Protection solaire : les Français relâchent leur vigilance face au soleil

Alors que le nombre de cancers de la peau a plus que triplé en France entre 1990 et 2023, selon l’INCa, la protection solaire reste un enjeu majeur de santé publique. Si les bons réflexes semblent largement installés dans les situations les plus exposées (71 % des Français déclarent se protéger à la plage ou à la piscine), cette vigilance recule par rapport à 2024 : 29 % disent ne pas se protéger dans ces situations, contre 17 % il y a deux ans. Un signal d’alerte qui rappelle l’importance de poursuivre la sensibilisation, notamment auprès des jeunes, et de répondre aux idées reçues qui subsistent sur l’exposition solaire et les produits de protection.

Protection solaire : des habitudes bien installées mais une vigilance à renforcer

Les bons réflexes de protection solaire sont largement suivis par les Français, notamment dans les situations les plus exposées comme la plage ou la piscine : 7 Français sur 10 déclarent appliquer une protection solaire à cette occasion. Un réflexe bien ancré, mais en recul de 12 points par rapport à 2024.

La régularité d’application reste également un enjeu central. En cas d’exposition au soleil, seul 1 Français sur 4 déclare renouveler l’application toutes les 2 heures, conformément aux recommandations des autorités sanitaires.

Chez les parents, les gestes de protection demeurent bien installés : 84 % déclarent appliquer un produit solaire sur leur enfant. Mais là aussi, la vigilance semble s’éroder, avec un recul de 9 points par rapport à 2024. L’enjeu porte notamment sur la fréquence d’application : seuls 42 % des parents renouvellent l’application toutes les 2 heures, un chiffre en baisse de 17 points.

Moins de 25 ans : une vigilance à renforcer

Un point de vigilance particulier apparaît chez les jeunes, qui semblent davantage relativiser les risques liés à l’exposition solaire. Près d’1 jeune de moins de 25 ans sur 2 estime pouvoir se passer de crème solaire sans réel risque, contre 35 % de l’ensemble des Français. Ils sont également 4 sur 10 à déclarer ne pas appliquer de protection solaire à la plage ou à la piscine.

Pourquoi les Français se protègent moins ?

Parmi les principaux freins à l’usage d’une protection solaire, les Français citent d’abord des contraintes très concrètes :

Les interrogations autour des produits solaires restent également présentes, mais reculent par rapport au baromètre 2024, signe que les efforts d’information, de transparence et d’innovation engagés par le secteur commencent à porter leurs fruits :

Impact environnemental des produits solaires : des progrès reconnus par les consommateurs

Si encore 1 Français sur 2 cite l’impact environnemental perçu des crèmes solaires sur les mers et les océans comme un frein à leur utilisation, cette préoccupation est en baisse par rapport au précédent baromètre. Les efforts engagés par les fabricants sont d’ailleurs reconnus : 79 % des consommateurs estiment que les crèmes solaires ont progressé sur le plan environnemental, soit une augmentation de 5 points par rapport à 2024.

L’enjeu est désormais de rendre ces avancées plus claires et plus facilement identifiables pour les consommateurs, pour aider chacun à faire des choix éclairés. 85 % des consommateurs déclarent ne pas savoir identifier clairement les produits respectueux de l’environnement, et 39 % souhaitent mieux comprendre les bénéfices associés à certains labels.

Mieux informer sur l’impact environnemental des produits solaires apparaît donc essentiel, alors que près d’1 Français sur 3 dit avoir déjà renoncé à se protéger pour cette raison, un chiffre qui atteint 50 % chez les moins de 25 ans.

Le point sur les idées reçues sur la crème solaire 

Erwan Poivet, conseiller scientifique de la FEBEA, démêle le vrai du faux sur la protection solaire.

52 % des Français craignent un impact sur la santé de certains ingrédients contenus dans les crèmes solaires.

Les produits solaires sont strictement encadrés en Europe et évalués par des experts indépendants avant leur mise sur le marché. Leur sécurité est régulièrement contrôlée par les autorités sanitaires nationales et européennes (DGCCRF, CSSC).

La sécurité des produits cosmétiques, dont les solaires est systématiquement évaluée par des toxicologues. Ils doivent impérativement être déclarés sûrs pour pouvoir être commercialisés en Europe.

Les filtres UV sont également encadrés par la Commission européenne qui impose une évaluation par un organisme indépendant qui vérifie régulièrement de manière approfondie leur efficacité et leur innocuité.

46 % des Français estiment que peu importe la quantité de crème solaire, le niveau de protection est le même.

Une application insuffisante réduit fortement la protection. Pour être efficace, une crème solaire doit être appliquée généreusement et renouvelée toutes les deux heures.

Ces produits ne remplacent pas un produit de protection solaire pour une exposition prolongée. Ils sont souvent appliqués en quantité insuffisante et sont rarement renouvelés. En revanche, ils peuvent constituer une protection adaptée pour les expositions du quotidien, comme les trajets ou les activités de la vie courante.

21 % des Français pensent que les crèmes solaires empêchent de bronzer.

La protection solaire n’empêche pas de bronzer. Les filtres solaires réduisent la quantité d’UV qui atteignent la peau, mais ne les bloquent pas à 100 %. Une partie des UVB passe encore et stimule la production de mélanine, responsable du bronzage. Plus l’indice est élevé, plus le bronzage sera progressif et la peau protégée des coups de soleil et des dommages (cancers, vieillissement prématuré, taches, etc.).

Selon 48 % des Français, les crèmes solaires protègent contre tous les rayons UV.

Les protections solaires doivent filtrer à la fois les UVB, responsables des coups de soleil, et les UVA, qui pénètrent plus profondément dans la peau.

En revanche, cette protection n’est jamais totale : elle dépend de l’indice SPF, de la quantité appliquée et diminue au fil du temps, avec la baignade, la transpiration ou les frottements. C’est pourquoi il faut éviter les heures les plus exposées et rester vigilant à la régularité d’application.

72 % des Français pensent que les produits solaires sont une source de pollution des océans.

La fragilisation des coraux est avant tout liée aux effets du réchauffement climatique. Selon le GIEC (groupe d’experts intergouvernemental sur le climat), une hausse des températures de + 1,5 °C à + 2 °C pourrait entraîner la disparition de 70 à 99 % des récifs coralliens.

L’augmentation de la température de l’eau et son acidification, largement documentées par les études scientifiques, en sont les principales causes. Et ce ne sont donc pas les filtres solaires qui sont mis en cause de façon avérée. Ceci précisé, le secteur cosmétique s’engage et innove pour concevoir des formules biodégradables, des formules qui résistent à l’eau et surtout pour limiter l’empreinte carbone.

Selon 53 % des usagers, le prix des crèmes solaire est un frein à leur utilisation.

Il existe des protections solaires adaptées à tous les budgets. Les prix peuvent varier selon les formats (individuel, familial) et les galéniques (crème, spray, lait, stick…), mais chacun peut trouver un produit qui correspond à ses besoins.

L’essentiel est de choisir une protection que l’on applique suffisamment et régulièrement.

Face aux UV, le vrai danger, c’est de ne pas se protéger.