Parcours inspirant : Élodie Gorge, «J’ai créé un institut et un spa urbain dans une commune de 3 000 habitants.»
Auparavant, elle avait été responsable d’exploitation dans une entreprise de transport, mais aussi assistante marketing : autant d’expériences qui lui ont permis de se lancer plus sereinement dans le grand bain de l’entrepreneuriat en y associant son rêve d’enfant. Une sorte de mantra qu’elle veut transmettre à celles qu’elle forme.
Autant qu’elle s’en souvienne, c’est-à-dire depuis qu’elle est toute petite, Élodie a toujours voulu faire ce métier. Mais chez elle, on ne trouvait pas cela valorisant. Alors a-t-elle passé un Baccalauréat, puis un BTS en gestion et s’est lancée dans une carrière correspondant à ses études. Mais avec toujours cette idée de devenir esthéticienne qui ne la lâchait pas. Et puis un jour, elle s’est dit : «Si j’ai réussi dans le monde du transport qui n’était pas un secteur que j’aimais particulièrement, je vais forcément réussir dans un secteur qui me passionne depuis l’enfance». Elle a donc décidé de franchir le pas, est retournée l’école et a passé son CAP en un an.
Les réseaux sociaux pour anticiper l’après-covid
En 2019, lorsqu’elle s’installe à Montmeyran, elle loue rapidement un local nu de 40 m2 dont elle fait «un endroit tout mignon», et c’est le début de son aventure. Une aventure qui aurait pu s’avérer difficile : arrivée de Lille, elle ne connaissait personne dans la région et débutait dans le métier. «Mais ça a vite pris et mon agenda s’est rempli rapidement» se souvient-elle. Les choses auraient pu se compliquer avec l’arrivée du Covid. «J’ai tout misé sur les réseaux sociaux pour garder le contact avec ma clientèle et anticiper la reprise. Et ça a fonctionné. Je n’ai pas trop été impactée par le Covid et j’ai très vite rebondi, puisque j’ai vendu des cures minceur, anti-âge, ce qui, au bout de trois ans, m’a permis d’acheter un local de 120 m2 pour être définitivement chez moi. J’avais assez de trésorerie pour que les banques me fassent confiance» explique Élodie, qui reconnaît que lorsqu’on veut s’installer à son compte, la prise de risque est importante.
Elle a fait appel à une architecte. «Je voulais quelque chose de très beau. Je ne voulais pas attendre d’avoir les moyens d’y aller à fond.» En femme de tête, ce n’est pas de s’occuper de ses six enfants qui l’a empêchée de monter ses projets et d’avoir une vie professionnel épanouie. «C’est une question d’organisation» assure-t-elle.
L’accueil fondamental en institut de beauté
L’accueil est un des éléments fondamentaux de la réussite de l’institut d’Élodie. Caroline, la quarantaine, responsable administrative dans une entreprise, était souvent de passage à Montmeyran. «Lorsque je passais devant l’institut, j’avais envie d’y entrer.» Elle s’est lancée et tout lui a immédiatement plu chez Élodie : sa personnalité, la façon dont elle s’occupe de ses clientes, ses gestes, les innovations, même si elle n’est pas cliente des nouvelles technologies…
«Ma cliente a un prénom a un âge», assure Élodie. J’avais appris cet exercice qui me semble important qui est d’imaginer une cliente type et lui donner un âge, une profession. Aussi, quand je lance une offre, je pense à ce profil… Elle n’a pas forcément de visage, mais elle est quand même quelqu’un. Ma cliente type a quarante-huit ans, elle s’appelle Caroline, a deux enfants, est accomplie dans son travail, est indépendante et à l’aise financièrement… C’est une grande émotive qui, pour acheter, a besoin d’avoir confiance et, dans ce cas, achète sans compter. Cela ne me met pas de frein pour vendre.»
Lorie représente assez bien la clientèle d’Élodie. Elle gère un garage avec son époux. Il est important pour elle de donner une bonne image. «Nous sommes toutes deux commerçantes et nous nous comprenons très bien. J’y vais depuis le début, avant même qu’elle ait eu son nouveau local. Elle est très agréable, souriante, professionnelle.» Lorie se dit très satisfaite de l’ensemble des prestations, elle fréquente régulièrement l’institut pour des soins du visage, anti âge et de l’épilation. «J’ai été séduite par son envie de proposer des soins très personnalisés avec ses machines qu’elle maîtrise parfaitement.»
Une organisation pour mieux former ses apprenties en institut
Élodie attache une grande importance au parcours client. Et ce dès la «home page» de son site web, puis dès que l’on franchit la porte de l’institut : le lieu, les senteurs, le sourire de l’hôtesse, la musique, tout est fait pour magnifier son côté sensoriel.
Aujourd’hui, elles sont cinq dans l’institut, dont une personne free-lance qui ne s’occupe que des ongles et des cils. «Elle travaille exclusivement avec nous et nous reverse un pourcentage sur son chiffre d’affaires» explique Élodie. Une sixième personne, une apprentie, a rejoint l’équipe en septembre pour parfaire l’organisation mise en place par Élodie.
«J’ouvre du lundi au samedi avec des horaires assez larges entre 8 h 30 et 19 h 30, voire 20 heures. Les pauses déjeuner sont prises en fonction des rendez-vous. Nous ne sommes jamais toutes ensemble car les esthéticiennes travaillent quatre jours» explique Élodie, qui a mis en place une dynamique particulière vis-à-vis de ses apprenties… «Un jour elles feront, je l’espère partie de l’entreprise. L’idée n’est pas de leur faire faire ce qu’elles n’ont pas envie de faire. Je veux leur enseigner le métier d’une manière intelligente…
Dès qu’une apprentie a développé une compétence particulière, elle prend en charge les clientes qui cherchent cette compétence. Elles paient avec une réduction de 50 %, ce qui permet aux apprenties de commencer à se faire une clientèle. Quant aux clientes, elles sont aussi plus bienveillantes à leur égard. Cela leur permet de grandir plus vite. Leurs plannings sont remplis, c’est gagnant-gagnant.» D’autant qu’Élodie leur accorde des primes sur objectif. «Ça les motive et ça leur apprend à vendre ajoute-t-elle. Pendant leur formation, les apprenties passent deux jours à l’école et deux à l’institut, ce qui leur permet de découvrir toutes les arcanes du métier.»
Un devoir de transmission envers celles qu'elle forme dans son institut
Élodie estime en effet avoir un devoir de transmission vis-à-vis de celles qu’elle forme, en particulier dans le domaine de la gestion, dont elle considère que la formation initiale n’est pas suffisante à ses yeux. «L’idée est qu’elles restent», explique-t-elle, en ajoutant toutefois que c’est un gros investissement. Parfois certaines ont des parcours de vie qui font qu’elles partent. C’est ainsi que l’une de ses apprenties l’a quittée il y a trois ans pour ouvrir son propre institut dans la Creuse. «Il fonctionne plutôt bien» se réjouit Élodie qui a réussi cette transmission.
Ses salariées suivent beaucoup de formations : maderothérapie, nouvelles technologies, formations proposées par les marques avec lesquelles Élodie travaille.
Une fois dans l’institut, on peut y découvrir toute une série de prestations que les esthéticiennes se partagent en fonction des compétences et des goûts qui leur sont propres et leur correspondent. «On me dit souvent que celui qui fait tout ne fait rien… Je voulais tout proposer. Aussi nous nous partageons la carte» détaille Élodie, qui ajoute : «Je travaille beaucoup sur l’humain. Je suis toujours dans la sensibilité et l’émotion. Mon but est que mes salariées s’épanouissent. C’est pourquoi je cible ce sur quoi elles se sentent bien, pour qu’elles soient heureuses et donnent le meilleur d’elles-mêmes. Dans notre métier, on n’aime pas tout, comme l’épilation par exemple qui, chez moi, constitue une prestation d’appel. Lorsqu’une apprentie pratique une épilation, elle va tenter d’attirer sa cliente vers autre chose qu’on aura défini ensemble en fonction du profil de la cliente».
C’est ainsi que, chaque matin, avec son équipe, elles se posent devant un planning avec les noms des clientes et se demandent, ensemble, ce qu’elles vont leur proposer.
Quant au choix de ses prestations et des produits qu’elle vend, Élodie est très à l’écoute de ses clientes pour tenter de découvrir ce dont elles ont envie.
«J’observe beaucoup mes clientes qui me content leur ressenti, leurs émotions. Quand j’ai une idée, j’attends je me pose, je pèse le pour le pour et le contre, et je fonce quand c’est le moment. Je vais sur les réseaux voir ce qui se passe dans les grands centres.»
C’est ainsi que, située au cœur de la Drôme, il lui a semblé assez logique de s’investir dans le bio. Elle travaille notamment avec la Maison Laget, un producteur local qui s’est spécialisé dans l’aromathérapie et qui crée des huiles essentielles et du cosmétique. Présent depuis très longtemps ans la Drôme, il propose des produits très qualitatifs.
«Je suis assez branchée bio mais pas ce bio tel qu’on l’imagine un peu ringard. Je voulais du bio moderne qui plaît aux femmes engagées qui se maquillent, qui prennent soin d’elles. Je veux donner une image dynamique et moderne du bio d’aujourd’hui.» C’est aussi ce qui a attiré Caroline qui fréquente l’institut tous les mois pour des séances d’épilation et plusieurs fois par an des soins de visage et des soins du corps. «J’achète aussi des produits bio disponibles à la vente» dit Caroline qui, dans sa vie quotidienne, essaie de préserver notre planète.
Cinq cabines dans son institut dont une pour les nouvelles technologies
Depuis un an, Élodie travaille également avec Cinq Mondes pour les soins corps et visage. «C’est très gratifiant pour moi, car c’était une marque avec laquelle je voulais travailler. J’ai beaucoup attendu que ma clientèle me fasse confiance parce que c’était assez cher» note-t-elle cependant. Elle travaille également avec Nature cos (couleur caramel) et Green skincare.
L’institut se partage entre cinq cabines, dont une est exclusivement consacrée aux nouvelles technologies, avec un petit bureau. «J’ai imaginé un lieu comme si on allait chez le médecin. C’était important pour moi d’asseoir notre position d’expertes. Je fais des bilans diagnostic avec tout le sérieux qui va autour» indique Élodie.
Force est pour elle de constater que les nouvelles technologies prennent de plus en plus de temps et d’espace dans l’institut. «Il m’arrive de bouger les machines pour m’adapter aux envies de ma clientèle. Je n’avais pas imaginé tout ce qu’on pouvait faire avec les machines. Avant c’était machine ou traditionnel, maintenant je mélange les deux, je propose des soins à la demande, des compositions personnalisées. Lorsqu’on maîtrise parfaitement sa machine et ses mains, on peut composer. On fait un soin visage, un soin corps, on y ajoute de la machine. Ainsi, on optimise, la main : la praticienne associée à la machine décuple les résultats.» Sur une journée, Élodie consacre les trois quarts de son temps aux nouvelles technologies qui sont le prolongement de sa main.
Coup de cœur pour Bloomea
«Quand j’ai ouvert mon institut, il y en avait déjà plusieurs à Montmeyran, mais aucun n’utilisait les nouvelles technologies. Aussi, je me suis vite aperçu qu’il fallait que j’utilise des machines. J’avais peu de moyens. Je me suis renseignée et j’ai rencontré Bloomea. Ça a été un coup de cœur humain. En plus, le prix était abordable et les retours clients, dont j’ai eu connaissance via les réseaux sociaux, plutôt bons. Au départ, j’ai investi dans La Fontaine pour tout ce qui est correction de peau, se souvient Élodie. C’est arrivé avec le Covid… Tout le monde se filmait pour les visio et tout le monde complexait sur son visage. J’ai fait beaucoup de cures avec La Fontaine.»
Rapidement, elle a voulu intégrer la radio-fréquence dans ses soins car elle savait que ça donnait d’excellents résultats. «J’étais certaine, instinctivement, que Blooomea allait y venir et comme j’ai beaucoup confiance en eux, j’ai attendu qu’ils sortent un appareil» dit-elle. Lorsqu’ils ont sorti la gamme Néo Care, elle a tout de suite investi. Car, dans sa façon de travailler, la radio-fréquence est très importante. «Le manuel a ses limites, notamment sur la minceur, et c’est fatiguant. Il faut s’assister pour perdurer, notamment lorsqu’on pratique beaucoup de remodelage… Manuellement, en soin visage, on n’agit pas assez profondément» argumente-t-elle.
Il était donc important pour elle de proposer un soin qui résume cet esprit qu’elle veut apporter à son travail. «Par exemple j’adore le Kobido de chez Cinq mondes, qui est un expérience sensorielle extraordinaire… À cela, je peux ajouter le soin de radio-fréquence Primor glow ou la Néocare Élite de chez Bloomea.» Une sorte de complémentarité parfaite entre exercice traditionnel et nouvelles technologies.
La défense du métier d'esthéticienne
En matière de formation, Élodie estime qu’il faudrait avoir obligatoirement un Brevet Professionnel pour ouvrir son propre institut. «S’il faut faire de la gestion, du commerce et gérer les ressources humaines, avec un CAP c’est trop juste» estime l’esthéticienne.
Elle défend son métier avec acharnement. «L’artisan reprend du galon et les chaines s’essoufflent. Il faut rassurer la cliente et proposer des choses à notre image, qui nous ressemblent… Nous devons croire en nous, oser, investir intelligemment, se former beaucoup, ne pas avoir peur de la concurrence. Nous devons nous approprier les protocoles que l’on nous propose et les «remasteriser» en essayant de composer, car nous sommes des artisans, des créateurs. Esthéticienne, c’est hyper gratifiant.»