Comment se préparer et faire la différence lors d’un premier entretien d’embauche pour un poste en institut ?
Dans les métiers de l’esthétique, un entretien d’embauche ne se résume jamais à une simple discussion autour d’un CV. C’est une rencontre où chaque détail compte. Tu dois convaincre une personne de te faire confiance et d’accepter de te confier ses clientes.
Tu ne dois pas postuler par hasard
Lorsque tu postules en institut, tu ne dois pas postuler au hasard. C’est l’erreur que font la plupart des jeunes lorsqu’ils cherchent un emploi. Ils envoient les mêmes CV partout, sans distinction, seulement pour « trouver du travail ». C’est une stratégie qu’Agnès Le Guennec, gérante de l’institut Poudre d’Anges, juge « contre-productive ».
« Imprimer son CV en cinquante exemplaires et postuler dans tous les instituts d’une ville, pour moi, c’est une démarche peu pertinente », explique Agnès. Non seulement cette démarche manque de sens, mais elle peut aussi te dégoûter du métier si tu atterris dans un institut qui ne te correspond pas.
Selon Agnès « chaque pot a son couvercle », tu peux tomber dans un institut où tu vas t’épanouir, comme dans un autre qui va totalement te déplaire. D’où l’importance de te poser les bonnes questions avant même d’envoyer un CV.
Qu’est-ce qui t’anime vraiment ? Les soins ? Les massages ? Les ongles ? Les cils ? Cible des instituts en accord avec ta vision du métier, plutôt que de postuler par défaut.
Se renseigner sur l’institut
Pour être convaincante et obtenir le poste une préparation en amont est nécessaire. Si tu ne te prépares pas, le recruteur risque de le ressentir, tu seras moins confiante et tu répondras sûrement à côté des questions. Pour être certaine de donner le meilleur de toi-même et de montrer que ce poste est réellement fait pour toi, tu dois adopter une posture professionnelle et bien choisir tes mots.
La préparation commence avant de franchir la porte de l’institut. Il faut que tu montres que tu connais l’institut, ses attentes, ses besoins et que tu as les épaules pour suivre le rythme. Visite le site internet, imprègne-toi de l’ADN du lieu, recherche les soins proposés, les marques utilisées… « Il y a des candidates qui me disent avoir vu le site. Oui, elles l’ont vu, mais elles ne l’ont pas analysé », ajoute Agnès.
La première question posée est d’ailleurs presque toujours la même : « Pourquoi avez-vous postulé chez nous ? » Une question qui peut paraître simple, mais redoutable pour celles qui ont envoyé leur CV au hasard.
À l’inverse, une candidate capable de dire qu’elle s’est intéressée à l’équipe, à l’organisation, aux marques, au fonctionnement marque des points. « On voit tout de suite quand une personne a pris le temps de s’intéresser réellement au poste qu’elle convoite », ajoute Agnès.
Les questions les plus posées en entretien
Certaines questions reviennent systématiquement, non pour te piéger, mais pour observer ta posture et ta sincérité.
« Pourquoi je vous prendrais vous plutôt qu’une autre ? » Face à cette question, les réponses vagues peinent à convaincre. À l’inverse, une candidate qui soutient le regard et assume ses propos marque des points. « Quand une fille me regarde droit dans les yeux, me dit qu’elle ne supporte pas de décevoir et qu’elle est sûre d’être faite pour ce poste, c’est évident », souligne Agnès.
Autre question clé : Que dirait votre ancien employeur de vous ? Ou que diraient vos professeurs ? Ces interrogations permettent d’observer les réactions, le non-verbal, l’aisance ou, au contraire, les regards fuyants. « Un regard fuyant, ce n’est pas du stress. Le stress, ça s’exprime autrement, explique Agnès. Une candidate stressée bouge, s’agite, mais reste présente. Le regard qui fuit traduit souvent un manque d’assurance dans la réponse donnée. »
A la fin de l’entretien, lorsque le recruteur te demande si tu as des questions, l’absence totale de questions est très mal perçue. « Il y a toujours une question à poser », ajoute Agnès. Entre l’organisation, le fonctionnement de l’équipe, les attentes du poste, l’entretien est aussi le moment d’oser demander et de montrer que tu te projettes au sein de l’institut.
Ton apparence : ce que le recruteur observe
Une tenue professionnelle avant tout
« Moi, je suis anti-jean. Pour moi, le jean, c’est le vêtement du week-end », explique Agnès. Dans l’esthétique, où le standing et l’image comptent, arriver en jean peut être perçu comme « un manque de considération ». Un pantalon simple, une tenue élégante et sobre suffisent.
Maquillage et coiffure
Le maquillage doit correspondre à l’institut visé. « Chez Sephora, on attend un maquillage marqué. Chez moi, c’est beaucoup plus épuré », ajoute Agnès. C’est en observant les photos de l’équipe, le site Instagram, en allant voir les réseaux sociaux de l’institut que tu pourras ajuster ton apparence.
« Tes cheveux doivent être propres, coiffés, attachés ou détachés peu importe, mais jamais négligés. Arriver avec les cheveux encore mouillés envoie un message très négatif. »
Le comportement pendant l’entretien
Tu dois assumer tes réponses, soutenir le regard et accepter ton stress. Le stress n’est pas un problème en soi. « Quand une candidate me dit qu’elle est stressée, je vais au contraire essayer de la détendre. » L’authenticité prime toujours sur la perfection.
A retenir : le non-verbal, l’attitude, la capacité à se projeter dans un institut pèsent souvent bien plus lourd que les diplômes.
Le détail qui change tout après l’entretien
Très peu de candidates le font, et pourtant envoyer un message de remerciement après l’entretien est extrêmement apprécié. « J’adore quand elles le font », lance Agnès.
Un message simple, le lendemain ou quelques jours plus tard, pour rappeler ta motivation et ton intérêt pour l’institut, permet de te démarquer. « Ça montre que ce n’est pas un institut par défaut. C’est celui-là qu’elle veut. »
Certaines relances ont même débouché sur des embauches. « Elle a relancé deux fois. Aujourd’hui, elle fait partie de l’équipe et on s’épanouit professionnellement ensemble», explique Agnès sur l’une de ses coéquipières.
Ce qui fait une professionnelle prête à entrer dans le métier
Au-delà de la technique, ce qui distingue une future esthéticienne, c’est la passion et l’envie d’aller plus loin que les bases apprises à l’école.
« Les bases, c’est l’école. Ensuite, la question, c’est : jusqu’où j’ai envie d’aller dans ce métier ? » Trouver un poste qui fait vibrer, qui donne envie de s’investir pleinement, change tout.
« Quand ça vibre, on fait des miracles. »
Dans ce secteur en constante évolution, c’est « cette flamme-là » que recherchent avant tout les recruteurs.
Pour aller plus loin
Pour aller plus loin, rendez-vous sur notre article les secrets d’un bon CV pour décrocher ton premier emploi en esthétique.