Des réseaux sociaux à la création d’institut : l’ascension de Léane Marts, une entrepreneuse de 24 ans
@Leanemarts… Ce pseudo ne vous semble pas inconnu ? Il vous a même sans doute déjà inspiré à plusieurs reprises. Sur les réseaux sociaux, Léane Marts, cette entrepreneuse et esthéticienne, berce chaque jour le quotidien de milliers d’esthéticiennes et d’étudiantes passionnées par l’art de prendre soin des autres. À seulement 24 ans, elle jongle entre la gestion de son institut, le développement de sa marque Beauty Mart’s et son travail de créatrice de contenu.
Les débuts de Léane dans l'esthétique
L’esthétique n’est pas un métier que l’on choisit par hasard, c’est un métier passion où l’humain réside en son cœur. Mais pour Léane, l’esthétique représente bien plus que ça, c’est une évidence depuis sa plus tendre enfance : « Je ne sais pas d’où vient cette envie, je dirais que c’est l’instinct. Lorsque j’ai dû faire mes vœux en fin de troisième, je n’ai rien voulu savoir, c’était l’esthétique et rien d’autre. Pourtant, je n’y avais jamais mis un pied, ni même fait aucune recherche dessus, mais je savais. »
Et son instinct ne lui a pas fait défaut… C’est en 2020, à ses 18 ans, qu’elle entame un cursus de deux ans en alternance, en CAP esthétique. En parallèle, elle pratique dans un institut dans le centre-ville de Périgueux.
Dans ce salon, elle trouve vite ses marques et son attrait pour la profession se fait rapidement remarquer : « J'étais vraiment la plus heureuse d’enfin pouvoir pratiquer. On m'a donné beaucoup de responsabilités comparé à mes camarades de classe, et j’en prenais aussi de mon côté. »
Finalement, elle voit son envie de rester dans cet institut s’envoler. Sa patronne, qui lui avait pourtant promis de l’embaucher en CDI, est revenue sur sa décision en lui proposant de la prendre en BP. Une offre qui déplait à Léane, qui décide de refuser l’offre : « A cette période, je voulais à tout prix rentrer dans la vie active et travailler à l'institut à plein temps. L'école, c'est bien, mais on n'apprend pas assez. »
Les réseaux sociaux : le début de l'entrepreneuriat
Mais durant son cursus en CAP, elle découvre une part d’elle-même encore inconnue, celle de la création de contenus sur les réseaux sociaux. « Le Covid était déjà bien installé et j’ai commencé par partager ce que j'aimais, autour de l'esthétique sur TikTok. J’étais vue comme ‘la fille en esthétique’, c'est comme ça que l’on m'appelait à l'époque. »
Elle commence par faire des petites vidéos attrayantes pour se divertir, comme ‘Qu'est-ce qu'il y a dans ma valise d'esthétique ?’
Puis finalement, après le Covid, elle continue. Elle filme son quotidien en école d’esthétique mais aussi sur son temps en entreprise, pour aider et inspirer les férus d’esthétique au quotidien. « Le but était de donner un aperçu de ma passion à travers les réseaux et les gens adoraient, c'est comme ça que je me suis fait connaître. »
Les réseaux sociaux à plein temps : un tout nouveau mode de vie
Mais cette initiative n’était pas destinée à prendre autant d’ampleur. De fil en aiguille, Léane s’attache à sa communauté et à ce passe-temps, finalement devenu un travail. C’est après la proposition de BP, qu’elle refuse, que son contenu commence à exploser et à prendre une place importante dans sa vie. « Je n’ai même pas eu à rechercher un autre job, mon travail est devenu les réseaux, mais toujours autour de l’esthétique ». Petit à petit, elle trouve son identité. Elle adopte notamment des concepts viraux sur les réseaux sociaux, comme des démakeup et a su faire de ces vidéos LE rendez-vous, LA safe place du soir : « C'était un petit rituel, avec un sujet différent chaque soir ».
De par son expertise et ses précieux conseils envers sa communauté, elle commence également à collaborer avec de nombreuses marques de Skincare, telles que Caudalie, SVR, la Roche Posay, Cerave, Erborian, l’Oréal, Vichy, Bioderma…
Créer sa marque de cosmétique : une évidence depuis toujours
En plus de ce besoin de créer et de partager sur les réseaux sociaux, Léane eut l'envie d’entreprendre et de faire grandir son propre business. Depuis petite, une idée sommeille en elle : celle de créer sa marque de skincare.
C’est en 2021 qu’elle prend l’initiative de se lancer dans ce défi avec Beauty Marts. Elle finance son projet avec un apport personnel. Son travail dans l’influence lui a permis de mettre suffisamment de côté pour croire en son projet et investir.
Pour Léane, le lancement de sa marque n’a pas été le plus difficile. Les réalités arrivent ensuite entre la logistique, le marketing, les imprévus, la production…
« Créer sa marque est une suite d’investissements permanents. Il y a toujours des coûts qu’on ne calcule pas au départ, des erreurs qu’on corrige et des loupés qui font partie du jeu. »
Mais Léane n’a jamais vu ces obstacles comme des échecs, elle en a tiré des leçons :
« Chaque dépense, chaque erreur m’ont permis de mieux structurer, de mieux anticiper et de faire grandir ma marque avec plus de justesse. »
Le lancement de sa marque en décembre 2023
C’est deux ans plus tard, en décembre 2023, qu’elle lance sa première gamme de quatre produits, composée d’un lait démaquillant, d’un gel nettoyant, d’une lotion et d’une crème hydratante. « J'ai commencé avec les quatre produits de base. En tant qu’esthéticienne, tu ne peux pas faire moins que te démaquiller, te nettoyer, te passer un coup de lotion, puis finir par ta crème. »
Un gommage ainsi qu'un sérum sont également arrivés entre-temps pour compléter la gamme. En ce début d’année 2026, un nouveau produit devrait faire son apparition pour clôturer cette première gamme de Beauty Marts.
Des produits éthiques avec des formules bio
Victime de son succès, Léane vend des milliers de produits en très peu de temps dès le lancement de la marque. Un succès dû notamment à l’éthique des produits et à leur composition. Elle travaille avec des formules bio, avec plus de 97 % d’ingrédients d’origine naturelle adaptées à tous les types de peaux, même les plus sensibles et des formules végan.
Tous ses produits proviennent également d’une fabrication 100 % française. « Cela me tenait à cœur d’avoir des produits éthiques, je me dois d’être parfaite. De toute manière, c’est ce que cherchent les consommateurs : du français, du naturel et des prix adorables, ceux sur quoi nous sommes alignés avec Beauty Mart », explique Léane. Pour ce faire, elle travaille notamment avec des laboratoires et une personne intermédiaire : « Le monde de la cosmétique est un secteur très délicat et je ne suis pas biologiste, je ne peux pas non plus m'inventer sur tout et n'importe quoi. Cela fait bientôt quatre ans que je travaille avec la même personne en cosmétique, qui m'aide à développer mes formules. »
La création de son institut de beauté : Beauty Marts Institut
Mais, la création de Beauty Marts pousse Léane à entreprendre davantage. Débordante d’idées et de projets, elle a toujours eu l’envie de créer son institut. « Je ne trouvais pas le local idéal et j'étais assez frustrée. Ma sœur avait une pièce de 16 m2 qui ne lui servait à rien dans son institut et elle m'a proposé d’embaucher une esthéticienne et donc de me prêter sa pièce. C’était déjà un début ! »
C’est finalement en juin 2025 que les portes de Beauty Marts Institut s’ouvrent au public, à Boulazac. Mais, le chemin a été long après plus d’un an et demi de travaux et des problèmes de chantier qui ont retardé l’ouverture. Au départ, le local ne contenait que quatre murs, un sol et un plafond. « J'ai créé mon institut de A à Z : le choix de la taille des cabines, leur emplacement… J'ai été accompagnée par de superbes artisans et par mes parents qui m'ont beaucoup aidé aussi de ce côté-là. »
Quatre esthéticiennes travaillent pour Beauty Marts Institut avec chacune leur cabine et leur spécificité :
- Camille est en beauté du regard,
- Julie est notre experte en soins,
- Lucie est experte en épilation,
- Léa est une experte en massage du corps.
« Il y a un fonctionnement bien particulier à l'institut : chacune a son univers. Elles ont choisi leurs prestations. Lorsque j'étais en esthétique, il y a des prestations que j’aimais moins et j'ai envie de laisser ce choix à mon équipe. »
Le recrutement de son équipe
Pour le recrutement, Léane a misé sur des personnes de confiance :
- « Julie était une ancienne collègue, nos chemins se sont recroisés presque comme une évidence. »
- « Camille, je l’ai rencontrée indirectement grâce à ma grande sœur : c’était une cliente chez qui elle faisait ses ongles, et son professionnalisme m’a tout de suite marquée. »
- « Lucie m’a été recommandée par Julie, puisqu’elles avaient déjà travaillé ensemble auparavant. »
- « Quant à Léa, c’est une très belle coïncidence : j’ai reçu un soin en cadeau dans un spa, c’est elle qui s’est occupée de nous. J’ai adoré sa manière de travailler, son approche, son énergie. Quelques temps plus tard, nous avons repris contact, et elle a rejoint l’équipe. »
Après avoir bâti un institut à son image, Léane boucle la boucle en faisant de son institut la vitrine de sa marque.
Des récompenses pour son expertise dans le secteur de la beauté
Depuis ses débuts sur les réseaux sociaux en 2020, sa notoriété a crû d’une manière fulgurante : elle compte aujourd’hui presque six millions de followers sur la plateforme TikTok et un million sur Instagram.
Reconnue pour son expertise et la qualité de ses contenus dans le secteur de l’esthétique, Léane voit aujourd’hui son travail récompensé bien au-delà des réseaux sociaux. En 2022, elle remporte aux États-Unis les People’s Choice Awards, une cérémonie de référence à Los Angeles, où elle décroche le prix de l’influenceuse française de l’année. Une première consécration marquante. « C’était la grande première, et surtout énormément de stress. Je me disais : Léane, qu’est-ce que tu fais ici, entourée de toutes ces stars ? Personne ne te connaît », confie-t-elle. Deux ans plus tard, en 2024, la créatrice de contenus est de nouveau nommée, cette fois à Cannes, dans la catégorie Beauty Influenceur, succédant à des figures majeures du milieu comme Léna Situations. Une reconnaissance qui, malgré la pression, reste une grande fierté. « On a l’impression de ne pas exister, de n’être personne… et puis on se rend compte que les gens nous regardent, font des recherches, votent. C’est très étrange, mais c’est une vraie fierté ».
Des récompenses dues à son authenticité
Loin des stratégies de visibilité, son ascension s’est construite dans la spontanéité. « Je n’ai jamais forcé quoi que ce soit. Je pense que si ça m’arrive, c’est justement parce que tout a été fait avec authenticité, naturellement », explique-t-elle. Une sincérité qui constitue aujourd’hui sa marque de fabrique sur les réseaux sociaux. « Je fais simplement les choses que j’aime, quand j’ai envie de les faire. Je ne me force jamais. Il m’arrive de ne pas poster pendant une semaine, et tant pis », confie-t-elle. Pour Léane, le secret est là : rester soi-même, sans pression, quitte à ralentir le rythme.
De l'esthétique à l'entrepreneuriat : un quotidien chargé
Entre sa boutique, sa marque, les réseaux sociaux, les événements, les déplacements à répétition, Léane est devenue une vraie entrepreneuse. Tous ces éléments semblent compliqués à gérer, d’autant plus qu’elle n’est plus affiliée à une agence et qu’elle et son associé, Maël, ont pris la décision d’être leur propre manager.
« On a envie d'être le plus authentique possible et en passant par une agence, le côté humain nous manquait. On a repris la main sur toute la partie influence et collaboration ».
Mais pour eux, ce rythme effréné est devenu une norme : « Franchement, c’est devenu une routine ». Une routine faite de journées sans horaires fixes, de soirées à rallonge et d’un téléphone qui ne s’éteint jamais vraiment. « Se lever tôt pour avoir le plus de temps possible et rester jusqu’à 22 heures au travail, pour moi, c’est logique. Je n’ai pas d’horaires. Notre vie est rythmée comme ça. On a l’habitude d’être beaucoup demandé. C’est devenu naturel », explique-t-elle.
Vivre à cent à l’heure est un choix totalement assumé. « Parfois c’est fatigant mais j’ai l’impression que si on n’est pas fatigué, c’est qu’on n’a pas bien travaillé. » L’idée de s’arrêter ou ralentir n’est pas un train de vie adéquat pour Léane : « Me poser deux heures sur mon canapé, ça m’énerve. Si je n’avais pas une vie à cent à l’heure ça m’ennuierait. »
Ses journées, faites d'imprévus, ne se ressemblent jamais. « Nous n’avons pas de journée type. On se lève et on ne sait pas ce qui va se passer. On fait au jour le jour. On sait qu'on va avoir du travail, sans savoir par quoi on va commencer. On verra ce qu'il faut gérer sur le moment. »
Son message à celles qui voudraient se lancer dans l'esthétique et l'entrepreneuriat
Selon Léane, il y a plusieurs critères à prendre en compte pour se lancer dans l’esthétique et l’entrepreneuriat :
- être organisé,
- ne pas baisser les bras,
- s'écouter et se faire confiance.
« Au pire, vous ratez, mais au moins vous aurez appris pour la suite. Il nous est arrivé plusieurs fois d’échouer, mais c’est pour mieux se relever. Lorsqu’on se lance dans l’entrepreneuriat on ne peut pas tout savoir, c’est avec l'expérience qu'on se forge », conclut Léane Marts.