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N°753 Décembre 2021

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La lumière bleue, un nouveau danger pour la peau ?

N°743 Janvier 2021
Après le soleil et la pollution, on découvre que la lumière bleue peut avoir un impact négatif sur l’épiderme. Mais certains gestes en cabine et à domicile peuvent éviter le pire. Rencontre avec le Dr Corinne Seban, Médecin esthétique.

D'OÙ VIENT LA LUMIÈRE BLEUE ?

La lumière bleue, c'est d'abord de la lumière naturelle, émise par le soleil. Elle fait partie du spectre lumineux visible et correspond aux parties bleu-violet et bleu-turquoise situées entre les ultraviolets (UV) et la lumière verte, avec une longueur d'ondes comprise entre 380 et 500 nanomètres.

Derrière cette appellation «lumière bleue», se cachent en fait trois variétés de lumière : le bleu dit principal qui est neutre, le bleu turquoise qui apparaît à partir de 490 nanomètres et le bleu violet qui, lui, dispose d'une longueur d'ondes plus courtes, entre 415 et 450 nanomètres et qui, de ce fait, dégage plus d'énergie que les deux précédentes.

Le soleil n'est pas le seul à émettre cette fameuse lumière bleue.

Dans l'environnement moderne, de nombreuses sources diffusent ce type de lumière.

Les ampoules Led de plus en présentes dans les éclairages intérieurs à cause de leur durée de vie et leur faible consommation d'énergie par rapport aux ampoules classiques ainsi que tous les écrans dont on ne peut plus se passer au quotidien, tant dans notre vie privée que professionnelle : ordinateur, téléphone, tablette, jeux vidéo... «C'est cette multiplication de sources de lumière bleue qui à terme, peut poser problème», explique le Dr Seban, médecin esthétique.

DES ASPECTS POSITIFS ET NÉGATIFS

À la base, la lumière bleue n'est pas dangereuse pour la santé et présente même des bienfaits pour l'organisme. Celle qui est émise par le soleil, et notamment la partie bleu turquoise à ondes longues, stimule le réveil de l'organisme et possède un effet régulateur sur la production de mélatonine.

Grâce à elle, on se réveille du bon pied, de bonne humeur et l'énergie tant intellectuelle que physique est stimulée pendant les heures de jour.

Les ondes courtes correspondant au bleu-violet sont plus problématiques car toutes les études démontrent que ces ondes fortement énergétiques peuvent à la longue se révéler nocives.

La lumière naturelle envoie toutefois de faibles quantités de lumière bleue et a donc un impact minime sur l'organisme, ce qui n'est pas le cas pour la lumière artificielle et celle des écrans qui génèrent des intensités de lumière bleue bien supérieures à celle produite par le soleil.

Une exposition prolongée provoque à terme des troubles du sommeil, raison pour laquelle il est fortement conseillé d'éteindre toutes les sources de cette lumière dans la chambre à coucher et de ne pas s'y exposer juste avant d'aller dormir.

Mais ce que les spécialistes ont dans leur ligne de mire, ce sont les ondes bleu-violet.

«Plus longues que les ultra-violets, elles pénètrent dans l'œil en profondeur, créant des troubles visuels qui peuvent aller de la simple fatigue oculaire jusqu'à de graves lésions au niveau de la rétine» explique le Dr Seban.

Depuis quelques années, les dermatologues évoquent également ses effets nocifs sur la peau.

Un phénomène qui s'explique par la proximité des appareils électroniques avec le visage et la fréquence des éclairages artificiels qui règnent 24 heures sur 24 dans les centres commerciaux, les immeubles de bureaux, les boutiques, etc.

UNE STRATÉGIE EN TROIS ACTES

Pour agir efficacement contre cette nouvelle agression de l'environnement, il faut d'abord comprendre comment elle agit.

«La bonne nouvelle, rappelle le Dr Seban, c'est que les effets de la lumière bleue semblent a priori moins importants que ceux des ultra-violets, des rayons très énergétiques dont on connaît bien l'action délétère sur la peau.»

On peut toutefois cibler trois niveaux d'actions dont il faut se soucier afin d'éviter des désordres cutanés qui vont se surajouter à ceux provoquer par les ultra-violets, la pollution, les désordres liés au style de vie et à l'alimentation.

Les premiers effets d'un excès de lumière bleue se ressentent au niveau de la couche cornée.

Ce rayonnement accélère la désorganisation des kératinocytes, ces cellules formant une barrière naturelle avec, à la clé, une accélération de la déshydratation, une moins bonne protection contre les agressions extérieures et un teint terne.

La solution

Le bon geste consiste à uniformiser la couche cornée afin de la lisser en surface et prévenir la perte de luminosité.

Une série de peelings aux acides de fruits réalisés en cabine corrige aisément les irrégularités de l'épiderme tout en favorisant la formation d'une couche cornée plus uniforme et de bien meilleure qualité.

Vous pourrez compléter cette cure par l'utilisation régulière à domicile d'un gommage doux ou mieux encore par un soin de nuit contenant des AHA.

Le Dr Seban rappelle également l'importance d'appliquer une crème de jour suffisamment nourrissante et réparatrice, le premier réflexe pour protéger l'épiderme au quotidien que beaucoup de femmes négligent encore.

L'hyperpigmentation

La lumière bleue est certes moins énergétique que les ultra-violets mais elle pénètre plus en profondeur dans les tissus, déréglant notamment le fonctionnement des mélanocytes.

Conséquence : ces cellules productrices de mé- lanine peuvent être hyper stimulées avec, pour résultat, l'apparition même en hiver de taches d'hyperpigmentation.

Ce phénomène est particulièrement flagrant sur les peaux mates, qui possèdent naturellement une plus forte concentration en mélanine et qui risquent de présenter une coloration irrégulière, proche du chloasma ou masque de grossesse.

La solution

Une fois apparue, l'hyperpigmentation exige des traitements en cabine sur le long terme combinant peeling, sérum dépigmentant et masque éclaircissant.

Face à une exposition quotidienne importante à la lumière bleue, notamment pour des raisons professionnelles (travail face à un écran pendant des heures ou sous un éclairage artificiel), le meilleur conseil à donner à votre clientèle est d'appliquer même en dehors des périodes estivales où l'on s'expose au soleil, un soin de jour avec un indice de protection 20.

C'est sans danger dans la mesure où il existe des formules à base de filtres minéraux qui ne pénètrent pas dans l'organisme. Par ailleurs «Tous les produits contenant des pigments sont d'excellents boucliers contre la lumière bleue» déclare le Dr Seban.

D'où l'intérêt de se maquiller en utilisant une BB crème, une crème teintée ou un fond de teint selon les habitudes de maquillage.

Le stress oxydatif

Même si c'est dans une moindre mesure que les UV, il a été prouvé que la lumière bleue accélère le vieillissement cutané.

On a vu qu'elle pénétrait jusqu'aux mélanocytes situés dans la couche basale de l'épiderme mais elle a également le pouvoir d'atteindre le derme, là où sont produites les deux protéines responsables de l'élasticité et de la fermeté de la peau.

Elle attaque les fibroblastes productrices de collagène et d'élastine et augmente le phénomène d'oxydation. Face à ces agressions, les défenses naturelles sont vite débordées, ce qui débouche sur ce qu'on appelle le stress oxydatif.

«La production de radicaux libres dans l'organisme et plus particulièrement dans les tissus cutanés est un phénomène naturel, c'est ce qu'on appelle le vieillissement, rappelle le Dr Seban.

Mais il est bien connu que des facteurs extérieurs peuvent aggraver la situation et une exposition importante à la lumière en fait partie.»

La solution

La meilleure parade est l'utilisation d'un soin anti-oxydant en soin de jour, période où l'exposition à toutes les lumières est maximale.

Le Dr Seban insiste également sur l'utilité de stimuler la micro-circulation sanguine et lymphatique car c'est par là que s'évacuent toutes les toxines et notamment les radicaux libres.

«Un modelage facial de vingt minutes chaque semaine constitue le meilleur remède contre l'oxydation des cellules et, par conséquent, le vieillissement prématuré lié à cette oxydation.»

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