« Balance ton institut » : les syndicats de l’esthétique prennent position

En juillet 2026, « Sonia », ancienne salariée du secteur de l’esthétique, lance la plateforme « Balance ton institut ».

Son objectif affiché : « dénoncer les pratiques honteuses dans les métiers de la beauté et du bien-être », selon les termes employés sur le site Internet.

Deux mois après son lancement, plusieurs dizaines de témoignages y ont été publiés.

Face à la visibilité grandissante de la plateforme, plusieurs organisations d’employeurs et syndicats de salariés, parmi lesquels la CNAIB, la CNEP, FO et la CGT, ont choisi de s’exprimer collectivement dans un communiqué adressé à la presse.

« Dénoncer les dérives, oui. Dévaloriser toute une profession, non. »

Jusqu’alors silencieux depuis le lancement de « Balance ton institut », les partenaires sociaux de la branche ont tenu à rappeler leur position. Ils se disent favorables au fait que des « situations inacceptables » puissent être dénoncées.

Ils mettent toutefois en garde contre une généralisation à partir de témoignages individuels. « Des témoignages individuels ne sauraient être présentés comme représentatifs des conditions d’exercice de toute une profession », soulignent-ils dans leur communiqué.

Les signataires alertent également sur la diversité des témoignages publiés sur la plateforme. Avis de consommateurs et témoignages de professionnels de l’esthétique y sont notamment réunis.

Selon les organisations signataires, cette coexistence peut favoriser un « amalgame qui risque à la fois de banaliser les alertes les plus graves et de jeter injustement le discrédit sur les salariés et les entreprises du secteur ».

Filière esthétique : quelles actions pour le bien-être des salariés ?

Dans leur communiqué, les partenaires sociaux réaffirment également leur position concernant le respect du droit du travail et la protection des salariés.

Leur position se veut sans ambiguïté : « aucun manquement au droit du travail, aucune atteinte à la santé ou à la sécurité des salariés, aucune violence ni aucun défaut grave d’hygiène ne sont acceptables ».

Les organisations signataires rappellent par ailleurs que les questions d’hygiène, de sécurité et de prévention des risques professionnels font partie intégrante de la formation et de l’encadrement des métiers de l’esthétique.

Ces thématiques figurent notamment dans les référentiels des quatre diplômes de la branche et font partie des compétences évaluées lors des examens.

Le communiqué souligne également le travail mené par les partenaires sociaux sur ces questions. « Ces sujets sont d’abord traités dans les référentiels des 4 diplômes de la branche et les compétences certifiées lors du passage des examens. Ils font ensuite l’objet d’un travail paritaire constant. »

Les organisations précisent notamment que l’article de la convention collective consacré à l’hygiène, à la santé et à la sécurité vient d’être retravaillé conjointement par les organisations d’employeurs et les organisations syndicales de salariés. L’avenant correspondant est, selon elles, en cours de publication.

L’objectif affiché est de « faire évoluer les règles et les pratiques pour préserver la santé des salariés, améliorer leurs conditions de travail et garantir aux clients des prestations réalisées dans des conditions professionnelles et sanitaires adaptées ».

Je travaille dans l’esthétique, qui contacter en cas d’abus ?

Face à une situation anormale ou potentiellement illégale, les partenaires sociaux invitent les personnes concernées à se tourner vers les interlocuteurs compétents, en fonction de la nature des faits : inspection du travail, services de l’État chargés de la protection des populations et de la consommation, forces de l’ordre ou justice.

Les organisations professionnelles d’employeurs et les organisations syndicales de salariés rappellent également leur rôle d’accompagnement.

« Les organisations professionnelles d’employeurs et les organisations syndicales de salariés sont également présentes pour écouter, conseiller, accompagner et orienter les personnes concernées, comme elles le font déjà quotidiennement sur le terrain », conclut le communiqué.