Comment atteindre 5 000 € de CA par mois en esthétique à domicile ?

Pour mettre les choses en perspective : un institut de beauté géré par une indépendante seule, sans salariée, génère en moyenne entre 50 000 € et 75 000 € de CA annuel (certains atteignant 100 000 €). Soit environ 4 200 € à 6 250 € par mois. Avec un local, des charges fixes colossales, et une visibilité permanente. Alors, une esthéticienne à domicile qui viserait les 5 000 € par mois (soit 60 000 €/an), c’est déjà se hisser au niveau d’un institut moyen. Ambitieux ? Absolument. Impossible ? Peut-être pas autant que ça.

Car voici le secret mal gardé : les instituts qui plafonnent souffrent exactement des mêmes maux que les esthéticiennes à domicile sous-payées : absence de stratégie commerciale, tarification timide, dispersion des prestations, modèle “temps contre argent” non optimisé. Le lieu (fixe ou mobile) n’est pas le problème. C’est le modèle économique qui doit être repensé.

Alors, utopie ou feuille de route ? Voyons cela ensemble.

Le diagnostic sans filtre

Avant de rêver aux 5 000 €, comprenons pourquoi la majorité des esthéticiennes à domicile survivent plutôt qu’elles ne prospèrent. Et non, ce n’est pas une question de compétence technique. Vous maîtrisez parfaitement votre épilation brésilienne et votre modelage kobido. Le problème est ailleurs.

Esthéticienne à domicile : le syndrome du “je fais tout pour tout le monde” 

Épilation, manucure, soin visage, extension de cils, maquillage, massage… Vous êtes devenue le couteau suisse de la beauté.

Résultat ? Vous passez votre vie dans les embouteillages avec un coffre de voiture qui ressemble à un capharnaüm de lampes UV et de cires tièdes. Pendant ce temps, votre planning est aussi cohérent qu’un Tetris joué par un chat.

La guerre des prix version domicile

“À domicile, les clientes veulent payer moins cher.”

Qui a lancé cette rumeur ?

C’est probablement historique. L’esthétique à domicile existe de manière informelle depuis les années 1970-1980, mais s’est structurée véritablement dans les années 1990 avec la professionnalisation du secteur. Ainsi, au départ, le domicile a été lancé sur cette idée : “Je n’ai pas de charges d’exploitation, donc je peux me permettre de baisser mes tarifs”. Cela pouvait être vrai à cette époque, mais de nos jours, même si l’investissement de départ et les charges restent plus légers, il faut tenir compte de réalités nouvelles : les temps de déplacement sont des temps incompressibles non facturables, l’augmentation du coût de l’essence, des assurances, etc. Sans oublier la difficulté à réaliser des soins “mains libres”, ce facteur démultiplicateur qu’un institut exploite naturellement mais dont l’esthéticienne à domicile ne peut profiter.

Comme on pense qu’un foodtruck doit être moins cher qu’un restaurant sous prétexte qu’il n’a pas de salle, on estime que les prix doivent être au rabais. 

Alors qu’en fait, vous offrez un soin à domicile aussi précieux que de louer les services d’un chef cuisinier pour une fête en petit comité. Je vous le dis : c’est faux. Mais tant que vous continuez à proposer un soin visage à 45 €, vous transformez votre métier en sprint perpétuel sous-payé.

Le modèle “temps contre argent” poussé à l’extrême