Nelly Pélissier : de l’ouverture d’un institut de beauté à la création d’une école d’esthétique

Avant de devenir formatrice et fondatrice de l’École Soin de Soi, Nelly a d’abord construit son expertise sur le terrain. Titulaire d’une licence en psychosociologie, elle se réoriente en 1997 vers un CAP Esthétique. Elle travaille dans divers instituts de beauté avant de reprendre, en 1999, un institut de 350 m² en banlieue bordelaise. 

«C’était un lieu très simple, presque brut, avec des rideaux en guise de séparation. Mais je m’y suis éclatée», se souvient-elle. 

Seule au départ, elle développe progressivement son activité et recrute trois apprenties.

En 2006, elle décide de changer de lieu et achète une maison bourgeoise de 300 m² qu’elle transforme en spa de 300 m², avec une montée en gamme des prestations.

Au fil des années, elle acquiert une vision concrète des attentes clients, mais aussi des exigences de gestion, de recrutement et de fidélisation. Cette expérience de terrain constitue aujourd’hui le socle de sa pédagogie. Dès ses débuts, une conviction guide sa pratique : le soin ne s’arrête pas à la cabine. 

Pour moi, la cliente doit devenir actrice de son bien-être. Le conseil et la vente font partie intégrante du métier.

Elle développe donc une approche globale qui mêle technique, écoute et accompagnement, qui en deviendra sa signature.

Une cosmétique plus saine pour l'institut de beauté de Nelly 

Un tournant majeur survient lorsque Nelly et son équipe sont confrontées à des réactions cutanées sévères liées à certains conservateurs cosmétiques (remplacement du parabène par le méthylisothiazolinone) et perturbateurs endocriniens (pétrole et plastique). 

«On apportait du bien-être, mais les produits utilisés n’étaient pas alignés avec cette promesse. C’était incohérent.»

Face à l’absence d’alternatives satisfaisantes, elle décide de s’entourer d’une ingénieure chimiste, pour analyser les compositions et créer ses propres formules. C’est ainsi que naît en 2015 son laboratoire artisanal, où elle développe une gamme de 60 produits 100 % naturels et bio.

Elle s’implique dans le sourcing des matières premières, privilégiant des producteurs respectueux et des procédés de fabrication doux, dans des contenants en verre afin de préserver l’intégrité des actifs. «Je voulais maîtriser toute la chaîne, de l’ingrédient au soin.» 

Rapidement, les résultats convainquent équipes et clientes. L’institut abandonne les marques traditionnelles pour travailler exclusivement avec ses propres cosmétiques. Ce choix renforce la cohérence de son projet et assoit son positionnement : un bien-être authentique et sans compromis sur la santé.

2022 : la naissance de son école d'esthétique : Soin de soi

Après plus de vingt ans à former ses équipes en interne, l’idée de créer une école s’impose naturellement. 

«Je me retrouvais avec un espace haut de gamme, des produits haut de gamme et respectueux, et avec des collaboratrices qui sortaient de CAP ou d’écoles d’esthétique qui n’étaient pas, selon moi, au niveau

L’opportunité se présente en 2022 car une école de 200 m2 à Bordeaux est à vendre pour 1 € symbolique (reprise de l’école, des dettes et du PGE). Nelly décide de tout reconstruire. 

«Il n’y avait aucun contenu pédagogique structuré. J’ai refait tous les programmes, recruté mes formateurs et défini une identité forte.»

Elle repense entièrement les contenus et modules de formation pour les adapter aux réalités actuelles du métier, en intégrant autant les compétences techniques que les compétences humaines et entrepreneuriales.

Son objectif est de former des professionnelles immédiatement opérationnelles, en phase avec les réalités du terrain et porteuses d’une vision globale du soin. Elle souhaite aussi répondre à une problématique forte du secteur : le manque de praticiennes réellement prêtes à intégrer le marché du travail.

Un écosystème complet pour former au mieux les esthéticiennes de demain

L’une des grandes forces de son école réside dans son intégration au sein d’un écosystème complet : laboratoire, logistique, spa et centre de formation cohabitent dans un même lieu.

«Les élèves ne sont pas coupées du réel. Elles échangent avec les équipes de chaque pôle, découvrent la fabrication des produits et comprennent les enjeux d’une entreprise. Tout est concret.»

Cette immersion quotidienne permet aux apprenties de se projeter dans leur futur métier et d’en comprendre toutes les dimensions.

Elle favorise également les échanges entre métiers : formateurs, praticiens, techniciens et fonctions support travaillent en synergie.

Une dynamique collective qui enrichit l’apprentissage des élèves.

Plusieurs cursus pour former les futures esthéticiennes

L’école propose plusieurs formats :

L’objectif est de former de véritables expertes du soin, capables de comprendre le corps dans sa globalité et d’adapter leurs protocoles à chaque cliente.

Les modules spécialisés sont conçus comme des briques de compétences, accessibles indépendamment ou intégrées dans un parcours complet. Chaque formation va au-delà du simple protocole technique, elle inclut la prise en charge client, avec diagnostic, écoute active, construction de cures et conseils personnalisés. 

À l’issue, les apprenties repartent avec une vision claire de la manière de proposer, vendre et inscrire leurs prestations dans la durée.

Chaque formation intègre une dimension entrepreneuriale : «Nos élèves doivent pouvoir vivre de leur métier». 

Les apprenantes sont accompagnées sur les aspects concrets : création de la carte de soins, fixation des prix, rentabilité, stratégie de développement, vente de produits associés. L’objectif est de leur donner les clés pour être immédiatement opérationnelles, que ce soit en institut, en spa ou en indépendante.

Accessible à tous les profils, l’admission repose avant tout sur la motivation et le savoir-être. Ce positionnement permet d’accueillir aussi bien des débutantes, les personnes qui souhaitent se reconvertir, les professionnelles déjà installées qui souhaitent enrichir leurs compétences, créant ainsi une dynamique de groupe particulièrement riche et stimulante.

Chaque formateur est un professionnel de l'esthétique en activité 

Chez Soin de Soi, l’enseignement naît du terrain. Chaque formateur est avant tout un professionnel en activité, ancré dans la pratique quotidienne du soin et du massage, avec son propre lieu et son expérience vivante. Cette immersion garantit une transmission concrète, loin des approches uniquement théoriques. L’école s’est construite autour d’un objectif : accompagner, soutenir et faire grandir ensemble. Les formateurs sont choisis avec exigence.

Chez Soin de soi, la pratique précède la théorie 

Nelly mise sur une pédagogie inversée : la pratique précède la théorie. 

«Cette approche est particulièrement adaptée aux adultes en reconversion, qui ont besoin de concret pour intégrer durablement les connaissances.»

Les formations vont bien au-delà des protocoles techniques. Elles intègrent :

L’objectif est de développer à la fois les compétences techniques, la posture professionnelle et la capacité à accompagner les clientes dans la durée.

Soin de soi apprend aussi à préserver la santé des futures esthéticiennnes

Pour Nelly, le métier d’esthéticienne dépasse l’esthétique. Il s’inscrit dans une logique de prévention santé.

«Quand on masse, on agit sur le système nerveux, la circulation sanguine, lymphatique, l’énergie. C’est un métier essentiel.»

Elle défend une approche qui relie le corps, l’émotionnel et l’hygiène de vie, en cohérence avec les nouvelles attentes des clientes. Son objectif est de revaloriser la profession et de créer des praticiennes conscientes de leur impact dans le bien-être.

Je veux former des “mini-moi” qui diffusent du bien-être autour d’elles.

Une diversité de profil chez Soin de soi : esthéticiennes mais pas que...

L’un des marqueurs forts de l’école est la diversité des profils accueillis : esthéticiennes, kinés, infirmières ou médecins.

«Quand une esthéticienne explique le drainage lymphatique méthode Vodder à un professionnel de santé, c’est une vraie reconnaissance, une grande fierté.»

Cette transversalité contribue à décloisonner les métiers et à faire évoluer les perceptions autour du soin esthétique. «On travaille ensemble et pas les uns contre les autres.»

Quels sont les défis de l'école Soin de soi ?

Créer une école n’a pas été sans obstacles, notamment administratifs. «L’entrepreneuriat est déjà complexe, mais avec les contraintes réglementaires, c’est un défi permanent.»

La gestion des normes, des certifications et des évolutions législatives demande une organisation rigoureuse et des compétences spécifiques. Nelly a d’ailleurs fait le choix d’être accompagnée d’une responsable pédagogique pour gérer ces aspects et se concentrer sur son cœur de métier.

Autre enjeu : faire comprendre l’importance de la vente dans le métier. «C’est indispensable pour en vivre et valoriser la profession.»

Un changement de mentalité encore nécessaire dans un secteur souvent centré uniquement sur la technique.

Former des esthéticiennes prêtes à réussir

La fierté de Nelly se mesure à la sortie de ses élèves : «Elles sont capables de travailler immédiatement, voire de créer leur propre activité. À ce jour, plus de 200 élèves ont été formées dans notre école».

Grâce à une formation intensive et immersive, les élèves gagnent rapidement en confiance et en autonomie. Elles développent une posture professionnelle solide, essentielle pour fidéliser leur clientèle.

Son exigence est claire : proposer au marché des professionnelles compétentes, autonomes et engagées. Une promesse qui séduit autant les recruteurs que les futurs entrepreneurs.

Une notoriété qui ouvre des portes aux esthéticiennes

Depuis 27 ans, Soins de Soi s’est construit une solide réputation, d’abord avec l’institut, puis avec les cosmétiques. 

«À Bordeaux, où je suis déjà bien identifiée, l’annonce de la création de l’école a suscité un engouement immédiat. La visibilité s’est naturellement appuyée sur les réseaux sociaux et le bouche-à-oreille, attirant rapidement des élèves venues de loin, jusqu’au Luxembourg, en Belgique ou en Suisse.» 

Cette reconnaissance inspire confiance, comme pour Clarisse, une de ses élèves, qui n’osait pas se lancer sans l’accord de ses parents. En apprenant l’ouverture de l’école Soins de Soi, elle a retenté sa chance et leur réponse a été sans appel : «Si c’est chez Soin de Soi que tu veux te former, tu peux y aller». 

Quels sont les futurs projets pour Soin de soi ?

Parmi ses projets, le développement de nouvelles formations autour de la puissance féminine se dessine

«En tant que femmes, c’est nous qui créons le lien. C’est nous qui créons la vie de famille et qui prenons soin de nos enfants, de nos maris. Il faut donc prendre soin des femmes pour que ce monde aille mieux. Et si on veut prendre soin du monde, il faut d’abord apprendre à prendre soin de soi».

Elle souhaite approfondir cette dimension en proposant des parcours encore plus axés sur le développement personnel et collectif.

Convaincue que le secteur du bien-être va continuer à évoluer vers une approche plus globale, elle appelle à une meilleure reconnaissance du métier en France. Elle imagine un futur où esthétique et santé travailleront main dans la main, au service du mieux-être global.

Le mot de la fin pour les esthéticiennes 

«Prenons soin de nous pour mieux prendre soin des autres.»

Cette phrase résume toute la philosophie de Nelly et l’ADN de son école. Un mantra qu’elle transmet à chacune de ses promotions, comme un fil conducteur pour exercer ce métier avec sens, engagement et humanité.