Linda Benmiloud : « Il faut voir vos compétences comme une caisse à outils »

L’entrepreneuriat ne prévient pas toujours. Parfois, il naît d’un parcours, d’une envie, d’une inspiration. C’est ce qui s’est produit pour Linda Benmiloud, qui n’était pas destinée à travailler dans le domaine du bien-être. Sa reconversion professionnelle l’amène à développer de nombreux projets, dont de beaux à venir.

Un début de carrière en communication

Linda se rêvait reporter de guerre. Elle commence donc son parcours académique en faculté d’histoire. Puis, elle change de voie et bifurque vers un BTS Management des Unités Commerciales en alternance. Elle obtient par la suite une licence en communication. Parallèlement à cela, elle crée, à seulement vingt-trois ans, son propre bureau de presse. Bureau au sein duquel elle travaille pendant cinq ans. 

«Puis, j’ai repris mes études pour préparer un master en communication précise Linda. J’ai fermé mon agence car cela devenait difficile de travailler seule. Et puis, je voulais avoir une expérience en agence, en équipe.»

Après ses études, Linda postule auprès de l’agence de communication Angelo Sensini Communication. Elle est embauchée, afin de gérer les budgets communication des clients de l’agence. Puis, elle quitte cette entreprise pour un poste de directrice de la communication France Benelux, au sein d’un grand groupe de l’industrie optique.

En 2020, le covid bouscule tout

Comme cela a pu être le cas pour de nombreuses personnes, le Covid remet en question les envies professionnelles de Linda. 

«J’ai commencé un bilan de compétences, en parallèle de mon travail à mi-temps chez mon employeur.» 

Le bilan de compétences confirme ce que Linda pressent déjà : elle a besoin d’exercer un métier où elle peut prendre soin des autres tout en restant active.

Néanmoins, Linda est bien consciente que le métier de masseur qu’elle envisage demande non seulement une grande énergie physique, mais qu’il est aussi difficile d’en vivre correctement au début. Quitter un CDI bien rémunéré n’est donc pas chose aisée. 

«Célibataire et sans enfant, je me suis dit que c’était le moment ou jamais pour me lancer, malgré mes craintes», confie-t-elle. Après une reprise d’activité toujours à temps partiel après les confinements, Linda obtient une rupture conventionnelle.

De multiples formations pour changer de métier

Linda sait à quel point il est essentiel d’être correctement et suffisamment formée pour pratiquer des massages. 

Elle commence par une formation à l’École Azenday, située à Paris, pour apprendre les rudiments du palper-rouler. Elle poursuit avec un cycle de formation en deep tissue puis en kobido à la Miki School, également située à Paris. Pour compléter son apprentissage, elle se forme auprès d’une experte d’origine brésilienne sur le drainage lymphatique et également auprès de Myalinda, une esthéticienne parisienne experte en madérothérapie. Puis, Linda bénéficie d’une formation auprès de Jeanne Casimir en massage du visage.

Les débuts en tant que masseuse

Après s’être formée, Linda créé sa société, The Aesthetic Club, et se lance dans un premier temps à domicile à Paris. Elle fait des massages minceur sa spécialité. Elle s’installe ensuite dans un local dans le XVIIème arrondissement.  «Certaines de mes clientes à domicile m’ont suivie, d’autres non.  Et j’ai refait ma clientèle via les réseaux sociaux et le bouche-à-oreille» explique Linda.

Ses massages rencontrent un franc succès, la menant à déménager rue Cambon en 2025. «Je dispose aujourd’hui d’un local de 17m2 où j’accueille ma clientèle» indique Linda.

La formation en nutrition pour un accompagnement global

Mais rapidement, Linda est frustrée de ne pas pouvoir accompagner ses clientes au-delà du massage. 

«J’avais besoin de pouvoir proposer un accompagnement global et être en capacité de leur donner les clés sur l’aspect nutrition explique Linda. Je me suis donc formée auprès de l’école américaine The Institute for Integrative Nutrition.» 

Elle se forme également en nutrition des sports de combat afin de pouvoir avoir une vision globale de la nutrition. Elle apprend à calculer les quantités de macro-nutriments (glucides, protéines et lipides) à intégrer dans son alimentation quotidienne et les micro-nutriments (vitamines et minéraux) qui peuvent être intégrés dans un accompagnement minceur.

Approfondir la micro-nutrition pour accompagner ses clientes

Linda enchaîne ensuite avec une formation en micro-nutrition au sein de l’école SIIN, fondée par le Dr Olivier Coudron. 

«J’y ai étudié la micro-nutrition appliquée à la maladie de Parkinson, un sujet qui me touche particulièrement puisque mon père en est atteint. J’ai également approfondi la micro-nutrition en gynécologie, fertilité, ainsi que les mille premiers jours, afin d’accompagner les femmes depuis leur désir de grossesse jusqu’à la ménopause» détaille-t-elle.

Compléter ses compétences avec le coaching sportif

Bien qu’elle ne soit pas médecin ou ne prétende pas tout savoir, Linda souhaite pouvoir accompagner au mieux sa clientèle et lui donner des clés lorsque celle-ci lui pose des questions durant les soins. Toujours dans cette optique, Linda obtient son CQP de Coach Sportif en 2025. 

«Je souhaitais avoir davantage de connaissances en physiologie et en anatomie, toujours dans cette optique de comprendre le corps et les besoins de ma cliente.»

The Aesthetic Club en 2026

Des soins axés sur le bien-être corporel et la minceur

Dans son cabinet parisien, Linda, qualifiée de Bodyalist® à l’instar des facialistes, accompagne ses clientes sur la minceur. Elle propose des massages corps drainants, associant techniques manuelles (drainage brésilien et madérothérapie) et technologiques avec l’appareil LPG.

Linda propose également des coachings nutrition, sur quatre semaines, dispensés en présentiel ou à distance. 

«C’est un accompagnement qui commence par le partage d’un questionnaire du type anamnèse sur les clientes et leur alimentation depuis l’enfance. Je leur demande également quels sont leurs antécédents médicaux, y compris familiaux détaille Linda. J’établis un protocole à partir des données récoltées. Protocole que je leur envoie, à suivre sur quatre semaines. Pendant ces quatre semaines, nous restons en contact quotidiennement afin de les accompagner, les challenger en fonction de leurs objectifs.»

Une prise en charge globale

Avoir suivi de nombreuses formations offre à Linda une grande boîte à outils lui permettant d’accompagner au mieux ses clientes âgées entre 27 et 65 ans.

À chaque cliente qui passe la porte de son cabinet, Linda propose une prise en charge sur-mesure. Cela commence par un diagnostic d’une durée d’une vingtaine de minutes pour comprendre les besoins de chacune. «La plupart des demandes de mes clientes se concentrent autour du drainage lymphatique, soin pour lequel je suis connue.»

Les erreurs que font les clientes en matière de perte de poids

Au quotidien, Linda est régulièrement amenée à accompagner des clientes qui souhaitent perdre du poids. Ses clientes commettent bien souvent les mêmes erreurs.

Un manque d’hydratation

Plusieurs facteurs peuvent expliquer qu’une cliente ne perde pas de poids malgré ses efforts. Et selon Linda, le facteur numéro un est le manque d’hydratation. «Sur dix clientes, il doit y en avoir deux qui boivent les quantités nécessaires. C’est pourtant essentiel. Réintégrer ce simple geste dans sa routine quotidienne est déjà un grand pas pour sa santé et notamment en matière de minceur» souligne Linda.

L’absence de féculents dans l’assiette

Autre erreur que Linda note chez bon nombre de ses clientes : l’absence de féculents dans leur assiette. De nombreux régimes ont en effet diabolisé les glucides, et, pourtant, ils sont essentiels. «Certaines clientes ne consomment plus de riz, de pâtes ou de pommes de terre explique Linda. Je leur explique qu’il faut nuancer. Tout est une question de quantités. Il faut que chacun trouve son propre équilibre, sans injonction. Je tiens à rappeler que notre cerveau fonctionne en grande partie grâce au glucose. Si on n’en consomme pas suffisamment, on est fatiguée et on a envie de sucre.»

Le temps du diagnostic permet à Linda de comprendre les habitudes de vie de ses clientes : sommeil, nutrition, stress… 

«C’est cet échange qui me permet de définir le type de soin dont ma cliente a besoin sur le moment. Mais, généralement, j’aime proposer un drainage lymphatique corps entier à mes clientes pour leur premier soin» explique Linda. 

L’accompagnement se poursuit en fonction de la problématique de la cliente. 

«Au fur et à mesure, j’affine mon approche selon les évolutions perçues par ma cliente après chaque soin, explique-t-elle. Je suis également en capacité de conseiller en matière de pratique sportive, si ma cliente souhaite reprendre le sport par exemple.»

La praticienne voit le marché de la minceur évoluer de façon bien plus saine et naturelle. C’est ainsi qu’elle a à cœur de prendre en charge ses clientes. «Je veux que mes clientes se sentent bien dans leur corps et leur tête, car c’est seulement comme ça qu’elles pourront perdre du poids. C’est l’addition de plusieurs efforts qui permettra des résultats pérennes.»

Le drainage

Un soin pour tous en institut de beauté…

La tendance actuelle est au drainage, un soin préconisé, notamment en cas d’œdème ou de rétention d’eau. Un soin qui demande de la prudence, mais qui, selon Linda, pourrait bénéficier à un grand nombre de personnes. 

«Je recommande ce soin à celles qui ne se sentent pas très bien dans leur corps ou qui ont pris un peu de poids. Il permet de faire un véritable reset global explique-t-elle. Je le conseille aussi aux femmes enceintes, une fois l’échographie des trois mois passée. Celles qui vivent une deuxième grossesse et qui profitent du drainage me disent arriver à l’accouchement moins gonflées et plus sereines. Enfin, j’invite également les clientes sans problématique particulière à tester ce soin si elles souhaitent simplement se reconnecter à leur corps et retrouver des sensations.»

… mais qui nécessite de nombreuses connaissances et précautions

Linda met l’accent sur la prudence dont il faut faire preuve lorsque l’on propose un drainage à une cliente. Par exemple, une cliente ayant déjà contracté une maladie comme un cancer ne peut pas avoir recours à ce type de soin sans avis médical. Car, mal exécuté, ce soin peut être dangereux.

La praticienne se forme avec rigueur afin d’assurer des prestations de qualité et sans danger à sa clientèle. 

«Selon moi, pour proposer ce genre de prestation, il est essentiel d’avoir des connaissances solides en anatomie. Personnellement, avant de faire mon CQP Coach Sportif, j’ai suivi une formation à l’école Harmonysia sur les maux du féminin (l’acupression sur l’endométriose, le SOPK, la fertilité, la grossesse et le post-partum). Mais je me suis aussi formée à l’anatomie palpatoire avec une kinésithérapeute qui m’a permis de comprendre où se situent les muscles, le réseau lymphatique, sanguin…» explique Linda. 

Apprendre la technique du drainage seule n’est donc pas suffisant d’après l’experte.

Des compléments alimentaires, mais dans une certaine mesure

Cela ne vous aura sans doute pas échappé : les compléments alimentaires sont au cœur des tendances beauté et santé. Une tendance que Linda considère intéressante, étant donné la pauvreté des apports de l’alimentation actuelle. Toutefois, elle tempère : il ne serait pas utile d’en consommer en grande quantité.

Avant toute chose, il est important de savoir si la cliente consomme des protéines, des glucides et des lipides. 

«Personnellement, je recommande à mes clientes de faire un bilan sanguin global (vitamine C, magnésium, glycémie…) prescrit par un médecin. Cela permet de voir où on en est. Et, seulement après, en fonction des symptômes que peut avoir la cliente, je préconise généralement des omégas-3, car on en manque souvent dans son assiette explique Linda. Je recommande également du magnésium, car nous en avons besoin et sommes bien souvent en carence. C’est ce qui permet de réduire le stress et favoriser l’endormissement. Enfin, je conseille de la vitamine D sous forme de gouttes à prendre tous les jours car nous sommes souvent carencées.»

L’accompagnement de Linda en matière de compléments alimentaires varie en fonction des besoins exprimés par chacune de ses clientes. Pour les sportives, par exemple, elle suggère parfois de prendre du collagène entre autres dans le but de soutenir leurs articulations.

La sensibilisation de la clientèle au bien-être mental

La santé mentale occupe désormais une place centrale dans les débats de société. Si elle est essentielle pour être en bonne santé, elle l’est tout autant dans le cadre d’une perte de poids. S’affamer n’aura aucun effet sur une perte de poids si le mental ne suit pas. 

«J’essaie de sensibiliser mes clientes à cela. Pour moi, consulter un psychologue ou un coach est bénéfique, y compris lorsqu’on estime que l’on va bien. C’est un moment à soi que l’on s’offre, on peut parler à une personne sans qu’il n’y ait de jugement explique Linda. Pour moi, la santé mentale est l’un des piliers du bien-être.»

Notre interlocutrice explique que ses clientes qui avancent dans leur développement personnel ou bien sur le plan psychologique, grâce à l’accompagnement d’un professionnel, lui confient constater un réel changement au niveau de leur corps. Pour celles qui le désirent, elles parviennent à perdre du poids. 

«Car, parfois, le poids, en termes d’image, représente une enveloppe corporelle que l’on se met autour de soi pour se protéger. C’est comme un bouclier.»

L’importance de la formation continue

Le rôle d’une esthéticienne, comme tout autre praticien du bien-être, est tel que cela nécessite de se former régulièrement. Et il n’est pas nécessaire de dépenser beaucoup pour le faire intelligemment. 

«Vous pouvez tout simplement lire des livres ou écouter des podcasts, sur des sujets qui ne vous touchent pas forcément. Car cela peut vous aider à avoir des connaissances vous permettant de donner des pistes à vos clientes» propose Linda. 

Aussi, l’experte lit beaucoup d’ouvrages sur le corps et l’esprit. «Cela peut aller d’un psychologue sur une thématique à un livre sur de la médecine chinoise.» 

Elle est également abonnée aux Nouvelles Esthétiques. Côté podcast, Linda écoute Objectif Réussite proposé par Les Nouvelles Esthétiques. Elle écoute également de nombreux podcasts anglo-saxons comme The Humanlab, The Diary of a CEO, On Purpose et les podcasts d’Emma Grede. Linda écoute également le podcast business de Pauline Laigneau.

Notre interlocutrice préconise de se former au moins une fois par an pour être à la pointe en termes de techniques. 

«Il peut même s’agir de formations qui sortent de votre spectre habituel. En fait, il faut voir vos compétences comme une caisse à outils que vous enrichissez continuellement pour vous adapter à chaque profil de cliente.»

Linda conseille également de vous entourer d’autres professionnels issus d’autres milieux pour accroître vos connaissances, en participant à des colloques par exemple. «Cela permet d’avoir un écosystème de professionnels vers qui renvoyer vos clientes en fonction des différentes problématiques rencontrées.»

Message aux professionnels de la beauté et du bien-être

Linda encourage les professionnels de la beauté à continuer de se former, à leur rythme et selon leurs méthodes, même dans les périodes difficiles. Elle les invite à ne jamais abandonner leurs rêves ni leur ambition. 

«Les bonnes personnes et opportunités finiront par arriver, mais il faut aussi savoir aller les chercher. Osez poser des questions et utilisez les réseaux sociaux comme outil d’apprentissage et de connexion. Surtout, osez passer à l’action !» conclut-elle.