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N°720 Décembre 2018

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Le discount, solution ou cancer de la profession ?

Par Eric Marquand , Gérant de Amanöa Spa Beauté
N°675 Novembre 2014
Comment le principe même du discount a-t-il pu arriver sur notre marché ? Comment est-on passé d’une consommation qualitative à une consommation mercantile ? Comment le consumérisme s’est-il brûlé les ailes ?

pourquoi le DISCOUNT  ?

Un tout petit siècle et deux grandes guerres mondiales, voilà tout ce qu'il aura fallu à l'homme pour passer de l'ère moderne industrielle à une société en panne, et qui ne sait plus comment se réinventer ! C'est en effet avec l'avènement du Taylorisme en 1911 que le capitalisme a pris tout son essor. Basé sur l'économie de marché, la seule règle à cette soif effrénée de pouvoir et d'argent était celle de produire encore et toujours plus ! Et pour cela, il n'y eut qu'un seul moteur récurrent : la consommation !

Ce furent donc les beaux jours de la publicité, de la mode, du marketing, jusqu'à ce que finalement le pire ennemi de l'homme soit une fois encore l'homme lui-même !Avide d'argent et de pouvoir, il eut l'idée d'exploiter les masses salariales laborieuses ailleurs, ce afin d'augmenter considérablement ses marges et ses profits ! La mondialisation était en marche ! Bien lui en prit au départ, puisque ces consommateurs avaient encore du pouvoir d'achat et du travail !

Mais à pousser le bouchon trop loin, le mécanisme s'est rompu ! Licenciant à tour de bras, délocalisant à l'envi, il fragilisait son propre système dans son propre pays ! Sans travail, point d'argent, et donc une consommation en panne ! La crise était là ! Emportée par un appauvrissement général, les principales puissances économiques se retrouvaient dans un schéma inédit avec une dette galopante. Et c'est ainsi que, depuis 2008, un scénario catastrophe a mis à mal tout un système, amenant ainsi les peuples à se réinventer une consommation. Le discount devenait ainsi une nécessité pour les uns, un atout pour les autres...

UN PRODUIT DISCOUNT est-il forcement mauvais ?

En matière de discount les a priori sont pourtant légion : prix à ras les pâquerettes, qualité déplorable, hygiène au rabais, personnel non qualifié, cadences infernales, agencement minimaliste. Le décor est planté ! Pour autant, est-ce la réalité ?

Au détour des questions posées ça età sur les réseaux sociaux, et notamment à deux reprises il y a peu sur la page des Nouvelles Esthétiques, les réponses fusent comme un gimmick récurrent : le discount c'est nul, il n'y a que la rentabilité qui compte !

Ce discours, à la bouche de trop nombreuses esthéticiennes peu au fait du drame qui se joue, est lâché avec mépris et suffisance, comme si ce métier ne devait pas s'encombrer d'une gestion rigoureuse afin de donner la part belle à la seule satisfaction de la clientèle ! Une hérésie qui confine pourtant presque au grotesque et à une certaine naïveté...

Mais alors ? Si d'aventure le modèle était bel et bien celui évoqué par de nombreuses esthéticiennes, pourquoi n'en vivent-elles pas réellement et pourquoi celui du discount est-il en train de s'imposer bien malgré elles sur le marché ? Le temps du «Barbie Power» est-il révolu, laissant place à celui du «Financial Power» ?

Le monde de l'esthétique traditionnelle est-il arrivé à maturité et effectue-t-il finalement insidieusement sa mue salvatrice dans une approche déroutante, au grand dam de la majorité des artisans esthéticiennes ?

L'ARCHAÏSME RÈGNE

Ce qui interpelle de suite lorsqu'on vient à rencontrer les différentes composantes du métier, c'est l'archaïsme qui règne encore en maître dans une profession qui évolue pourtant au 21ème siècle, comme si le temps s'était figé dans les années 70-80 pour certaines !
Et nous ne parlons même pas là d'anciennes esthéticiennes ! Parfois même, la nouvelle génération arrive avec des méthodes de travail passéistes et une méconnaissance flagrante des réalités de l'entreprise propres à regarder le train passer !

Comprenez bien que trop peu d'instituts sont à ce jour informatisés. Rares sont celles et ceux qui savent lire un bilan. Peu sont actifs sur les réseaux sociaux. L'immense majorité des instituts de beauté indépendants réalise un chiffre d'affaires insignifiant, les esthéticiennes évoluent bien souvent seules et sont complètement démunies, impassibles devant la segmentation du marché qui s'impose à elles depuis ces quinze dernières années ! C'est un peu David contre Goliath en somme, sauf que là, David est fiché sur talons aiguilles et s'apprête à livrer bataille à coups de pince à épiler !

Jusqu'à l'orée des années 2000, le monde de l'esthétique a évolué dans une espèce de torpeur rassurante, avec un nombre stagnant d'instituts indépendants(aux alentours de 10 000) sur l'hexagone. L'institut de Madame Michu (dénomination sarcastique qui a cours au sein des marques de cosmétique pour désigner l'esthéticienne lambda) se portait alors à peu près bien. Elle embauchait, payait bien, avait le sourire, ses employées et ses clientes aussi !

LA RÉVOLUTION DE LA PARFUMERIE

Pendant ce temps, une bataille sans merci se livrait sur un autre front du marché de la beauté, celui des parfumeries indépendantes ! La Madame Michu du «Sent bon» s'était elle aussi embourgeoisée, convaincue qu'elle était la meilleure, s'engraissant rapidement et cupidement sans réagir, sans même s'apercevoir de ce qui se tramait dans son dos ! Il faut dire que sur ce secteur d'activité, elle était tranquille depuis l'après guerre !

A l'instar d'un Yves Rocher dans l'esthétique, un homme, Bernard Marionnaud, allait révolutionner tout cela en amenant une nouveauté dévastatrice : un concept discount de franchise de parfums ! Bientôt en cinq ans, nombre de concepts concurrents allaient lui emboîter le pas (Nocibé, Elytis, Passion Beauté, Beauté Actuelle, Beauty Success entre autres).

Les franchises de parfums, arrivées massivement au début des années 90 ont ainsi mis à sac le marché du parfum en France, anéantissant tant l'hégémonie des parfumeurs que celles des indépendants en à peine dix ans !

La «Madame Michu du Sent bon» ringardisée, dépassée, ruinée, n'avait plus que ses yeux pour pleurer. La majorité de celles-ci a dû fermer boutique face à la puissance de feu des nouveaux mastodontes du marché. Rares sont celles qui ont accepté de céder à l'impérieuse nécessité de passer d'indépendantes à franchisées indépendantes en entrant dans le giron d'une franchise de parfumerie afin de sauver leur peau. Dont acte !

En réalité, la quasi-totalité des parfumeries indépendantes a périclité avec la même violence que celle qui a frappé les dinosaures quelques millénaires plus tôt ! Et si c'était une situation exclusive à ce secteur, on pourrait regarder cela d'un oeil narquois, mais en réalité, il s'agit là d'un pan d'une mutation en profondeur de tout l'artisanat commercial indépendant en France ! Quid des bouchers charcutiers, des fleuristes, des poissonniers, des bijoutiers, etc. Chaque activité se professionnalise, s'organise en franchise pensée et gérée comme un business model !

LE CONCEPT DU LOW COST,
veritable machine de guerre

«L'art de la guerre, c'est de soumettre l'ennemi sans combat.» Sun Tzu.

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Éric Marquand, Amanöa Spa Beauté,
43 av. Jean Jaurès, 89000 Auxerre.
Tél. 03 86 46 89 67.
e-mail : strespa@orange.fr

Cliché K.U.Häbler

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