L’apprentissage du massage
Quelle technique vous correspond le mieux ?
Il existe plus de quatre vingt techniques de massages ! Tandis que le monde oriental associe les massages à des traditions ancestrales et à certaines formes de spiritualité, l’Occident et sa pléthore de massages affiche une philosophie du bien-être «nouvelle génération». Quel apprentissage choisir parmi toutes ces techniques de massage ? Avant de vous inscrire à une quelconque formation, il est vivement conseillé de vous informer sur les différentes techniques existantes, sur les philosophies liées à ces méthodes, et surtout de recevoir les massages pré-sélectionnés afin d’avoir le ressenti. En effet,le choix du massage qui vous correspond est subtil et doit prendre en considération votre dimension énergétique.
Les tempéraments toniques seront à l’aise avec des techniques comme le massage thaï et le shiatsu qui demandent des facilités de mobilité. Ce sont des massages «actifs» dans le sens où l’esthéticienne va étirer, balancer le poids de son corps. Bref, ce sont des massages plutôt physiques qui font travailler les muscles de l’esthéticienne. Tempéraments lymphatiques s’abstenir. De même, la notion de temps du massage est à prendre en considération, sachant qu’une esthéticienne dotée d’une énergie Feu ne sera pas attirée par un massage trop long. Il est d’ailleurs conseillé à ces tempéraments toniques d’avoir plusieurs cordes à leur arc pour changer, alterner différentes méthodes de massage.
Pour Marie-Christine Chauvin, formatrice en shiatsu, réflexologie plantaire et massages ayurvédiques, le choix de la technique de massage est lié à la sensibilité de l’esthéticienne. «C’est une question d’intuition, d’attirance. Certaines esthéticiennes préfèrent par exemple pratiquer un massage sur une cliente habillée car elles sont mal à l’aise avec un corps nu, d’autres aiment masser avec de l’huile, etc. Il y a aussi des individus qui ont subi des agressions dans leur vie et ont peur de faire mal au corps de l’autre. Ils ne pourront pas exercer certaines manœuvres relatives au massage thaï ou au shiatsu.
Lorsque j’accueille une élève qui est tentée par toutes les techniques que j’enseigne, pour l’aider à faire son choix, je lui conseille de repasser de l’autre côté de la barrière et de recevoir les massages pour qu’elle ressente en profondeur dans son corps, ce qu’elle offrira ensuite au corps sa cliente. On masse comme on aurait envie d’être massée, c’est le principe du miroir.
Il faut aussi tenir compte de la position dans laquelle l’esthéticienne se sent à l’aise : préfère-t-elle masser debout, assise ou au sol ? Et puis, certaines méthodes sont plus complexes que d’autres au niveau de l’apprentissage et il est important de tenir compte des facultés d’assimilation des informations. Les esthéticiennes «cérébrales» qui ont un grand front seront plus aptes à intégrer des techniques complexes comptant de nombreuses manœuvres.
Les préférences peuvent aussi varier au cours de la vie. Selon les événements qui ponctuent la vie personnelle, selon les saisons, selon la maturité, les choix peuvent évoluer. Ainsi, quand il fait froid l’hiver, il est agréable de pratiquer une technique de massage qui fait appel à une huile chaude», explique Marie- Christine Chauvin.
TÉMOIGNAGES
Des élèves en formation témoignent de leur choix : qu’ont-elles trouvé dans la technique de massage choisie ? Avec quelle technique se sentent-elles le plus à l’aise ? Pour quelles raisons ?
Emeline a choisi les massages ayurvédiques et le californien
«J’aime la dimension polysensorielle de l’ayurvéda et la variété dans la prestation elle-même : nous préparons des petites concoctions secrètes, travaillons avec des pochons ou avec un bol Kansu pour masser les pieds avec du beurre clarifié, s’ensuit un gommage et enfin un bain de pieds. Tous ces rituels spécifiques me plaisent et amènent du rêve aux clientes, des odeurs, des couleurs, des sons. J’aime aussi pratiquer le californien parce que ce massage canalise mon énergie et me détend. J’apprécie aussi le fait que, compte- tenu de la quantité et de la variété des manœuvres, je puisse enchaîner les massages sans refaire le même californien d’une fois sur l’autre. Je compose ! Au niveau de la position, je préfère masser sur une table car je ne suis pas à l’aise au sol. Mon massage n’est pas aussi performant quand je suis à terre : j’ai du mal à donner les bonnes impulsions, je n’ai pas de bons appuis et j’ai des difficultés à tourner autour de ma cliente.»
Laurence Boucher est à l’aise avec la réflexologie plantaire
«Suite à un bilan de compétences relatif à ma reconversion professionnelle, j’ai découvert que ma place était dans le bien-être. Il est ressorti de ce bilan, une dizaine de professions parmi lesquelles kiné, infirmière, masseuse… J’ai choisi de me lancer dans la réflexologie parce que cette philosophie m’a toujours interpellée, tout autant que ses résultats au niveau de l’intérieur du corps. En comparaison du massage, la réflexologie me donne l’impression de pouvoir aller au-delà du bien-être, d’être à la frontière du médical.
A partir du moment où vous soulagez une migraine ou une crise d’asthme, cela signifie que vous avez une réelle action «mesurable ». J’aime ce côté réglage du corps avec précision grâce aux commandes que sont les pieds. La réflexologie me correspond aussi dans le sens où on va au fond des choses, puisqu’on passe une heure sur la même zone du corps, en l’occurrence les pieds. Il faut d’ailleurs être très vigilant et ne pas mettre les pieds entre toutes les mains car on touche les organes à distance. J’attends aussi beaucoup de l’échange post-prestation car j’ai besoin d’une confirmation des résultats de mon travail.
Bien que je sois d’un tempérament très énergique, la concentration que demande la pratique de la réflexologie m’apaise, alors qu’un massage me fatigue. Et puis, quand je fais un massage, j’ai l’impression de rester sur ma faim, de ne pas avoir donné tout ce que je voulais à ma cliente.»
Laurence Hamon est attirée par l’ayurvédique
«L’Inde m’a toujours intéressée d’un point de vue de sa philosophie. De même, par l’intermédiaire de certains ouvrages, j’avais été sensibilisée par la beauté selon l’ayurvédique. Ce peuple est proche des éléments, de la terre, valeurs qui ont tendance à se perdre. Cela correspond à ma vision du massage, que j’avais d’ailleurs testé et eu un bon ressenti. Il faut d’abord recevoir pour savoir ce que l’on peut donner. Je ne conçois pas de pratiquer un massage ayurvédique sans adhérer à sa philosophie, bien que j’y apporte une part d’investissement personnel. Je compose ainsi selon l’état d’esprit de ma cliente.»
Sophie est fascinée par la magie des pierres précieuses
«Les pierres précieuses posées sur les chakras m’ont vraiment parlé en profondeur au niveau du ressenti. Ce bénéfice m’a totalement influencée dans mon choix de pratiquer des soins faisant appel aux vertus des pierres précieuses.»
Béatrice croit beaucoup au reiki
«Je travaillais auparavant dans l’univers de la petite enfance et j’éprouvais de plus en plus de stress à entendre les pleurs des enfants. J’ai alors ressenti le besoin de découvrir un autre monde beaucoup plus calme. Je me suis d’abord intéressée à la réflexologie pour avoir vu une personne, lors du Congrès International d’Esthétique Appliquée, éprouver un réel bien-être à recevoir ce massage des pieds. Mais l’apprentissage de cette méthode ne m’a pas révélé ce à quoi j’aspirais. Mon mari, maître enseignant en reiki, me proposait de m’initier au 1er degré, mais la peur de me retrouver face à moi-même, de faire ressortir des émotions enfouies m’empêchaient de franchir le pas. Je pris finalement la décision de recevoir un reiki et, après quelques moments d’émotion intense, j’ai ressenti un apaisement au plus profond de moimême. J’étais comme libérée de mes peurs. J’ai aussi ressenti les bénéfices «magiques» de cette technique lors de mon accouchement lorsque mon mari, par le reiki, a fait baisser ma tension de 22 à 11… Aujourd’hui, j’ai passé les trois degrés et je pratique quotidiennement le reiki. Mon énergie devient de plus en plus puissante, ma personnalité s’est renforcée, je me sens plus ancrée à la terre, j’ai confiance en moi. Tous les individus devraient être initiés au reiki !»
Béa-Attitude.
http://bea.attitude.free.fr/

Petite histoire du massage
Le mot massage vient du grec massein, de l’hébreu mashesh et de l’arabe mass qui veulent dire pétrir, palper, presser. Le toucher est la forme la plus ancienne de thérapie. Frotter une zone sensible ou endolorie du corps pour en éloigner la douleur est un geste inné chez l’humain. Le massage existe donc depuis la nuit des temps. Il est utilisé depuis plus de 3 000 ans avant notre ère à des fins thérapeutiques par les Chinois. Avec les plantes et l’acupuncture, il est un des éléments fondateurs de leur médecine.
Le massage de tradition chinoise commence toujours par la plante des pieds, partie du corps où se situent des terminaisons sensibles qui correspondent à chacun des membres et des organes. Il est ainsi possible d’avoir une action thérapeutique sur l’œil ou l’oreille sans les toucher. C’est en Inde que naît le massage yoga, à la fois source de bien-être et tradition religieuse, science qui recrée l’harmonie de la vie. Jivaka Kumarbhaccha, son fondateur, était yogi et médecin. Il eut Bouddha pour illustre patient. Avec la propagation du bouddhisme en Asie, le massage à la fois curatif et religieux prit une place prépondérante en Thaïlande. Le massage thaïlandais se pratique essentiellement avec les coudes, en partant des pieds pour finir par la tête.
Le roi et la reine ont leurs masseurs particuliers qui les traitent quotidiennement. Le massage coquin est un avatar du tourisme. Les Egyptiens et les Perses utilisaient aussi le massage comme technique thérapeutique. Dans la Grèce antique, il était prodigué à toutes les personnes de la société, du patricien à l’esclave, sous la base de frictions avec des huiles).
Hippocrate, père de la médecine occidentale, le recommandait souvent à ses malades. Détendre après les bains, assouplir des tissus, accélérer la convalescence et préparer des lutteurs, telles en étaient ses fonctions. Jules César avait droit, lui aussi, à un massage par jour ! Les Romains ont dévoyé le massage et lui ont donné une sulfureuse réputation. Avec eux, il était surtout détente, prodigué dans des lieux publics, thermes, stades, gymnases, et ateliers de massage.
La noble palpation était utilisée à des fins de débauche ! Cette coutume se répandit dans tout l’empire et donne une très mauvaise image à cette pratique, qui fut condamnée par l’Eglise et la médecine occidentale jusqu’à la fin du Moyen Age. Au XVIIème siècle, Harvey «découvre» la circulation sanguine. Il constate que les frictions (les massages), sont bonnes pour celle-ci ! Le pétrissage reprend alors des «couleurs» thérapeutiques au sein de la médecine occidentale. Au XIXème siècle, Per Henrik Ling est le fondateur de l’école suédoise, basée sur la gymnastique et le massage. Cette méthode va donner naissance à la kinésithérapie…
Aujourd’hui, plus de quatre vingt techniques de massages sont répertoriées : chinoise, thaï, indienne, suédoise, américaine, canadienne… Utilisées pour raisons médicales, spiritualité et surtout bien-être et détente, à chacun son massage !

