Dermatite atopique : comment l’identifier et accompagner votre cliente en institut de beauté ?
En tant que professionnelle de l’esthétique, vous avez un rôle à jouer pour accompagner votre cliente avec des soins apaisants et hydratants, et des conseils éclairés qui vont l’aider à mieux vivre avec cette pathologie.
Souvent liée à des antécédents familiaux, la dermatite atopique commence dans la plupart des cas dès la petite enfance. On estime que 5 % des adultes en France sont sujets à cette pathologie cutanée et qu’elle représente l’une des premières causes de consultation en dermatologie.
En trente ans, le nombre de cas de dermatite atopique a doublé, voire triplé, dans les pays occidentaux. Mais de récentes découvertes scientifiques ont permis de progresser dans la compréhension de la maladie et de modifier le schéma thérapeutique. Le tout est de bien l’identifier pour mieux la traiter.
Quelles sont les caractéristiques et l'évolution de la dermatite atopique ?
Bénigne et non contagieuse, la dermatite atopique est une maladie chronique inflammatoire de la peau qui se caractérise par une extrême sécheresse cutanée et des plaques rouges souvent couvertes de petites vésicules provoquant des démangeaisons intenses.
Elle évolue par poussées d’eczéma qui peuvent impacter la vie et le bien-être des personnes qui en sont atteintes. La peau, plus perméable, ne remplit plus son rôle de barrière face aux agressions extérieures et laisse pénétrer les allergènes (acariens, poils d’animaux, pollens…) et certaines bactéries qui entraînent des réactions inflammatoires.
La dermatite atopique apparaît le plus souvent dans les plis des coudes et des genoux ainsi que sur les mains et le visage (autour de la bouche, des paupières, derrière les oreilles).
Chez le nourrisson, cela débute le plus souvent avec l’apparition de plaques rouges très localisées sur les joues, sur les mains, puis plus tard aux zones de flexion des coudes et genoux. La maladie évolue par poussées et peut être responsable de plusieurs maux, notamment d’insomnie répétée.
On constate que plus de 50 % des sujets ayant eu des parents souffrant de dermatite atopique sont eux-mêmes touchés par ce problème de peau.
La prévention ?
À ce jour, aucun moyen de prévention n’a été trouvé pour éviter de souffrir de dermatite atopique mais il a été observé que les personnes qui hydratent régulièrement leur peau ont moins souvent des poussées d’eczéma, car une peau saine et hydratée est plus à même de se défendre face aux allergènes.
Comment accompagner votre cliente en institut de beauté ?
En tant qu’esthéticienne, vous avez un rôle essentiel à jouer et pouvez prodiguer des soins à votre cliente atteinte de dermatite atopique, mais toujours avec prudence. Si cette maladie nécessite un suivi médical, vous pouvez néanmoins offrir un véritable apaisement à votre cliente.
À privilégier
- Tout d’abord, veillez à utiliser des soins très doux, sans parfum ni alcool et qui sont hypoallergéniques.
- Favorisez l’hydratation intense avec des émollients réparateurs et veillez à recourir à des produits destinés spécifiquement aux peaux atopiques ou ultra-sensibles.
- Prenez soin de faire des gestes légers, sans frottement, et employez de l’eau tiède en évitant l’eau chaude.
- En cabine, privilégiez les soins apaisants avec, à la clé, l’application d’un baume réparateur qui aura pour effet de diminuer les sensations d’échauffement, de calmer les tiraillements et de réduire l’inconfort cutané.
- Sachez que certaines lumières Leds, rouges ou infrarouges, peuvent aider aussi à calmer une inflammation légère.
- Pensez à effectuer toujours un test de tolérance avant de débuter votre prestation, afin d’être certaine de choisir les bons produits et les bonnes techniques, tout en vous rappelant qu’il ne faut jamais travailler sur une peau suintante, infectée ou très inflammatoire.
À éviter
- En général, les gommages, les peelings, tout comme les appareils chauffants agressifs, sont à proscrire.
- De même, les produits parfumés ou riches en huiles essentielles sont fortement déconseillés.
- Enfin, vous devez refuser l’épilation sur une zone inflammée, de même que les traitements un peu abrasifs pendant une poussée.
Conseillez une routine à respecter à vos clientes en institut de beauté
Face à une cliente atteinte de dermatite atopique, soyez très précise quant à la routine à lui conseiller à la maison pour prendre soin de sa peau. Expliquez-lui qu’elle peut soulager et prévenir l’eczéma grâce à des gestes d’hygiène simples mais qui sont à pratiquer au quotidien.
- Il est important tout d’abord de ne pas prendre des douches trop chaudes car elles sont susceptibles d’accentuer l’état de sécheresse de l’épiderme.
- Recommandez-lui aussi d’utiliser un produit d’hygiène de très haute tolérance, tel qu’un pain surgras relipidant qui aura pour effet de renforcer la barrière cutanée. À l’inverse, les savons ordinaires et parfumés, tout comme les bains moussants et sels de bain, sont à bannir pour leurs effets irritants.
- Rappelez aussi à votre cliente qu’elle doit penser à sécher sa peau minutieusement par tamponnements (et non par frottements) avec une serviette en coton.
- Vous pouvez aussi lui conseiller d’appliquer une à deux fois par jour un émollient (ou une crème hydratante) qui permettra de redonner de la souplesse à la peau tout en favorisant la reconstruction de la barrière cutanée. Inutile d’utiliser de grosses quantités mais il faut toujours appliquer le produit en massant très légèrement. Précisez que l’émollient ne s’applique pas sur des lésions actives car celui-ci ne sera pas bien toléré.
- Enfin, si vous constatez que votre cliente souffre de plaques importantes, suintements ou douleurs, n’hésitez pas à lui demander si elle est bien suivie et, le cas échéant, de l’orienter vers un dermatologue. Les plaques doivent être traitées séparément avec un produit approprié, le plus souvent prescrit sur ordonnance, comme les dermocorticoïdes notamment.
Parallèlement à une routine de soins bien adaptée, vous pouvez également préciser à votre cliente d’éviter les allergènes susceptibles d’induire une réaction inflammatoire aiguë. Les pollens et poils d’animaux par exemple, mais aussi l’exposition au tabac, sont autant d’agents irritants qui peuvent aggraver la situation.
Enfin, on sait que les vêtements en coton sont plus adaptés aux peaux réactives et qu’il faut éviter la laine et les synthétiques.
Ainsi, lorsque vous êtes face à une cliente atteinte de dermatite atopique, après avoir déterminé le niveau de sécheresse de sa peau, votre rôle est de trouver le produit hydratant idéal, la bonne technique et les gestes essentiels qui lui feront le plus de bien. Votre cliente, sensible à vos soins et à votre professionnalisme, reviendra régulièrement dans votre institut, en confiance et certaine d’être entre de bonnes mains !