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N°720 Décembre 2018

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Comment une simple erreur peut tout faire basculer ?

Par Laure Jeandemange
N°659 Mai 2013
Voici l'histoire de Christine, professionnelle avertie, qui a failli tout perdre à cause d'une employée, avec en plus les précieux conseils de la CNAIB pour éviter une telle situation.

Esthéticienne en France et à l'international

Christine a passé son CAP d'Esthétique à l'École Yves Rocher de Nantes en 1988. Diplômée, elle déménage à Paris pour travailler dans un magasin Yves Rocher. Il y a 20 ans, elle avait l'embarras du choix et passe ainsi deux ans à Chantilly aussi bien en cabine qu'en vente.

Puis elle réalise son rêve : travailler aux États-Unis, l'aventure dure deux ans. Sa patronne est française, elle travaille avec les produits Sothys. Là-bas, elle a beaucoup appris au niveau commercial car en Amérique les esthéticiennes ne sont pas salariées mais intéressées sur le chiffre d'affaires à hauteur de 30 % et 20 % sur les pourboires. «C'était très motivant» confirme Christine.


Après les États-Unis, Christine s'installe en Guyane à Cayenne où elle monte son premier institut, elle a 26 ans. À cause du climat, elle développe un eczéma, elle vend son affaire et revient en métropole. Elle ouvre un nouvel institut en Bretagne.

Problème, les crises d'eczéma recommencent. Il s'agit en fait d'une allergie aux produits de beauté. Il n'y a pas moult solutions, Christine doit changer d'activité ou porter des gants pendant les soins. Elle choisit la seconde option et porte donc des gants en vinyle, les clientes sont parfois surprises mais elle leur explique que c'est une question d'hygiène. La sensation est très proche de celle de la peau, elle n'a jamais rencontré de problème.

Christine reste quatre ans en Bretagne mais le soleil lui manque, elle décide de retourner en Guyane. Elle ouvre un institut à Kourou. Durant ces années ses enfants naissent, ainsi l'un est né aux États-Unis, un à Cayenne, un en Bretagne, un à Kourou et un en Nouvelle Calédonie et tout ça avec le même papa. Pour les études supérieures des enfants, la famille décide de rentrer en France, l'aventure à Kourou s'achève ainsi après huit ans.

Les problèmes commencent

Aujourd'hui, cela fait quatre ans que Christine est installée à Nîmes. Avec ses vingt ans d'expérience, Christine a de belles connaissances qu'elle souhaite faire partager à ses consoeurs via des formations. Elle choisit donc un local assez grand pour enseigner.

L'Institut Beautyfull ouvre ses portes avec deux apprenties, une en CAP et l'autre en BP. La jeune fille en CAP réussit l'examen et souhaite poursuivre sa carrière professionnelle ailleurs. La seconde rate son BP et refuse de redoubler. Christine négocie donc avec elle et l'embauche en CDI à condition qu'elle repasse son examen en candidat libre.

Attention, en droit français, on ne peut pas poser de condition lors d'une embauche en CDI. «Elle était très bien en cabine mais avait raté la théorie, je pensais qu'elle allait réviser et l'avoir facilement. Elle ne s'est jamais inscrite !» raconte Christine. Contractuellement rien n'est précisé car Christine, après l'avoir formée, faisait l'effort de l'embaucher, elle était certaine de ne pas être déçue.

Ce n'est qu'en fin d'année scolaire que Christine découvre que la jeune fille n'est pas inscrite, cette dernière tente malgré tout de faire croire que l'inscription a raté, le dossier s'est perdu. La réalité est autre : elle n'a jamais entamé la moindre démarche pour passer son BP en candidat libre, mais ça, Christine ne le découvrira que plus tard. En attendant elle la croit, nous sommes en septembre.

Toujours dans l'objectif de l'aider et, pour conserver son employée, Christine décide de mettre en place un CIF avec l'École Pigier. Le temps de travail à l'institut est réaménagé, tout est pris en charge. Mais malgré tout cela la jeune fille refuse de signer. Elle ne veut pas retourner à l'école et passer son diplôme. Le problème est que Christine a besoin d'une esthéticienne diplômée pour encadrer l'équipe. Malgré les explications de la gérante, la jeune fille n'accepte rien, pas même de signer le document confirmant par écrit son refus.

En octobre, Christine réalise qu'elle est la seule à travailler, les clientes demandent à ne bénéficier de soins qu'entre ses mains. C'est ainsi qu'elle découvre à quel point la jeune fille bâcle son travail, elle ne respecte pas les plannings et accorde des soins plus longs qui mettent une véritable panique dans l'emploi du temps. La cliente ne se plaindra jamais de profiter d'une heure et quart de modelage alors qu'elle n'a payé que pour une heure, mais lorsqu'elle reviendra, elle aura un vrai modelage d'une heure, et elle restera sur sa faim. C'est très mauvais pour la gestion de la clientèle et celle de l'institut.

Au fur et à mesure, une multitude de petites choses s'accumulent comme lorsqu'elle brûle une cliente pendant une épilation... Ce ne sont pas des fautes graves, mais les clientes ne viennent plus à l'institut après avoir été brûlées et une mauvaise ambiance naît au sein de l'équipe composée à ce moment-là de cinq personnes.

La situation doit changer. Christine organise alors une réunion en novembre pour lui expliquer qu'elle doit passer son BP, sinon elle ne sera pas gardée, mais on ne peut pas dire ça à une employée. Les choses s'enveniment, elle refuse la rupture conventionnelle, le chômage partiel, de prendre ses congés, rien. Elle ne veut pas de la rupture conventionnelle parce qu'elle n'aura alors pas droit à la totalité du chômage.

Christine va jusqu'à lui proposer une rupture conventionnelle tout en continuant à venir à l'institut en free lance pour le peu de clientes qui resteraient avec elle. C'est encore non. Christine en conclut qu'elle souhaite un licenciement économique pour bénéficier de 100 % de chômage pendant deux ans. Même si Beautyfull traverse la période calme de septembre à mars comme de nombreux instituts, un licenciement économique n'est absolument pas justifié et impossible car c'est la dernière arrivée qui devrait partir, en aucun cas la première ! C'est sans solution.

Christine se tourne alors vers un conseiller juridique, un expert comptable, son comptable, tous lui conseillent d'opter pour une rupture économique. Christine n'est pas d'accord car c'est une procédure longue, elle ne conçoit pas de travailler avec une salariée au quotidien à qui elle a reproché par écrit son comportement. La jeune fille constatant que les choses tournent au vinaigre pour elle tente de récupérer les coordonnées de certaines clientes !

Sachez qu'il y a un devoir de loyauté vis-à-vis de l'employeur même s'il n'y a pas de clause de non-concurrence. Ainsi une employée en congé parental ne peut prodiguer des soins esthétiques. «Une salariée peut être vraiment nocive pendant son préavis ! Ça me paraît impossible de garder quelqu'un en préavis de licenciement dans son institut au quotidien» explique Christine.

En effectuant des recherches sur Internet, Christine découvre le licenciement pour insuffisance professionnelle et insuffisance de résultat, c'est tout à fait sa situation. Tout le problème est que Christine ne respecte pas le protocole.

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