Compléments alimentaires : comment bien conseiller le collagène à vos clientes en institut de beauté ?

Depuis quelques années, on observe un engouement massif autour du collagène sur les réseaux sociaux. Beaucoup de marques en produisent, il existe même des cafés où l’on peut déguster des boissons ou mets enrichis en collagène. Selon Clément Thomas, diplômé de Science & Nutrition à l’Université de Stanford (USA), ancien sportif Elite, enseignant et co-fondateur de Harmony Nutri, le collagène serait devenu un aliment presque “cosmétique”. Un secteur qui vit au rythme des tendances, lui aussi riche en propositions “collagénéisées”. 

«C’est un marché assez opaque, juge Clément Thomas. Les trois quarts des fabricants de collagène ne voient en ce marché que des opportunités marketing nées du besoin d’être belle/beau le plus longtemps possible.»

Qu’est-ce que le collagène ?

Le collagène est une protéine composée d’un ensemble d’acides aminés.

Elle est particulièrement riche en trois acides aminés :

«C’est une composition atypique, pour des bénéfices qui le sont également» souligne Clément Thomas.

Il s’agit de l’une des protéines les plus abondantes dans le corps humain. Elle est présente au niveau de la sphère cutanée, des articulations, des tendons, et également dans les membranes de certains organes comme le cœur. 

«C’est pour toutes ces raisons que l’on dit que le collagène est une protéine ultra-intéressante, car elle fait partie intégrante de notre composition corporelle.»

Le rôle du collagène dans le corps dépend de sa localisation. Au niveau de la peau, des muqueuses, des articulations, ou encore des cheveux et des ongles, le collagène a un rôle nutritif et hydratant. 

«On observe une amélioration modérée de l’élasticité et de l’hydratation, après trois mois de cure de collagène, mais les résultats restent variables selon la qualité des peptides utilisés. C’est un coup de pouce cosmétique, pas une cure de jouvence miracle pour les rides profondes» précise Raphaël Gruamn, nutritionniste.

Une supplémentation est-elle intéressante ?

Oui, pour enrichir ses apports nutritionnels

Si nous remontons dans le temps, le collagène faisait partie intégrante de notre alimentation. Nos ancêtres mangeaient de la viande, le muscle, mais aussi la gélatine (le collagène). Aujourd’hui, consommer la gélatine ou encore de l’os à moelle ou des abats - riches en collagène - est une habitude qui tend à se perdre. La qualité appauvrie de l’alimentation moderne, associée à notre mode de vie, contribuerait à une diminution progressive de la production de collagène dans l’organisme qui débute dès vingt ans, selon Clément Thomas.

Il convient de noter, d’après ce dernier, qu’une consommation de protéines animales comme le blanc de poulet ne suffit pas à maintenir un taux de collagène élevé dans le corps. Ceci, car le collagène qui compose notre corps n’est pas le même que le collagène d’une protéine musculaire.

Oui, à partir d’un certain âge

Pour Raphaël Gruman, une supplémentation en collagène serait pertinente pour les peaux matures ou en post-ménopause à raison de 2,5g à 10g/jour pendant trois mois. Elle serait inutile chez les sujets jeunes ou sans carence protéique, car «une alimentation équilibrée suffit amplement à synthétiser son propre collagène».

Oui, dans le cadre d’une hygiène de vie saine

Une supplémentation peut être intéressante dans la mesure où elle est effectuée avec des produits de qualité et en parallèle de l’adoption d’un mode de vie sain, notamment sur le plan nutritionnel. 

«Il faut rappeler que le collagène ne remplace jamais les piliers de la peau : protection solaire, hydratation et arrêt du tabac. C’est un complément de confort dont l’efficacité dépend totalement de la régularité et d’une hygiène de vie globale» souligne Raphaël Gruman.

Oui, en quantité suffisante

Pour un objectif beauté, la dose journalière recommandée se situe autour de cinq grammes

«Je conseillerais davantage de le prendre le soir pour bénéficier des nombreux bénéfices de la glycine» souligne Clément Thomas.

En cas de lourdes pathologies articulaires (polyarthrites, arthrose…), la littérature scientifique conseille une dose minimale de dix grammes de collagène par jour.

Les critères de qualité à connaître pour conseiller vos clientes en institut

Plusieurs marques ayant noté l’engouement du grand public vis-à-vis du collagène se sont positionnées sur le marché. Prudence car toutes les références ne se valent pas. Si certaines études suggèrent un intérêt du collagène sur l’hydratation de la peau et le confort articulaire, les effets observés restent variables selon les personnes, la qualité du produit et la durée de la supplémentation. Les bénéfices avancés sur d’autres sphères de santé font encore l’objet de recherches et ne permettent pas, à ce stade, de recommandations généralisées.

Les différents types de collagènes