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N°729 Octobre 2019

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Sport et cancer

N°729 Octobre 2019
Le sport, c’est la santé ! Un adage qui se confirme chaque jour un peu plus, particulièrement en oncologie avec la pratique régulière d’une activité physique.

La Fédération Nationale CAMI Sport & Cancer et Amgen, entreprise du médicament engagée dans les soins de support en oncologie, ont lancé une vaste enquête nationale, baptisée Podium, auprès de patients atteints de cancer, en traitement ou en rémission, pour comprendre ce qui conditionne et motive leur adhésion à la pratique d'une activité physique et sportive.

L'ENQUÊTE

Au total, 1 554 patients ont répondu aux 49 questions de l'enquête. La majorité était des femmes, les deux-tiers souffraient d'un cancer du sein. Les patients ont été répartis en quatre groupes, suivant leur pratique d'une activité physique et/ou sportive :

  • les patients qui pratiquaient avant leur maladie et qui ont continué malgré elle,
  • les patients qui ne faisaient pas de sport avant, mais qui s'y sont mis après,
  • les patients qui pratiquaient avant, mais qui se sont arrêtés à cause de leur maladie, les patients qui n'ont jamais fait de sport.

LES RÉSULTATS DE L'ENQUÊTE

- 74 % de patients pratiquent une activité physique malgré leur malaise. 17 % ont démarré au cours de leur maladie. À l'inverse, 13 % arrêtent le sport après le diagnostic de leur cancer.

- La chimiothérapie est le traitement le plus fréquemment associé à l'absence de pratique d'un sport (57 % chez les patients AP+/- et 45 % chez les AP-/-, contre 34 % chez les AP+/+ et 26 % chez les AP-/+). À l'inverse, l'hormonothérapie apparaît comme le traitement le plus suivi par les patients ayant commencé une activité physique pendant leur maladie (43,5 % chez les AP-/+).

- La fatigue est le principal frein à la pratique d'une activité physique, invoquée par 51 % des patients sédentaires. Suivent le manque de courage, reconnu par 41 % des répondants, les idées reçues selon lesquelles «il faut se reposer», que «c'est incompatible avec la chirurgie» (36 %), ou encore les douleurs (1/3 des patients).

- Si les ¾ des patients pratiquant une activité physique ont été conseillés par un(e) infirmier(e) de l'hôpital, la démarche a été avant tout personnelle pour 79 % des personnes interrogées. Seulement 55 % ont été conseillés par un médecin hospitalier, alors que la majorité (54 %) estime pourtant que c'est à ce dernier qu'il revient de le faire, plutôt qu'au médecin généraliste (19 %) ou aux autres professionnels de santé (11 %).

- Les patients qui ont poursuivi une activité physique en dépit de leur cancer étaient plus nombreux à avoir une pratique soutenue (3 séances par semaine pour 59 % d'entre eux, contre 1/3 auparavant) et ont davantage plébiscité les cours collectifs par rapport à une pratique individuelle (59 % contre 45 % auparavant).

- L'amélioration de la qualité de vie (99 %), des chances supplémentaires de guérir (83 %) et le maintien du statut social (67 %) sont les principaux bénéfices qu'espèrent les patients de la pratique d'une activité physique pendant leur cancer.

- Sans surprise, les patients sont très largement favorables à une prise en charge de l'activité physique comme thérapie non médicamenteuse de leur cancer (92 %), en complément de leur traitement conventionnel.

L'ACTIVITÉ PHYSIQUE ET SPORTIVE EN CANCÉROLOGIE

L'activité physique met en oeuvre plusieurs mécanismes qui pourraient avoir un effet positif sur un organisme atteint d'un cancer ou en rémission.

- En participant à la lutte contre le surpoids et l'obésité, deux facteurs de risque ou aggravants de cancers, elle s'oppose indirectement au risque de récidive.

- En limitant la masse grasse, elle diminue la sécrétion de certaines hormones et de facteurs de croissance intervenant dans la croissance tumorale (comme l'insuline, les oestrogènes, l'IGF1-Insulin like Growth Factor).

- En réduisant la production de leptine (facteur de croissance des cellules tumorales) et en augmentant la sécrétion d'adiponectine (facteur de blocage de la croissance des cellules tumorales), elle freine le développement tumoral.

Une condition toutefois : que l'activité physique et/ou sportive soit suffisamment soutenue et régulière pour que ces différents mécanismes biologiques aient l'efficacité thérapeutique attendue. L'ensemble du corps doit être sollicité au cours des séances, qui doivent durer au moins 150 minutes par semaine (soit environ 3 séances par semaine). Il faut en outre faire preuve d'assiduité, les effets positifs ne s'appliquant qu'au bout d'un an d'une pratique régulière.

Le sport réduit de 23 % la fatigue associée au cancer

Contrairement à une idée reçue, limiter ses activités lorsque l'on est fatigué n'aide pas à lutter contre la fatigue, bien au contraire !
En cas de cancer, la fatigue n'a cependant rien de comparable à celle ressentie par une personne en bonne santé : invalidante, elle entraîne une faiblesse et un épuisement de tout l'organisme.

Présente chez pratiquement tous les patients traités par chimiothérapie (70 % en moyenne), elle persiste des mois, voire des années, après la fin des traitements chez 30 % d'entre eux. Pour autant, chercher à se préserver en limitant le plus possible ses activités n'est pas la solution.

Si le corps a besoin de repos lorsqu'il est épuisé, l'inactivité ne doit pas se transformer en sédentarité, au risque d'entretenir la fatigue. À l'inverse, plusieurs études ont montré que l'activité physique diminuait de 23 % en moyenne ce symptôme, qu'elle soit pratiquée pendant ou après les traitements, et ce, quel que soit le stade du cancer.

Le sport limite les effets secondaires des traitements

En fabriquant de nouvelles fibres musculaires, l'activité physique et/ou sportive compense la sarcopénie (fonte musculaire) induite par le cancer et ses traitements, et permet de maintenir la masse musculaire, ce qui a pour effet de lutter contre la toxicité des traitements anticancéreux.

Par ailleurs, préserver sa force musculaire aide à lutter contre les douleurs osseuses et musculaires provoquées par certains traitements anticancéreux et les corticoïdes.

Résultat : les traitements sont mieux tolérés, donc mieux suivis.

Le sport pourrait réduire considérablement les risques de rechute et de mortalité

Une méta-analyse réunissant 6 grandes cohortes montre qu'une femme atteinte d'un cancer du sein localisé a un risque de mortalité réduit de 34 % si elle pratique régulièrement une activité physique soutenue.

Même observation faite chez les personnes atteintes d'un cancer du côlon (jusqu'à 50 %), à condition toutefois que ces dernières soient capables de pratiquer une activité physique à une intensité particulièrement élevée...

La mortalité est également réduite de 49 à 61 % chez les hommes souffrant d'un cancer de la prostate et s'adonnant au sport plus de 3 heures par semaine. L'intérêt de la pratique d'une activité physique après le diagnostic d'un cancer va même au-delà, puisqu'elle réduit le risque de rechute, notamment de 24 % chez les femmes atteintes d'un cancer du sein (par rapport aux patientes moins actives).

Le sport renforce les liens sociaux

Anti-stress, anxiolytique et antidépresseur naturel, l'activité sportive pratiquée avec plaisir améliore l'état psychologique des patients atteints d'un cancer.

Prendre du temps pour soi, réaliser que l'on est capable de faire des choses que l'on croyait hors de portée, «oublier» sa maladie le temps
d'une séance, sortir de chez soi et rencontrer des gens...

Se mettre au sport permet au patient atteint d'un cancer de reprendre confiance en lui, de se réconcilier avec son corps, et de regagner l'estime de soi que la maladie a pu entamer.

C'est aussi une excellente opportunité pour rompre avec l'isolement que le cancer engendre parfois, et redécouvrir l'importance des liens sociaux.

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