Newsletter

Sur le même thème

Esthétique
Tous les articles

Articles en relation

Tous les articles


Dans ce numéro

Tous les articles

Articles préférés

Tous les articles préférés

Les plus commentés

Tous les + commentés

N°725 Mai 2019

Numéros précédents

3 0 5 1

L’esthéticienne, meilleure que les médecins ?

Par Fatima Bilgen , Esthéticienne, Formatrice
N°697 Novembre 2016
Fatima Bilgen est esthéticienne, pour valider son doctorat de médecine chinoise elle a dû retourner à l’école, se confronter à des médecins, comprendre leur jargon et assimiler les mêmes connaissances et elle y est arrivé !

par Fatima BILGEN Esthéticienne D.E., Master en acupuncture (Université de Nankin, R.P. Chine), Titulaire du D.U. «obésités et syndromes métaboliques» (UPMC Paris), Chercheur sur l'obésité, en 3ème année de doctorat (Université de Nankin, R.P. Chine)

Objectif : le doctorat de médecine chinoise

De retour de vacances en septembre 2015, je pense déjà à l'échéance qui m'attend pour 2018 : mon doctorat en Chine intitulé «Observation clinique chez les femmes en surpoids ou obèses et traitement par acupuncture». Les maîtres chinois m'attendent sur deux plans : la médecine chinoise et la médecine occidentale qu'ils maîtrisent fort bien.

Dans ma tête, je dressais un premier bilan : côté médecine chinoise, j'avais quinze années d'études théoriques et pratiques, dont neuf années passées dans une très bonne école à Paris (Institut Chuzhen), et pas moins de six années à l'Université de Nankin (R.P. de Chine), ainsi qu'en parallèle ma pratique clinique, mon expérience professionnelle, dans mon cabinet.

Depuis 2010, je développe une méthode spécifique pour faire perdre du poids à mes clientes. C'est ainsi que j'obtiens, auprès de ma clientèle en surcharge pondérale, des résultats plus qu'encourageants.

En médecine occidentale, depuis les cours de biologie du Bac scientifique passé en 2011 (Bac «S», exigé par les Chinois pour accepter ma candidature à l'université), je n'avais pas suffisamment complété mes connaissances, et j'avais encore des lacunes... Comment alors prétendre réussir mon doctorat sans connaître parfaitement mon sujet sur le plan de la médecine occidentale ?

IL FAUT RETOURNER À L'ÉCOLE

La seule solution était de retourner à l'école ! Je me suis mise à rechercher les facultés de médecine spécialisées dans ce sujet. C'est alors que j'ai découvert sur le site de l'UPMC (Université Pierre et Marie Curie à Paris) le D.U. intitulé : "Prise en charge médicale, diététique et psychologique des obésités et syndromes métaboliques".

Le programme, qui me paraissait très complet, comprenait pas moins de 30 dossiers différents relatifs à l'obésité, tels que : Qu'est-ce que l'obésité, le tissu adipeux, le microbiote...  Étaient également inclus : l'obésité chez l'enfant et chez la femme, l'apnée du sommeil, sans oublier la chirurgie bariatrique...

UNE ESTHÉTICIENNE PARMI LES MÉDECINS

Seulement, voilà, quand j'ai voulu m'inscrire, on m'a dit que ce D.U. était réservé aux médecins généralistes ou spécialistes...

J'ai pris mon courage à deux mains et j'ai envoyé une demande au directeur de ce D.U., le Pr Jean-Michel Oppert, responsable du «pôle cœur» à l'Hôpital Pitié-Salpêtrière.

Je lui ai rapporté mon parcours en médecine chinoise, ainsi que mes recherches et résultats cliniques sur la surcharge pondérale et l'obésité. Je n'y croyais pas beaucoup, lorsque quinze jours plus tard, j'ai reçu une réponse positive, ma candidature pour suivre ce D.U. avait été acceptée !

JE N'AI QU'UNE OPTION : RÉUSSIR

Comme dans les fables de Jean de La Fontaine «Le lièvre et la tortue», je savais que cette fois, j'étais «la tortue». Je devais aller plus vite que «le lièvre», étudier beaucoup plus. J'ai alors adopté rapidement une stratégie pour mettre toutes les chances de mon côté : arriver en avance aux cours pour être placée au premier rang, si possible, le plus près des professeurs, afin de ne rien rater de ce qui serait expliqué pendant les cours. Pendant les cours, je n'hésitais pas à poser des questions. J'ai remarqué que les professeurs appréciaient plutôt cela.

Devant tout ce «beau monde de la science», je ne cache pas que j'avais comme un sentiment d'infériorité : ils devaient d'emblée être à l'aise avec tout ce «jargon», rempli d'abréviations incompréhensibles pour moi au début.

Au lieu de n'avoir que mes cours à étudier, je devais en apprendre et comprendre préalablement toute «la langue».

Très vite, lorsque les professeurs posaient des questions, j'attendais d'abord que les «autres» répondent, mais bizarrement, ils ne donnaient aucune réponse, ils ne participaient pas. Comme j'étais au premier rang, les professeurs me regardaient souvent, attendant que je donne une réponse. Vu le silence qui régnait dans la classe, je donnais alors ma réponse qui la plupart du temps était juste.

Même si la médecine chinoise est totalement différente de la médecine occidentale, j'avais développé un esprit d'analyse. Les Chinois m'ayant appris à aller dans le détail, ce qui m'a sauvée, je dois le dire. Tout cela m'a donné rapidement confiance. J'allais peut-être y arriver !

J'ai étudié jour et nuit

Lors de la remise de la convocation à l'examen, le professeur responsable avait prévenu qu'il n'y aurait pas de rattrapage. Le 6 juin 2016, j'ai passé mon examen avec les autres candidats, pour la plupart docteurs en médecine ou spécialistes (endocrinologues). «Vous aurez les résultats mi-juillet» avaiton promis au secrétariat.

J'ai attendu le lundi 18 juillet pour téléphoner au secrétariat et avoir mon résultat. La voix de la personne au bout du fil m'était inconnue. Je suis une remplaçante m'a-t-elle dit. Quel est votre nom ? Je lui répondis, puis, après un court silence qui me semblait très long, elle me dit : reçue ! Sur le coup, je n'ai pas réagi. Il m'a fallu quelques minutes avant de me rendre compte que je recevais là, une fabuleuse nouvelle.

Enfin, la récompense de toute une année de travail, peut-être même, la «synthèse» de toute une vie de recherches et d'apprentissages. Jeudi 8 septembre 2016, je suis allée rue de l'école de médecine retirer mon diplôme. J'ai su que j'avais eu 15 sur 20, et que j'avais obtenu la meilleure note.

Je voulais partager ce moment avec vous, esthéticiennes, qui comme moi, êtes passionnées, par notre beau métier, lequel exige d'avancer dans nos connaissances, toujours plus loin, pour pouvoir donner le meilleur de nous-mêmes !

l estheticienne plus forte que les medecins, fatima bilgen

12508 Votez
Retour aux articles

Commentaires

Voir tous les commentaires

Soyez le premier à laisser un commentaire

Connectez-vous pour laisser un commentaire avec votre pseudo. Si vous n’êtes pas identifié, votre commentaire apparaitra en Anonyme.
Saisissez ce code de sécurité :