Comment affronter la peur de réussir en institut : conseils à appliquer pour esthéticiennes

Dans les instituts, on parle souvent de rentabilité ou de fidélisation. On évoque aussi parfois les doutes, la fatigue et les périodes de découragement. Mais il existe un autre élément très peu abordé, qui impacte pourtant la carrière de nombreuses esthéticiennes : la peur de réussir.

À première vue, lidée peut sembler paradoxale. Qui ne rêve pas dun institut qui tourne, dun planning complet et dune clientèle fidèle ? Et pourtant, cette réussite tant désirée peut aussi devenir source dangoisse. « On parle beaucoup de la peur d’échouer ou du syndrome de limposteur, mais on oublie que cette peur peut exister », explique Lucie Bellevrat esthéticienne, gérante de l'institut de beauté Holistaïa et gagnante du Concours de l’Esthéticienne Demain 2025.

C’est une peur rarement évoquée car elle paraît presque illégitime, comme si « réussir, c’était trahir ses valeurs ou devenir une autre personne », souligne Lucie. Pourtant, elle peut freiner les ambitions et pousser certaines professionnelles à sauto-saboter car beaucoup d’esthéticiennes ont consciemment ou inconsciemment peur des conséquences et des répercussions que pourrait avoir leur réussite.

La peur de réussir ne se manifeste pas toujours de manière évidente. Elle peut apparaître dans les décisions que vous repoussez, dans les projets que vous n’osez pas lancer ou dans les tarifs que vous hésitez à augmenter. « La peur de réussir, cest souvent se dire : et si ça marche vraiment, est-ce que je serais capable dassumer ce que cela implique ? », résume Lucie.

Dans les métiers du soin et du bien-être, cette peur peut être encore plus forte. Vous passez vos journées à donner, à écouter, à prendre soin des autres. Ainsi, recevoir de largent, de la reconnaissance ou du succès peut parfois créer un malaise.

Esthéticienne, ayez un déclic : comprenez que ce ne sont que des croyances

En réalité, ce nest pas la réussite elle-même qui effraie, mais lidée que vous vous en faites. Perdre le contrôle, subir une pression constante, ne plus avoir de temps pour vous, être jugée ou rejetée… autant de scénarios que vous projetez inconsciemment. « Ce ne sont souvent que des interprétations que lon crée soi-même », souligne lesthéticienne.

Lucie Bellevrat a elle-même été confrontée à cette peur lorsquelle sest lancée dans lentrepreneuriat. « Javais de grandes ambitions, mais javais aussi limpression de me mettre moi-même des bâtons dans les roues », confie-t-elle. Elle craignait notamment les conséquences du succès. « Je pensais que la réussite allait forcément engendrer une énorme pression, que je naurais plus de temps pour moi ou pour mes proches, que cela me mènerait au burn-out. »

À cela sajoutait la peur du jugement. « On peut avoir limpression que sautoriser à recevoir, cest devenir quelquun de mauvais ou de perfide, explique-t-elle. Mais, on ne devrait pas s’autosaboter, accepter de faire du sur place, alors que notre succès pourrait nous permettre de vivre de notre passion, d’inspirer des personnes autour de nous, d’avoir l’impact dont on rêve, et d’exercer notre métier avec ambition et fierté. »

Avec le temps, Lucie a réalisé que ces peurs reposent sur des croyances limitantes. « Jai compris que je me faisais des scénarios qui nexistaient que dans mon esprit. »

La réalité de son institut lui montre au contraire que la réussite peut être positive. « Plus mon institut performait, plus je pouvais offrir de belles prestations, investir dans des nouveautés, améliorer lexpérience de ma clientèle, inspirer dautres professionnelles et partager cette fierté avec mes proches. »

Esthéticienne : que mettre en place pour affronter cette peur de réussir ?