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N°725 Mai 2019

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L'esthétique à domicile : vrai créneau ou miroir aux alouettes ?

Par Isabelle Benmansour , Esthéticienne à domicile de Créatrice du site www.estheticienneadomicile.net
N°673 Septembre 2014
Beaucoup d’esthéticiennes n’hésitent pas à se lancer dans l’aventure du domicile. Mais qu’en est-il de la réalité du métier en passant par l'achat du matériel et le choix du statut pour bien débuter et devenir esthéticienne à domicile.

Communication présentée au 44ème Congrès International d'Esthétique Appliquée (mars 2014, à Paris) par Françoise PERIER,
et Isabelle BENMANSOUR.

esthetique à domicile, statut, s'installer à domicile

Françoise Perier

Isabelle Benmansour est une professionnelle de l'esthétique avec une solide expérience du management, de la vente et du marketing. En matière de création d'entreprise, elle a décidé de mettre son vécu au service des esthéticiennes qui souhaitent se lancer dans l'aventure du travail à domicile.

Souhaitant fédérer cette activité et ce secteur en plein développement, elle a créé deux blogs : un pour la clientèle des esthéticiennes, l'autre, pour les esthéticienne elles-mêmes. Elle a trouvé sa voie avec le blog pro où elle se positionne en relation d'aide, coaching, conseil en formation, organisation, communication et animation.
Son blog en mode interactif fait référence

Mobile géographiquement et professionnellement, Isabelle Benmansour parle le langage du vécu car, quand elle s'est lancée dans ce créneau, elle a pu en mesurer toutes les difficultés : pas assez d'écoles de formation à l'esthétique à domicile, des propositions de gammes de produits pas toujours adaptées au domicile.

BTS d'Esthétique en poche, elle s'est néanmoins «faite sur le terrain», et son verdict est sans appel : l'esthétique à domicile, c'est un vrai créneau qui ne supporte pas l'amateurisme. Beaucoup d'appelées mais aussi peu d'élues.

  • Son crédo : le domicile, impensable autrefois, aujourd'hui une réalité et un «luxe» qui tend à se structurer.
  • Sa mission : accompagner des professionnelles dans leur démarche.
  • Son ambition : savoir donner à cette nouvelle profession sa vraie identité, car le concept même de domicile tend à être réducteur.
  • Son challenge : faire reconnaître le soin à domicile comme un soin à part entière. Atteindre le même degré d'exigence
  • pour l'esthétique à domicile que pour l'esthétique en institut.
  • Sa réflexion : quelles dimensions ou matières faudrait-il intégrer pour que les formations et les produits soient plus en adéquation avec ce créneau en pleine expansion ?

DÉFINITION DE L'ESTHÉTIQUE À DOMICILE

Isabelle Benmansour

L'esthétique à domicile est :

  • une nouvelle réalité sociale,
  • un nouveau besoin,
  • un nouveau marché,
  • une vraie carrière.

Formatée pour travailler en cabine dans un institut, un spa, une parfumerie..., l'esthéticienne à domicile doit mettre en adéquation son savoir-faire et son savoir-être. Travaillant dans des milieux différents, elle devra s'adapter à une clientèle différente et à des milieux sociaux variés.

esthetique a domicile :
UNE CARRIÈRE QUI SE CONSTRUIT

La réflexion

  • Est-ce que vous êtes faite pour ce métier ?
  • Quelles sont vos formations, reconversion, spécialisation ?
  • Dépassez vos peurs (celle de se lancer en terrain inconnu, s'il s'agit d'un premier emploi ou d'une nouvelle activité).
  • Construisez un plan d'attaque.

Le passage à l'acte

  • Comment vous lancer ? Par où commencer ?
  • Comment vous installer ? Avec quel statut : entreprise, auto-entrepreneur, portage ? Quelle rémunération ?
  • Comment choisir votre emplacement ?
  • Comment l'aménager ? Comment vous organiser ?
  • Comment choisir votre clientèle (jeune, en bonne forme, âgée, malade, retraitée ou active...) ?
  • Comment trouver une marque adaptée aux soins à domidomicile et vendue exclusivement par des professionnels ?

La réalisation

  • Trouvez des clientes (stratégie, lieux).
  • Fidélisez votre clientèle.
  • Vendez vos prestations.
  • Vendez vos produits (problématique de la pratique à domicile).
  • Augmentez votre chiffre d'affaires.

Pensez-vous que ce secteur qui semble prometteur va répondre à vos attentes ? Miroir aux alouettes ou réel créneau ?

UN RÉEL CRÉNEAU OÙ L'IMPROVISATION N'A PAS DE PLACE

Françoise Perier
En clair, cette nouvelle forme de travail est-elle une nouvelle opportunité ou correspond-elle à une consommation de crise ? Pourtant, il semblerait que l'esthétique à domicile pourrait se positionner sur un vrai créneau luxe.

Isabelle Benmansour
Si c'était à refaire, je le referais. Mais j'aurais aimé être formée, guidée et accompagnée. Et pourquoi ne pas travailler en tandem ? Massage à quatre mains ou en couple, cela peut aussi se pratiquer à domicile.

ESTHETICIENNE A DOMICILE :
QUEL MATÉRIEL POUR DÉBUTER ?

L'investissement de départ à prévoir sera fonction des prestations que vous allez proposer et du type de clientèle que vous allez cibler.

Il n'y a pas de bon artisan sans bons outils. Et vous êtes, avant tout, des artisanes, ne l'oubliez pas. Vous devez choisir vos outils de travail avec soin. Mais comment choisir votre matériel sans vous tromper ?

On trouve de tout et n'importe quoi. Et, plus l'investissement est gros, plus il est difficile de choisir votre matériel correctement.

Pour ma part, j'ai d'abord listé le matériel dont j'avais vraiment besoin pour commencer :

  • la table de soin pliante,
  • le Vapozone et la haute fréquence que j'utilise pour mes soins,
  • une mallette pour transporter les produits, etc.,
  • différents sacs pour ranger et s'organiser,
  • une lampe UV et une ponceuse pour les faux ongles,
  • un appareil pour l'épilation.

Puis, j'ai déterminé comment j'allais choisir mon matériel en fonction de trois critères et comme d'habitude, j'ai fait un tableau. Ça me simplifie beaucoup la vie.

Critère n° 1 : le prix

C'est ce qui a été déterminant pour moi, car j'avais un budget serré. Si ce n'est pas votre cas et que vous pouvez vous permettre des fantaisies, c'est génial pour vous, mais pour les autres, le prix est déterminant, mais pas au détriment de la qualité. Attention, je rappelle que les bons outils font les bons artisans.

Critère n° 2 : la qualité

Le gros souci quand on n'a pas d'argent, c'est de trouver quelque chose de qualitatif à moindre coût.

Il faut chercher longtemps, partout, éplucher les publicités dans Les Nouvelles Esthétiques, faire 50 magasins, surfer, comparer et attendre les promos...

Si comme moi, votre projet est pensé un an avant son lancement, vous avez le temps de noter les sociétés dans votre tableau avec le prix et d'aller voir de temps en temps s'il n'y a pas de promos et de soldes sur le matériel qui vous plait.

Voyez-le de la même façon que lorsque vous faites les soldes pour vos vêtements. Vous faites un repérage avant, et bien là, c'est pareil.

En revanche, si vous n'avez pas le temps, et un budget serré quand même, vous pouvez envisager votre investissement de deux manières :

  • Soit, vous prenez de la haute qualité en y mettant le prix et vous sacrifiez autre chose : la ponceuse par exemple, car vous pouvez travailler avec la lime aussi, ou encore la haute fréquence, si vous êtes dans mon cas... Bref, vous avez compris, vous devrez faire des choix.
  • Soit, vous prenez tout, en qualité moindre, mais en bon état de fonctionnement. Quelquefois, les prix sont plus bas, car le matériel est moins robuste, mais pas forcément moins efficace. Il s'usera plus vite, c'est tout. Vous devrez alors envisager de renouveler plus vite votre matériel.

Ensuite, il existe des astuces comme d'avoir le matériel pour les faux ongles offert par l'organisme de formation. C'est ce que Beauty Nails fait et c'est aussi pour cela que je les ai choisis en dehors du fait qu'ils ont une super formation !

Critère n° 3 : la renommée

Cela revient un peu à la même chose que la qualité en dehors du fait que ce sont les autres qui en parlent et non le vendeur.
Amazon est un bon site pour cela. Je regarde toujours les notes et commentaires avant d'acheter et je me renseigne aussi sur le net en tapant «avis + le nom de la marque + nom de matériel».

Exemple : «avis appareil épilation jean marin» dans le moteur de recherche quand il s'agit d'un matériel acheté en magasin.
Sur Ebay, il y a aussi pas mal de fournisseurs pour les pros. Il faut faire attention à la provenance du matériel. Il y a beaucoup de choses qui viennent de Chine et ils n'ont pas les mêmes normes que nous. De plus, prenez garde à ce que la boutique ne disparaisse pas du jour au lendemain, sinon il sera difficile de faire jouer la garantie.

L'investissement ne se limite pas au matériel. Vous devrez prendre aussi en compte la publicité, le fonds de roulement entre autres.

ESTHETICIENNE A DOMICILE :
QUEL EST LE MEILLEUR STATUT ?

Il n'y a pas de meilleur statut de façon générale. Il faut choisir le statut qui correspond le mieux à votre situation actuelle. Sont à prendre en compte :

  • les revenus actuels de votre loyer,
  • les biens que vous avez à protéger,
  • le risque financier.

L'auto-entreprise est la manière de se déclarer la moins risquée mais ce n'est pas toujours la manière la plus rentable de s'installer pour certaines. L'étude se fait au cas par cas.

Face à la nouvelle qui est tombée : Mme Pinel, ministre de l'Artisanat, du Commerce et du Tourisme, va soumettre un projet de loi qui devrait limiter à deux ans l'auto-entreprise, pour les activités principales et à 15 000 € de C.A. pour les activités secondaires, voici un point sur le choix du statut juridique.

En effet, nombre d'entre vous vont s'orienter vers l'auto-entreprise pour la facilité de sa création, ainsi que pour la légèreté du paiement et de la déclaration des charges fiscales et sociales.
Cette présentation est pour le moins schématique, mais vous donnera déjà un aperçu de ce qu'il y a à comprendre.

Dans la plupart des cas, nous sommes seules à nous lancer en tant qu'esthéticienne à domicile.
On ne travaille jamais avec une autre esthéticienne, mais on peut s'associer avec une coiffeuse ou une prothésiste ongulaire, voire un réflexologue, un kiné ou un dermatologue, pourquoi pas ?
Les cas d'associations étant assez rares dans notre profession, je détaillerai, donc, plutôt le choix d'être seule représentante de notre société.

Point 1 : quels sont les différents statuts quand on est seule maître à bord ?

Le choix va donc se restreindre à :

  • l'Entreprise Individuelle ou EI,
  • l'Entreprise Individuelle à Responsabilité limitée ou EIRL,
  • l'Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité limitée ou EURL,
  • la Société par Actions Simplifiée SAS,
  • la Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle SASU.

Comme il est aussi rare de voir une esthéticienne entrer en bourse, on ne va pas retenir la SAS ni la SASU. En effet, l'intérêt de partir sur ces statuts est que le développement sera plus facile si vous cherchez des investisseurs ou des appuis financiers quelconques.
Ce statut peut aussi donner de l'assurance face à certains partenaires comme les fournisseurs ou si vous prospectez dans le monde de l'entreprise (ce que l'on appelle le BtoB).

Point 2 : souhaitez-vous apporter un capital social ?

Il s'agit de votre apport.

À retenir : quand on crée une entreprise, il y a un risque que cela échoue. Quand cela arrive, la responsabilité du dirigeant est engagée. C'est-à-dire que si vous avez fait des emprunts pour vous installer, il se peut que vous ne puissiez pas rembourser votre emprunt. Dans ce cas, votre créancier est habilité à vous saisir.

Votre responsabilité est engagée à hauteur de ce que vous lui avez autorisé à saisir. C'est alors que votre responsabilité est mise en jeu. Ainsi, votre responsabilité sera à hauteur de la participation financière au capital social. Donc si vous affectez 10 000 € à cette participation financière, vous ne perdez que 10 000 €. C'est ce que veut dire «La responsabilité de l'associé est limitée au montant de ses apports».

Et c'est là qu'il faut faire attention. En effet, si vous avez des biens immobiliers ou des placements quelconques, l'Entreprise Individuelle (EI) peut être un choix risqué, car vous êtes responsable sur l'ensemble de vos biens personnels.

C'est pour cela que vous avez la possibilité de choisir l'EIRL dans ce cas. Cela vous permet de protéger vos biens en cas de «banqueroute».

«Mais où est passé le statut d'auto-entrepreneur là-dedans ?»

En fait, l'auto-entreprise n'est pas un statut, mais un ensemble de choix qui compose la dénomination appelée «statut d'auto-entrepreneur».
D'où les problèmes de compréhension pour ma part au départ !
Car l'auto-entreprise est en fait une EI !
Pas une EIRL, mais une EI !

En général, l'auto-entreprise est choisie pour une petite activité, la plupart du temps, complémentaire, sans investissement important ou de prêt démesuré. Il faudrait vraiment mal se débrouiller pour perdre tous ses biens à la faillite d'une auto-entreprise, n'est-ce pas ?

Toutefois, il est possible de faire un papier chez un notaire, spécifiant quels sont les biens que vous souhaitez dissocier de l'entreprise. Attention, cela a un coût !

Et l'EURL dans tout ça ?

C'est en fait comme l'EIRL, certains intervenants que j'ai croisés à la BGE et la Chambre de Métiers recherchent encore l'intérêt de l'EIRL, tellement ce statut est proche de l'EURL.

Une différence est que vous devez nommer un gérant dans le cas de l'EURL, ce qui peut vous être utile si vous voulez faire gérer votre affaire par quelqu'un d'autre (un mari, une soeur, un cousin). Mais cela peut aussi être vous-même, alors dans ce cas, autant choisir l'EIRL, moins coûteuse à la création et au fonctionnement.

Voudriez-vous laisser les décisions de votre «bébé entreprise» à une autre personne que vous ? Car c'est le gérant qui dirige et qui est responsable pénalement aussi.

Point 3 : comment allez-vous payer vos impôts ?

Comme il ne vous reste plus que l'EIRL ou l'EI, le choix est vite fait !
Et le gagnant est : l'impôt sur le revenu !
Attention, vous payez vos impôts sur les bénéfices de l'entreprise.

Comment calculer les bénéfices ?

À partir du moment où vous êtes en EI ou EIRL, le régime de la micro-entreprise est appliqué, car vous allez certainement faire un C.A. inférieur à 81 500 € par an.

Si, toutefois vous faites plus de C.A. et que vous souhaitez quand même être au régime réel simplifié, l'option est toujours possible. L'intérêt est que cela permet de déclarer sa TVA, chose qui n'est pas possible avec la micro-entreprise.

En micro-entreprise, cela est simple, car on procède avec des abattements comme suit :
- 71 % pour les ventes de produits,
- 50 % pour les prestations.

Si vous faites 10 000 € de C.A. répartis comme ceci : 7 000 € de prestations et 3 000 € de vente de produits, l'administration fiscale vous imposera sur :
- 7 000 € - 71 % = 2 030 € pour les ventes,
- 3 000 € - 50 % = 1 500 € pour les services.

C'est-à-dire qu'elle considérera un bénéfice imposable de 2 030 € + 1 500 € = 3 530 €.
C'est votre salaire annuel considéré par le fisc pour calculer votre impôt (oui, c'est peu, mais c'est pour l'exemple).

À retenir : la micro-entreprise est possible, uniquement si vous restez en-dessous d'un seuil maximum de chiffre d'affaires qui est de 32 900 € pour les prestations et de 82 200 € pour la vente.

Il faut aussi savoir que les montants ne se cumulent pas. C'est-à-dire que vous ne pourrez jamais excéder 82 200 € de C.A. dans l'année si vous voulez rester en micro-entreprise (plafond au 1er janvier 2014).

L'intérêt de l'auto-entreprise

Dans le cas de l'auto-entreprise, vous pouvez choisir de payer vos impôts par un pourcentage sur le chiffre d'affaires. C'est ce que l'on appelle le prélèvement fiscal libératoire. Pour le service (prestations), il sera de 1,7 % et de 1 % pour les ventes de produits.

Note : pour bénéficier de ce type de prélèvement, vous ne devez pas excéder un certain barème pour le revenu du foyer fiscal de l'avant-dernière année, soit pour l'année 2013 :
- 26 420 € pour une personne seule,
- 52 840 € pour un couple,
- 79 260 € pour un couple avec deux enfants, etc.

Si vous êtes au-dessus, il faudra remplir votre feuille d'imposition comme pour une micro-entreprise. Car l'auto-entreprise est une micro-entreprise qui est, elle-même, une entreprise individuelle au niveau du statut juridique. C'est compliqué, n'est-ce pas ?

Point 4 : comment allez-vous payer vos charges sociales ?

Vous êtes en EI ou EIRL, à ce niveau cela n'a pas d'importance, car c'est pareil pour les deux statuts. Vous devez cotiser en cas de maladie/maternité, pour la retraite, en cas d'accident... vous devez être couverte et donc payer des charges sociales.

Vous payez vos charges sociales sur vos bénéfices. Pour schématiser : vos bénéfices correspondent à votre salaire net et votre chiffre d'affaires à votre salaire brut. Et c'est là que l'auto-entreprise prend toute sa dimension !

Vous pouvez payer vos charges par le prélèvement d'un pourcentage sur votre chiffre d'affaires. On parle bien de C.A. et non de bénéfice.

Voici le barème pour 2013 :
- ventes de produits : 14 %,
- services (prestations) : 25 %.

Simple non ? Si vous ne faites pas de C.A. vous ne payez ni charges ni impôt. Séduisant n'est-ce pas ?
Sauf que Mme Pinel en a décidé autrement.
Alors, que faire ?

Si vous aviez prévu d'être auto-entrepreneur pour débuter, cela ne remet rien en cause. Vous aurez deux ans pour vous lancer. Après,
comme vous serez déjà en micro-entreprise, il ne restera plus qu'à payer différemment vos cotisations sociales : vous devrez les payer d'avance par rapport aux bénéfices de l'année précédente et non plus par un pourcentage sur votre chiffre d'affaires. Vous me suivez ?

Que vous soyez en EI, EIRL et que vous ayez ou non choisi la micro-entreprise, le paiement des charges sociales s'effectue de la même manière.

Pour illustrer ce que je vais dire, je vais prendre l'exemple du paiement de votre facture EDF. Si vous payez votre facture mensuellement, vous réglez une mensualité tous les mois en fonction de votre consommation de l'année précédente.
Vous donnez à EDF une provision sur charge. À la fin de l'année, EDF relève les compteurs, calcule votre facture réelle, déduit ce que vous avez déjà payé puis vous fait une rectification en plus ou en moins.
Le paiement des charges sociales fonctionne de la même manière. Sauf qu'au lieu de se baser sur votre facture, c'est votre bénéfice qui sert au calcul.

Le problème est que si vous ne faites pas de C.A. ou moins de C.A., vous devez avancer l'argent quand même. Puis, vous serez remboursée le cas échéant si vous avez payé de trop.

C'est pour cela que tant d'entreprises ferment au bout de deux ans. Car en début d'activité, il vous est possible de différer le paiement. Mais ensuite, on demande les deux années d'un coup, et ça peut faire mal si cela n'a pas été anticipé.

CE QU'IL FAUT RETENIR

Idéalement, commencez par un statut d'auto-entrepreneur, même s'il est en pleine réforme, il reste encore intéressant pour débuter votre activité d'esthéticienne à domicile.

De plus, cela reste le seul moyen pour cumuler activité salariée et création d'entreprise (si vous travaillez dans un autre domaine que l'esthétique bien sûr !).

Sinon, préférez la micro-entreprise. Certes, vous devrez avancer les charges sociales, mais cela reste assez simple à gérer (j'en parle en connaissance de cause car c'est ce que j'ai choisi).

Aussi, la micro-entreprise vous dispensera d'un comptable indispensable pour vérifier votre bilan de fin d'année en cas d'EI, EIRL ou EURL.

QUESTIONS

Quelle somme faut-il compter pour s'installer et quel matériel faut-il pour débuter ?

L'investissement de départ à prévoir sera fonction des prestations que vous allez proposer et du type de clientèle que vous allez cibler. Le choix du matériel nécessaire est décrit sur le blog  suivan : http://estheticienneadomicile.net

L'investissement ne se limite pas non plus au matériel, mais il faudra aussi prendre en compte la publicité, le fonds de roulement entre autres.

Comment s'organiser par rapport aux clientes qui proposent un café et ont tendance à nous «manger» du temps ?

Vous devez prévoir un temps supplémentaire lors de la prise de rendez-vous. En dehors du temps de trajet, rajouter 10 mn avant et 15 mn après. Prenez le café après le soin, jamais avant, et faites la fiche-conseil en même temps. Les astuces sont nombreuses pour gagner du temps sans être impolie, vous en retrouverez régulièrement sur le blog www.estheticienneadomicile.net


Je suis installée dans mon domicile depuis 3 ans, mais n'arrive pas encore à me dégager un salaire. Que dois-je faire pour enfin avoir d'autres clientes ?
Une remise en question s'impose dans ce cas. Deux premières questions doivent se poser :

1. Mon offre correspond-elle à la demande ? À vouloir trop se démarquer, on peut aussi risquer de ne pas trouver de clientèle en demande.

2. Suis-je visible ? Les clientes savent-elles que j'existe et ce que j'ai à leur proposer ?

En répondant déjà à ces deux questions, vous aurez soulevé un problème et vous pourrez vous mettre en quête de solutions. Si vous n'arrivez pas à trouver des clientes, vérifiez que vous avez passé en revue tous les moyens de prospection en relisant l'article de janvier 2014 des Nouvelles Esthétiques «Votre premier axe des succès : trouver des clients».

Je viens d'avoir mon CAP, faut-il absolument que j'ai une expérience en institut avant de me lancer à mon compte ?

Il n'est pas toujours important d'avoir eu une expérience en institut. Cela permet surtout de vous rassurer quand vous irez en clientèle. Si vous avez confiance en vous et dans vos aptitudes, l'expérience viendra avec l'augmentation de votre clientèle. Vous avez votre diplôme, donc vous savez faire !

Alors, si vous vous sentez apte, rien ne vous interdit de vous installer tout en étant fraîchement diplômée

Françoise Perier
Vous retrouverez régulièrement Isabelle Benmansour dans Les Nouvelles Esthétiques où elle présente des dossiers consacrés à toutes les facettes de cette spécialité professionnelle.

Clich Paffy

Isabelle Benmansour.
e-mail : contactbeautycoach@gmail.com
www.formation.estheticienneadomicile.net

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Commentaires

  • Anonyme 20/06/2016
    Bel article de fond sur les difficultés du métier et je sais de quoi je parle ayant moi même lancé mon activité http://laparenthesedessens.fr/ :)
    Signaler un contenu abusif

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