Alexia Céleste, esthéticienne et facialiste : « Travailler chez moi me permet d’être plus sereine »

C’est en 2016 qu’Alexia obtient son BTS Esthétique, préparé à l’Académie Guinot Mary Cohr. Fraîchement diplômée, elle travaille pendant plusieurs années en institut, puis en cabinet de médecine esthétique où elle occupe notamment un poste de responsable des ventes. 

«J’étais passionnée par l’univers du bien-être et de l’esthétique. Mais, après plusieurs années, j’ai ressenti le besoin de faire une pause. J’avais la sensation d’avoir fait en quelque sorte le tour de la pratique et qu’il me manquait peut-être une dimension un peu plus profonde ou plus humaine» explique Alexia.

Une esthéticienne à la découverte du yoga du visage et du facialisme

Dans sa quête de renouvellement de sa pratique, l’esthéticienne découvre de nouvelles techniques manuelles. Des manœuvres plus innovantes que celles qu’elle avait pu découvrir lors de ses études et de son parcours professionnel. 

«J’ai découvert le yoga du visage au travers d’une masterclass dispensée par Sylvie Lefranc, qui m’a également fait découvrir le facetaping ou encore le Facepointer.» Une approche plus grande s’ouvre à elle, loin des protocoles standardisés qu’elle connaît déjà.

Elle intègre au printemps 2025 l’Académie LB Facialistes pour y suivre le cursus complet de formation pour devenir facialiste.

La création de son espace facialiste

En septembre 2025, Alexia s’installe dans le XVème arrondissement de Paris. Animée par l’envie d’entreprendre, elle crée dans son appartement sa cabine de soins : l’Espace Facialiste. Un lieu où elle propose à sa clientèle, âgée de 30 à 60 ans en moyenne, des massages facialistes sur-mesure.

L’esthéticienne a fait le choix de marques de skincare coréennes pour dispenser ses soins : Whamisa et Torriden

«Ayant moi-même une peau très sensible, j’avais à cœur de proposer des marques respectueuses de la barrière cutanée. Les marques que j’ai sélectionnées intègrent des formulations basées sur la fermentation des fleurs et des fruits, ce qui permet à la peau d’assimiler encore mieux les actifs et d’apporter comme des probiotiques à celle-ci» explique-t-elle.

Consciente de l’importance d’agir également de l’intérieur, c’est tout naturellement qu’Alexia a intégré la marque de nutricosmétiques D-LAB.

Etre esthéticienne à domicile : un choix réfléchi

Installer sa cabine de soins à son domicile a été le fruit d’une longue réflexion pour Alexia

«Pour un lancement, j’ai pensé qu’il était plus pertinent de limiter les risques financiers confie-t-elle. Et au-delà même de cet aspect, j’aimais vraiment l’idée de créer un espace un peu confidentiel, presque intime, un petit cocon, entièrement pensé pour mes clientes et où, peut-être, l’échange serait plus facile et l’écoute bienveillante.»

Se rendre visible sans vitrine en tant qu'esthéticienne 

Les réseaux sociaux

Ne pas avoir de vitrine directe peut être handicapant pour se faire connaître. C’est pourquoi Alexia a misé sur les réseaux sociaux, en se créant sa propre vitrine digitale pour accrocher une clientèle potentielle. 

«J’essaie d’être régulière sur Instagram (1 226 abonnés) et TikTok (1 892 abonnés), en publiant tous les jours. Être constante permet de séduire l’algorithme et d’améliorer progressivement sa visibilité. Mais ce n’est pas chose facile, parce que ce sont des outils qui sont difficiles à prendre en main et pour que ça prenne bien, il faut vraiment avoir une stratégie bien établie» explique-t-elle.

Sur Instagram, ce sont les réels d’auto-massages qui fonctionnent le plus. Sur TikTok, l’experte mise sur la pédagogie, étant donné la cible plus jeune et donc moins experte. Les contenus portant sur les compléments alimentaires à base de collagène ont cartonné au lancement de son compte.

La cheffe d’entreprise consacre près de quatre heures par semaine à la création de ses contenus. 

«Je dédie généralement une heure au tournage de plusieurs vidéos afin d’avoir suffisamment de contenus pour la semaine, puis environ trois heures au montage. Auparavant, cela me prenait beaucoup plus de temps car les réseaux sociaux représentent ma principale vitrine. Toutefois, ce n’est pas mon métier principal. J’ai donc appris à me recentrer, à respecter ma niche et à maintenir une stratégie cohérente et constante» explique Alexia.

Les logiciels de réservations

La facialiste travaille avec la plate-forme de réservation Planity, ce qui lui a apporté la majorité de sa clientèle.

Le référencement Google

Un bon référencement Google a aussi été essentiel au développement de l’activité d’Alexia. 

«C’est comme ça que je me suis fait repérer» souligne-t-elle. 

Pour optimiser sa présence dans les moteurs de recherche, l’esthéticienne s’est positionnée sur des mots-clés qu’elle a elle-même définis, en lien avec sa pratique, sur lesquels elle a souhaité ressortir. Des mots qu’elle veille à employer également sur les réseaux sociaux, toujours dans cette optique d’accroître sa visibilité sur le digital.

Facialiste solo à Paris XVème

Se différencier par sa technique…

Lorsqu’Alexia a lancé son activité, elle s’est renseignée en amont sur le marché du facialisme à Paris. En quelques années, dans la capitale, le nombre d’expertes formées aux techniques de massages propres à cette spécialité a explosé. Il est rare qu’une Parisienne passionnée de bien-être ne connaisse pas le kobido

«Il y avait des expertes formées au kobido installées dans le XVème mais presqu’aucune ne proposait du facialisme tel qu’on le connaît : kobido, gua-sha, détox facial, stretching, ventouses…» explique Alexia, qui a volontairement choisi de s’installer dans cet arrondissement, afin de compléter l’offre. «Je reste convaincue qu’il y a de la place pour tout le monde. Et que ce qui fait la différence, ce n’est pas uniquement une technique, mais surtout l’approche globale et l’expertise» ajoute-t-elle.

…et son approche

L’approche que vous adoptez en cabine est essentielle pour fidéliser votre clientèle, au-delà de votre expertise technique. Chez L’Espace Facialiste, chaque rendez-vous est entièrement sur-mesure. 

«J’analyse la peau mais en allant bien au-delà de l’approche traditionnelle que l’on apprend à l’école d’esthétique. J’évalue les volumes, la tonicité musculaire, mais aussi les habitudes de vie et les attentes de chaque cliente» détaille Alexia. Une approche qui permet à l’esthéticienne de proposer un protocole sur-mesure.

Pour moi, le sur-mesure, c’est l’avenir. Et c’est ce qui fait la différence.

Miser sur la clientèle locale

Afin de faire connaître son activité aux habitantes de son quartier, à ses débuts, Alexia a beaucoup utilisé les groupes Facebook locaux tels que Le Groupe des Femmes Paris XVème, Les Voisins du XVème ou encore Les Futures Mamans du XVème. 

«J’ai envoyé des messages directement sur ces groupes-là pour chercher des partenariats avec les entreprises, etc. C’est très simple et ça marche super bien. Mais en fin de compte, ce n’est pas une clientèle en B2B (salle de sport, de yoga…) qui est arrivée à moi, mais plus en B2C. Donc, davantage de clientes sont venues à moi grâce à ces messages-là» explique-t-elle.

Etre esthéticienne/facialiste à domicile : moins de stress, plus de liberté, une attention sur-mesure

En choisissant de développer son activité à domicile, Alexia a trouvé bien plus qu’un nouveau cadre de travail : un véritable équilibre. Son quotidien, dit-elle, est aujourd’hui “plus serein”. 

«Je n’ai plus ce stress des transports ou, même si j’adore travailler en collectif, celui de devoir respecter certaines directives d’un responsable. Le fait de faire ça chez soi favorise un certain lâcher-prise et je me sens plus sereine.» 

Libre de créer son univers, de choisir ses marques, ses protocoles et son rythme, Alexia a le sentiment d’exercer enfin pleinement son métier. «Je suis libre de créer les choses, de les faire au rythme que je souhaite. C’est la petite valeur ajoutée qui me manquait.»

Travailler seule lui permet également d’accorder une attention totale à chaque cliente.  «Je peux adapter chaque soin, prendre le temps d’échanger et assurer un vrai suivi après le rendez-vous.»

Au-delà de la cabine, Alexia prolonge cette approche personnalisée par des conseils sur la routine à domicile. Elle développe actuellement un e-book d’auto-massages destiné à ses clientes, pour les accompagner entre deux séances.

Les contraintes en tant qu'esthéticienne/facialiste à domicile

Faire cohabiter les espaces personnels et professionnels

Après avoir décidé d’installer sa cabine chez elle, il lui a fallu trouver un propriétaire qui accepterait de louer son appartement pour un logement mais aussi pour exercer une activité professionnelle. Une mission qui s’est avérée chronophage pour l’esthéticienne. 

«La recherche d’appartement a été très longue parce que je voulais un quartier sécurisant avec une forte demande, un immeuble accueillant et surtout plusieurs pièces pour dédier entièrement une cabine à mon activité. Je voulais vraiment qu’il y ait la séparation entre le côté pro et perso. Et ça, tous les appartements ne le proposaient pas» explique-t-elle.

L’appartement qu’a trouvé l’esthéticienne, via une agence immobilière, coche toutes les cases. Ses clientes disposent d’une entrée qui fait office de vestiaire, d’un accès aux toilettes, d’une salle pour se laver les mains, et, bien sûr, d’une cabine pour recevoir les soins. Chaque pièce est fermée, ce qui permet à Alexia de conserver l’intimité des pièces où elle vit.

Alexia a pensé sa cabine afin que celle-ci soit un véritable cocon pour ses clientes. Pour cela, elle a misé sur des lumières douces et des senteurs délicates aux notes d’agrumes et de linge propre. L’esthéticienne a également fait le choix de linge confortable et de qualité. 

«Ça, c’était le B.A.B.A. Il était aussi important de créer une ambiance sonore apaisante. J’ai disposé dans ma cabine une enceinte via laquelle je diffuse ma playlist qui regroupe des covers au violon ou au piano» détaille l’experte en soins de peau.

Les assurances

Pratiquer une activité professionnelle chez soi nécessite un contrat d’assurance adapté. Alexia est chanceuse de ce côté car c’est son conjoint qui s’occupe de la partie administrative de son activité.

Interrogée dans le cadre d’un précédent article publié dans Les Nouvelles Esthétiques (février 2026), l’agence de courtiers en assurance Solly Azar avait expliqué qu’en cas de pratique à votre domicile, vous devez souscrire à plusieurs types d’assurance.

Il est recommandé de consulter un courtier, qui pourra vous proposer une solution d’assurance adaptée à votre situation. 

Cela peut prendre la forme d’une extension de votre contrat habitation (incluant la partie du logement utilisée pour votre activité professionnelle) ou, de préférence, d’une assurance multirisques professionnelle incluant le local, généralement plus complète en termes de garanties. Il vous faudra également prévoir une protection juridique, une couverture prévoyance, ainsi qu’une responsabilité civile professionnelle obligatoire.

L’importance de préserver son énergie pour durer dans le secteur de l'esthétique 

Nombreuses sont les esthéticiennes cheffes d’entreprise à penser qu’il faut faire toujours plus pour gagner plus. Mais c’est bien souvent au détriment de leur énergie et parfois de leur santé. Pour pallier cela, Alexia a fait le choix, dans un premier temps, de proposer une carte de soins courte centrée sur les soins facialistes. 

«J’aurais pu mettre à la carte des prestations sur lesquelles j’ai été diplômée et que j’ai longtemps pratiquées. Mais je me souviens de l’épuisement en fin de journée ou encore des pauses déjeuners qui étaient raccourcies ou inexistantes souligne-t-elle. Pour me relancer dans la pratique durablement, il est nécessaire que je garde cette passion. Et pour le faire, il faut que je le fasse intelligemment

L’esthéticienne limite volontairement le nombre de rendez-vous qu’elle fixe par jour en se limitant à quatre, voire cinq au maximum. 

«Les soins de facialisme sont des prestations assez onéreuses. Donc, cela me permet de pouvoir en vivre sans forcément faire du travail à la chaîne. Mon objectif, c’est de préserver mon énergie pour offrir la même qualité de présence et de soin entre le premier rendez-vous et le dernier. Cela a été une forte volonté de ma part» développe-t-elle.

Entretenir son réseau avec d’autres esthéticiennes

Pour Alexia, cela ne fait pas de doute : quand on travaille seule, il est pertinent de s’entourer de consœurs

«J’ai sympathisé avec une personne qui propose du kobido dans le même quartier que moi, on essaie de s’entre-aider. J’entretiens également de bons liens sur les réseaux sociaux, dans le secteur du bien-être. Je garde également contact avec les esthéticiennes que j’ai pu rencontrer en formation. Je pense que c’est important pour maintenir une certaine dynamique quand on travaille seule» explique-t-elle.

Une activité en constante amélioration

Depuis son installation, Alexia a à cœur de continuer à développer son activité avec une grande qualité. Par exemple, elle ajuste régulièrement le confort de sa cabine. 

«Je développe actuellement l’accompagnement post-soin pour offrir une expérience vraiment à 360 degrés, au-delà même du simple rendez-vous, avec la création d’un e-book et de vidéos d’auto-massages» détaille l’experte.

Continuer d’avancer en regardant droit devant soi

Bien que la concurrence l’ait impressionnée à ses débuts, Alexia est, avec le recul, fière de son lancement. «En seulement quelques mois, je peux déjà prétendre à un salaire correct, chose que je ne pensais pas possible dès le début» confie-t-elle.

Malgré ses peurs, Alexia est convaincue que ce qui fait la différence, c’est l’identité, la vision et le lien concret avec sa cliente. 

«C’est pour ça que je continue de croire qu’il y a de la place pour tout le monde. Et je préfère penser comme ça pour éviter de me mettre la pression car, à Paris, ce n’est pas la concurrence qui manque. Il y en a partout et tout fleurit de jour en jour. C’est un point difficile, mais qui peut être appréhendé d’une bonne manière.»

Ses conseils aux esthéticiennes qui n'osent pas se lancer

De façon bienveillante, Alexia partage aux esthéticiennes qui auraient peur de créer leur entreprise un conseil qu’elle aurait aimé qu’on lui dise : 

«J’ai longtemps attendu avant de me lancer. Ça faisait des années que j’en rêvais, et je n’osais pas par peur de l’échec.»

Pour moi, il n’y a pas d’échec, seulement des apprentissages».

La cheffe d’entreprise conseille toutefois de bien se préparer avant de se lancer. 

«Il faut bien réfléchir à son projet. Avoir quelque chose de solide, de construit. Et surtout, être bien entourée. Le fait d’avoir été soutenue par mon entourage m’a énormément aidée dans mes débuts et ça m’aide encore aujourd’hui.»

Alexia insiste également sur l’importance du travail intérieur. 

«On parle beaucoup de mindset. Je ne sais pas si ça fait sens pour tout le monde, mais, pour moi, le mindset, c’est la motivation. Entretenir cette motivation, la nourrir, la protéger même dans les moments de doute : voilà, selon moi, l’un des piliers.»

Enfin, elle conclut sur ces mots : 

«Je pense qu’il faut une petite pointe d’audace. Croire profondément en sa vision, et oser, tout simplement».


Pour aller plus loin

Complétez votre lecture sur notre site Internet avec les 5 clés pour rester motivée quand on travaille seule.