Florence Ansar, fondatrice de Physiobell’, organise un colloque sur la thématique des cancers féminins
Le colloque qui aura lieu du 22 au 24 mai est né de cette évidence : l’esthéticienne est un maillon essentiel dans le parcours de vie d’une femme en cancer, mais elle a besoin d’un cadre clair, d’une expertise précise et d’une reconnaissance légitime.
Là où naît la rencontre entre le corps éprouvé et la présence apaisante
Les femmes touchées par un cancer arrivent parfois avant même le diagnostic, parfois pendant les traitements, parfois longtemps après. Elles cherchent un espace neutre, un lieu où le corps n’est pas un dossier médical, où elles ne sont pas «en maladie», mais en humanité.
La science l’a démontré : plus de 80 % des informations du corps remontent vers le cerveau et influencent la perception, l’émotion, la sécurité intérieure. Quand un soin est adapté, quand un geste est juste, quand le toucher est calibré, il participe à cette régulation essentielle.
Mais encore faut-il savoir comment adapter. Et jusqu’où adapter. Et où s’arrête le métier esthétique. C’est précisément ce que le colloque clarifiera.
Quand la professionnelle d'esthéticienne devient celle qui voit ce que d’autres ne voient pas
Depuis plusieurs années, des médecins, des oncologues, des gynécologues, nous disent la même chose :
- «Vous êtes les premières à percevoir ce qui change sur le corps.»
- «Vous voyez les signaux faibles.»
- «Vous pouvez contribuer au parcours de soins, si vous savez exactement comment.»
Et c’est là que se situe l’enjeu : sans formation, sans balises, sans cadre réglementaire clair, accompagner une femme en cancer devient une zone de risque.
Le colloque viendra refermer cette faille.
Nous y aborderons :
- les limites strictes du champ esthétique,
- ce qui relève de la socio-esthétique,
- ce qui est autorisé, déconseillé ou interdit, selon les traitements,
- les impacts cutanés précis selon les chimiothérapies, hormonothérapies, radiothérapies,
- les signaux d’alerte qui doivent orienter immédiatement vers un professionnel de santé.
Ce sera un colloque émotionnel, oui. Mais ce sera un colloque scientifique et sécuritaire avant tout.
Ce que disent les phrases qui nous ont blessées… et celles qui nous relèvent
Nous avons toutes en tête une phrase qui nous a fait douter de notre valeur. La mienne est : «Si vous voulez vous faire épiler, allez chez Florence».
Cette phrase a condensé des années de mépris social envers notre métier. Mais elle a aussi été le point de départ d’un repositionnement : mon métier n’était pas reconnu parce qu’il n’était pas compris.
Aujourd’hui, avec la Neuro-Esthétique®, nous ouvrons une nouvelle voie, où l’esthétique n’est plus réduite à un geste, mais reconnue comme une contribution au mieux-être, à la régulation nerveuse, à l’identité des femmes.
Le colloque poursuivra ce mouvement : il remettra l’esthéticienne à sa juste place, avec compétence, cadre et légitimité.
Dans l’ombre des cabines, une compétence que personne n’avait jamais nommée
Lorsque nous accueillons une femme en traitement, nous percevons immédiatement :
- la sensibilité nerveuse amplifiée,
- l’hypervigilance,
- la fatigue profonde,
- les changements de peau,
- la fragilité identitaire.
Nos mains savent. Notre intuition capte. Mais cela ne suffit pas.
Il faut comprendre et apprendre…
Il faut comprendre comment adapter chaque geste, comment choisir les textures compatibles, comment éviter les déclencheurs sensoriels, comment respecter la fatigue cellulaire, comment restaurer la sécurité intérieure.
Et surtout : comment garder sa propre régulation nerveuse stable, pour ne pas absorber la détresse émotionnelle de la cliente.
Apprendre à accompagner sans s’effacer, à soutenir sans s’oublier
Accompagner une femme en cancer n’est pas un acte improvisé.
C’est une précision.
C’est une posture.
C’est une présence.
Pendant les trois jours de colloque, nous traiterons des sujets :
- l’art d’adapter un soin sans créer de risque,
- la lecture des tissus fragilisés,
- la gestion de l’hypersensibilité nerveuse,
- les gestes admissibles selon la phase du traitement,
- ceux qui sont strictement interdits,
- et ceux qui nécessitent l’intervention d’une socio-esthéticienne ou d’un professionnel de santé.
Mais surtout, nous apprendrons à nous réguler nous-mêmes.
Car une professionnelle qui absorbe, qui prend tout dans son propre corps, finit par se surcharger émotionnellement.
La régulation nerveuse, le ton de voix, la synchronisation respiratoire, la posture somatique… tout est étudié pour que la professionnelle devienne une présence stable, cohérente, rassurante. Une présence qui n’efface pas la femme qu’elle accompagne, mais qui ne s’efface pas elle-même.
Un colloque informatif, structurant, essentiel
Ce colloque ne sera pas une réunion théorique. Ce sera une mise à jour de la profession.
Nous y aborderons :
- les nouvelles réglementations,
- les limites d’intervention esthétique vs socio-esthétique,
- les risques à ne pas prendre,
- les soins compatibles selon les étapes du cancer,
- les signaux d’orientation médicale,
- la posture professionnelle adaptée.
Ce colloque sera vraiment un filet de sécurité. Pour les professionnelles. Pour les clientes. Pour le métier tout entier.
L’évolution est en marche : l’esthéticienne devient un repère
Entre 2004 et 2018, j’ai vu évoluer la perception de l’esthétique, lentement mais sûrement. Aujourd’hui, une nouvelle étape commence : l’intégration de notre rôle dans les parcours de vie des femmes fragilisées :
- Accompagner une femme en cancer demande un cœur grand, oui.
- Mais aussi un cadre.
- Une régulation.
- Une expertise.
- Une connaissance des risques.
- Une conscience de sa place.
Le colloque donnera tout cela.
L’esthétique de demain est claire, cadrée, compétente et profondément humaine
Le futur de notre métier ne sera ni technique ni purement relationnel.
Il sera neuroscientifique, sensoriel, identitaire, et parfaitement cadré.
Les femmes en cancer ont besoin de nous.
De notre présence.
De notre apaisement.
De notre savoir-être.
Et de notre savoir-faire.
Ce colloque leur garantira que l’accompagnement qu’elles recevront sera juste, sécurisé et profondément humain. Et il garantira aux professionnelles qu’elles ne navigueront plus jamais dans le flou.