Esthéticienne : que choisir entre cosmétiques avec et sans parfum ?

Derrière les mots «parfum», «fragrance», «aroma» de la liste INCI de vos soins cabine, se cache en réalité un assemblage de substances odorantes qui peuvent contenir de 10 à 300 composés, naturels et/ou synthétiques. Ces assemblages olfactifs sont composés de substances reconnues irritantes, allergisantes, voire pour certaines, cancérigènes ou vectrices de perturbation endocrinienne. Ces mélanges parfumants représentent en général entre 0.01 et 0.1 % de la formule totale mais, selon plusieurs études scientifiques et le retour de nombreux médecins, ils sont accusés de causer ou d’exacerber de nombreuses problématiques cutanées et de santé.

De surcroît, face aux controverses régulières de l’emploi des substances synthétiques dans les cosmétiques et parfums, la tendance des marques pour satisfaire la demande de naturalité du consommateur est donc de privilégier les composés odorants naturels. Mais attention aux idées reçues.

Étiquetage des mélanges odorant dans la liste INCI

Malgré cette potentielle toxicité, les fabricants de parfums n’ont pas l’obligation de divulguer la composition exacte de leur fragrance cosmétique, afin de préserver le secret de leur formule odorante. En revanche, la réglementation européenne les contraint à la transparence concernant certains allergisants. Elle impose de signaler leur présence spécifique dès que leur concentration atteint ou dépasse un certain seuil : 0,001 % pour les produits sans rinçage (crèmes, huiles) et 0,01 % pour les produits à rincer (shampoings, gels douche). Cette exigence s’est considérablement renforcée, suite à un avis du Comité Scientifique Européen pour la Sécurité des Consommateurs (CSSC) passant la liste de ces sensibilisants de 24 à 81. Désormais, des ingrédients comme l’alpha-isomethyl ionone, l’eugenol, le geraniol, le limonene, ou encore des extraits naturels tels que l’huile d’ylang-ylang ou de menthe poivrée, doivent être clairement indiqués sur la liste des ingrédients.

Un bémol demeure : les marques ont jusqu’au 31 juillet 2028 pour se mettre en conformité et afficher la présence des susbtances allergisantes dans la liste INCI.

Dans l’intervalle, et particulièrement pour vos clientes à la peau sensible ou sensibilisée, il est judicieux de privilégier les gammes de soins spécifiquement revendiquées «sans parfum», du moins des formules sans parfum ajouté ou encore hypoallergéniques. C’est un gage de sécurité et de confort pour leur épiderme. 

Identifier les substances problématiques des compositions parfumantes

Allergisants cachés : le revers des parfums en cosmétique

Selon une étude IFOP de 2019, menée pour Sanofi Genzyme, 34 % des Français souffrent d’eczéma. Un chiffre qui résonne avec les conclusions de l’étude EDEN et celle de la Commission européenne : «Les allergies et les irritations de la peau sont les problèmes les plus courants constatés avec les ingrédients parfumants, que ce soit lors de l’utilisation d’un parfum ou d’un produit de consommation parfumé». Qu’ils soient d’origine naturelle ou synthétique, ces molécules odorantes peuvent déclencher chez vos clientes, selon leur sensibilité et leur terrain génétique, diverses réactions dermatologiques : eczéma, urticaire, dermatite de contact (particulièrement sur le cou, le visage, les paupières, les plis du coude, les poignets, les mains, les oreilles et le conduit auditif), sans oublier la dermatite séborrhéique du cuir chevelu. La photosensibilisation chimique peut aussi survenir après une exposition solaire. Certaines compositions peuvent entraîner une dermatite de parfum, matérialisée par l’apparition de taches hyperpigmentées en forme de coulée qui, bien que temporaires, peuvent persister plusieurs mois.

Pour une information exhaustive sur les allergisants réglementés des compositions parfumantes, n’hésitez pas à consulter l’annexe III du règlement européen. Une connaissance de ces molécules est essentielle pour conseiller au mieux vos clientes et préserver la santé de leur peau.

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