Raïssa Ruiz, esthéticienne : «Après 23 ans, j’ai décidé de me mettre à mon compte»
C’est un tournant radical dans sa carrière que vient d’entamer Raïssa Ruiz. À un peu plus de quarante ans, elle vient tout juste, après 23 années passées à forger son expérience dans le groupe Dessange, qui allie coiffure et esthétique, de s’émanciper pour travailler à son compte. Elle va ainsi pouvoir exploiter les diverses cordes qu’elle a tissées à son arc depuis qu’elle pratique ce métier.
Parmi ses cordes, outre la pratique de l’esthétique, celle de l’enseignement. Explorons la première.
Raïssa Ruiz, salariée pendant 23 ans dans le domaine de l'esthétique
Titulaire d’un Baccalauréat général en économie et social, elle a poursuivi ses études en préparant, non pas un diplôme post-Bac comme on aurait pu l’imaginer, mais un CAP puis un Brevet Professionnel en Esthétique et Cosmétique. C’est avec ce bagage qu’elle a fait ses premiers pas chez Dessange. C’était à Poitiers dans une «maison de beauté», dirigée par Bernard et Colette Delabre, passionnés et experts dans le domaine de la beauté. Ils lui ont fait confiance, lui ont transmis les codes du luxe la guidant ainsi sur le chemin de l’excellence. «C’était le haut de gamme, je côtoyais l’univers du luxe. Le concept de beauté globale (coiffure plus esthétique) me plaisait beaucoup. J’ai donc pu m’épanouir au sein de l’équipe», se souvient-elle.
Puis, suite à un changement de direction, ses heures ont été réduites. «J’ai vécu cette situation comme un vrai coup dur et, finalement, je me suis dit que cette étape était une occasion pour me réadapter et avancer différemment.»
Elle a donc su rebondir rapidement en dispensant des heures d’enseignement dans une école d’esthétique : c’est sans doute à ce moment qu’elle a attrapé le virus de la transmission.
Même si son investissement chez Dessange s’en est tout naturellement trouvé affecté, elle a continué à y travailler consciencieusement. Malgré des protocoles «Dessange experts», il lui manquait quelque chose. «Les soins que je pratiquais me correspondaient moins je pense ». Elle répondait juste à la demande de clientes qui se renseignent de plus en plus sur les tendances, sur ce qui se fait et ce qui fonctionne, notamment via les réseaux sociaux. «Mes projets germaient dans ma tête, mon objectif devenait limpide», précise-t'elle.
Le saut dans la formation esthétique avec "Esthétique Consulting"
«L’esthétique évolue à une telle vitesse qu’il faut sans cesse s’adapter, être très à la pointe de la demande, voire avant-gardiste, sinon on risque d’être rapidement dépassée», constate-t'elle. Alors elle s’est posée la question : «Soit je me lançais et je faisais ce qui m’animait, soit je restais dans une sorte de routine qui pourtant m’apportait une certaine forme de sécurité».
Accélérée par un nouveau changement de direction, sa décision a été vite prise. «J’ai rapidement eu le sentiment que cette sécurité me freinait car je ne pouvais pas faire ce que je voulais et cela me laissait un arrière-goût d’insatisfaction.» Alors, tant pis pour la sécurité, elle allait faire ce pour quoi elle avait choisi d’exercer ce métier.
Elle avait dans l’idée de devenir «experte facialiste». Pour elle, le métier d’experte facialiste incarne un retour aux valeurs fondamentales : l’excellence du geste, l’attention portée aux détails et l’expertise humaine. Une vision du soin authentique, durable, qui demeure intemporelle, au-delà des modes, et oh combien efficace.
Après s’être renseignée sur les formations qui existaient, elle s’est rapidement intéressée à «Esthétique Consulting», tant le parcours de Sophie Meyer était inspirant. Elle l’a donc rencontrée lors du Congrès International Esthétique & Spa. Le courant est vite passé entre les deux femmes.
Sa biographie, son expérience, sa bienveillance, son accompagnement ont poussé Raïssa à suivre sans hésiter le cursus complet pour devenir «experte facialiste.»
Son activité d'experte facialiste et d'esthéticienne à domicile
Sa certification en poche, elle a pu démarrer sa nouvelle vie professionnelle. Et c’est chez elle qu’elle le ferait. «J’avais l’espace, une entrée indépendante. Sophie Meyer m’a accompagnée de la pièce vide de ma maison à ce qu’elle est aujourd’hui : Maison Raïssa, experte facialiste et esthéticienne», raconte-t-elle.
Sa formation lui a offert une large palette de soins experts qui lui correspondent et qui, elle s’en rend compte aujourd’hui, plaisent à ses clientes, car ils permettent une approche très globale de la personne. «On apporte une expertise, un savoir-faire pour des résultats visibles dès la première séance, et spectaculaires après 6 ou 10 séances, aussi bien au niveau du visage en termes d’éclat, de tonification musculaire, d’anti rides, d’anti âge, que sur le corps en termes de raffermissement, de relaxation…», précise-t’elle.
«Les techniques et les protocoles créés par Sophie Meyer allient innovation, efficacité et personnalisation pour s’inscrire dans une approche esthétique moderne, développe Raïssa, qui explique que c’est du sur-mesure, des soins haute-couture.»
Pour personnaliser les soins, elle ajoute de la lithothérapie avec l’utilisation de pierres semi précieuses, qui donne des résultats visibles et appréciés.
Elle pratique aussi la sonothérapie/sonopuncture qui consiste en l’utilisation d’un diapason universel (avec ou sans cristal de roche) qui, par des vibrations, favorise la détente, rééquilibre l’énergie du corps et joue un rôle dans l’harmonie physique et émotionnelle. «On peut vraiment parler de soins holistiques car ils prennent en compte la personne dans sa globalité - le corps, l’esprit, les émotions - afin de favoriser un équilibre global. C’est une vision globale de la beauté», souligne-t’elle.
Les soins facialistes de sa carte de soins
Raïssa ne se disperse pas et reste concentrée sur les soins facialistes qu’elle maîtrise parfaitement et auxquels elle se permet toutefois d’ajouter sa patte.
Parmi l’éventail des soins, ses clientes ont leur soin «chouchou» : le Myolifting, autrement dit le «French Kobido.» C’est un soin de tonification musculaire qui combine des techniques occidentales et orientales, de l’effleurage, de la digito-pression, des pincements, et tout un travail de tonification musculaire, associé à l’utilisation de la pierre de jade, le pierre de l’éternelle jeunesse. «C’est le soin que je pratique le plus», avoue-t-elle. «Grâce aux forfaits de 6 à 10 séances que je propose, je fidélise ma clientèle en lui apportant un résultat spectaculaire dans un lâcher-prise absolu», affirme Raïssa.
Elle propose également le Cristallo Drainage, technique de drainage lymphatique esthétique (méthode Vodder et Leduc) au niveau du visage et/ou du corps… «C’est idéal pour retrouver l’éclat du visage, atténuer les cernes et les poches aqueuses, pour éliminer les toxines, booster le système immunitaire, pour les problèmes de digestion, de jambes lourdes», précise-t-elle. Raïssa l’associe avec l’utilisation du quartz rose qui a un fort pouvoir drainant et apaisant.
Elle dispense également le Maïni, un massage de relaxation musculaire des pieds à la tête qui plaît aussi bien aux femmes qu‘aux messieurs qui apprécient ses soins personnalisés. «J’ai quelques messieurs parmi ma clientèle», indique-t-elle. Ils viennent principalement pour les massages de relaxation musculaire… Une clientèle en quête de détente, d’efficacité que Raïssa qualifie de très fidèle. Et même s’ils viennent plutôt pour des massages, certains sont maintenant conquis par les soins experts facialistes.
La clé de la réussite selon Raïssa Ruiz en institut de beauté
Son plus, c’est la personnalisation qu’elle applique à chacune de ses clientes. «On nous enseigne un protocole, mais chaque cliente étant différente, on personnalise le soin», explique-t-elle. Cela vient avec l’expérience mais aussi avec un questionnaire très complet qu’elle a élaboré pour mieux comprendre la personne dans sa globalité : habitudes de vie, alimentation, sommeil, activité physique, équilibre émotionnel, périodes de transition comme la ménopause… Car «Il n’y a pas que la peau», insiste-t-elle. Un soin expert doit aussi être adapté aux conditions dans lesquelles se trouve la cliente quand elle arrive : comment elle se sent, se voit, ce qu’elle aimerait travailler… Aussi, Raïssa la laisse parler, l’écoute et c’est seulement après qu’elle apporte son regard d’experte : «Je leur donne ma vision de ce que nous pourrions entreprendre ensemble et elles me font confiance», affirme-t-elle.
Et puis, elle aime les soins qu’elle propose, ce qui lui confère une authenticité qui transparaît sans cesse dans son activité.
La fidélisation de sa clientèle s’est constituée en dehors des traditionnelles plateformes de rendez-vous. «Mes clientes me laissent un sms, m’appellent pour prendre rendez-vous. Pendant les vacances scolaires, lorsque je ne fais pas cours, je prends beaucoup de rendez-vous aussi. Chaque semaine et chaque période est différente et c’est aussi cela qui me plaît.» Encore assez peu présente elle-même sur les réseaux, elle les consulte cependant beaucoup pour voir ce qui se pratique. «Je vais sur les réseaux pour regarder ce qui plaît, ce qui marche, ce qui est novateur mais la vigilance est de rigueur car tout n’est pas bon à prendre ! J’aime aussi m’enrichir des expériences des professionnelles de la beauté grâce aux Nouvelles Esthétiques.»
Si elle n’a pas encore le réflexe de communiquer sur elle, elle prévoit que cela finira bien par arriver.
À l’écoute permanente de sa clientèle pour trouver l'inspiration pour ses soins
Outre sur les réseaux, c’est aussi chez ses clientes que Raïssa trouve son inspiration. «Je suis à leur écoute et j’adapte mes soins en fonction de ce qu’elles recherchent, de ce vers quoi elles veulent aller : de la fermeté, de la tonicité, de la détente, de l’éclat ou tout simplement du lâcher-prise…»
Quand on écoute Raïssa, on comprend vite que, pour le moment, les nouvelles technologies ne trouvent pas leur place dans son projet. Pour une question de coût notamment et parce qu’elle fonctionne avec ses mains, son expérience. Elle reconnaît cependant que la technologie et ses soins experts ne sont pas du tout incompatibles, mais chaque chose en son temps… Et là encore, il faut choisir le bon !
Sa réflexion à ce propos est en gestation. «C’est un investissement assez conséquent… Mais peut-être qu’un jour…», conclut-elle sans finir sa phrase et en laissant sa réflexion errer et se poursuivre.
Esthéticienne et facialiste en EHPAD
Il est un autre aspect de son métier qui lui tient à cœur : Raïssa se rend de façon ponctuelle en EHPAD où elle y voit quelques résidentes qui n’ont plus du tout de visite mais aussi d’autres qui ont le désir de rester coquettes : «La beauté n’a pas d’âge, seulement une histoire. Cela représente une dizaine d’heures par mois pour des soins visage, de l’épilation ou des massages», précise-t-elle.
Enseigner l'esthétique aux étudiants
L’autre versant important de l’activité de Raïssa, c’est celui de l’enseignement, de la formation.
On l’a vu, déjà lorsqu’elle travaillait pour le groupe Dessange, elle avait commencé à enseigner à l’École FB Formation, puis à l’École Matile de Jaunay-Marigny, où elle continue à transmettre son savoir-faire et ses compétences pour son plus grand bonheur. En parlant de ses élèves, on ressent son côté bienveillant : «Je les adore tous, pour beaucoup, ils ont l’âge de mes enfants. Les adolescents ne sont pas tous des carrés que l’on met dans des carrés, la société évolue, il faut s’adapter, être patiente, écouter, comprendre. C’est très enrichissant, passionnant et un petit peu fatigant parfois», dit-elle dans un éclat de rire, avant d’ajouter : «Mon seul objectif : l’obtention de leur diplôme pour qu’ils soient fiers d’eux et qu’ils avancent».
Autre clé de la réussite d'une esthéticienne : la formation
De quelque côté de la barrière qu’elle se trouve, la formation prend une part importante dans la vie professionnelle de Raïssa.
Elle s’est formée et se forme toujours avec Sophie Meyer pour devenir formatrice auprès des esthéticiennes, des facialistes ou même des passionnées en reconversion professionnelle. «Se former est indispensable, personne ne devrait se dire qu’il n’a plus rien à apprendre, on transmet mais on reçoit aussi», affirme Raïssa, qui reconnaît qu’elle apprend également parfois de ses élèves, de ses stagiaires. «Leurs retours me permettent de me questionner et d’avancer le mieux possible.»
Transmettre son expertise d'esthéticienne aux élèves ou aux praticiennes
C’est ainsi qu’elle trouve son équilibre. «Tout se complète : l’exercice de l’esthétique chez moi ou en EHPAD, l’enseignement, la formation. Pouvoir allier l’enseignement et la pratique, c’est cela qui me fait avancer. Transmettre la fibre aux élèves ou aux praticiennes, c’est pour moi essentiel.» Presque vital pourrait-on dire, tant elle semble viscéralement impliquée dans ses activités de transmission d’expérience et de savoir.
Une clientèle reconnaissante
Pour autant, elle n’oublie jamais le contact avec sa clientèle. «C’est comme cela que je trouve mon équilibre», assure-t-elle.
Une clientèle qui, outre les personnes qu’elle croise en EHPAD, est essentiellement constituée de femmes entre 30 et 75 ans environ… Elle les qualifie d’authentiques, naturelles, de fidèles, actives.
Parmi elles, Bénédicte, 46 ans, est assistante de direction et connaît Raïssa depuis plus de 15 ans. «Je voulais découvrir ce qu’elle proposait. J’avoue que je n’ai pas été déçue. Elle m’a dispensé des soins de drainage du visage et du corps.» Après la cure qu’elle a suivi chez Raïssa, ses problèmes de jambes lourdes se sont nettement améliorés.
Aujourd’hui, Bénédicte va chez Raïssa pour se faire plaisir et pour un “mieux-être” «J’aime l’ambiance très cocooning de la Maison Raïssa. Ses soins me permettent de me recentrer sur moi-même… Elle est très professionnelle. On débriefe à chaque séance : nous échangeons sur la façon dont je l’ai ressentie et, en fonction de mes retours et de la manière dont je me sens, elle adapte ses soins la fois suivante. Elle s’adapte vraiment à notre demande. Après être passée chez elle, je ressens un apaisement total et une importante luminosité du visage et une véritable sensation de légèreté lors des soins corps», s’enthousiasme Bénédicte.
Anticiper les évolutions des métiers de l'esthétique
Raïssa est bien décidée à continuer à exercer avec passion et authenticité. «Garder la flamme qu’on a en nous pour redonner confiance à nos clientes. Et pour cela il faut les sublimer, les faire rêver», nous dit-elle. Elle va plus loin : «Nous devons leur offrir plus qu’un simple soin, un moment où elles se reconnectent avec elles-mêmes, où l’esprit, les émotions et le corps se rassemblent». Pour cela, la sonothérapie ou encore la lithothérapie qu’elle pratique sont très efficaces.
Selon elle, il est bien évidemment essentiel d’évoluer en même temps que la profession, voire «Plus vite, si possible en anticipant les changements», ajoute-t-elle dans un sourire et, surtout «Ne jamais oublier nos mains et notre écoute qui sont nos plus belles technologies. Nous devons avoir confiance dans notre savoir-faire.»…
Pour ce qui est de l’avenir, elle pense que l’esthétique de demain va continuer à s’articuler autour de trois grands axes : une personnalisation toujours plus poussée des soins, une intégration croissante des technologies, de l’intelligence artificielle dans les diagnostics et un rapprochement entre pratiques esthétiques et certains aspects du médical. Des approches comme la cornéothérapie (voir encadré) illustrent déjà cette évolution vers une esthétique plus respectueuse de la barrière cutanée et plus proche de la dermatologie.
Le tout, toujours profondément centré sur l'humain. En tout cas, elle l‘espère.
Son parcours, c’est un équilibre qu’elle a choisi : développer ce qui, à ses yeux, représente toutes les facettes de son métier. Elles ont un même fil conducteur : prendre soin de la personne dans sa globalité, que ce soit avec ses clientes, dans sa Maison de Beauté ou en EHPAD, mais aussi avec ses élèves. «Pratiquer, enseigner et transmettre sont au cœur de mon engagement, une manière de rester profondément connectée à l’essence du métier et d’en préserver une vision authentique, vivante et toujours en mouvement», explique-t-elle.
Raïssa fait partie de ces femmes qui démontrent que la route est rarement droite et que, comme le dit le poète, Antonio Machado, «Voyageur, il n’y a pas de chemin, le chemin se fait en marchant».