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Les esthéticiennes et la prothésie ongulaire

Par Nathalie GASSION , Formatrice de ProNails
N°653 Novembre 2012
Vous faites de l’esthétique, souvent par vocation, n’oubliez pas que les ongles en font partie. Nathalie Gassion, formatrice chez ProNails, vous dresse un état des lieux des esthéticiennes et de la prothésie ongulaire.

Il suffit d'un minimum d'attention pour constater que de plus en plus de femmes prennent soin de leurs mains. Le contexte économique actuel peu florissant ne donne pas le moral, les icônes de mode dans les magazines font rêver mais pour leur ressembler, le budget risque d'être conséquent...

En une heure, une styliste ongulaire redonne éclat et féminité à des mains qui sont souvent négligées, délaissées, et tout ça à moindre coût ! Les mains sont l'une des premières choses que l'on regarde chez une femme, les clientes l'ont bien compris. Mais qu'en est-il des esthéticiennes ?

L'image et le métier de prothésiste ongulaire

Tout d'abord, pour bien savoir de quoi il s'agit, faut-il parler de «styliste ongulaire» ou de «prothésiste ongulaire» ?

Selon les textes de loi, c'est le terme de prothésiste ongulaire qui prévaut. Ce n'est pas très flatteur, «styliste» est plus agréable à l'oreille.

Les ongles semblent de plus en plus en vogue, est-ce une réalité ?

Oui, c'est de plus en plus en vogue et ça attire de plus en plus de monde, donc les personnes imaginent que c'est de l'argent facile. Maintenant, comme tous les métiers manuels, il y a la bonne technicienne et la grande artiste. La grande artiste gagnera bien sa vie, la bonne technicienne gagnera sa vie. La distinction se situe au niveau de l'artistique c'est ce qui fera toute la différence.

Quelles sont les illusions sur le métier de prothésiste ongulaire ?

Beaucoup de jeunes femmes imaginent qu'à peine leur formation terminée, elles seront capables de travailler comme de vraies professionnelles et gagner beaucoup d'argent. Elles imaginent que s'est une activité facile qui s'apprend aisément et qui rapporte beaucoup... forcément ça fait rêver. Cette idée est fortement accentuée avec le statut d'auto-entrepreneur.

Beaucoup de personnes dont le métier n'a rien à voir avec l'esthétique se sont ainsi formées en parallèle de leur emploi. Leur objectif était d'arrondir leurs fins de mois et par là même de faire plaisir aux copines.

Est-ce un métier facile ?

C'est une illusion d'imaginer que le métier de prothésiste ongulaire est facile car c'est un métier manuel qui demande une grande précision. Les élèves qui imaginent cela déchantent rapidement dès les premiers jours de la formation. Elles réalisent que ce n'est qu'avec du travail et de l'entraînement qu'elles y arriveront.

Ce métier est-il accessible à tout le monde ?

Oui, le tout est de s'y mettre, de s'entraîner, d'être sérieuse dans son apprentissage et dans son entraînement. Les écoles vous transmettent le savoir théorique et technique, mais votre travail personnel est important aussi.

La formation

Qui se forme au métier de prothésiste ongulaire ?

Majoritairement des personnes qui ne sont pas esthéticiennes. Par exemple, une classe de dix élèves se composera d'une esthéticienne, cinq personnes qui veulent pratiquer cette activité en plus de leur emploi actuel, les quatre personnes restantes souhaitent changer complètement de voie.

A-t-on véritablement la possibilité de gagner sa vie en tant que prothésiste ongulaire uniquement ?

Oui.

Est-ce une bonne idée de devenir prothésiste ongulaire en plus de son activité professionnelle ?

Soyons réaliste, ce n'est pas simple. Il faut accepter de travailler le soir et le week-end en plus de sa propre activité. Les personnes qui cumulent ces deux activités ont du mal à tenir sur la longueur car c'est en marge de leur vie privée et professionnelle.

Comment choisir sa formation ? Existe-t-il de mauvaises formations ?

La mauvaise formation vous promet de devenir prothésiste ongulaire en trois jours. Pour choisir, déplacez-vous, visitez les locaux, rencontrez les formateurs, posez des questions notamment pour découvrir quelle marque est rattachée à cette formation. Il existe des formatrices indépendantes, avec des agréments bien entendu, mais qui ne sont pas rattachées à une marque et côté protocolaire, ce n'est pas extraordinaire.

Est-il judicieux de n'apprendre qu'avec une seule marque ?

Oui, avec une grande enseigne vous avez un label, des produits testés, des protocoles qui ont fait leurs preuves, c'est beaucoup plus parlant.

Quelle est l'erreur la plus souvent commise sur les ongles par une novice ?

L'objectif pour une novice est d'aller le plus vite possible, ses premières poses d'ongles prennent trois à quatre heures. En voulant gagner du temps, elle va oublier des étapes. Et si elle suit correctement toutes les étapes, à cause de la vitesse, elles seront bâclées et le résultat ne tiendra pas. Il est donc important d'admettre qu'au début, un certain temps sera nécessaire. C'est un apprentissage manuel où les mains et le cerveau doivent enregistrer des informations pour devenir des automatismes. L'automatisme se fait en répétant. Plus on répète, mieux ça fonctionne.

Avec de l'expérience, combien de temps est nécessaire pour réaliser une pose d'ongles ?

Une heure suffit ! C'est une différence notable pour la cliente. Comptez six mois de pratique constante pour être à l'aise.

 

 

Comment faire pour s'entraîner, pas question de monopoliser une cliente pendant quatre heures ?

L'idée est de conserver les modèles une fois la formation achevée. Vous facturez uniquement les produits utilisés. Une fois que vous avez suffisamment d'aisance, là, vous pouvez travailler avec de vraies clientes.

Au cours de la formation, quelle est la question qui revient systématiquement ?

«Et si je n'y arrivais pas, j'ai besoin encore de beaucoup de temps, j'ai peur d'oublier quelque chose ?», voilà ce qui revient. Entre le début et la fin de la formation, les élèves progressent énormément, l'angoisse de se retrouver seule face à leur cliente est normale.

Comment s'en sortir face à une concurrence qui propose des prix cassés ?

Vous n'avez pas le choix car sur votre prix de vente, vous allez payer des charges, les produits... La personne qui ne déclare rien et encaisse tout au «black» n'a pas ces angoisses- là, forcément. La différence est que vous proposez des prestations de qualité, un travail de qualité a un prix. Cela s'explique très facilement à votre cliente, sans compter qu'elle constatera tout de suite le résultat impeccable sur ses dix doigts.

Les esthéticiennes et la prothésie ongulaire

Quelle est l'image de la prothésie ongulaire auprès des esthéticiennes ?

Elle est clairement négative. Les esthéticiennes avancent que c'est abrasif, ça abîme les ongles, c'est souvent vulgaire... La réalité est que ce n'est pas abrasif, la qualité des produits a considérablement évolué et la pose joue également un rôle. Elles reprochent également la longueur de la prestation, une heure voire une heure trente, ça leur paraît fastidieux. Alors qu'une fois qu'elles sont en formation, elles réalisent la complexité du protocole qui est mis en place, ce n'est pas juste de la colle avec une capsule, toutes les étapes ont leur importance.

La mauvaise image de la prothésie ongulaire s'explique aussi par la façon dont beaucoup d'esthéticiennes ont appréhendé cette technique dans leur école : dans bien des cas, on leur a enseigné comment poser une capsule, la limer et point. Résultat, elles n'ont pas conscience de tous les procédés qui entrent en jeu et qui justifient le temps d'une ou deux heures. Cette mauvaise image est plus due à une méconnaissance qu'à autre chose.

Quelle est l'erreur la plus souvent commise sur les ongles par une esthéticienne ?

L'objectif d'une esthéticienne est d'obtenir un ongle le plus fin et le plus plat possible pour un résultat naturel. Problème, dans la prothésie ongulaire un minimum de matière est nécessaire en terme de gel ou de résine pour que l'ongle tienne. Il faut l'admettre pour travailler correctement.

Pourquoi peu d'esthéticiennes se forment à la prothésie ongulaire ?

Les esthéticiennes sont très attirées par le vernis semi-permanent, ça reste dans l'esprit «esthétique». Pour la prothésie pure, c'est quitte ou double, soit elles ont un coup de coeur, soit ça ne leur plaît pas du tout. Pour beaucoup, la prothésie ongulaire est en marge de l'esthétique.

Qu'est-ce qui pousse une esthéticienne à suivre une formation en prothésie ongulaire ?

L'aspect financier tout d'abord, ces nouvelles prestations vont vraiment apporter un revenu complémentaire à l'institut. Ensuite c'est l'aspect esthétique avec la french, la résine de couleurs et le nail art, tout ça peut vous passionner, vraiment.

Est-ce vraiment intéressant pour une esthéticienne de proposer des prestations d'ongles ?

Oui, cela permet d'offrir plus de prestations à vos clientes, c'est une source de revenus non négligeable. Maintenant, se retrouver une heure face à face avec votre cliente, ce n'est pas la même chose que lors d'un soin cabine, le rapport est différent. Mais petit à petit elles y viennent.

Peut-on vraiment acquérir une nouvelle clientèle en proposant des prestations en prothésie ongulaire ?

Oh oui. Et le fait d'être esthéticienne va donner de la crédibilité à votre nouvelle activité. Toute l'image un peu négative que pourraient avoir vos clientes va être effacée car vous êtes esthéticienne, vous garantissez un rendu esthétique. N'oubliez pas que si vous avez déjà un espace pour la manucurie, aucun aménagement supplémentaire n'est nécessaire. Et ça peut vraiment devenir une source de revenus très intéressante.

Y a-t-il des esthéticiennes qui affectionnent la prothésie ongulaire ?

De nombreuses esthéticiennes qui ne juraient que par les soins cabines se sont prises au jeu de la prothésie ongulaire. Qu'est-ce qui les fait passer de l'autre côté ? C'est un mystère... peut-être le fait qu'en une heure, le résultat est bluffant. La satisfaction personnelle très forte. Le fait de rendre beau est très important dans le métier de l'esthétique. Les clientes disent souvent : «Vous devriez être remboursée par la sécurité sociale !»

Pour la petite histoire...

la prothésie ongulaire et les esthéticiennes

Nathalie Gassion est formatrice. À l'âge adulte, par passion elle passe un CAP d'Esthétique, puis fait une école de maquillage. Elle continue malgré tout de travailler dans le tourisme. Elle porte des ongles en résine. Un jour sa prothésiste tombe malade. Elle décide de se faire les ongles toute seule... et ça lui plaît au point de suivre une formation.

Depuis six ans maintenant, Nathalie Gassion est styliste ongulaire à domicile, elle est également enseignante chez ProNails et fondatrice du premier salon Premium à Paris. À la question «Quel est le plus de ProNails», voici sa réponse : «Chez ProNails les maîtres mots sont la rigueur, le sérieux et l'amour du métier».

Par Nathalie GASSION , Formatrice de ProNails

ProNails : www.pronails.com

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Commentaires

  • Anonyme 27/10/2012
    Super article magnifique présentation du metier
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  • Anonyme 27/10/2012
    Enfin il y a quelqu'un qui sait valoriser le métier
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  • Anonyme 29/10/2012
    Je suis prothesiste et en partie d'accord avec votre article sauf au moment ou vous citer que les estheticienes ont une mauvaise image du metier, vous parle des ecoles alors pourquoi ne pas ameliorer les cours?je pense qu'au contraire ce sont les gens qui n'ont rien a voir avec l'esthetique qui ne devrai pas faire d'ongles!je suis une passionnee de mon metier et me bat pour lui redonner une image de qualite et ces personnes la la detruise en croyant comme vous dite qu'au bout de trois jours elles sont pretes!je pense qu'il faut au minimum un CAP esthetique pour ce specialiser dans les ongles.la formation nous apporte la rigueur, l'hygiene ,la gestion, la douceur et prendre soin de soin d'une cliente et tout cela durant les cours et les stages.
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  • Anonyme 28/12/2012
    Je suis tout a fait d'accord avec le message du 29/10, je suis esthéticiene et je fait de la prothésie ongulaire, lorsque je vois arriver dans mon institut, des clientes avec des ongles qui ont été "massacré", cela me rend malade pour notre métier qui est formidable. Il faudrait imposer le diplome d'esthéticienne pour pourvoir faire de la prothésie ongulaire, car on apprends en CAP ce qu'est un ongle, l'hygiène, etc..., pour moi c'est la base. A coté de cela n'importe qui propose de "poser des ongles" souvent sans formation ou une formation sur DVD ou en 3 jours. On n'a jamais appris un métier en trois jours. En plus les 3/4 du temps ces personnes là casse les prix et à coté, nous professionnelles diplomées et formées, passont pour des gens qui s'en mettent plein les poche. Alors que ce n'est pas le cas car en institut lorsque l'on propose une pose complète à 60/70 € pour en moyenne 1H30 de travail, on est loin des 1 euro de la minute.
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  • Anonyme 15/10/2013
    Je ne suis pas d accord pour passer le cap esthétique c une perte de temps d apprendre la totalite du metier alors qu une seule partie interesse de plus etant donne que ce cap ne développe pas assez la prothesie ongulaire il faudra tout de même faire une formation qui coûte cher spécialisé dans ce domaine. ..c idiot ..il faudrait je pense creer un cap prothesiste ongulaire
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  • Anonyme 23/02/2015
    Je me permet de réagir car si effectivement en 6 mois une prothésiste peut être à l'aise, je pense qu'il faut bien 5 à 7 ans pour devenir une très bonne prothésiste. Et même avec cette expérience, certaines ne sauront jamais parfaites. Poser des prothèses ongulaires est un véritable art, et les prothésites des artistes. Les bonnes prothésistes vivent bien de leur métier, mais celles qui ne sont pas faites pour ça ont beaucoup de mal. Yves http://esthmanagement.canalblog.com/
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