Les Nouvelles Esthétiques : du journal au média leader sur le marché de l’esthétique professionnelle et du bien-être

Michèle a orchestré pendant plus de deux décennies les plus grands Congrès Internationaux Esthétique & Spa, rassemblant jusqu’à 20 000 participants au Palais des Congrès de Paris, puis à la Porte de Versailles, en plus de la sortie mensuelle des Nouvelles Esthétiques.

En 2011, elle transmet le flambeau à sa fille Laure Jeandemange, actuelle rédactrice en chef, perpétuant ainsi une dynastie éditoriale unique dans le monde de l’esthétique.

Témoin privilégiée de plus de 70 ans d’évolution du secteur, Michèle de Lattre continue d’accompagner sa fille avec optimisme et passion, portant haut les valeurs de son père : “Apprendre ou mourir”.

Les Nouvelles Esthétiques, c'est trois générations au service du métier

Vous êtes la fille d’Humbert Pierantoni, fondateur du magazine en 1952, et la mère de Laure Jeandemange, actuelle rédactrice en chef. Comment avez-vous vécu cette transmission familiale ?

J’ai parfaitement bien vécu les deux transmissions familiales :

La première en 1999, lorsque mon père, Humbert Pierantoni, nous a quittés. Étant donné qu’il m’avait formée pendant trente ans, je me sentais capable de continuer dans son sillage d’autant plus que ma mère Jeannine Pierantoni travaillait à mes côtés. Et, entre 1999 et 2011, Les Nouvelles Esthétiques marchaient très bien et nous avons organisé de splendides Congrès, des Congrès “mammouth” qui réunissaient 20 000 participants au Palais des Congrès de Paris jusqu’en 2003, puis au Parc des Expositions Porte de Versailles.

La deuxième, en 2011, lorsque ma fille, Laure Jeandemange, a rejoint la société familiale et en a rapidement repris toute la direction – à mon grand soulagement – car je ne pouvais pas ignorer Internet et les réseaux sociaux, et ce n’était pas ma culture.

Faire perdurer une vision du métier d'esthéticienne

Quels sont vos souvenirs les plus marquants de votre père au travail ? Quelle était sa vision du métier d’esthéticienne en 1952 ?

Mon père au travail, c’était un Dieu. Quand je le voyais à la tribune du Congrès, mon corps avait du mal à contenir ma fierté. Il était incroyable : un charme fou, une culture phénoménale. Toutes les esthéticiennes étaient un peu amoureuses de lui !

Sa vision de l’Esthétique était claire : en faire une très grande profession. Et il serait bien fier, aujourd’hui, de voir tous les progrès réalisés. L’Esthétique est une très grande profession !

L’évolution sur plusieurs décennies dans le secteur de l'esthétique

Vous avez observé l’évolution du secteur spa et esthétique sur plusieurs décennies. Quelle est LA transformation la plus profonde que vous ayez constatée ?

Depuis 1952, date de la création des Nouvelles Esthétiques, la transformation la plus profonde que j’ai constatée : c’est la reconnaissance de l’Esthétique. Ce n’est pas un métier futile, c’est un métier utile !

Quelle évolution depuis les nettoyages de peau basiques. Quel chemin parcouru !

Le rôle de rédactrice aux Nouvelles Esthétiques

Quelle est la différence entre votre rôle de rédactrice et celui de Laure en tant que rédactrice en chef ?

La différence entre le rôle de rédactrice en chef de Laure et mon rôle de rédactrice est que je suis bien contente de suivre Laure dans toutes ses décisions concernant la rédaction de nos deux magazines : Les Nouvelles Esthétiques et Spa de Beauté. Et - cadeau - nous sommes toujours d’accord.

Il y a une phrase qui dit : “Seul le bébé mouillé aime le changement”. Et moi aussi j’aime le changement, surtout quand c’est une idée de Laure !

La légitimité des esthéticiennes, le combat d’une vie

Il vous arrive régulièrement d’évoquer la légitimité des esthéticiennes et la place de la femme dans le business. C’est un combat que votre père a porté dès 1952. Où en sommes-nous aujourd’hui ?

H. Pierantoni serait vraiment heureux de constater qu’en grande partie, grâce à lui (au journal et aux Congrès), les esthéticiennes ont enfin la reconnaissance qu’elles méritent.

Il n’est pas rare de rencontrer des esthéticiennes qui collaborent avec des médecins et des chirurgiens esthétiques, dans des hôpitaux, qui ont des instituts somptueux, qui travaillent dans les plus beaux spas, qui organisent des formations, qui créent de nouvelles marques de cosmétique, qui sont des cheffes d’entreprise accomplies…

Mère et fille au travail, richesse et défis aux Nouvelles Esthétiques 

Travailler avec sa fille au quotidien, est-ce plus facile ou plus compliqué qu’avec une collaboratrice “classique” ?

Toute ma vie, j’ai travaillé avec mon père et ma mère. Alors, je suis habituée à travailler en famille. Et maintenant, je suis avec ma sœur Isabelle et ma fille. C’est que du bonheur !

L’esthéticienne de demain, vision générationnelle

Laure parle souvent de “l’institut de demain”. Vous qui avez vu tant d’évolutions, comment imaginez-vous l’esthéticienne de 2030 ? Quelles compétences pensez-vous qu’elle devra absolument maîtriser ?

L’esthéticienne de demain, ce sera “le couteau suisse 2.0” : elle s’occupera de la peau, du corps, du moral, du stress de ses clientes…, elle s’occupera aussi des hommes et des enfants, elle fera des soins manuels associés à de la technologie hyper performante…, elle dirigera aussi son institut ou son spa et sera une vraie cheffe d’entreprise avec une montagne de responsabilités…

La compétence principale à développer est la gestion d’entreprise qui n’est pas enseignée et qui est indispensable pour mener son entreprise vers le succès.

Les Congrès des Nouvelles Esthétiques à travers les décennies

Le Congrès existe depuis 1957. Quel est votre souvenir le plus marquant de tous ces Congrès ?

Le souvenir le plus marquant de tous les Congrès, c’est le souvenir de mon père – ce héros – incroyable à la tribune de ces Congrès absolument merveilleux au Palais des Congrès de Versailles. C’était immense et en même temps familial et amical. C’est lui qui a créé le concours des Olympiades du Maquillage, elles déchaînaient les passions, il y avait une ambiance folle.

Transmettre sans imposer

Comment avez-vous réussi à transmettre les valeurs de votre père à Laure sans lui imposer un poids trop lourd ?

J’ai parfois un peu peur d’avoir donné un cadeau empoisonné à Laure, parce que c’est une affaire lourde à gérer : deux magazines mensuels, un immense Congrès de 20 000 participants et 300 exposants, des événements en province, et tout le travail sur Internet et les réseaux sociaux…

Alors, je suis à ses côtés tout le temps pour la soutenir quand il y a un souci. Je suis hyper optimiste. Ma phrase, c’est “Saute, et le filet apparaîtra !”. Donc, tout va bien, les problèmes font partie du jeu. On va les résoudre.

Message aux esthéticiennes

Si vous deviez adresser un message aux esthéticiennes qui nous lisent aujourd’hui, lequel serait-ce ?

Je trouve que les esthéticiennes font le plus merveilleux métier du monde, c’est un métier qui évolue sans arrêt. H. Pierantoni disait “Apprendre ou mourir”. Les esthéticiennes ont fait un formidable chemin grâce à la formation continue. Et j’espère que ça va durer toujours.

Que voudriez-vous qu’elles retiennent de plus de 70 ans d’engagement de votre famille au service de leur profession ?

Les esthéticiennes doivent retenir que nous sommes depuis toujours à leurs côtés, notre objectif n’a jamais changé : valoriser l’esthétique et l’esthéticienne.

Les femmes entrepreneures

Vous êtes une femme dans un secteur très féminin, à la tête d’une entreprise familiale depuis des décennies. Quel a été votre plus grand défi en tant que femme chef d’entreprise ?

Mon plus grand défi en tant que femme cheffe d’entreprise a été, en 1999, quand mon père est décédé, d’oser vouloir continuer ce qu’il avait commencé.

Le secret de la longévité

Plus de 70 ans d’existence pour Les Nouvelles Esthétiques, c’est exceptionnel dans le monde de la presse. Quel est selon vous le secret de cette longévité ?

Le secret de la longévité des Nouvelles Esthétiques, c’est d’accepter de se remettre constamment en question, de suivre les tendances, et de ne pas avoir eu peur des changements. C’est ainsi que nous avons pu traverser les décennies.