Hommes esthéticiens : l’expérience et les conseils de Brice Avon
Comment se sont passées vos études dans le massage esthétique ?
J’ai préparé un CAP adulte en un an dans une école reconnue et réputée. J’ai donc été en classe avec des femmes adultes en reconversion elles aussi. Pour ma part, j’ai été très bien accueilli et inséré dans le groupe. Je n’ai pas senti de différence ni d’exclusion même pour les modules de pratique comme l’épilation. J’ai sûrement eu la chance d’avoir déjà fait un parcours dans un milieu féminin avant lors de ma formation en massage ou le groupe était majoritairement féminin.
Votre concept d’institut était novateur, comment les clientes ont-elles accueilli le fait que ce soit un homme qui leur prodiguait les soins ?
Oui mon concept était novateur à l’époque (c’était en 2015). Je recevais mes clients dans un cabinet esthétique, avec une configuration comme un cabinet médical. Je n’avais pas de vitrine comme un institut classique, j’étais en fond de cours d’un immeuble. De ce fait, la clientèle n’avait pas l’impression de venir « dans un institut de beauté ». Je pense donc que le lieu impliquait une vision différente pour la clientèle.
Aussi, le fait d’être reçu par moi, un homme, n’était pas « surprenant ». De plus, mon approche novatrice à l’époque, avec le fait de faire une consultation assise à un bureau, avant de faire les soins, effaçait complément l’idée que ma cliente se trouvait dans un institut. J’avais mis tout en œuvre, pour faire en sorte d’avoir une image différente d’un institut traditionnel : la configuration du lieu, la consultation, une carte de soins réduite et spécialisée… Tout était différent, donc la comparaison n’était plus possible. C’était mon objectif !
Beaucoup d’instituts ne veulent pas d’homme dans leur équipe, qu'avez-vous à leur dire à ce sujet ?
J’ai l’impression d’être dans le passé quand j’entends cela. Le monde évolue.
Les équipes mixtes sont l’avenir de notre profession.
Oui, il est peut-être encore « difficile » pour certaines femmes de se faire épiler le maillot à la cire par un homme. Mais cela reste à démontrer et c’est, je pense, plus une peur de perdre du chiffre d’affaires que de pudeur. Je tiens à préciser que notre métier évolue. J’avais la même problématique dans le domaine du massage en 2013 quand je travaillais dans un spa d’hôtel 5 étoiles.
On pouvait penser que les femmes ne voulaient pas se faire masser par un homme. On pouvait même penser qu’un homme ne voudrait pas se faire masser par un homme. Et bien, cela est faux. Il s’agit d’une question de posture, de présentation des choses. Il faut donc vaincre ses propres freins et limites et tout se passe bien. J’en suis la preuve.
Une dernière chose que je voudrais évoquer à ce sujet, si on a une équipe mixte dans son institut et que cette situation se produit, il suffit simplement de re-positionner le rendez-vous de la cliente avec une esthéticienne si elle ne veut pas un soin fait par un esthéticien. Il ne s’agit que d’une question d’organisation ! Et vraiment, avoir un homme dans une équipe est un VRAI plus. Et en embauchant un homme, vous verrez que la clientèle va se l’arracher !
Aujourd’hui, le fait d’être un homme dans la profession est-il un plus ?
Être un homme est un plus aujourd’hui. D’une part, nous sommes peu nombreux en France, et en plus la clientèle adore se faire chouchouter par un homme aujourd’hui. D’autre part, je pense réellement que c’est une décision stratégique aujourd’hui que d’avoir un homme dans son équipe !