Prise en charge des peaux noires en institut : le guide complet des bonnes pratiques

Alors que la clientèle se diversifie, un sujet reste pourtant sous-traité en école d’esthétique : la prise en charge des peaux noires et métissées en institut.

Dans les cursus CAP, Bac Pro, BP ou BTS, ces phototypes restent encore très peu abordés, voire quasiment absents des programmes. Une lacune qui peut générer un manque de confiance chez mes esthéticiennes en institut, un refus de prestations et une frustration du côté des clientes.

Selon Blandine Nguimbus, docteure en pharmacie, spécialisée en dermatologie des peaux noires et des cheveux crépus, la thématique est parfois évoquée à travers la question de la mélanine mais très peu approfondie. « C’est déjà un bon début. Mais ensuite, tout ce qui concerne les problématiques spécifiques de la peau noire, comme l’hyperpigmentation, les réactions cutanées, la cicatrisation restent très superficielles. »

Durant les cours :

Ainsi, lorsque vous êtes confrontée à un problème cutané sur une cliente à la peau foncée, vous pouvez ne pas reconnaître immédiatement de quoi il s’agit car la symptomatologie diffère visuellement. Le diagnostic peut également s’avérer compliqué. 

Quand le manque de formation sur la thématique des peaux noires freine la prise en charge en institut

En institut, cette lacune entraîne souvent un manque d’assurance. « Les esthéticiennes ont des bases solides. Elles ont un socle de connaissances. Mais sur le sujet des peaux noires, il y a comme un vide. Quand on n’est pas sûr de soi, on préfère parfois ne pas prendre de risque », explique Blandine.

Cette prudence peut conduire certaines professionnelles à refuser une prestation, par peur de provoquer une réaction cutanée ou de ne pas prendre en charge la cliente comme il se doit. « Cette décision est compréhensible mais elle peut générer une certaine frustration et un sentiment d’exclusion chez la cliente, ajoute Blandine. Pour certaines clientes, ne pas être prise en charge renvoie aussi à un sentiment de rejet. La peau n’est pas seulement une question esthétique, elle touche aussi à l’histoire et à l’identité. »

La formation continue : la clé pour prendre en charge les peaux noires en institut

Face à ce manque d’informations en études d’esthétique, la montée en compétence passe par la formation continue. Certaines professionnelles proposent aujourd’hui des formations courtes, souvent sur une à deux journées, pour vous permettre d’acquérir les bases nécessaires.

Pour Blandine Nguimbus, ces formations permettent aux esthéticiennes « de s’appuyer sur leurs connaissances existantes, tout en intégrant les spécificités de ces phototypes ».

« Une professionnelle expérimentée possède déjà les bases. Il s’agit surtout d’apporter les clés pour adapter sa pratique », ajoute Blandine.

Se former aux peaux noires : une opportunité stratégique pour les esthéticiennes en institut

Se former à la prise en charge des peaux noires et métissées est une opportunité stratégique pour les instituts. De nombreuses clientes recherchent aujourd’hui des esthéticiennes formées et compétentes. « Il y a une véritable attente. Certaines clientes ont connu plusieurs déceptions avant de trouver une spécialiste », souligne Blandine.

Se former permet donc :

Peaux noires : une physiologie spécifique à connaître en institut

Contrairement à certaines idées reçues, les peaux noires ne sont pas nécessairement plus résistantes, la principale différence réside dans leur système pigmentaire. Les mélanocytes, les cellules responsables de la production de mélanine sont plus réactives aux phénomènes inflammatoires, ce mécanisme explique pourquoi ces peaux sont plus sujettes aux hyperpigmentations post-inflammatoires. Une simple irritation peut ainsi déclencher une production excessive de mélanine et provoquer l’apparition de taches