Comment réussir en tant qu’esthéticienne indépendante : retour sur 15 ans d’expérience
Régine n’était pas destinée à l’esthétique. Après un Bac médico-social et un diplôme en recherche puériculture, elle se réoriente et obtient son CAP Esthétique en 1991. Elle poursuit avec un BP en alternance, puis enchaîne les expériences salariées en institut et en salon de coiffure, où elle devient, pendant un an, responsable de l’espace beauté.
En 2007, elle saute le pas et crée son propre institut, Aromatic’Esthétique.
«Je voulais m’installer dans cette commune, entre deux villes moyennes, avec beaucoup de passage. J’ai mis toutes les chances de mon côté.»
Aujourd’hui, son institut compte deux cabines (une dédiée aux soins, l’autre à l’épilation) et un espace manucure-pédicure intégré à la zone de vente.
Le choix de devenir esthéticienne solo, en conscience
«Je ne souffre pas de la solitude et j’aime tout gérer de A à Z. Si je ne suis pas compétente, je ne m’en prends qu’à moi-même.»
Mais être esthéticienne indépendante, c’est porter toutes les casquettes : soins, administratif, gestion, ménage…
«Tout repose sur nos épaules. La réalité du métier : la fatigue.»
La difficulté la plus sous-estimée ? Le temps.
«Il y a les heures d’ouverture et il y a tout le reste à côté. À l’école, on nous a appris la technique mais pas à être cheffe d’entreprise ni vendeuse.»
Pour autant, Régine ne se sent pas isolée : un expert-comptable l’accompagne, elle échange avec ses consœurs, lors des formations ou par téléphone avec celles avec qui elle a gardé contact, ainsi que ses fournisseurs, et elle participe régulièrement à des formations.
Un planning sous contrôle pour l'esthéticienne solo
Depuis 2007, le métier a évolué. Pour Régine, la grande révolution reste le digital. «C’est un gain de temps extraordinaire pour celles qui s’y sont mises. Personnellement, je l’utilise peu.»
Elle choisit néanmoins de garder la main sur son planning afin de ne pas enchaîner deux soins corps physiquement exigeants.
Elle communique très peu sur les réseaux sociaux et privilégie le bouche-à-oreille via ses clientes.
Son indicateur clé ? Le taux de remplissage.
«Si ce n’est pas rempli, j’utilise le temps pour l’administratif, le ménage, la gestion, toutes les tâches de cheffe d’entreprise. Le remplissage, c’est mon baromètre.»
L’hyperprofessionnalisme comme signature de l'esthéticienne
Sa stratégie de différenciation : l’hyperprofessionnalisme.
«Il faut savoir ce qu’on fait très bien. Les prestations que l’on aime moins faire, il faut les laisser à la concurrence. Les clientes viendront chez vous car vous serez reconnue pour votre expertise, votre savoir-faire, votre spécialisation.»
Régine revendique son expertise en soins visage. Pour elle, la spécialisation est un levier puissant de différenciation, notamment sur le segment du naturel et du bio.
Phyt’s : une évidence pour l'esthéticienne
Découverte lors de son BP, la marque s’impose comme une évidence : «Elle correspond à mon ADN.»
La naturalité (100 % d’origine naturelle) est un critère déterminant. Travaillant toute la journée avec des cosmétiques, elle voulait des cosmétiques sains, naturels et bio pour elle et ses clientes.
Au-delà des formules, elle souligne l’accompagnement : formations techniques, aide à la vente, supports pédagogiques et outils de communication pour son institut. Régine se forme au minimum trois fois par an et a investi dans le «VisioDerm Pro Connect», la technologie Phyt’s pour analyser, grâce à l’IA, l’épiderme et le derme, ce qui complète ses soins visage. Tout en restant majoritairement attachée à la gestuelle manuelle pour ses prestations.
Grâce à Phyt’s, Régine répond à toutes les problématiques de peau de ses clientes, et cela, dès le premier soin. Grâce à la marque, elle est montée en compétences, en maîtrise des protocoles et en fidélisation. Phyt’s l’a aidée dans l’évolution de son métier.
Soins et rentabilité de son institut de beauté
Concilier qualité et rentabilité demande de l’anticipation. «Il faut connaître parfaitement ses protocoles et utiliser les temps morts intelligemment pour faire des petites tâches le temps d’une pose de vernis par exemple. Il faut les optimiser sans que la cliente ne s’en rende compte en réfléchissant en amont à chaque enchaînement.»
La vente de produits s’inscrit naturellement dans la continuité du soin. Ses clientes sont bluffées par les résultats obtenus à la fin de leur soin et souhaitent prolonger les bienfaits à domicile : «Mon pourcentage de vente est en augmentation et progresse chaque année, actuellement, mon C.A. de vente est de 30 %».
Son secret ? Rendre service à ses clientes en les conseillant au mieux afin d’obtenir les meilleurs résultats et répondre à leurs problématiques.
Fierté et transmission de l'esthéticienne
Parmi les moments clés de son parcours, Régine cite la rénovation complète de son institut, sept ans après l’ouverture. «On me disait que j’engageais trop d’argent. J’ai tout repensé, déplacé les cabines, rendu l’espace plus fonctionnel. J’ai gagné en crédibilité et professionnalisme grâce à ce nouvel agencement. J’en suis très fière.»
Mais sa plus grande réussite reste la reconnaissance de ses clientes.
«Quand elles me disent : “Comment on fera quand vous ne serez plus là ?”, c’est ça, ma réussite.»
Plus proche de la retraite que de ses débuts, elle envisage l’avenir avec confiance en travaillant encore quelques années, puis en transmettant.
«Ça fait quinze ans qu’on nous dit que les indépendantes ne dureront pas. Je fais confiance à la jeune génération. Elle saura se renouveler. Cette génération est pleine de ressources.»
Les clés pour réussir seule aujourd’hui en tant qu'esthéticienne
Si elle devait résumer son aventure en trois mots : plurielle, exigeante, enrichissante.
Ses conseils aux esthéticiennes qui souhaitent se lancer en solo :
- compter : «Il faut toujours avoir un œil sur la compta pour être sereine».
- être professionnelle et courageuse : ne pas compter ses heures.
- rester patiente et humble : «Ce sont les moments de la cliente. Il faut la mettre en lumière».
Enfin, elle distingue travailler seule et réussir seule :
«Travailler seule, c’est facile. Réussir demande de partager et d’échanger, pour être sûre d’être sur la bonne voie».