Le dico des parfums
En matière de produits de beauté, vous êtes au top. Mais, dès qu’il s’agit de parler des parfums, vous êtes moins au point. Faute d’avoir suivi des ateliers ou d’avoir potassé le B A BA du langage technique. Qu’importe, l’important, c’est de s’y mettre. Pour vous aider, voici de A à Z* le dictionnaire version pocket des fragrances. Magique et aussi précieux qu’utile. Apprenez-le par coeur et vous serez incollable auprès de vos clientes !
ABSOLU (ESSENCE)
C’est en quelques sortes le résultat final de la distillation ou de l’extraction. Sans lui, point de parfum, car il constitue le matériel de base du créateur.
ALDÉHYDES
Base, formule... ce jargon des «nez» fait partie du langage technique pour nommer la famille des molécules de synthèse, celles qui n’ont quasiment pas d’odeur. Ces aldéhydes, dérivées des hydrocarbures, sont essentielles car elles mettent en relief les autres éléments en apportant brillance et vivacité.
ANIMAL
Se dit de la civette, du castoreum, du musc et de l’ambre, des composants à ne pas provenir du monde végétal. On les utilise en tant que fixateur et plus encore en note «érotique». Mais, associations écologiques oblige ou protectrices des animaux, ils sont aujourd’hui remplacés par des produits de synthèse.
BASE
On peut la comparer à un bouillon cube de légumes ! En clair, il s’agit d’une formule type à base de fleurs très odorantes (muguet, lilas, chèvrefeuille, oeillet, gardénia...), ainsi que tous les fruits qui sont indisciplinés à l’extraction ou à la distillation. D’autres, comme le jasmin ou la tubéreuse sont hors de prix. D’où l’idée des fabricants de matières premières de fournir un «cocktail» de base en mini formule qui reconstitue plusieurs essences entre elles.
BAUDRUCHAGE
C’est la pose d’une fine pellicule protectrice sur le bouchon du flacon de parfum qui le rend totalement hermétique.
CONCENTRÉ
C’est le parfum à l’état pur, celui que les fabricants livrent par centaines de kilos à leurs clients. Mais, avant d’être embouteillé et livré dans les parfumeries, ce concentré sera plus ou moins largement dilué dans l’alcool pour en faire de l’extrait, du parfum de toilette, de l’eau de toilette ou de l’eau de Cologne. L’extrait, aussi appelé parfum, contient de 18 à 30 % de «jus», l’eau de parfum entre 15 et 25 %, les eaux de toilette de 5 % à 13 % et les eaux de Cologne de 1,5 % à 6 %. Quant aux produits dérivés des parfums (laits pour le corps, crèmes, poudres) ils contiennent en général moins d’1 % de concentré.
CONSTRUCTION
Un parfum ne dévoile jamais ses senteurs du premier pschitt. Il est composé en trois étapes de perception. Ainsi, il démarre par les «notes de tête». Une perception très fugace. Celle qui au débouché du flacon donne la première impression olfactive. Puis, viennent quelques minutes après «les notes de coeur». Ce sont celles qui signent le thème général du jus. Ensuite, longtemps après, arrivent «les notes de fond». Ce sont celles à diffusion beaucoup plus lente qui restent marquées sur la peau.
BRIEF
Encore un mot issu du jargon professionnel. Un mot assez récent de la parfumerie moderne et industrielle où le marketing a son mot à dire. Ainsi, lorsqu’une maison envisage de lancer un nouveau parfum, elle soumet d’abord aux créateurs-compositeurs (nez) un cahier des charges (issu d’une étude préalable) sur le type de produit souhaité, le marché visé (femmes, jeunes filles, hommes, haut de gamme, etc.), le prix de revient et les tendances schématiques (fleurie, orientale, etc.). Ainsi, quasi sur des rails, ils pourront travailler dans une voie précise.
CHROMATOGRAPHE
Instrument de mesure permettant d’analyser la structure chimique des matières premières.
CHYPRÉ
Schéma regroupant tous les parfums construits sur l’accord bergamote-jasmin-mousse de chêne. Lequel peut éventuellement être subdivisé en sous-familles selon les autres composants. Ainsi, on peut citer le chypréépicé, le chypré-fleuri, le chypré-fruité, le chypré-vert ou encore le chypré-cuir.
DIFFUSION
Faculté d’extériorisation de l’essence ou du parfum, plus ou moins vive, envahissante, sourde, discrète, etc. C’est même un élément capital lors de la création d’un parfum, les composants pouvant s’effacer entre eux.
DISTILLATION
Entraînement par la vapeur d’eau des constituants odorants contenus dans les matières premières. Après la condensation des vapeurs dans une colonne réfrigérante, l’huile essentielle se sépare de l’eau par décantation avant d’être stabilisée et de devenir au final de l’essence de fleur.
EXTRACTION
Après avoir fait macérer la matière première dans un solvant, puis fait évaporer celui-ci, on récupère les cires solidifiées des pétales, «concrète», ou les résines des plantes sèches, «résinoïde». Ces pâtes, lavées à l’alcool, purifiées, filtrées et concentrées donnent enfin l’absolu.
FABRICANTS
Non, le fabricant du parfum n’est pas la marque que vous vendez. Contrairement à ce que l’on croit, le véritable créateur d’un parfum est rarement celui qui le signe. A part quelques exceptions, tels Chanel, Guerlain, Patou qui ont leur nez maison, toutes les autres maisons possédant une marque de parfum les font réaliser par des sociétés spécialisées et indépendantes. Ce sont de véritables «banques» d’odeurs et d’arômes alimentaires avec un staff incroyable de chimistes doté d’un «nez» exceptionnel. Leur rôle est multiple, puisque ce sont elles qui transforment industriellement en essences, absolus ou en bases, les matières premières achetées aux quatre coins du monde, et qui élaborent les ébauches du parfum que leurs clients ont imaginés et soumis par un brief.
FAMILLE
C’est la classification des essences, naturelles ou de synthèse par genre olfactif, servant à affiner la définition des schémas, comme par exemple : fleuri, boisé, épicé, oriental, chypré. Mais encore verte, anisée, marine, zestée, mousse, miellée, etc.
FLEURI
Schéma dont le thème dominant (notes de coeur) est dû à une seule fleur ou à plusieurs fleurs.
FORMULE
C’est la recette top secret du parfum fini. Elle met des mois à être élaborée par le créateur, quelquefois même des années ! Elle mêle souvent plus d’une centaine d’ingrédients avec, pour certains d’entre-eux, une précision de quelques dixièmes de grammes. La formule est considérée comme un vrai secret d’État, elle reste la propriété industrielle de la société créatrice (fabricant) et même le commanditaire qui la signe de son nom ne la connaît pas .
HEAD SPACE
C’est un curieux instrument en forme de cloche à fromage, utilisé par le chercheur en odeurs rares, qu’il place sur la plante dans l’espoir de déceler tous ses mystères grâce à une petite pompe qui aspire l’air ambiant chargé de molécules parfumées. Une fois en laboratoire, à l’aide du chromatographe, ces molécules sont analysées afin de pouvoir les recomposer par synthèse.
HESPÉRIDÉ
Schéma à base de zestes d’agrumes regroupant les eaux légères et les Colognes.
MATIÈRES PREMIÈRES
Ce mot désigne tous les produits de base avant l’extraction ou la distillation. Ce peut être les racines (vétiver, gingembre, iris), les mousses (arbres et chêne), les bois (santal, cèdre, bois de rose), les écorces (bouleau, cannelle), les feuilles et les tiges (patchouli, basilic, géranium, menthe), les zestes (orange, citron, pamplemousse, mandarine), les boutons (girofle, néroli), les résines (galbanum, opoponax, myrrhe, encens), ou encore les graines (fèves tonka, badiane, coriandre, rose, mimosa, tubéreuse).
MOUILLETTES
Ce sont de petites bandes de papier spécial très absorbant qui retiennent les odeurs. Indispensables au parfumeur et de plus en plus utilisées dans les parfumeries pour faire sentir les fragrances aux clientes. MUSC Extrait autrefois d’un chevrotin des plateaux himalayens, remplacé aujourd’hui par des molécules de synthèse, le musc, un peu sucré, recrée l’odeur de la peau et se prête à toutes les interprétations olfactives.
NEZ
C’est le créateur-compositeur de parfum. Autrefois, les nez étaient formés sur le tas, en apprentissage à l’ombre de leurs aînés. Aujourd’hui, les nez sortent d’une école en faisant leurs classes à l’ISIPCA à Versailles, la première école mondiale de la parfumerie (Tél. 01 38 23 70 00 ou www.isipca.fr). ORGUE C’est le bureau du nez. Cette table de travail est construite en forme de demi-cercle et sur plusieurs étages. Le nez y range ses innombrables fioles et flaconnettes d’essences et d’absolus. Plus de cinq cents lui sont d’usage quotidien et plus de deux mille lui sont connues !
ORIENTAL
Schéma construit autour de composants plus ou moins lourds et chauds tels que certaines résines, la fève tonka, la vanille ou encore les notes animales. A cette définition, peut s’ajouter la famille dominante d’autres ingrédients pour se diriger vers un oriental hespéridé, un oriental musqué, un oriental fleuri ou un oriental épicé.
SCHÉMA
Ce mot désigne une des quatre formules types de la parfumerie : fleuri, héspéridé, oriental et chypré.
SOLIFLORE
Se dit d’un parfum à l’odeur unique d’une fleur solitaire. Cette note dominante, voire unique, est une des plus difficiles à composer.
SYNTHÈSE
Sans synthèse, il n’y aurait pas de parfumerie. Apparu à la fin du XIX° siècle, les produits de synthèse obtenus par réaction chimique sont souvent plus proches et plus fidèles à la nature que certaines essences naturelles qui ayant subi un tas de manipulations, sont parfois bien loin de leur senteur initiale. Il existe deux types de synthèse, celle qui se calque à la structure d’un des composants de la plante, et les aldéhydes qui ne reproduisent rien de connu dans la nature.
TÉNACITÉ
Désigne la persistance de l’essence et définit sa vitesse d’évaporation. Sachez que les zestes sont très fugaces, les résines et les sécrétions animales très lentes.

