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SPAOCTOBRE2008

Le spa, tendance incontournable

Dans l’évolution qui se dessine aujourd’hui dans votre profession, le spa occupe une place à part. Il est l’aboutissement d’un virage vers la remise en forme, entamé dès les années 70. Témoignages.

UN CENTRE DE BIEN-ÊTRE ET D'AMINCISSEMENT

Christian Chauvet a ouvert un spa à La Ciotat il y a deux ans. Cet ancien masseur-kinésithérapeute s’est spécialisé dans le massage et l’amincissement. Le lieu qu’il a créé n’est ni un institut, ni un spa, c’est un centre de bien-être et d’amincissement. Explications de l’intéressé : «Ce n’est pas assez branché esthétique (maquillage, soins basiques, épilation…) pour être un institut, ni assez « eau » pour être un spa puisque j’ai juste un hammam.

En fait, c’est un centre de bien-être et d’amincissement dans lequel les soins esthétiques côtoient l’amincissement».
S’il reconnaît que dans son activité, son métier de kinésithérapeute est devenu aujourd’hui «anecdotique», sa formation d’ostéopathe et d’acupuncteur lui sont cependant utiles dans le cadre des services qu’il propose …

Très branché nouvelles techniques, il a ouvert une école dans laquelle il enseigne le massage asiatique. Il vient même de créer une gamme de cosmétiques thaïlandais.
L’esprit thaïlandais est d’ailleurs celui qui prévaut dans le centre de cet homme qui passe un mois par an dans cette région du monde. «J’essaie de mettre en place une ambiance thaï sans que ce soit trop… asiatique ; disons à mi chemin entre l’Occident et l’Asie.» Une ouverture sur l’Asie qu’il doit à sa formation professionnelle de kinésithérapeute qui l’a amenée à s’intéresser à la médecine asiatique et à l’acupuncture mais aussi à l’art de vivre asiatique qui pour lui rime avec bien-être.

GERER UN SPA

Véronique Samson a eu un institut pendant 20 ans. Après l’avoir vendu à une de ses employées, elle a fait un «break» de trois années pour préparer et obtenir un BTS. Elle voulait enseigner, mais, déçue par les expériences qu’elle a vécues, elle s’est remise sur le marché du travail. Et, comme souvent dans ces cas-là, c’est une rencontre qui a fait basculer les choses. En l’occurrence avec un coiffeur du Maine-et-Loire qui emploie deux esthéticiennes dans un spa mais à qui il manque une gérante.
«Cette tendance qui se dessine vers le spa et le bien-être est très récente. Je ne l’ai pas vécue lorsque j’ai débuté. Il y a 20 ans j’avais un CAP, le Brevet Professionnel n’existait pas» explique Véronique Samson.

Elle sait que la tâche qui l’attend ne sera pas aisée. «Aujourd’hui, ce spa n’a pas d’âme, tout est blanc, très, trop…. médicalisé : cela fait penser à la thalasso d’il y a 10 ans. Je veux y apporter beaucoup de chaleur en créant une ambiance zen à base de bois foncé et de couleurs chaudes… Mais, quoi qu’il en soit, avant de prendre quelque décision que ce soit, j’ai besoin de m’intégrer, de rencontrer la clientèle…
Je vais refaire les tarifs, la plaquette qui n’est plus d’actualité en supprimant les soins qui ne fonctionnent pas et en apporter d’autres…» Elle veut également mettre en place un site internet et faire du parrainage à travers des chèques cadeaux.

UNE EVOLUTION RAISONNEE

L’Institut Cabotine est un centre spa de 250 m à Crécy en Seine-et-Marne. Sa responsable, Céline Alves, reconnaît que l’activité entre l’institut et le spa est très mélangée. «Les gens viennent pour des soins du visage, mais ils peuvent avoir accès à d’autres prestations». C’est ainsi qu’elle propose des forfaits qui allient soins du visage et spa, gommages et spa, soins du corps et spa, une palette qu’elle a voulu la plus large possible.

Elle pratique le massage californien, mais propose aussi des forfaits qui réunissent soins cosmétiques, produits et massages. «Cela fonctionne depuis deux ans. Avant, il s’agissait d’un institut traditionnel d’une cinquantaine de mètres carrés. Cette évolution faisait partie de mes objectifs, j’ai toujours eu pour ambition de progresser petit à petit… L’institut tournait plutôt bien et je n’ai pas voulu brusquer les choses » explique Céline Alves.

TENDANCE ZEN

Lorsqu’elle a créé l’Institut A Corps et Ames, à Douvaine (74) il y a cinq ans, Fabienne Chevalley voulait «imaginer un lieu différent avec une tendance plutôt zen». Diplômée depuis 15 ans, elle voulait franchir le pas du salariat au bien-être et exploiter les compétences qu’elle avait acquises en reiki.
Elles sont deux à se partager les clientes de l’institut. «Le massage occupe la moitié de mon activité ; le reste étant consacré aux soins, traditionnels, du maquillage à l’épilation » explique Fabienne Chevalley.
L’esprit qui anime le salon est celui d’une prise en charge globale des clientes.

Le bien-être et la détente dès les années 70

Marie-Jeanne Chalet qui exerçait à Evreux coule aujourd’hui une retraite active dans les Bouches-du-Rhône, et conserve un oeil attentif sur la profession et sur son évolution. C’est ainsi que, régulièrement, elle participe aux Congrès des Nouvelles Esthétiques. Depuis qu’elle a commencé à exercer son métier d’esthéticienne - c’était en 1970 - elle n’a cessé de s’ouvrir aux nouvelles techniques. Très tôt, et ce n’était pas une mode à l’époque - elle s’est formée au massage de bien-être. «Lorsque je me suis mise au bien-être, il n’était pas encore question de spa et la clientèle s’est faite toute seule, par le bouche à oreilles. Les clientes me voulaient moi !» Pendant une trentaine d’années elle a donc pratiqué le massage. « J’ai connu l’époque de M. Pierrantoni qui, déjà, promouvait ces techniques » se souvient-elle.

« La dernière technique a laquelle je me suis formée, c’est l’acupuncture, sans aiguilles, mais avec des appareils destinés à cette technique ancestrale» précise-t-elle. Auparavant, un médecin lui avait enseigné l’auriculologie, le massage de certains points de l’oreille. Une formation qu’elle avait complétée par de nombreux stages et sessions.
« A chaque fois que l’occasion m’en était donnée, lorsque je pratiquais un massage ou effectuais un soin, je proposais, pour terminer, un massage de l’oreille. Finalement, cela a fini par occuper une part très importante de mon activité et toutes mes prestations s’achevaient par un massage de l’oreille ».

« J’avais installé mon institut chez moi. L’ambiance était orientale avec du mobilier chinois et vietnamien ; j’y diffusais une musique reiki qui rythmait les massages du même nom que je dispensais.»
Autant dire que pour Marie-Jeanne Chalet, l’institut traditionnel a vécu et qu’aujourd’hui il doit s’ouvrir à toutes ces techniques de bien-être que réclament les clientes.

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