Réemploi en cosmétique : les résultats prometteurs de la Coalition ReCosm
Réunissant 15 entreprises incontournables de l’industrie de la beauté, cette initiative démontre que le réemploi des emballages cosmétiques est techniquement faisable, environnementalement pertinent et économiquement prometteur, à condition d’être déployé à grande échelle dans un cadre collectif et de faire évoluer les emballages pour qu’ils correspondent au réemploi.
Une expérimentation inédite à l’échelle de la filière
Lancée pour tester concrètement les conditions de déploiement du réemploi dans l’industrie cosmétique, la Coalition ReCosm, pilotée par Circul’R, a mobilisé 13 marques phares de l’industrie (Aroma-Zone, Chanel Beauté, Clarins, Estée Lauder, La Rosée, Melvita, L’Oréal, L’Oréal Luxe, Naos, Pierre Fabre, Sephora Collection, SVR et Yves Rocher), ainsi que 2 distributeurs (Nocibé et Sephora).
L’expérimentation a été menée entre 2024 et 2025 dans 45 points de vente, répartis entre différentes typologies de distribution : enseignes spécialisées (Sephora et Nocibé), enseignes intégrées (Yves Rocher et Aroma-Zone) et pharmacies partenaires. Au total, plus de 200 références produits parmi 13 marques ont été intégrées au dispositif.
Le principe testé : après utilisation du produit à domicile, le consommateur rapporte son contenant vide en magasin, où il est collecté, trié, lavé puis réintroduit dans le circuit de conditionnement afin d’être remis sur le marché.
Cette expérimentation avait pour objectif d’évaluer simultanément cinq dimensions clés du réemploi : l’expérience consommateur, la performance du lavage, l’organisation logistique, la viabilité économique et les impacts environnementaux.
Des résultats qui confirment le potentiel du réemploi
Les résultats mettent en évidence quatre enseignements majeurs.
- Une forte adhésion des consommateurs et des équipes en magasin
Les études consommateurs révèlent un fort intérêt pour l’initiative : 95 % des répondants se disent prêts à participer au dispositif et 90 % indiquent que leur attachement à une marque engagée dans le réemploi s’en trouve renforcé. L’expérimentation souligne toutefois l’importance de la visibilité en magasin et de la simplicité du parcours client pour convertir cette adhésion en geste de retour effectif.
- Un potentiel environnemental significatif
Les analyses de cycle de vie menées dans le cadre du projet démontrent que le réemploi devient plus performant que l’usage unique dès la seconde utilisation du contenant, avec des réductions d’impacts environnementaux pouvant atteindre – 12 % à – 25 % selon les scénarios étudiés.
- Un modèle économique viable à maturité
Les modélisations économiques indiquent que le réemploi peut atteindre l’équilibre économique - voire générer de la valeur - dans un marché mature, grâce à la massification des volumes, à la mutualisation des infrastructures et à la mise en place d’un système de consigne adapté.
- Une faisabilité technique et sanitaire confirmée
Les tests de lavage réalisés sur plus de 120 références montrent que les procédés industriels actuels permettent d’atteindre les exigences sanitaires du secteur cosmétique. Les résultats soulignent toutefois l’importance d’une éco-conception pensée dès l’amont pour garantir la résistance des emballages aux cycles de lavage.