Comment réussir en prothésie ongulaire ? Les conseils de Lili sur la rentabilité, l'entrepreneuriat et la création de marque

Conseils à celles qui aimeraient devenir prothésistes ongulaires

À celles qui aimeraient se lancer dans la prothésie ongulaire, Lili conseille de se former auprès des bonnes personnes.

 «On va plus vite, on va plus loin, on gagne du temps. Il faut aussi avoir des sous de côté si on souhaite se lancer. La prothésie ongulaire est le secteur le moins rentable de l’esthétique, à moins de réussir à être assez rapide. Il faut aussi être passionnée, sinon ça ne fonctionnera pas. En formation, je remarque tout de suite celles qui feront de la prothésie ongulaire leur métier. Et c’est aussi pour ça que ça a bien marché pour moi, parce que je suis passionnée» développe-t-elle.

Lili tient également à rappeler qu’il n’est pas nécessaire d’être douée en tout, y compris en nail art

«C’est OK de refuser et de dire qu’on ne sait pas faire certaines choses.»

Conseils concernant le co-working

À l’époque où Lili a lancé son espace de coworking, c’était un modèle encore peu répandu qui tend à se développer aujourd’hui.

Afin que ce type de collaboration puisse être fructueux, il est essentiel, selon Lili, de vérifier que les modalités soient avantageuses pour les deux parties. 

«Je recommande beaucoup de prendre des loyers fixes car cela permet de connaître ses charges à l’avance. Je trouve que c’est beaucoup plus sain que de baser le loyer sur un pourcentage de chiffre d’affaires. On ne parle pas de sous-location mais bien de mise à disposition d’un espace de travail meublé» souligne Lili.

Les compétences entrepreneuriales indispensables pour lancer son business de prothésiste ongulaire

Pour les prothésistes ongulaires qui se lancent à leur compte, la maîtrise de la technique ne suffit plus. Selon Lili, il est essentiel de développer rapidement une véritable vision entrepreneuriale du métier. «Si j’ai un conseil à donner, c’est d’investir dans des formations sur la rapidité et la rentabilité» explique-t-elle.

Avec le recul, elle reconnaît avoir sous-estimé cet aspect au début de son activité. «Il ne faut pas penser qu’on est “juste une petite meuf qui fait les ongles”, alors que quand on se lance en micro-entreprise, on gère une entreprise.» 

Une réalité qu’elle transmet aujourd’hui aux professionnelles qu’elle accompagne en formation et en coaching. Elle constate d’ailleurs que beaucoup de débutantes manquent de connaissances en gestion : «Aujourd’hui, quand je reçois des filles en formation, elles ne savent pas ce qu’est un seuil de TVA». 

Lors de ses coachings privés, une grande partie du temps est ainsi consacrée aux chiffres, aux objectifs financiers et à la rentabilité. «C’est hyper important. Moi, j’y ai pris goût parce que je me suis rendu compte que c’était indispensable pour durer

Pour elle, adopter une posture professionnelle dès le départ est une étape clé pour pérenniser son activité. Étude de marché, bilan prévisionnel, suivi des indicateurs financiers, etc., autant d’outils qu’elle juge essentiels.  «Il faut être la plus pro et carrée possible et ne pas se diminuer.»

Son propre parcours illustre cette nécessité d’anticiper.  «Je dis toujours qu’on ne sait pas de quoi demain est fait. Moi, jamais je n’aurais pensé avoir dix salariés.» 

Avec davantage de connaissances entrepreneuriales dès le lancement, elle estime qu’elle aurait pu éviter certaines erreurs. Un message qu’elle martèle aujourd’hui auprès des professionnelles du secteur : la prestation technique n’est qu’une partie du métier

«Faire les ongles, ça représente 60 % de l’activité. Le reste, ce sont les chiffres. On oublie souvent qu’on est entrepreneure avant tout, et que, même si c’est un métier passion, il est indispensable de mettre le nez dans les chiffres, faire des calculs, des projections, prendre au sérieux sa petite entreprise pour mieux encadrer et professionnaliser la profession» explique-t-elle.

Conseils à celles qui aimeraient créer leur marque

Souvent, nous entendons dire que le secteur des cosmétiques est saturé. Mais, selon Lili, il peut être tout à fait pertinent de se lancer dès lors que l’on a quelque chose de différent à proposer.

«Par contre, je pense qu’il faut avoir de vraies notions de business et de savoir s’entourer de gens qui en ont. Ce n’est pas juste un petit hobby. Cela nécessite énormément de trésorerie et il faut apporter quelque chose de nouveau, un vent de fraîcheur. Je pense que beaucoup ne se rendent pas compte du travail que ça demande et de tout ce que ça implique : l’aspect financier, le stock, le juridique… Il n’y a pas de jour off, c’est beaucoup de sacrifices» dit-t-elle.