Cosmétiques : un texte voté par le Parlement européen assouplit la vente de produits de beauté toxiques
Ce mercredi 29 avril 2026, les cosmétiques étaient au cœur des débats au Parlement européen. L’institution a finalement approuvé le projet d’assouplissement de la régulation des produits chimiques qui fait partie d’une série de mesures adoptées par l’Union Européenne ces derniers mois. Ce texte dit « omnibus », proposé par la Commission européenne, vise à « simplifier » la vie des entreprises.
En somme, ce texte permet aux entreprises d’avoir plus de temps pour retirer de la vente les produits contenant des substances CMR (cancérogènes, mutagènes ou toxiques).
Ces substances sont réparties en trois catégories :
- 1A (effets avérés),
- 1B (effets présumés),
- 2 (effets suspectés).
Cette liste est régulièrement réévaluée par l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA). Elle se charge d’étudier la dangerosité d’une substance pour ensuite lui permettre d’être classée par la commission.
Deux ans et demi contre 18 mois pour revoir la composition des cométiques
Avant ce vote, les entreprises disposaient de 18 mois pour retravailler la composition de leur produit et ainsi retirer ces substances. Auquel cas, elles pourront poursuivre la commercialisation de leur produit. Le texte, revu en commission parlementaire mi-avril, allonge les délais. Les fabricants possèdent désormais environ deux ans et demi pour engendrer ce processus, si aucune demande de dérogation n’est envoyée à l’entreprise.
Pour certains fabricants et par une dérogation seulement, un délai supplémentaire de six ans pourra être accordé. A savoir qu’il existe différentes dérogations avec diverses modalités selon le niveau de danger de la substance utilisée.
Une autre disposition visait à autoriser la présence de substances cancérogènes par voie orale ou par inhalation lorsqu'elles sont utilisées dans des produits pour seule application cutanée. Elle a été abandonnée en raison de l'opposition des eurodéputés.
Un vote qui ne fait pas l’unanimité
Les délais pour maintenir sur le marché des produits contenant des substances nouvellement classifiées CMR sont « totalement inacceptables », juge l’ONG Générations futures, d’autant plus que le classement d’une substance comme CMR par l’UE prend déjà des années. Pour l’eurodéputé français Pascal Canfin (Renew, centre), qui a combattu ce projet, « l’argument économique ne devrait pas dominer à partir du moment où on parle de la santé des Européens ».