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N°703 Mai 2017

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La femme spa de l'année

la femme spa de l'année nathalie bouchon poiroux

Félicitations, vous venez de recevoir le Prix Femme de l'Année décerné par l'Association Spa-A, qu'est-ce que cela représente pour vous ?

Personnellement, ce Prix me fait très plaisir, c'est une forme de reconnaissance du savoir-faire de la marque (Cinq Mondes) pour laquelle je dédie mon travail. Dans un second temps, c'est une reconnaissance d'un métier de façon générale, les masseurs, masseuses, créateurs de soins ne prodiguent pas uniquement un massage pour vendre un produit, il y a toute une dimension de soin.

On pourrait même aller plus loin, en parlant de prévention santé. Se faire du bien, s'accorder un temps privilégié pour soi et se reconnecter à soi-même pourrait être un enjeu de santé publique parce que prendre soin de soi, avoir une attitude bienveillante envers soi-même, je pense que c'est vraiment important pour notre dimension de santé et de bien-être.

L'évolution du spa

J'aimerais qu'il y ait une ultra-professionnalisation des esthéticiennes et que le spa devienne un lieu de prévention santé avec des axes de formation pour les esthéticiennes afin qu'elles soient un pivot de communication entre le champ du bien-être/prévention et la médecine et qu'elles orientent leurs clientes vers le champ curatif de la médecine si certains signes sont alarmants.

Nous pourrions développer l'axe de prévention tout en conservant toujours le bien-être au cœur de notre métier mais en progressant dans cet axe-là.

Cela donnerait encore plus de valeur aux professionnelles.

Valoriser le «rien-faire»

L'évolution du spa est différente à l'international mais je pense qu'il y a des points de convergence. Ce que je constate, c'est que le spa est amené à devenir un health retreat, un espace où l'on vient récupérer au sens physique.

Il s'agit de prendre soin physiquement de son corps par des techniques manuelles et recouvrer également un bien-être psychique et que le «rien-faire» soit aussi bien vu et bénéfique que le «faire».

C'est important d'être dans l'action mais il y a aussi une action dans le «rien-faire» qui est nécessaire pour créer des projets pour soi ou pour l'entreprise pour laquelle on travaille.

L'avenir du soin

Nous aimerions développer des moments de ressourcement pour notre clientèle. Cela signifie que la formation a de l'importance dans le sens où c'est à l'école d'enseigner un toucher juste, de plus en plus sensible, qui apporte un réel soin. Cela va demander à la praticienne d'avoir plus de connaissances anatomiques pour avoir ce toucher qui améliore sa capacité à guider le client vers un lâcher-prise total.

L'objectif est d'aller vers un soin de plus en plus global qui aura un effet bénéfique sur le corps et le psychisme.

La dimension curative et préventive du toucher

Pour mettre en place cela, il y a les formations marques mais j'aimerais aussi que les formations écoles se développent autour de la méditation, du yoga, du qi gong, savoir comment récupérer, comment guider les clients à être dans un état de réceptivité important... Nous aurions alors des esthéticiennes capables de prodiguer des soins dans des processus d'accompagnement physique et psychique qui donneraient encore plus de valeur au métier. L'objectif de Cinq Mondes est de former ses équipes dans ce sens, mais nous ne sommes qu'en deuxième position, tout se jou

e lors de la formation initiale. C'est donc mon objectif personnel que d'inciter les écoles à mettre en place ce type de formations. Il est vrai que ce serait une chance pour l'élève de profiter d'une telle formation professionnelle et personnelle.

Développer sa capacité personnelle à avoir un toucher sensible, profond, est un objectif personnel parce que dans ma première vie de psychologue, j'ai étudié ce toucher relationnel et combien il peut être bénéfique sur les enfants prématurés et leur maman dans leur lien d'affectivité et à quel point cela avait des conséquences sur le développement psychique et physique de l'enfant. Le toucher a vraiment une dimension curative et préventive.
J'aimerais que l'on apporte plus de conscience dans les écoles et que l'on mette à l'honneur le toucher.

Où sont les stars du toucher ?

Lors de la soirée de remise des Trophées Spa A, Isabelle Trombert a mis en avant le fait qu'il n'y avait pas de stars dans le massage, j'aimerais que la profession des esthéticiennes soit reconnue comme un métier starifié. Il y a eu les coiffeurs, les restaurateurs et bien maintenant, la profession des esthéticiennes doit être mise en avant ! Selon moi, il n'y a pas de stars dans la profession parce que nous sommes dans un pays cérébral.

J'ai énormément de contacts avec des directrices d'école qui me disent combien elles reçoivent de parents désolés que leur fille ait choisi ce métier...

C'est invraisemblable et cela n'arrive que parce que les métiers de l'artisanat en France n'ont pas la cote. Ça suffit ! Hélas, c'est compliqué de transformer des idées reçues mais nous sommes plusieurs à œuvrer. Il y a beaucoup de personnes de qualité qui parlent de ce métier avec force. Et moi, j'ai envie de défendre cette profession.

Mon conseil à un spa

Considérez que les ressources humaines sont aussi importantes que le produit. Nous sommes dans une dynamique d'inter-dépendance, si vous voulez que votre spa réussisse, il faut mettre autant d'attention et de budget sur les personnes et les outils physiques.