L’hypnose au service de l’amincissement, bientôt en institut ?
Le secteur esthétique pèse plusieurs milliards d’euros et reste dynamique. Selon l’étude Xerfi Specific de décembre 2024, un tiers du chiffre d’affaires des instituts est représenté par les soins corps, les soins technologiques et la vente de produits cosmétiques, dont une grande part porte sur l’amincissement.
Parallèlement, le marché des compléments se renforce (près de 2,8 Md€ en 2023 – 2024), mais la demande pour les produits «miracles» diminue au profit d’approches holistiques et d’accompagnements long terme, représentant une opportunité pour les instituts d’élargir leur offre vers des solutions fondées et encadrées.
Dans les instituts, les esthéticiennes entendent souvent les mêmes confidences en cabine :
«Je sais très bien quoi manger, mais je grignote quand même», «Le soir, je ne peux pas m’empêcher d’ouvrir les placards», «Après une journée stressante, je mange sans faim».
Les régimes successifs deviennent alors des «réussites dans l’échec» : perte de poids, puis effet yoyo avec reprise des intérêts qui apporte son lot de culpabilité et encore plus de sévérité, jusqu’à entrer dans un cercle vicieux. L’hypnose s’inscrit précisément à cet endroit : elle aide à stopper les effets yoyo, à réduire, voire faire disparaître certains grignotages, et à modifier les comportements alimentaires en profondeur, en réhabilitant les compétences internes de la cliente, comme la reconnaissance de la faim et de la satiété.
L’hypnose, un état naturel au service de la minceur en institut
Contrairement aux représentations populaires, l’hypnose ne provoque ni perte de contrôle, ni «sommeil profond». Il s’agit d’un état de conscience modifié, comparable à l’absorption totale que l’on peut ressentir en regardant un film ou en observant un paysage qui défile. L’attention se tourne davantage vers l’intérieur. La cliente demeure consciente, capable d’entendre et de répondre, mais est plus réceptive à ses sensations et à ses propres représentations.
Dans le cadre d’une séance d’hypnose, cet état est provoqué en douceur par le biais d’une induction douce qui permet à l’inconscient d’être sollicité plus facilement.
Chacun a déjà fait l’expérience de ce type de dissociation au quotidien, par exemple en conduisant sur un trajet habituel où l’esprit s’évade pendant que le corps suit automatiquement le chemin. L’hypnose utilise cette capacité naturelle pour travailler sur les automatismes alimentaires, l’estime corporelle ou la gestion émotionnelle. Appliquée à l’amincissement, elle ne constitue pas une méthode «miracle» et ne se substitue pas à un suivi médical ou nutritionnel lorsque celui-ci est nécessaire. Son intérêt se situe ailleurs : elle favorise la réémergence de compétences internes souvent mises en sommeil par des années de contrôle et de jugement de soi. Retrouver le signal de la faim, reconnaître la satiété, réapprendre le plaisir sans surconsommation, se parler avec davantage de bienveillance : autant de leviers qui soutiennent une perte de poids durable. Mincir de plaisir devient alors une clé.
L’hypnose permet aussi d’aborder la charge émotionnelle et symbolique que peut porter le corps à travers la surcharge pondérale. Beaucoup de clientes racontent que les kilos se sont installés comme une protection, un rempart ou une réponse à des expériences difficiles, qu’elles soient familiales, scolaires ou affectives. L’hypnose n’a pas vocation à «faire obéir» le corps, elle vise à restaurer un dialogue avec cette histoire corporelle, à dénouer les tensions et à réduire les comportements alimentaires dictés par l’émotion, plutôt que par les besoins physiologiques. Par ailleurs, c’est une technique à la portée de tous : selon les données scientifiques, 97 % de la population peut être hypnotisée, une personne sur sept en France a déjà eu recours à l’hypnose, et 80 % de la population reconnaît l’efficacité des médecines douces, dont l’hypnose est l’une des plus reconnues.