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N°725 Mai 2019

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Parcours d'esthéticienne du salon de coiffure à la création d'un spa à Avignon

Par Valérie Obadia
N°640 Septembre 2011
Gabrielle Lacroix , 42 ans,; a fondé son spa dans un esprit loft - un ancien entrepôt désaffecté - qui séduit la clientèle. D'origine vietnamienne, elle joue sur la carte des modelages asiatiques. Retour sur un parcours réussi.

Le massage «Traversée du Mékong» est le massage phare du spa de Gabrielle Lacroix. Les clientes en raffolent. Bien sûr, cela évoque le Vietnam où elle a passé son enfance. Cette belle métisse brune est née à Saigon d'une mère vietnamienne et d'un père français. «Lors de l'invasion des communistes, nous sommes montées dans le dernier avion qui partait pour la France, raconte-t-elle. J'avais huit ans, j'ai débarqué avec ma mère à Lille en 1976. Il faisait froid et les Européens avec leurs grands nez m'étonnaient. Je ne parlais pas le Français. Petit à petit, je me suis habituée à cette nouvelle vie. Aujourd'hui, mes racines vietnamiennes me sont précieuses. Elles m'ont permis de réussir dans la création de mon spa. Comme une plante, j'interprète la vie de manière instinctive.»

FREE LANCE DANS UN SALON DE COIFFURE

Gabrielle est attirée par le secteur de la beauté, mais sa mère ne souhaite pas qu'elle choisisse cette voie, considérant que le CAP Esthétique n'était pas un niveau d'études suffisant. Elle passe alors un Bac G, commercial, et elle se marie à 20 ans à un pilote de chasse. Deux enfants naissent de son union. Anthony, aujourd'hui 20 ans, et Nicolas, 16 ans. Après quinze ans de mariage, Gabrielle divorce de son mari lieutenant-colonel. Mais que faire lorsque l'on a été «femme au foyer», sans bagage professionnel ? C'est le moment pour Gabrielle de vivre son rêve contrarié. À l'École IPEC IGESEC de Salon-de-Provence, elle s'inscrit à la formation CAP Esthétique sur une année puisqu'elle a le Bac. Coût de la scolarité : 3 500 euros. Gabrielle Lacroix, 42 ans, a fondé son spa dans un esprit loft -un ancien entrepôt désaffecté- qui séduit la clientèle.

D'origine vietnamienne, elle joue sur la carte des modelages asiatiques. Retour sur un parcours réussi. . «Mon diplôme en poche en septembre 2002, je me suis présentée à Star International, un grand salon de coiffure de Salon-de-Provence. J'ai joué sur la solidarité féminine, expliquant que j'étais divorcée et que j'avais besoin de travailler pour élever mes deux enfants. La patronne du salon m'a proposé un local au 1er étage, l'équivalent d'une chambre de bonne de 9 m2. En échange de la gratuité du lieu, je reversais 20 à 30 % TTC du montant des prestations que j'effectuais.» Principal avantage pour Gabrielle : elle n'avait pas d'argent à sortir. Elle gagnait entre 800 et 1 200 euros pour une activité à temps partiel.

Très vite, elle propose aux clientes des soins du visage et des maquillages. «Le maquillage m'a toujours passionnée. C'est une forme d'art qui m'intéresse comme la photo. En revanche, les manucuries et les beautés des pieds recherchées dans un salon de coiffure ne m'ont jamais amusée. C'est un métier méticuleux. Et je n'aime pas soigner des pieds laids, en mauvais état !»

UN SPA AGENCÉ SELON LES RÈGLES DU FENG SHUI

Gabrielle songe à d'autres horizons. Elle pianote sur Internet et découvre une petite annonce «Cherche collaboratrice pour un spa à Avignon». C'est un homme qui la reçoit. «Nous avons parlé de tout et de rien. Il m'a fait la bise à la fin de notre entretien comme si nous nous connaissions de longue date !», s'amuse-t-elle à dire. Dans un grand appartement, un spa de 90 m2 est créé après de gros travaux. Il est équipé d'un petit hammam pour quatre personnes et d'une balnéothérapie. «Nous avons été les premiers à ouvrir un spa à Avignon en 2006, se souvient Gabrielle qui est partie vivre à Cavaillon. Un autre spa a suivi l'année suivante. Nous étions associés de fait. Il a apporté le lieu ; j'ai apporté l'activité, car la plupart des client(e)s préféraient les massages pratiquées par une femme.

Sur un total de dix massages, j'en réalisais huit. Nous partagions le chiffre d'affaires à hauteur de 50 % chacun. Sans doute l'une des raisons pour lesquelles je ne suis pas restée au-delà d'une année. L'idée d'avoir ma propre affaire me taraudait.» Gabrielle se met alors en quête d'un local. Un ami l'oriente sur la piste d'un local commercial occupé précédemment par une société d'électricité, sur la route de Tarascon, à cinq minutes du centre ville d'Avignon. Principal atout : un parking gratuit. Un avantage précieux, car lorsque l'on a dépassé d'à peine cinq minutes le temps inscrit sur l'horodateur, l'amende est de 17 euros dans les rues d'Avignon. Mais arrivée sur place, Gabrielle fait aussitôt demi-tour. «C'était vraiment trop sale, explique-t-elle. Il y avait une porte en aluminium rouillé. Un gros tuyau noir qui pendouillait et des graffitis sur la façade.» Toutefois, l'idée fait son chemin. Deux mois plus tard, elle revient sur les lieux. Et c'est le déclic ! Elle signe un bail commercial 3/6/9 ans avec le propriétaire et s'engage sur un loyer de 1 100 euros par mois. Elle a une idée claire et précise de la façon d'agencer son futur spa. «J'ai joué sur le style ancien entrepôt désaffecté, totalement tendance. Il fallait accentuer le côté loft, avec des sols en ciment, des puits de lumière qui viennent du plafond. C'est toujours une surprise, car la façade a peu changé.

Les clientes qui viennent la première fois sont très agréablement surprises lorsqu'elles poussent la porte. L'ambiance est zen et l'on embarque pour l'Extrême-Orient.» Pas question pour Gabrielle de faire un emprunt. Son objectif est de gérer au plus près son budget. Lorqu'elle contacte un décorateur qui lui suggère : «On va faire design, dans le style papier journal». Elle lui répond «Au revoir !» préférant de jolies couleurs obtenues à partir de pigments mis au point par un couple d'artisans d'Apt. Heureusement Gabrielle a des amis ! Cinq d'entre eux la conseillent sur la partie technique et le choix des corps de métiers. Ils travaillent dur sur le chantier. «J'ai peint les murs dans le froid et sans électricité», lâche-t-elle avec le sourire. Au total, huit mois de travaux. Le résultat est une réussite. La botte secrète de Gabrielle ? Le feng shui. «Ayant étudié le feng shui, j'ai appliqué quelques-uns de ses principes, confie-t-elle.

LES LEÇONS DU TÉMOIGNAGE DE GABRIELLE LACROIX

  • Mettre en oeuvre son rêve de jeune fille.
  • Dans un ancien entrepôt, opter pour le style loft.
  • Recourir au feng shui pour agencer son spa.
  • Faire appel à des amis pour effectuer les travaux.
  • Privilégier les modelages aux soins esthétiques classiques.
  • Pour les modelages, choisir des noms évocateurs de voyages ou de sensualité.
  • Expliquer les bienfaits de chaque prestation sur son site Internet.
  • Démarrer avec des masseuses (et masseurs) en free lance pour ne pas alourdir ses charges.
  • Imaginer un nouveau projet professionnel après cinq ans d'activité.

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Par Valérie Obadia

Le Spa de Gabrielle Lacroix, 156 route de Tarascon, 84000 Avignon. Tél. 04 13 39 14 10 ou 06 83 36 40 04. www.le-spa-de-beaute.fr

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