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N°710 Janvier 2018

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L'esthétique autrement

Par Françoise Périer
N°710 Janvier 2018
Autrefois, les esthéticiennes étaient formées et formatées pour dispenser des soins de beauté en institut, mais la clientèle et les besoins ont changé et la profession a dû s’adapter et élargir son horizon.

Isabelle Benmansour, Ester Ly et Nathalie Sacreste sont des expertes qui, avec enthousiasme, talent et éthique, ont développé une autre idée de l'esthétique qui marie une exigence professionnelle sans faille et un haut degré de savoir-être.

L'ESTHÉTIQUE À DOMICILE

Isabelle Benmansour : Voici les raisons qui m'ont amenée à être là aujourd'hui et surtout les raisons qui ont fait que j'ai choisi de soutenir et de former les esthéticiennes à domicile. J'ai passé mon BTS en 96, j'ai travaillé en institut, en parfumerie, puis je suis partie en relation clientèle, tout en continuant de travailler à domicile.

Ensuite, je suis devenue coach et manager en relation clientèle, puis j'ai travaillé pour les 3 Suisses. Suite à un plan social, on m'a proposé de m'accompagner pour créer mon entreprise, je me suis dit : « C'est bon, c'est le moment allonsy ! On va repartir dans le créneau de l'esthétique à domicile».

En plus, j'avais déjà un fichier de clientes car je vendais à domicile pour différentes marques. J'ai fait mon business plan pour m'installer sur Tourcoing, dans le Nord. Tout se passait très bien et allez savoir pourquoi, j'ai décidé de déménager à Carcassonne dans le sud de la France en pensant que ça allait être pareil...

Pas de clientes...

Je pensais que le business plan fait pour une région pouvait très bien fonctionner pour une autre... Erreur ! J'ai eu une grosse traversée du désert, presque pas de clientes pendant neuf mois, pas de chiffre d'affaires, aucunes perspectives, ni techniques pour percer le marché carcassonnais.

J'ai donc commencé par distribuer des flyers un peu comme tout le monde dans les boîtes aux lettres, à tout va et puis j'ai attendu que le bouche-à-oreille se mette en place. J'ai commencé à avoir quelques clientes, je n'ai pas eu de chance, c'était des femmes de militaires qui n'avaient aucun réseau social, donc forcément le bouche-à-oreille n'a pas trop fonctionné.

Comment je m'en suis sortie ?

J'étais vraiment esseulée, j'ai mis en place le blog esthéticienne.net pour partager mes galères et éviter aux autres esthéticiennes de commettre les mêmes erreurs. Je me suis formée aux techniques du webmarketing qui fonctionnent vraiment très très bien pour l'esthétique à domicile.

J'ai repris à zéro tout ce que j'avais appris dans la vente à domicile, la vente à distance et toutes les techniques de prospection et, à partir de là, tout s'est enchaîné... J'ai réussi à constituer mon fichier clientes, en à peine trois mois, j'ai eu 150 clientes ! Le chiffre d'affaires a été au rendez-vous, j'ai réussi à trouver les bonnes personnes qui avaient un bon réseau social à Carcassonne et tout s'est bien passé.

Sauf que mon mari a trouvé du travail dans le Nord. Nous sommes donc repartis ! Est-ce que j'allais réussir à reconstituer ma clientèle dans le Nord où alors est-ce que je choisissais d'aider les esthéticiennes à réussir dans leur métier ?

Le choix s'est imposé naturellement car j'avais de plus en plus d'esthéticiennes qui me demandaient des conseils, me posaient des questions et qui étaient en difficulté.

Mon combat...

Aujourd'hui, mon grand combat est de faire en sorte que l'esthétique à domicile soit prise au sérieux, que les marques travaillent avec nous, que nous ne soyons pas considérées comme le canard boiteux de la profession et puis surtout pour que le métier puisse acquérir ses lettres de noblesse.

Aujourd'hui, le marché souffre du manque de professionnalisme des esthéticiennes parce qu'elles ne sont pas préparées à ce type de métier, elles sont prêtes à travailler en institut ou en tant que spa praticienne mais pas forcément pour l'esthétique à domicile. Il y a également un grand manque de moyens, les banques ne veulent pas suivre les esthéticiennes à domicile, ce n'est pas assez sécurisé.

Comment convaincre les banques ?

Comment convaincre les banques ?

Il faut une bonne préparation avec un business plan pour montrer que vous êtes sérieuse, que vous avez bien étudié votre marché, que vous savez de quoi vous parlez, que vous savez où va l'argent, comment l'investir, où trouver votre clientèle et créer le chiffre d'affaires nécessaire pour rembourser votre prêt. En campagne, il y a beaucoup de clientes qui connaissent très bien la coiffure à domicile mais qui ignorent totalement ce qu'est une esthéticienne à domicile et ce qu'elle peut lui apporter.

Comment mettre toutes les chances de votre côté pour réussir ?

Préparez votre projet, vous devez acquérir des compétences en vente, marketing, gestion, ces choses qu'on n'apprend pas forcément dans les écoles. Vous pouvez vous faire accompagner par la Chambre de Métiers, le comptable, votre banque ou encore certaines associations.

Sachez que toutes ces structures vont vous renvoyer vers les professionnels du secteur dont je fais partie. Je peux vous aider, il y a un blog, une plate-forme de formations en ligne dédiée uniquement à l'esthétique à domicile et le coaching par téléphone.

L'ESTHÉTIQUE EN BEAUTY TRUCK

Ester Ly : Je suis à l'origine du premier beauty truck de la Côte d'Azur. J'ai suivi des études de communication, j'ai travaillé dans la publicité et c'est à ce moment-là que j'ai rencontré beaucoup de monde, en particulier des artisans, des créatrices de mode, de bijoux et des esthéticiennes. J'ai rencontré tous ces gens qui travaillaient avec leurs mains et ça me fascinait.

Je trouvais formidable le fait de travailler avec ses mains, faire quelque chose de concret, moi aussi je voulais un résultat palpable et pas juste du commercial.

C'est lors d'un déplacement professionnel à Paris, je n'avais pas eu le temps de me faire les ongles, dans le métro j'ai appliqué mon vernis et c'est là que ça m'a fait tilt : «C'est ça qu'il faut, proposer un service à toutes les femmes actives qui n'ont pas le temps de s'occuper d'elles, ou alors qui ne peuvent que le week-end mais ça leur prend du temps sur leur vie de famille».

Les instituts sont saturés le week-end parce que tout le monde s'y précipite. J'ai surfé aussi sur la vague des food truck qui était la grande tendance, j'ai trouvé ça super sympa et je me suis dit «Pourquoi ne pas proposer un service de beauté directement en entreprise ?». C'est ainsi que j'ai eu l'idée de monter un beauty truck.

Je lance mon beauty truck

J'ai donc quitté mon travail, passé un CAP Esthétique et acheté une petite remorque. Un assistant m'a aidé à tout mettre en place et j'ai débuté mon activité. C'est vrai que mes formations précédentes en communication et en commercial m'ont beaucoup aidée. J'ai pu faire moi-même mon site Internet, mon logo, ma communication. J'ai monté mon entreprise de A à Z.

Démarcher, me bouger, me faire voir !

Je n'ai pas eu peur de démarcher les entreprises. Sophia Antipolis est le premier technopôle de France, ce qui représente un énorme potentiel que j'ai exploité. J'ai rapidement eu des bons contacts avec des CE et j'ai pu travailler tout de suite avec les organismes et pas juste avec des clients individuels un par un.

Petit à petit, j'ai commencé à faire mon réseau parmi les entreprises. J'ai aussi utilisé beaucoup l'événementiel, les salons comme le salon du mariage, les foires, les festivals de musique pour proposer des prestations, me faire connaître et agrandir mon réseau. Grâce à ça j'ai atteint des enseignes comme Les Galeries Lafayette qui m'ont contactée pour proposer une animation lors de la fête des Mères.

À la suite, j'ai eu d'autres contacts, j'ai travaillé avec Polygone Riviera qui est un grand centre commercial de la région. Enfin, j'ai développé toute une partie privatisation pour des événements privés comme des mariages ou des anniversaires.

Aujourd'hui, je m'adresse à vous parce que j'ai monté tout cela toute seule grâce à mes compétences antérieures et qu'il y a un vrai potentiel dans d'autres villes de France.

L'ESTHÉTIQUE ET LA NATUROPATHIE

Nathalie Sacreste : À la base, je suis pharmacien et j'ai pu m'apercevoir derrière un comptoir de pharmacie que la santé ne se limitait pas qu'à distribuer du médicament. J'ai vécu de nombreux questionnements personnels me disant que la santé ne pouvait être bonne qu'en parlant de santé globale. J'ai travaillé avec des esthéticiennes, des ostéopathes, des médecins, et j'ai fondé «La Santé Globale» qui m'a permis de mettre dans mon cabinet plusieurs outils de travail. Ça s'est fait sur quelques années, je voulais vraiment aller plus loin dans la recherche du bien-être et de la santé.

Je suis reflexologue, diététicienne, ambassadrice chez Bjorg où je valide des compositions d'aliments. J'ai fondé la société «Jeûne et Actif» et je propose dans les instituts, les spas, des journées de jeûne, de cure détox. Aujourd'hui, même si ça fait vingt-cinq ans que je crée des liens avec les esthéticiennes, je veux en créer davantage pour partager l'expérience que j'ai du terrain de la santé et de l'esthétique.

Entre la naturopathie qui englobe l'alimentation, les soins du corps, les massages, l'acupuncture et l'esthétique, il n'y a qu'un pas entre vous et moi. Mais nous travaillons dans des secteurs bien délimités. L'esthéticienne fait de l'esthétique, la naturo fait de la naturo, etc. Vous connaissez la chanson et je trouve qu'on est tous perdants.

En travaillant ensemble, nos idées, notre partage et nos compétences font vraiment la force sur le terrain et il se passe alors vraiment des choses autant dans les cabinets de naturopathie que chez les esthéticiennes ou dans les spas.

Aller plus loin que les soins esthétiques...

Aujourd'hui, je vous propose une nouvelle vision de l'esthétique : faire de l'esthétique intégrative de façon à aller plus loin dans vos soins, dans la santé en institut. Parce qu'on en parle peu ou pas. Quand une cliente vient chez vous, elle vient pour un soin du visage par exemple, mais elle ne vous dira pas : «J'ai des kilos à perdre, des maux de tête, à la maison ça va pas bien...».

En collaborant ensemble, on arrive à travailler sur des plans bien plus profonds que nos métiers séparés. Je vous propose de partager un soin aux fleurs de Bach, que j'ai mis en place il y a sept ans avec ma fille qui est esthéticienne. Ce soin «Naoma» permet de travailler sur le corps et sur le plan émotionnel avec de la médecine traditionnelle chinoise sur le vaisseau gouverneur, le vaisseau conception. Je forme des experts à ce soin.

Je peux vous proposer d'intégrer au sein de votre institut des journées détox où je prends en charge la partie méditation et, vous, les soins.

C'est un partenariat, en intégrant chez vous des cures détox, en touchant bien sûr au soin, au massage et à la beauté on touche à la santé évidemment. Je vous propose aussi du jeûne. Je veux éveiller les esprits à l'alimentation, au jeûne, à la santé et non pas aux restrictions.

On voit fleurir des bars à jus et je regrette de ne pas voir plus d'extracteurs de jus dans les instituts parce qu'on travaille vraiment la santé en travaillant sur des jus. C'est facile à mettre en place. Il faut travailler ensemble sur le corps, l'alimentation qui est le pilier de la santé, de la beauté. Il faut travailler ensemble de façon à créer un vrai partenariat pour une fidélisation de votre clientèle.

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