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Socio-esthéticienne : l'esthétique du cœur

Par Jeannine Monchaux , Socio-esthéticienne
N°637 Mai 2011
Rien de tel pour mettre en lumière une profession que d'interroger ses principaux acteurs, en l'occurrence ici les patientes qui font appel aux socio-esthéticiennes et les membres du corps médical qui collaborent avec ces femmes d'exception.

LES TEMOIGNAGES DES PATIENTES :

  • «Je tiens à vous faire part de l'importance pour nous, personnes fragilisées et souvent dans une certaine détresse morale et physique, d'avoir la chance et l'opportunité de bénéficier des services d'une socio-esthéticienne. Il est essentiel que chacun et chacune puisse conserver sa dignité ; notamment en ce qui concerne la pilosité pour certaines... Je pense que pour beaucoup, en plus du traumatisme réel lié à un handicap, l'épilation est indispensable surtout dans de tels moments où l'on dépend tellement des autres et aussi de leurs regards.» (Patiente)

  • «Je suis venue voir la socio-esthéticienne pour parler. Les aides-soignantes n'ont pas le temps, deux minutes c'est déjà Byzance. Elles ne sont pas assez nombreuses pour prendre soin de nous.Ce n'est pas parce qu'on est malade qu'on est obligée d'avoir l'air malade. Cela fait partie de la reconstitution de soi et passe par l'aspect extérieur. C'est aussi cela se réconcilier avec son corps.En règle générale, son corps, on ne peut plus le voir. Les petits détails, qui paraissent des détails pour les autres, ne sont pas insignifiants quand on est malade. Tout prend des proportions énormes. Si cela est bâclé, mal vu, ça prend des proportions. Le personnel hospitalier pense : «C'est pas grave, elle est malade». Quand on s'occupe de moi, c'est une récréation. En règle générale, on ne s'occupe que de la maladie, pas du malade !

    C'est important de soigner la tête, ce qu'il y a dans la tête. On a oublié cela trop longtemps ; les gens ne le réalisent pas toujours. J'ai l'impression d'être un objet pour une aidesoignante.ce n'est pas parce qu'on n'a plus ses jambes qu'on n'a plus sa tête, sa lucidité. On a autant besoin que les autres d'être caressée, reconnue en tant qu'être vivant. La maladie est déjà assez présente, si, en plus, elle doit être un écran avec soi et l'extérieur, c'est odieux. Intégrer tout ça, ce n'est pas dans les moeurs. Cela fait des années et des années qu'on a à se préoccuper du problème, mais dans les mentalités, ce n'est pas intégré. Pourtant on fait beaucoup de choses en touchant les gens. J'ai la chance de pouvoir m'exprimer. J'ai l'impression d'être entenduemais pas écoutée ; je le dis. Et de plus, on est dans un monde de communication, qui n'est pas capable de communiquer. Ex. : une infirmière entre pour prendre la tension et dit : «Le bras». On a besoin de parler à plusieurs personnes. Avec ces différentes personnes, on n'a pas forcément le même renvoi. On est tous uniques.
    Or, la société veut faire des généralités d'individus. On est tous différents, onne réagit pas pareil. On a des ententes, des discours différents selon les personnes. On ne s'adresse pas pareil à une psychologue, à une aide-soignante. On adapte le langage. Avec certaines personnes, que je parle ou pas, c'est pareil. Alors je ne parle plus. Le corps médical s'occupait jusqu'à alors de la maladie et pas du malade. On ne peut pas dissocier la personne de la maladie. La maladie n'est pasla personne. Ce n'est qu'un aspect de la personne. Quand toute l'équipe, les médecins, infirmières, etc., passent, ils parlent, expliquent ; le patient doit se prêter aux examens, ne rien demander. Sans la participation du malade, on ne peut pas faire ce qu'on veut, vouloir soigner seul la maladie sans la malade, c'est une utopie. Ce qui est important, c'est le respect. Respecter la personne et l'écouter. Vous, vous faites partie du service après-vente : tout ce qui ne va pas, les confidences...» (Patiente 36 ans)

  • Le travail de la socio-estheticienne en milieu hospitalier me semble primordial, surtout pour le moral des patients. En effet, parmi tous les soins qu'on peut pratiquer, elle est la seule qui n'est la que pour le bien-etre. Le passage de l'estheticienne rime avec bien-etre, douceur, embellissement. C'est un moment privilegie ou la finalite est uniquement d'etre chouchouté, écoutée. Chacune prend conscience qu'elle a un corps qui, meme si elle souffre d'une maladie, reste un corps qu'il faut regarder, dorloter, il n'est pas seulement existant que par les problemes mais aussi pour lui-meme.
    Souffrance ne rime plus avec indifference mais avec chance, chance d'avoir ce corps meme meurtri. On pourrait penser que faire un masque ou une epilation est quelque chose d'accessoire, voire de derisoire, dans un hopital de réeducation, mais moralement ces soins esthetiques sont peut-etre plus efficaces que la rééducation en elle-même, dans la mesure où ils réconcilient la patiente avec l'image qu'elle peut avoir d'elle-même et donc de l'image qu'elle pense que l'autre a d'elle... Parfois les choses qui semblent les plus insignifiantes ne sont-elles pas primordiales ? (Patiente)

  • «Accepter le handicap, c'est difficile. Il s'agit de compenser par ce qui est visibleautrement que médicalement. C'est du bonheur, du plaisir.On a besoin d'autre chose, du contact avec la société. Par votre intermédiaire, vous permettez d'oublier le handicap, le fauteuil, de se retrouver comme avant.
    Un «plus» c'est une complémentarité de soins, de prise en charge. C'est très important de se sentir bien dans sa peau, dans son corps surtout quand on est handicapée ; c'est déjà pas évident.
    Je fais attention à l'aspect physique, pas faire pitié, surtout pas. Ce n'est pas parce que je suis handicapée que je ne suis plus une femme.»  (Patiente)

  • «C'est extrêmement agréable d'avoir un contact verbal. Votre conversation entre dans mon problème. Vos gestes correspondent à la douceur et de la douceur, on en a si peu pendant les années de maladie. J'ai l'impression d'avoir rêvé, un rêve bien doux. Je regrette une chose, c'est de ne pas en avoir profité plus souvent. À chaque fois, vous étiez tellement accaparée, il vous faudrait plus de temps de votre part pour remonter le moral et le physique. Quand j'allais en institut, c'était que j'étais moins malade, cette action me paraissait agréable, mais banale, alors qu'aujourd'hui, cela m'a apporté de la douceur, de la détente, alors que la maladie prend beaucoup de place. J'ai apprécié ces soins à leur juste valeur, contrairement en institut où ils me semblaient banals.
    L'harmonie entre le son de la voix et les gestes a d'autant plus d'importance qu'on est habituée à des conversations rigoureuses. J'avais l'impression d'avoir un visage fripé. J'ai l'impression d'être un vieux linge froissé et d'être repassée à «la pattemouille».» (Patiente 56 ans)
  • «Le coeur chagrin, la tete pleine
    Ma peau fait des siennes
    Avec Jeannine l'estheticienne
    Entre un nettoyage de peau
    Et un masque de repos
    Un masque delicat et doux
    Joie et bonheur furent miennes
    Vraiment que du bonheur
    Ma peau douce de clarte pleine
    Je remercie Jeannine l'estheticienne
    Vraiment que du bonheur. » (Patiente)

  • S'évader, partager, échanger.
    Redonner confiance en soi.Bien-être, détente morale et physique.
    Contact humain.
    Se sentir un être unique.
    Se sentir bien dans sa peau, oublier ses maux et ses problèmes, ses douleurs morales et physiques. Parer à la solitude morale et affective de chaque personne par le contact des mains, redonner à la personne confiance en elle-même, la réconcilier avec son corps. L'aider à se reconstruire moralement et physiquement. Les personnes rayonnent en sortant de la cabine.
    L'échange qui s'est produit est un véritable tonique, bouffée de vitamines qui se lit sur le visage des personnes. Toutes sortent avec un immense sourire.
    C'est du rêve tactile et gratuit, donc pour tout le monde.Il n'y a plus de barrière : argent, âge, douleur, moyen des déplacements, il y a égalité et solidarité.» (Patiente)
  • «Après le massage, j'ai ressenti une impression de bain de jouvence que vous m'accordiez. Je pense que c'est une relaxation aussi forte qu'une séance de relaxation. On se retrouve soi-même, c'est-à-dire sans les «à-côtés» qui nous perturbent, qui nous gênent. On se «laisse aller» complètement. Le premier soin, j'aurais aimé que le massage dure plus longtemps. Je sens un réconfort au niveau du visage. En ce moment, je sens les muscles se contracter et le massage autour des yeux et de la bouche (j'ai une congestion faciale) ça a fait recommencer à travailler, c'est un rafraîchissement et aussi l'oubli des contrariétés. C'est vivifiant, c'est une manipulation aussi forte que l'iode de Berck oùl'envie de revivre reprend.
    Ça me donne l'envie de vivre, je suis repartie pour combattre. On oublie tout, on est prête à affronter toutes les perturbations qui nous attendent.Ça donne envie de revivre pleinement et d'entraîner d'autres malades qui s'enfoncent et qui auraient bien besoin de cette aide. Les personnes queje rencontre n'ont pas la possibilité de se maquiller.
    Le maquillage, c'est indispensable ; c'est le respect humain, rester féminine face aux autres. Après on se sent différente.Tout le monde a le droit à cette résurrection par le corps et le mental. On associe les deux.» (Patiente 50 ans)

  • «J'ai éprouvé un bien-être complet. J'ai pu exprimer ce dont j'avais besoin parce que je suis passée par des moments difficiles : par cette opération et du chagrin ancien que j'ai pu partager avec vous, ce qui m'a apporté un réconfort. J'en parle peut-être pas assez de ce décès (décès de son fils), j'ai besoin de m'exprimer surtout dans ces moments anniversaires. Vous m'avez apporté beaucoup dans ce sens-là. Votre soin est très physique, il touche les sens, ce qui m'a permis de me libérer un peu psychologiquement. Vous faites un métier formidable, vous êtes proche des gens, vous êtes à leur portée.» (Patiente)
  • «Je suis infirmière depuis 24 ans, j'ai eu un accident de voiture en septembre 98 et j'ai été hospitalisée à Calvé en mars 99. J'ai pris rendez-vous avec Jeannine Monchaux pour obtenir quelques conseils sur le plan esthétique, n'ayant jamais pris le temps de soigner ma propre personne, étant débordée par mon travail. Après un accident, nous changeons de mentalité.
    J'ai trouvé un accueil et surtout une écoute auxquels je ne m'attendais pas. Ilest en effet très important de pouvoir être comprise et soutenue dans de telles circonstances. Par la prise de contact «soins», il ne faut pas ignorer le mental.J'ai effectivement trouvé ce réconfort auprès de Jeannine Monchaux. Le côté social de son métier est à mon avis très important. Étant aujourd'hui de l'autre côté de la barrière (soignée et non soignante), je peux souligner l'importance morale de ce service.» (Patiente 46 ans)
  • «Vous êtes importante, vous nous redonnez notre féminité.» (Patiente)

  • «C'est pour moi aujourd'hui le départ, cela va être difficile car j'étais bien dans cet établissement. Très bien soignée auprès des médecins,kinés, ergos, psychiatres et vous. J'ai retrouvé une confiance en moi, vous m'avez beaucoup aidée, vous m'avez écoutée, vous étiez très attentive. J'ai découvert avec vous que je pouvais être bien dans ma peau grâce à vos masques de détente, leur fraîcheur me caressait le visage et en même temps le coeur. J'ai souffert de mon opération. J'ai eu beaucoup de mal à l'accepter aussi, j'étais déprimée. Aujourd'hui, je le suis moins car je me suis aperçue que vous m'avez aidée dans mes tracas. Je suis venue vous voir régulièrement et pour moi c'était tout nouveau. J'ai 32 ans, c'était la première fois que je me faisais faire des soins de peau, je vois la différence.J'étais étonnée lorsque vous m'avez dit qu'il y avait des hommes qui venaient vous voir, mais je sais qu'ils venaient aussi pour soulager leurs petits tracas et que vous étiez à leur écoute. Je vous estime, Jeannine, et je suis désolée que vous n'ayez pas un cabinet privé, vos soins de détente vont me manquer, mais aussi votre compréhension, votre sourire qui me donnait du baume au coeur.
    Je ne pourrais pas vous oublier et j'espère avoir l'occasion de venir quelques jours à Berck pour passer vous voir ici dans cet établissement qui vous convient très bien. Vous êtes faite pour ce métier qui n'est pas simple parfois. Les patients ont beaucoup de chance de vous connaître et j'espère que vous en aurez davantage encore. Je vous souhaite une très grande carrière car vous êtes douée. Je vous remercie encore de m'avoir accordé du temps pour me faire belle et aussi pour me soulager le coeur.» (Patiente 32 ans)

  • «Lorsqu'on souffre d'un handicap, suite à une maladie ou un accidentet que l'on se retrouve plus ou moins prisonnier de son corps, il est important d'accorder encore plus de soins à celui-ci et plus particulièrement auvisage afin de se sentir «bien dans sa peau», ce qui permet de continueren tant que personne à part entière. Quelle victoire d'arriver à faire oublier notre handicap et de donner aux autres l'envie de venir vers nous surtout parce que nous nous sentons bien nous-même !» (Patiente 50 ans)

  • «À chaque séance chez Jeannine, je me relaxe, je me sens détendue,moins stressée et surtout écoutée et comprise. Les petits massages sur mon visage me semblent des ailes de papillonset m'enlèvent tous me soucis.» (Patiente)

  • «Merci pour les soins apportés, soins qui n'étaient pas seulement physiques car votre personnalité et votre coeur m'ont beaucoup aidée. Sans vous en rendre compte peut-être, vous m'avez apporté des conseils sur l'art de l'esthétique mais également sur l'art du bien-être.» (Patiente 20 ans (après une tentative de suicide))

LES HOMMES AUSSI TEMOIGNENT:

  • «Socio-esthéticienne» : nom barbare pour définir la capacité que possède Jeannine pour mettre en exergue la beauté de l'être en s'aidant de la beauté de l'âme. Un masque, un massage, un soupçon de maquillage et vous voilà prêt à affronter les jours qui viennent vous rappeler qu'être bien dans sa tête, c'est aussi être bien devant son miroir.» (Patient 39 ans)

  • «Je suis pour ce travail pour qu'il soit proposé à tout le monde, quel que soit son handicap, son âge, pour donner un déclic à la personne, lui redonner le sens de la dignité, de la confiance en soi, apprendre à se respecter,à se battre face à la maladie, ou tout simplement afin qu'elle s'occupe de son corps ou pour aller loin dans son chemin vers un mieux ou la guérison ; s'occuper de son corps n'est pas futile.» (Patient)

  • «Je pensais que les soins n'étaient réservés qu'aux femmes. Je ne pensais pas un jour faire des soins esthétiques. Il a fallu que je vienne à la F.F.A. pour connaître les bienfaits de ces soins. Ils sont très relaxants et c'est par plaisir que l'on vient dans ce lieu qui soi-disant n'est réservé qu'aux femmes. Je pense revenir l'année prochaine et faire encore plus de soins. Je ne savais pas qu'au niveau du visage, on pouvait ressentir autant de relaxation et de détente et qu'il y avait une réparation sur l'ensemble du corps. Ce n'est pas seulement l'ensemble du visage qui est détendu, tout le corps en profite.» (Patient)

  • «Pour la première fois, j'ai fait la connaissance d'une socio-esthéticienne.Au début, j'avais une appréhension et, après discussion, j'ai voulu essayer un soin du visage où l'impression m'a été très favorable.J'ai découvert le massage et j'ai eu une relaxation sensationnelle, détendu,ne pensant à rien, étant dans un état de relaxation totale. Après être ressorti et être allé dans ma chambre, allongé, j'ai repensé au moment très agréable passé. Du coup, je suis redescendu pour prendre un autre rendez-vous.» (Patient 61 ans)
  • «Vous apportez un rôle psychologique par le soin du visage, un aspect psychologique par l'apparence physique. Par rapport à la psychologie, cela me permet en tant que malade de me reprendre en main. Je suis malade, je ne dois pas me laisser aller, je dois réagir. Est-ce que je me soigne bien ? Ce n'est pas le cas, j'ai des choses à changer, je découvre l'importance de la peau, avoir une belle peau. C'est important de laisser une bonne image de soi, la peau est ce qu'on voit. On recherche à travers soi à transmettre une image, à être bien perçu, à être bien dans sa peau, être physiquement bien, mettre tous les moyens de son côté.» (Patient 44 ans)

  • «Les soins et surtout le massage permettent de s'épanouir et de ressentir certaines choses. C'est un moment de bien-être, de laisser aller, de repos. Après une journée d'effort, cela permet de s'évader.Quel que soit le handicap, cette notion d'évasion est probablement similaire chez nous tous. C'est-à-dire qu'on laisse l'imaginaire parler et que l'on ressent sur sa peau et dans son corps des moments assez indescriptibles de bien-être. Le massage permet en fait un retour à l'harmonie avec soi-même. Il permet d'effacer une journée de fatigue et de stress, il est récupérateur.» (Patient)

  • «Pourquoi les femmes seraient-elles les seules bénéficiaires des soins dispensés par une socio-esthéticienne ? Cette idée semble ancrée au fond de nous et il paraît inconcevable de voir un homme demander des soins du visage et des mains. Or à Calvé, une socio-esthéticienne prodigue des soins aux patients qui en sont demandeurs. Depuis peu, la gent masculine se manifeste et fait appel aux bons soins de Jeannine Monchaux qui, outre, s'occuper de la santé de l'épiderme, explique à ces messieurs comment entretenir et ne pas agresser la peau de leur visage. Quoi de plus naturel que d'avoir un visage rayonnant ? Enfin, il est vrai qu'elle nous apporte aussi un soutien moral non négligeable. Toujours gaie, disponible, souriante, parfumée, élégante, elle nous fait oublier nos problèmes physiques et quelquefois psychiques dus à l'hospitalisation. Il ne faut pas, bien sûr, oublier sa compétence et la gratuité des prestations pour les patients.» (Patient 44 ans)

LES TEMOIGNAGES DU CORPS MEDICAL :

  • «Pour certaines personnes, l'anesthésie peut provoquer une dépression que l'on appelle «réactionnelle», d'où l'importance des soins.» (Médecin)

  • «C'est reprendre soin de son corps, se prendre en charge. C'est une nouvelle image de soi, même par rapport aux autres, c'est se respecter. C'est lutter contre la dépression réactionnelle suite à des accidents, traumatismes, maladies.» (Médecin)

  • «C'est important d'attirer l'attention des autres. Si quelqu'un dit «comme ta peau est belle», ce sont des remarques, des compliments qui n'ont rien à faire avec des produits médicaux. À l'hôpital, le patient entend très peu de compliments en dehors de ce qui concerne sa pathologie... Il se sent, à travers les soins esthétiques, redevenir un être humain. Sur le plan affectif, c'est aussi important. Le toucher est important pour ce type de patient. Ce sont pratiquement les seuls gestes affectifs qu'il reçoit. D'autre part, la famille a peur, est mal à l'aise face au handicap,oublie le calme. Il est important que quelqu'un comme vous qui n'a rien à voir avec le médical et la famille, ait ces gestes affectifs.» (Médecin)

  • «Vous attirez des confidences par le fait que vous avez un moment privilégié de présence auprès de la personne et cela dure un certain temps.En plus, c'est un temps de restructuration de la personne. Quand les gens ont une démarche positive sur le paraître, le bien-être ou l'apparence, cela prédispose à faire des confidences. Il y a certaines choses que vous pouvez recevoir qui n'ont pas été dites à d'autres. Votre regard différent peut apporter des informations importantes qui ont échappé à d'autres membres de l'équipe de soin. Il est donc important que vous fassiez toujours part de vos étonnements aux médecins, ou aux infirmières. Votre rôle vous lie donc à une équipe médicale, dans la mesure où il fait partie d'un projet de réhabilitation, de restructuration de la personne, de son image, d'elle-même, et au même titre que se déplacer, communiquer dans sa vie quotidienne : c'est une prise en charge globale pour rendre la dignité à la personne. Dans notre spécialité de rééducation et de réadaptation fonctionnelle, notre objectif est bien la prise en charge globale de la personne en traitant le handicap et ses répercussions physiques et psycho-sociales.
    Une esthéticienne en libéral traite la personne de manière isolée. Le soin terminé, les informations qu'elle peut apporter et ressentir ne sont pas partagées par l'équipe. Votre regard est aussi important que celui du médecin ou de l'infirmier. Vous avez une démarche démédicalisée tout en étant dans la structure.» (Médecin)

  • «Dans les centres de rééducation fonctionnelle, il existe une réelle perte de l'estime de soi chez les patients dont la représentation du corps est altérée. La socio-esthétique permet à la personne de restaurer l'image qu'elle peut avoir d'elle-même, de revaloriser, rassurer, aider à affronter le regard des autres, tout en passant un moment agréable pendant lequel traitements, souffrances et «institution» seront oubliés.» (Psychologue)

  • «Les pathologies, c'est une chose ; derrière tout cela, il y a le moral et le psychisme qui jouent beaucoup. L'image de soi est importante. Quand quelqu'un n'accepte pas le regard des autres, il a plus de mal à s'en sortir.» (Infirmière)

  • «La présence d'une socio-esthéticienne dans l'établissement offre aux patients la possibilité de bénéficier de soins esthétiques, soins qui peuvent paraître accessoires pour certains mais qui sont essentiels pour d'autres.À l'hôpital, les soins techniques (soins médicaux, soins en rééducation fonctionnelle, ...) sont privilégiés et les soins d'apparence ou soins esthétiques sont relégués au second plan ou sont souvent inexistants.
    Le travail de la socio-esthéticienne à l'hôpital doit s'inscrire dans une démarche de ce regard médical. Il ne s'agit plus du patient qui subit un traitement, mais bien d'une personne qui choisit un soin. Cette séance de soins peut être vécue par la personne comme un moment de détente, ce qui favorise souvent la verbalisation. La socio-esthéticienne peut permettre à la personne de se refamiliariser avec ce corps actuellement en souffrance psychologique, qui conduit le patient à se replier sur lui-même, à laisser de côté les soins d'apparence et à être en rupture avec l'extérieur.
    Le soin esthétique peut favoriser l'émergence d'une nouvelle dynamique relationnelle. Il peut y avoir un déclic grâce au maquillage, par exemple. La personne peut alors poser un nouveau regard sur elle-même. De plus, le maquillage apporte à la personne hospitalisée une possibilité de valoriser l'image qu'elle renvoie à l'autre.Il ne faut pas oublier que le visage joue un rôle déterminant dans la reconnaissance de son propre corps par le sujet.» (Neuro-psychologue)

  • «Aborder l'existence du soin esthétique en milieu hospitalier peut paraître surprenant, l'esthétique étant considérée, en général, comme un service de luxe. Présentée dans notre milieu, avec tous ses atouts (physique, psychologique...), ce soin nous aide à rejoindre d'une façon différente des objectifs communs de prise en charge.
    L'aide-soignante pendant un soin d'hygiène (toilette) apporte un bien-être au sens propre. Ce n'est pas un soin douloureux comme les escarres, par exemple, où il y a parfois obligation de faire mal. En effet, le soin infirmier est nécessaire, soulage et apporte une guérison au patient mais peut être mal supporté sur le plan physique. Il est donc important d'accompagner ce soin d'une aide psychologique.
    Le soin esthétique apporte ce bien-être et cet accompagnement psychologique sans douleur physique, il complète parfaitement la prise en charge globale du patient.Vos observations écrites enrichissent nos rapports de synthèse. Toute marque a sa valeur dans une équipe, quelle que soit la catégorie professionnelle.La simple image que l'on peut donner à l'autre est importante que ce soit une personne en bonne santé ou malade. On a besoin de positiver son image.» (Surveillante)
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Commentaires

  • Anonyme 07/10/2012
    bonjour je voudrai connaitre lamrque et le nom de la nouvelle colle longue duré pour les cils
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