machines évoluent sans cesse. Il faut prendre le temps de choisir».
Des marques exigeantes pour une expertise renforcée en institut de beauté
Lorsque Diane reprend l’institut, elle fait le choix de se démarquer des marques utilisées auparavant aux côtés de sa mère, afin d’affirmer sa propre identité. Pour accompagner son approche, elle sélectionne deux marques premium et complémentaires : Biologique Recherche et mesoestetic®.
Diane est séduite par l’exigence de formation imposée par Biologique Recherche : «Avant d’être formée aux produits, on est formé à la peau».
Ce niveau d’expertise correspond pleinement à sa vision du métier : «C’est une marque qui garantit un haut niveau d’exigence et d’expertise».
L’arrivée de Biologique Recherche à l’institut était un pari audacieux : «Ça a été déstabilisant pour mes clientes, car je leur proposais une marque peu connue à l’époque, avec des textures et des aspects peu sensoriels. C’était un coup de poker : j’ai perdu quelques clientes, mais j’en ai gagné beaucoup plus».
En parallèle, Diane s’appuie sur mesoestetic® pour développer une approche plus dermocosmétique et technique, notamment à travers les peelings et traitements spécifiques : «On est sur du soin plus “médical”, avec des protocoles stricts».
Soucieuse de préserver la cohérence et l’efficacité de chaque approche, elle veille à ne jamais mélanger les deux univers, respectant les spécificités de chaque marque.
En changeant de marque, Diane a fait évoluer bien plus que ses prix. Son expertise s’est affinée, avec des formulations plus concentrées et techniques, avec une approche presque clinique du soin. Cette montée en gamme se reflète naturellement dans ses tarifs. Plus qu’une hausse de prix, c’est la valeur perçue de son service qui a réellement évolué.
Une clientèle fidèle, construite sur la confiance avec l'esthéticienne
Au Touquet-Paris-Plage, Diane bénéficie d’une clientèle intergénérationnelle fidèle depuis plusieurs décennies : «Je vois la grand-mère, la mère et la fille».
À la tête de son institut, créé il y a près de 50 ans, elle accompagne des clientes pour qui les soins en institut font partie intégrante de leur mode de vie, avec une attention constante portée à leur peau.
Âgées majoritairement de 30 à 90 ans, ses clientes recherchent des solutions anti-âge efficaces et des réponses adaptées aux problématiques des peaux sensibles. Les clientes, étant de nos jours mieux informées, elles sont également plus exigeantes : «Elles connaissent les actifs, posent des questions. Il faut être à la hauteur».
Cette relation repose sur une confiance solide, nourrie par l’expertise et le résultat : «Elles me font confiance au point de ne pas savoir ce que je vais leur faire en arrivant à leur soin».
Loin de considérer cette exigence comme une contrainte, Diane y voit un moteur : «Quand on paie un certain prix pour une prestation, il est normal d’avoir une exigence. C’est un échange».
Pour entretenir cette fidélité, elle mise sur la formation continue et le renouvellement de ses pratiques: «Il faut savoir se remettre en question, se former sans cesse. Elles savent que je serai toujours à la pointe».
Cette dynamique se traduit par un fort taux de réengagement : «En sortant de cabine, le prochain rendez-vous est déjà rebooké».
Former, transmettre, évoluer : la base du métier d'esthéticienne
À la tête d’une équipe volontairement restreinte, composée de deux esthéticiennes et d’une community manager, Diane fait le choix de privilégier la qualité à la quantité.
«Former une salariée, c’est un investissement énorme qui demande au moins un an. J’ai mis du temps à construire une équipe stable», explique-t-elle.
Convaincue que la formation est un levier d’évolution du métier, elle continue de se former : «On apprend toute sa vie, rien n’est acquis. Actuellement, j’ai repris un cursus de neuf mois pour réapprendre la peau dans toutes ses dimensions et toutes ses étapes, notamment sur la ménopause, l’acné, etc.».
L'esthétique : une profession en pleine transformation
Pour Diane, le métier d’esthéticienne est à un tournant, la montée en compétences redéfinit les standards du secteur : «Celles qui se forment vont tirer la profession vers le haut».
Dans ce contexte, la spécialisation s’impose comme une évidence : «On ne peut pas être bon partout. Il faut choisir son domaine, se former et s’y investir pleinement. Aujourd’hui, on a accès à de très belles formations, et elles sont essentielles si l’on veut se positionner sur ce créneau».
Mais cet engagement repose aussi sur la passion du métier et la persévérance : «Les formations, on en fait toute sa vie. Il faut investir, ne pas avoir peur, mais il faut aimer profondément son métier».
Le conseil aux esthéticiennes
Son message est clair : multiplier les formations, varier les approches, et ne jamais cesser d’apprendre.
«Il faut rencontrer différents formateurs, diversifier les formations, voyager, expérimenter et, surtout, ressentir les choses, ne pas hésiter à se faire masser.»
Pour elle, la progression repose sur une remise en question constante : «Rien n’est acquis. Il faut se challenger en permanence !».
Et surtout : «Croire en soi et ne jamais se décourager».