Esthéticienne indépendante : comment se lancer sans stress et avec succès
Créer son institut de beauté, beaucoup d’esthéticiennes en rêvent. Et nombreuses sont celles qui y parviennent, à en croire les données partagées par la CCI Île-de-France dans un bulletin publié en juin 2023. La région comptait alors 3 027 instituts de beauté, un chiffre qui avait explosé entre 2018 et 2023, avec une hausse du nombre d’établissements de +174 %. Ce même rapport précisait que 74 % des instituts n’employaient aucun salarié.
Ces chiffres encourageants ne doivent néanmoins pas occulter la probabilité de mettre la clé sous la porte si la mauvaise stratégie de pilotage est adoptée.
Les futures esthéticiennes : des profils variés
Hélène Amado, coach business auprès des esthéticiennes, est quotidiennement en relation avec des entrepreneuses souhaitant créer leur institut de beauté. Leur profil ? Des femmes en reconversion professionnelle et des esthéticiennes salariées qui souhaitent travailler pour elles. Le désir de liberté est prépondérant chez chacune d’entre-elles.
Des esthéticiennes pas toujours préparées
Entreprendre octroie, en apparence, une certaine liberté. Mais la vie d’entrepreneuse amène aussi sont lots d’imprévus et de responsabilités.
«Souvent, les esthéticiennes qui créent leur institut de beauté sous-estiment la gestion administrative, la pression financière, la responsabilité de toutes les décisions d’une entreprise et la solitude.
Il ne faut pas oublier que 50 % du travail se fait hors cabine.
Les erreurs fatales à ne pas commettre en institut de beauté en tant qu'esthéticienne solo
Vouloir tout faire toute seule
Bien souvent, les esthéticiennes qui veulent se lancer en solo dans la création de leur entreprise pensent pouvoir tout gérer seules. Ainsi, elles n’investissent pas dans des formations d’accompagnement, dans un accompagnement en comptabilité, dans la délégation de tâches… Elles se retrouvent donc rapidement submergées.
«Pourtant, il est tout à fait possible de déléguer sans avoir de salariés. On peut avoir un assistant pour répondre aux mails ou encore déléguer l’animation des réseaux sociaux à un community manager souligne Hélène Amado. Vous investissez dans votre business, ce qui va vous faire gagner du temps et de l’argent sans devoir embaucher un salarié.»
Vouloir proposer toutes les prestations…
Comme de nombreux coachs business, Hélène Amado constate que, au lancement de leur activité, les esthéticiennes cherchent souvent à toucher tous les types de clientes en proposant toutes les prestations à n’importe quel prix. Cette approche se révèle pourtant contre-productive, car elle a pour effet de diluer l’offre dans la masse. En conséquence, l’institut n’a pas d’identité claire et attire toute sorte de clientèle, y compris celle que l’on ne souhaite pas vraiment.
«Et pour moi, la réussite solo repose sur un positionnement haut de gamme et très focus» souligne Hélène Amado.
…n’importe quand et à n’importe quel prix
Le souhait de proposer toutes les prestations entraîne bien souvent une surcharge au niveau du planning, avec des prestations à faible valeur ajoutée.
«Pour remplir l’agenda, ces esthéticiennes vont baisser leurs tarifs, accepter toutes les demandes à n’importe quelle heure et n’importe quel jour. C’est un vrai piège» explique Hélène Amado.
Première étape : interroger des consoeurs esthéticiennes
Afin de créer une entreprise qui puisse durer dans le temps, il vous est conseillé, par Hélène Amado, d’aller à la rencontre de consœurs ayant elles-mêmes créé leur entreprise. Car cela arrive que vous vous fassiez une idée quelque peu biaisée du métier d’esthéticienne cheffe d’entreprise. Les avantages ont tendance à prendre le pas sur les inconvénients, ce qui prouve d’autant plus l’importance de prendre votre décision de façon éclairée.
«Rencontrer des consœurs permet de s’inspirer et d’avoir une vision claire, ce qui n’est pas toujours le cas lorsque l’on souhaite entreprendre détaille l’experte. Moi, par exemple, quand j’ai racheté mon institut, je me souviens avoir contacté deux-trois esthéticiennes qui avaient leur institut depuis longtemps et je leur avais demandé “Est-ce que je peux venir une journée pour voir, te poser des questions ?”.»
Cette rencontre peut en effet vous permettre de poser des questions pertinentes avant de vous lancer :
- Quelles sont les aides ou prêts auxquels on peut prétendre ?
- Avez-vous financé vous-même ou fait appel à un prêt bancaire/investisseurs ?
- Quels postes sont les plus coûteux au démarrage ?
- Combien de temps avez-vous mis avant d’être rentable ?...