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N°720 Décembre 2018

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Acné : les résultats d'un sondage sur plus de 10 000 français !

N°669 Avril 2014
CSA Santé a réalisé avec le soutien des Laboratoires Pierre Fabre un immense sondage sur plus de 10 000 Français, auquel il a associé 24 millions de résultats sur Google. Du jamais vu !

Avec 24 millions de résultats associés à la recherche Google sur les mots clés «acné sévère», on comprend mieux que cette maladie qui touche de nombreux Français est une véritable préoccupation de Santé publique et non pas un «mal obligé» de la période adolescente, qui finira bien par se résoudre tout seul.

UNE MALADIE BÉNIGNE AUX CONSÉQUENCES GRAVES

L'acné est une maladie chronique, certes bénigne sur le plan clinique dans la majorité des cas, mais dont les conséquences sont réelles.

L'acné a un impact psycho-social important

(Qualité de vie, bien-être, vie sociale, vie amoureuse, résultats scolaires...) Il est d'autant plus important de considérer l'acné avec sérieux qu'elle concerne beaucoup d'adolescents, population particulièrement fragile psychologiquement.

L'apparence est primordiale pour un jeune, elle conditionne aussi sa vie sociale. L'ado dont le visage est couvert de boutons pourra vite se retrouver isolé et suspecté d'avoir une hygiène douteuse.

Le retentissement psychologique de l'acné est d'ailleurs comparable à celui décrit par les jeunes atteints de maladies chroniques plus graves telles que diabète, cancer ou épilepsie.

À un âge où s'acquiert la confiance en soi, l'acné peut donc vraiment gêner le développement psycho-social de l'adulte en devenir. Il a aussi été montré que le taux de symptômes dépressifs est statistiquement plus élevé chez les patients acnéiques garçons et filles que chez les non-acnéiques (20 à 51 % versus 14 à 20 %) et ce, de manière significative.

L'acné sévère non traitée est mal vécue et provoque des cicatrices irréversibles

L'acné est une pathologie affichante et inesthétique avec des lésions qui prédominent sur le visage. À court terme, les lésions inflammatoires (rouges) ont unretentissement sur la vie quotidienne : l'acnéique se replie sur lui-même, il a honte, il perçoit l'acné comme une tare... Il met en place des stratégies d'évitement. Il se cache, ou tente de camoufler les lésions par des mèches de cheveux (filles et garçons) ou par un maquillage parfois inadapté (filles). La manipulation intempestive des lésions, qui peuvent ensuite s'infecter, empirer, est une pratique courante.

À long terme, les lésions d'acné étant parfois profondes (nodules, kystes) elles déforment le derme (la partie la plus profonde de la peau) et génèrent des cicatrices définitives disgracieuses.

Ces cicatrices donnent à l'âge adulte un aspect «grêlé» au visage, difficile à atténuer même par les techniques de dermatologie esthétique actuelles ou la micro-chirurgie qui, même si elle a fait ses preuves, peut donner un résultat incomplet.

Alors qu'un traitement mis en place dès les premiers symptômes peut éviter cet effet à long terme. Mais si l'acné est une maladie difficile à accepter, il est encore plus difficile d'en parler. D'où l'importance pour les parents et l'entourage des acnéiques de bien repérer si la maladie est vécue comme une souffrance et d'accompagner le patient dans sa démarche de prise en charge.

LA NÉCESSITÉ DE LA PRISE EN CHARGE

Malgré l'importance des conséquences de la pathologie, il y a encore 38 % des patients souffrant d'acné qui ne sont pas pris en charge par un professionnel de santé (ils ne se traitent pas ou se traitent seuls). Et 17 % des patients (de 15 à 34 ans) atteints d'acné sévère qui ne sont pas suivis.

«Même si la fréquence de consultation auprès du dermatologue augmente avec la sévérité de l'acné, ces chiffres suggèrent qu'il faut renforcer l'information du grand public sur les prises en charge de la maladie. Il est en effet préoccupant que des acnés sévères susceptibles de laisser des cicatrices et d'engendrer des perturbations de l'image sociale et de la confiance en soi, ne soient pas traitées.» Dr Jean Michel Amici.

Pourquoi certains patients ne consultent pas ?

Outre les aspects pratiques (coût, délais de RDV) qui sont des raisons de non consultation, il y a aussi d'autres freins à la prise en charge de l'acné. La maladie est en effet souvent sous-estimée par l'entourage du patient.

L'impact psychologique de l'acné n'est pas évalué à sa juste mesure. Des parents de patients acnéiques peuvent parfois passer à côté de la réelle préoccupation qu'est l'acné pour leur enfant. Par méconnaissance, par crainte ou par négligence, des semaines ou des mois sont perdus.

«Ne pas traiter l'acné sévère est une perte de chance pour les patients...» Pr Pierre Wolkenstein. La prise en charge de l'acné sévère dépend beaucoup de l'entourage du patient (famille et proches), qui peut, en soutenant le patient dans sa démarche, l'encourager à consulter un dermatologue, étape indispensable.

Des traitements efficaces existent

Ce qu'ignorent aussi les 38 % de sujets acnéiques qui ne se traitent pas, est qu'il existe des solutions effi caces et durables pour traiter l'acné, et que consulter un spécialiste comme le dermatologue est un premier pas vers une bonne prise en charge et un mieuxêtre. À plus forte raison s'il s'agit d'acné sévère.

QUI EST LE PATIENT ACNÉIQUE ?

  • Les résultats de l'enquête sur le profi l type de l'acnéique en France montrent que l'acné est une pathologie commune : 60 % des Français de 15 à 69 ans déclarent en avoir été atteints. Ce chiffre passe à 73 % si on considère uniquement les 14-34 ans.
  • Elle touche préférentiellement les adolescents mais ces derniers ne sont pas les seuls atteints... en effet un acnéique sur quatre a plus de 25 ans.
  • Nous n'avons pas observé de différence significative de prévalence selon les régions françaises, ce qui écarte l'influence de l'ensoleillement...» Dr Rémi Maghia.
  • Le patient acnéique (acné légère à modérée) est le plus souvent de sexe féminin 61 % versus 39 % pour les hommes.
  • Pour les acnéiques sévères, la répartition est de 57 % femmes versus 43 % hommes.
  • L'âge moyen est de 28 ans pour l'acné légère à modérée versus 26 ans pour l'acné sévère.
  • Concernant les acnéiques sévères 71 % d'entre eux sont des adultes.
  • Les acnéiques sévères ont une atteinte dos/visage dans 50 % des cas.
  • On note une excellente corrélation entre le score d'impact sur la qualité de vie mesuré par l'indice CADI (score qui évalue le handicap sur une échelle de 0 à 15) et le degré de sévérité de l'acné. Ceci montre bien le lien entre l'acné et l'image de soi. Une acné sévère pouvant être vécue comme un handicap.
  • Sur l'ensemble des patients souffrant de tous types d'acné :

- 21 % voient directement le dermatologue et ne respectent pas le parcours de soin,
- 38 % se traitent seuls ou ne se traitent pas.
- Au total 76 % des acnéiques sévères consultent un dermatologue mais il reste toujours 17 % de patients qui ne se prennent pas en charge.

LES FACTEURS FAVORISANT L'ACNÉ

Régulièrement vos clientes vous questionnent sur les facteurs favorisant l'acné, ce sujet présente son lot d'idées reçues. Afin de mieux distinguer le vrai du faux et proposer des éléments de réponse, le Conseil Scientifi que de l'Acné Sévère a décidé d'investiguer les corrélations entre l'acné et les facteurs du mode de vie tels que la sexualité, le stress, l'alimentation...

Alimentation sucrée (chocolats, confiseries) et acné font-ils bon ménage ?

La population qui consomme chocolats et confiseries tous les jours présentent un risque d'avoir de l'acné 2,7 fois supérieur à la population comparable qui n'en consomme pas.

Et les sodas, aliments gras et produits laitiers ?

L'enquête CSA Santé n'a pas montré de corrélation entre la présence d'acné et ces deux facteurs :

  • Les sodas sucrés ; peut-être sont-ils moins sucrés que l'association chocolat/confiseries, et influencent-ils moins l'apparition d'acné...
  • Les produits laitiers ; ce dernier point est étonnant puisque la bibliographie considère qu'il s'agit d'un facteur de risque aggravant lorsque le lait est introduit dans une population indigène n'ayant jamais consommé de lait au préalable.

Les Français consomment plutôt du lait fermenté (yaourt, fromage...) que du lait frais. Ils ne subiraient donc pas l'influence négative d'une alimentation lactée sur leur acné.

Moins d'acné, plus de rapports sexuels ?

Les résultats du sondage montrent que l'apparition de l'acné est antérieure aux rapports sexuels, excluant toute relation de cause à effet. En revanche, les sujets acnéiques ont moins de rapports sexuels que la population comparable sans acné. Ceci illustre une fois encore l'impact de l'acné sur l'image de soi et sur la qualité de vie des adolescents et la nécessité
de les prendre correctement en charge.

Le stress : un facteur aggravant de l'acné ?

Avoir de l'acné est source de stress, mais le stress est-il source d'acné ?
Dans l'enquête réalisée, on note un risque d'avoir de l'acné 2,5 fois supérieur chez les sujets soumis au stress quotidiennement, versus une population comparable de sujets non stressés.

Il s'agit donc bien d'un facteur aggravant, confirmant le rôle du stress dans les poussées d'acné.

Le manque de sommeil peut-il favoriser l'acné ?

La fatigue (fréquente chez les ados du fait de leur métabolisme particulier) tout comme le sommeil perturbé, augmente également le risque d'acné. Le risque est multiplié par 1,4 chez les sujets fatigués au réveil par rapport à une population comparable de sujets n'ayant pas de perturbation du sommeil.

«L'étude a décrit un lien entre acné et fatigue du matin, aspect non étudié jusqu'ici. Cette fatigue peut être interprétée comme la conséquence d'un stress physique, car le manque de sommeil est un problème récurrent chez l'adolescent. Stress physique et psychique sont associés. Stress et fatigue peuvent être un signe de dépression, dont les liens avec l'acné sont connus et à l'origine d'un véritable cercle vicieux... » Pr Laurent Misery.

L'ACNÉ DE LA FEMME ADULTE

Au-delà des lésions, la femme adulte ressent un mal-être psychologique. L'idée reçue voudrait que l'acné ne soit que l'apanage de l'adolescence. Mais la réalité est toute autre puisque de plus en plus d'adultes en souffrent et notamment les femmes.

L'enquête CSA Santé met en évidence que parmi les femmes souffrant d'acné âgées de 25 ans et plus, 86 % ont entre 25 et 44 ans. L'acné s'est déclarée après 18 ans chez 23 % d'entre elles. C'est ce qu'on appelle l'acné tardive dont les spécificités en font un type d'acné à part entière.

Il faut noter, dans l'acné tardive, la dimension psychologique importante. Femme active, avec ou sans enfants, en plein épanouissement de sa féminité, la femme adulte vit d'autant moins bien son acné, que, dans l'inconscient collectif, ces lésions sur la peau sont liées à l'adolescence. C'est donc presque honteux d'en être encore affligée.

L'acné est très mal vécue à cet âge, le sujet devient tabou et peut être source d'isolement ou de stratégies d'évitement (camouflage excessif avec du maquillage, manipulation des lésions).

Deux variantes

  • Une acné avec une hyperséborrhée et des lésions rétentionnelles prédominantes souvent localisées au niveau du menton.
  • Une acné plutôt inflammatoire et pas forcément accompagnée d'hyperséborrhée. Les lésions rétentionnelles sont absentes, mais il existe des nodules profonds, voire des kystes inflammatoires, fréquemment situés au niveau du menton et des régions mandibulaires.

Trois formes potentielles

  • Une acné persistante : l'acné apparue à l'adolescence ne s'est jamais interrompue à l'âge adulte. Les poussées ont plutôt lieu en période prémenstruelle. Une acné débutante : elle apparaît chez des femmes n'ayant jamais souffert d'acné. Il s'agit souvent d'une acné inflammatoire localisée au niveau du bas du visage, là aussi avec des poussées prémenstruelles.
  • Une acné qui rechute : après avoir disparu, l'acné que la jeune femme avait eue adolescente, réapparait quelques années plus tard.

Les facteurs favorisants

On connaît quelques facteurs favorisants qui ne sont pas les seules explications de l'augmentation des cas d'acné tardive cependant.

  • Les cosmétiques : certains cosmétiques trop agressifs, gras ou couvrants, peuvent faciliter la survenue de lésions acnéiques (plutôt rétentionnelles).
  • Le stress : on sait que c'est un facteur favorisant. La vie des femmes modernes n'étant pas dénuée de stress, le lien peut être fait.
  • Les hormones : les femmes atteintes d'acné n'ont pas systématiquement de signes de virilisme associé, ce qui tend à prouver que ce n'est pas une augmentation du taux d'androgènes circulants qui serait impliquée, mais plutôt une hypersensibilité des récepteurs aux androgènes situés au niveau du follicule pilo-sébacé, accompagnée d'anomalies des enzymes intervenant dans le métabolisme de ces hormones masculines.

2013 : face au déremboursement des pilules de 3ème et 4ème générations et la suspension en France de la commercialisation de la pilule anti-acnéique Diane 35, certaines femmes, atteintes d'acné sévère, se retrouvent démunies pour juguler de nouvelles poussées d'acné et auront naturellement besoin de l'expertise du dermatologue pour mettre en place avec elles des solutions alternatives.

RAPPEL SUR LA PHYSIOPATHOLOGIE DE L'ACNÉ

L'acné est une pathologie dermatologique dont l'apparition résulte de la conjonction de trois mécanismes concomitants sur le follicule pilo-sébacé.

1. L'hyperséborrhée (peau grasse)

Le sébum produit par la glande sébacée est directement sous l'influence des androgènes, hormones masculines présentes chez les garçons, mais aussi chez les filles. La puberté est caractérisée par une augmentation de la sécrétion hormonale androgène qui va entraîner un accroissement de la production de sébum que l'on nomme hyperséborrhée.

Cette hyperséborrhée est la condition sine qua non à l'apparition des lésions acnéiques. D'ailleurs, l'acné siège sur les parties du corps les plus riches en follicules pilo-sébacés. Dans 95 % des cas, les lésions se situent donc sur le visage, en particulier au niveau de la zone T, très riche en follicules, c'est-à-dire le menton, le nez et le front.

On peut également trouver des lésions au niveau du dos, du torse et des épaules, en particulier chez les gar-çons car la densité en follicules y est importante. Ce n'est pas forcément une augmentation du taux d'androgènes circulants qui serait responsable de l'apparition de l'acné mais une accentuation de la sensibilité des récepteurs cutanés aux androgènes.

2. L'obstruction du canal folliculaire

Au-delà de l'hyperséborrhée, on observe des troubles de la kératinisation (les kératinocytes, constituant la paroi du follicule pilo-sébacé, se multiplient anormalement vite). L'accumulation de sébum et de kératinocytes collés les uns aux autres finit par créer un bouchon corné qui obstrue le canal folliculaire et empêche l'écoulement du sébum à la surface de la peau.

Cette accumulation de cellules conduit à la formation de lésions rétentionnelles : comédon ouvert (point noir) et/ou comédon fermé (point blanc).

3. L'inflammation

Sous le bouchon corné, le sébum ne pouvant plus être évacué, un milieu extrêmement lipophile (= très riche en lipides) se crée. Ce milieu anaérobie (= dépourvu d'oxygène) constitue un environnement idéal pour Propionibacterium acnés, bactérie naturellement présente dans le follicule pilo-sébacé, qui se multiplie alors intensément.

La sécrétion continue de sébum entraine une pression constante dans le follicule qui peut se rompre. Les manipulations des lésions par les adolescents pressés de voir disparaître leurs comédons, entraine aussi cette rupture des follicules. Les antigènes bactériens se répandent et entrent en contact avec le derme, provoquant l'apparition d'une inflammation.

Les manifestations cliniques de ces lésions inflammatoires sont : papules (lésions cutanées légèrement saillantes, sans pus, de couleur rose ou rouge), pustules (soulèvements épidermiques contenant du pus), nodules (formations arrondies, de plus de 5 mm de diamètre, palpables sous la peau).

LES DIFFÉRENTES FORMES D'ACNÉ

On distingue plusieurs formes d'acné qui peuvent être détaillées comme suit :

Les formes communes d'acné

- L'acné rétentionnelle

Elle associe une séborrhée à de nombreux comédons et microkystes principalement sur le nez, les joues et le front, accessoirement sur les épaules, dans les conques auriculaires. Si les comédons sont bien visibles, la mise en évidence des microkystes nécessite souvent un examen de la peau en lumière rasante. Si cette forme est visuellement peu affichante, sa gravité potentielle est souvent sous-estimée ; en effet tous les microkystes peuvent individuellement ou globalement s'enflammer et une acné rétentionnelle où prédominent les microkystes n'est pas facilement curable.

- L'acné papulo-pustuleuse

C'est la présentation la plus commune de l'acné. Sur la peau du visage, souvent aussi sur la poitrine et dans les régions scapulaires, coexistent sur un fond de séborrhée des comédons, des microkystes, des papules et des pustules. Les microkystes et les papules sont dans cette forme les lésions élémentaires dominantes.

Les formes graves d'acné

- L'acné nodulaire

Ce sont les plus fréquentes des acnés dites graves, cumulant toutes les lésions élémentaires, une extension constante au tronc et une évolution cicatricielle. Cette forme d'acné débute à la puberté comme une acné ordinaire, mais s'étend progressivement au cou, au tronc, aux fesses et aux racines des membres. La peau est couverte de comédons souvent polyporeux, de microkystes et de kystes folliculaires de grande taille, dans la forme nodulaire.

- L'acné conglobata

Elle est plus fréquente chez l'homme. Les lésions rétentionnelles évoluent vers des papules, des pustules, des abcès formant des sinus de drainage, des tunnels suppuratifs et fistulisés.

Ces derniers laissent des cicatrices déprimées, souvent pontées par des brides de peau résiduelle. La suppuration des nodules est pour ces malades un handicap social majeur ; les séquelles cicatricielles confèrent au visage un aspect grêlé et sur les épaules les cicatrices sont souvent saillantes et chéloïdiennes.

- L'acné fulminante (acné nodulaire aiguë, fébrile et ulcéreuse)

C'est la forme la plus grave de l'acné touchant avec prédilection les malades de sexe masculin. Les nodules inflammatoires et suppuratifs sont très nombreux, donnant éventuellement issue à du pus hémorragique ou évoluant vers des ulcérations nécrotiques.

Il y a surtout des signes généraux : fièvre d'allure septique de 39 à 40° C, douleurs musculaires et articulaires, altération de l'état général, hyperleucocytose pouvant être leucémoïde Acné item n° 232 : dermatoses faciales : acné, rosacée, dermatite séborrhéique.

La sévérité d'une acné

La sévérité d'une acné peut être classée en trois niveaux : sévère, moyenne, légère.
Il n'y a pas de consensus sur la défi nition des limites entre les catégories de sévérité, d'autant que les facteurs de sévérité sont multiples.
L'âge de début des lésions, en particulier prépubertaire, est un facteur prédictif de sévérité qui s'évalue en fonction :

  • du type de lésions élémentaires (visibilité et risque de cicatrices) : nodules, papules et pustules, lésions rétentionnelles,
  • de la topographie : tronc, visage, bas du dos, haut du dos,
  • de l'extension des lésions,
  • du nombre (densité) des lésions par zone atteinte,
  • de la durée : de quelques mois à plus de 20 ans,
  • de la résistance au traitement : l'insuffisance de résultat ou l'échec se jugent en général après trois mois de traitement (six mois pour les traitements hormonaux). Ces éléments sont à la base de l'établissement de scores dont aucun ne fait l'objet d'un consensus.

Une diminution du nombre des lésions de moins de 50 % à trois mois ou une ré-aggravation rapide (en moins d'un mois) à l'arrêt du traitement peuvent être considérés comme des échecs :

  • de la rechute précoce à l'arrêt du traitement (en 3 à 6 mois),
  • mais également du retentissement sur la qualité de vie.

On peut simplement désigner des exemples «typiques» :

  • exemple d'acné sévère : acné nodulaire du visage et du tronc,
  • exemple d'acné moyenne : acné mixte à prédominance inflammatoire du visage comportant une cinquantaine d'éléments (infl ammatoires et rétentionnels),
  • exemple d'acné légère : acné mixte d'une vingtaine d'éléments du visage en période pubertaire.

LA STRATÉGIE THÉRAPEUTIQUE

Elle s'établit en fonction de la gravité de l'atteinte cutanée. Il existe une gradation dans schémas thérapeutiques de l'acné que le dermatologue doit veiller à respecter.

- Les acnés légères à modérées

Elles sont caractérisées par des lésions rétentionnelles ou inflammatoires peu sévères seront traitées par des médicaments topiques. La plupart des traitements font disparaître les symptômes avec le risque qu'ils réapparaissent si le traitement est suspendu ou mal suivi.

- Les acnés plus sévères

Elle sont accompagnées de nombreuses papules et pustules seront prises en charge par des antibiotiques par voie orale associés à des topiques.

Il n'est pas pertinent d'associer des antibiotiques par voie topique et par voie orale. Cela majore le risque d'effets secondaires et de résistance bactérienne, sans pour autant augmenter l'effi cacité thérapeutique.

A savoir : en début de traitement, certains médicaments ont l'effet inverse de celui souhaité puisqu'ils exacerbent l'acné. Ce phénomène est normal, il va disparaître en quelques jours. En attendant, le traitement ne doit surtout pas être interrompu.

Les traitements par voie topique

- Les rétinoïdes topiques

Dans les acnés rétentionnelles, à raison d'une application par jour, ils facilitent l'évacuation du sébum et ainsi détruisent les comédons. L'irritation locale peut être fréquente en début de traitement, l'utilisation d'une crème hydratante en complément est recommandée.

- Préparation anti-acnéique à usage local

Dans les acnés papulo-pustuleuses, c'est le traitement de première intention. Légèrement kératolytique mais puissamment antibactérien, il agit en luttant contre la prolifération bactérienne au sein du follicule pilo-sébacé. Il est efficace dans les acnés associant points noirs et boutons inflammatoires. Cette préparation anti-acnéique à usage local est photosensibilisante, il faut donc à tout prix se protéger du soleil lors de son utilisation. Il est utile d'utiliser une protection solaire pendant le traitement, et d'avertir de la possible décoloration du linge en contact avec la peau (taie d'oreiller).

- Les antibiotiques locaux

Dans les acnés papolu-pustuleuses localisées, utilisés en cas d'intolérance aux traitements de première intention cités ci-dessus, ils sont généralement utilisés en association avec un rétinoïde ou avec une préparation anti-acnéique à usage local. Ils agissent en diminuant la population de Propionibacterium acnés. L'utilisation des antibiotiques locaux est compatible avec l'exposition au soleil.

Les traitements par voie orale

- Les antibiotiques

Dans les acnés papulo-pustuleuses étendues, la classe thérapeutique prescrite dans le traitement de l'acné est celle des cyclines. Elles agissent comme antibactérien et anti-inflammatoire au niveau du follicule pilo-sébacé.

- La préparation anti-acnéique à usage systémique

Dans les acnés sévères, c'est le traitement curatif par voie orale réservé aux acnés sévères après échec des traitements précédemment cités et dans le cadre d'une surveillance très stricte du patient.

Cliché Kati Little Fotolia.

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