Quand Erasmus forme les esthéticiennes de demain

Accueillies à Tivoli par 31 élèves italiennes et leurs professeures de l’établissement partenaire Rosmini Tivoli Forma, les élèves françaises ont vécu une semaine d’échanges professionnels, culturels et humains. Entre ateliers, découvertes artistiques et rencontres interculturelles, cette mobilité leur a permis de porter un regard renouvelé sur leur futur métier.

Une rencontre européenne de futures esthéticiennes entre deux établissements

Du 10 au 16 janvier 2026, les élèves françaises ont rejoint Tivoli, près de Rome, dans le cadre d’une mobilité de groupe Erasmus +. Elles y ont été accueillies par 31 élèves italiennes de la filière esthétique, avec lesquelles elles ont travaillé et échangé tout au long du séjour. Cet échange a été encadré par les enseignants français, Ingrid Wronski, Frédéric Fouchet, Sylvie Ehrhard et Lahoucine Bouzit, ainsi que par leurs homologues italiennes, Federica Tognazzi, Tania Zarelli, Alessandra Martini, Michela Maggiani et Anastasia Ceci.

Le projet s’inscrit dans l’esprit du programme Erasmus +, lancé en 1987 et porté par la vision humaniste de l’universitaire italienne Sofia Corradi, dite «Mamma Erasmus», disparue le 17 octobre 2025 à l’âge de 91 ans. Son ambition était de permettre aux jeunes Européens de se rencontrer, d’apprendre ensemble et de construire une citoyenneté commune.

À Tivoli, cette ambition a pris une forme très concrète : pendant une semaine, élèves françaises et italiennes ont travaillé, appris et partagé leur quotidien, donnant à l’idée d’Europe un visage vivant.

Préparer l’immersion : une pédagogie active

La mobilité a fait l’objet d’une préparation approfondie. En amont du départ, les élèves ont conçu un guide de conversation bilingue original. Cet outil leur a permis de consolider le vocabulaire professionnel en italien et d’anticiper des situations concrètes : diagnostic de peau, techniques de maquillage, protocole de soin, relation cliente, hygiène. Des ateliers complémentaires ont également porté sur la prise de parole radiophonique, la production vidéo et la citoyenneté numérique. Dans un secteur où l’image et la communication sont devenues stratégiques, ces compétences constituent un véritable atout professionnel.

Une immersion dans les pratiques professionnelles d'esthéticiennes 

À Tivoli Forma, les élèves ont participé à plusieurs ateliers autour des techniques esthétiques : maquillage, maquillage des ongles, soins du visage et observation de pratiques professionnelles. La rencontre avec la maquilleuse professionnelle italienne Alice Gentili a constitué l’un des temps forts du séjour.

Du côté italien, cette journée a également marqué les élèves. Martina, élève de la section esthétique de Tivoli Forma, explique :

«L’expérience avec les futures esthéticiennes françaises a été une très belle expérience pour moi. Je me suis beaucoup amusée avec elles et j’ai appris beaucoup de choses sur leur culture et leurs histoires. La journée que j’ai préférée a été celle avec la maquilleuse professionnelle : j’ai aimé maquiller une personne que je ne connaissais pas et qui n’était pas de ma classe. J’espère que nous aurons une autre occasion de revoir les élèves françaises».

Les échanges ont permis de comparer les pratiques françaises et italiennes.

Le projet ERASMUS +

Ce projet a été entièrement financé par le programme européen Erasmus +. Les élèves n’ont eu aucune participation financière à verser : transport, hébergement, restauration et activités pédagogiques ont été pris en charge. Cette gratuité s’inscrit dans une logique d’inclusion forte, permettant à toutes de vivre une expérience européenne, quelles que soient leurs ressources. Pour beaucoup, cette mobilité constitue une première expérience internationale - et un moment fondateur de leur parcours.

Art et esthétique : un dialogue inspirant

Les visites culturelles ont constitué un autre pilier essentiel du projet.

Avec le Museo della Dea Fortuna, à Palestrina, les élèves ont découvert un vaste sanctuaire antique dédié à la déesse Fortuna, organisé en terrasses monumentales dominant la ville. Cette visite a permis de comprendre comment les vestiges antiques peuvent être conservés, protégés et rendus visibles au public.

À la Galleria Borghese, les élèves ont observé le modelé des visages dans la sculpture et la peinture, ainsi que le travail de la lumière sur les volumes, en lien direct avec les techniques de maquillage.

Il y a eu aussi la Villa d’Este, la Villa Adriana et la découverte du Colisée qui ont renforcé l’immersion dans la civilisation romaine et la conscience d’un patrimoine commun européen.

Une rencontre humaine avant tout entre futures esthéticiennes

Tout au long du séjour, les élèves ont tenu un journal de bord personnel pour raconter les découvertes culturelles, les rencontres, les pratiques observées et les émotions ressenties. Au-delà des apprentissages professionnels, la mobilité a été une véritable expérience humaine.

Vivre l’Europe au quotidien

Logées dans un hôtel trois étoiles, les élèves ont bénéficié d’un cadre confortable et sécurisant. Mais c’est surtout la vie collective qui a marqué les élèves. «Ce que j’ai aimé, c’est qu’au final on était toutes ensemble tous les soirs» explique une élève. Le séjour a aussi permis de dépasser certains clivages internes. Le dernier soir, un dîner convivial est venu clore la mobilité dans une atmosphère chaleureuse et fédératrice. Au final, comme le résume l’une d’elles, «C’est un souvenir qui va rester dans ma tête à vie».

Une expérience qui transforme les élèves en esthéticiennes 

Au retour, les enseignants ont observé chez les élèves davantage de confiance en elles, une plus grande aisance relationnelle et une meilleure capacité d’adaptation. Mais la transformation ne s’est pas limitée à l’acquisition de compétences professionnelles. Les élèves ont aussi compris que leur futur métier dépasse le seul geste technique. À travers un maquillage, un soin ou un échange avec une cliente, elles participent à restaurer l’estime de soi, à créer du lien et à offrir un moment d’attention et de dignité. Pour les élèves comme pour les enseignants, cette mobilité restera une expérience marquante. Comme l’a résumé l’un des accompagnateurs : «Ce projet s’est transformé en quelque chose de vivant. Ensemble, nous avons créé une véritable œuvre collective».

Que devez-vous retenir de cette initiative ?

À travers cette initiative, le Lycée Élisa Lemonnier (Paris 12ème) montre combien les mobilités Erasmus + peuvent enrichir la formation professionnelle et contribuer à former des esthéticiennes ouvertes sur le monde, conscientes des enjeux culturels et humains de leur métier. Car, au-delà des techniques apprises et des pratiques comparées, ce séjour a rappelé une évidence : l’esthétique n’est pas seulement un savoir-faire, c’est aussi un savoir-être. Dans chaque geste professionnel se joue une rencontre ; dans chaque soin se tisse une relation. Et dans chaque transformation visible se cache une transformation plus intime : celle de la confiance retrouvée et du regard porté sur soi. Pour beaucoup d’élèves, cette mobilité restera une expérience fondatrice, où formation professionnelle, découverte culturelle et rencontre humaine se sont mêlées pour donner un sens concret à l’idée d’Europe.