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NEWSAVRIL2006

Les spas, des instituts extraordinaires...

 

Il y a encore quelques années, on traduisait le mot «spa» par «Société Protectrice des Animaux». Aujourd’hui, fortes - ou victimes - d’une surmédiatisation, ces trois petites lettres nourrissent tous les fantasmes de volupté. Eh oui, le spa n’est plus désormais qu’annonciateur de bien-être. Du simple gel douche aux vertus relaxantes à un petit institut de beauté, en passant par une baignoire à bulles ou des lieux de vacances démesurément luxueux, on use - et on abuse - de l’appellation spa. Si bien qu’on ne sait plus, finalement, ce que ce mot signifie exactement. Le service de presse du salon Thermalies Aqua Expo (qui a lieu tous les ans, fin janvier-début février, à Paris), Presse & Papiers, vous explique dans ce remarquable dossier ce que ce mot signifie, et vous confie bien d’autres choses : un historique des spas, une définition des différents types de spas, le but des spas et le parcours émotionnel qu’il entraîne, les spécialités de tous les spas du monde entier...

 

Selon le dictionnaire Larousse, qui l’a officialisé en 2004, le mot «spa» a droit à trois définitions :

1 - Station thermale belge.

2 - Bain bouillonnant à remous dont l’eau est recyclée en circuit fermé.

3 - Centre d’hydrothérapie.

Le dictionnaire Larousse n’a pas donné la définition la plus classique : le mot «spa» viendrait de l’expression latine «sanitas per aqua».

Vous en conviendrez, ces descriptions portent moins à la rêverie que les «havres de paix», «sanctuaires pour le corps et l’esprit» et autres «temples de sérénité» décrits dans la presse. Elles sont cependant toutes recevables, puisque bel et bien existantes. Mais répondent-elles à la vraie question : qu’est ce qu’un spa ? Tentons d’être clairs.

 Il ne s’agit ni d’un courant branché comme le New-Age dans les années 90 ni d’un label officiellement attribué à tout ce qui possède les vertus relaxantes. Sans être légalement défini par une charte officielle, le spa est avant tout un institut de beauté haut de gamme où les soins cosmétiques et holistiques sont dispensés à la carte et rivalisent de perfection avec les prestations d’accueil. Une définition qui répond presque aux mêmes critères que les tout premiers spas, construits il y a plus de 2000 ans par les contemporains de Jules César.

HISTOIRE D’EAU

Aux balbutiements de la médecine, les Grecs antiques sont les premiers à établir un lien entre le corps et l’esprit. Pour prendre soin des deux, ils font appel aux vertus thérapeutiques des eaux thermales. Près de leurs rivières, ils construisent les premiers centres de remise en forme. De leur côté, guidés par un souci constant d’esthétisme, de puissance et de perfection, les Romains ajoutent une pierre à l’édifice du bien-être. Les vertus thérapeutiques de l’eau étant reconnues et appréciées, les concitoyens de César construisent de nombreuses fontaines et des thermes splendides (les Bains de Caracola), sous la devise : Sanitas Per Aqua. Traduisez par la santé par l’eau.

Contractez par spa.

Là, bains de vapeur, inhalations aromatiques et massages à l’huile de lavande les soulagent du stress citadin. En guise de salle de bains, les riches propriétaires aménagent chez eux leur propre spa, espérant peut-être que l’Empereur y fasse une halte pour se ressourcer. Même les armées installent leurs camps non-loin des villes d’eau : Baden- Baden en Allemagne, Bath en Angleterre, Spa en Belgique...

Le déclin de l’Empire romain signe la fin de l’hydrothérapie. Ce n’est qu’au début de notre siècle que l’eau reprend toute sa valeur. L’Europe, friande de nouveautés, s’emballe pour tous les types de cures marines médicalisées. Les centres de thalassothérapie fleurissent un peu partout et promettent des remises en forme sur mesure. Bien sûr, nous sommes encore loin des spas tels qu’on les connaît aujourd’hui. Sauf ? De l’autre côté de l’Atlantique.

C’est en effet au début des années 70, aux Etats-Unis que l’idée des spas est exhumée et prend le visage qu’on lui connaît aujourd’hui.

Là où le transport de l’eau de mer - et donc de la thalassothérapie - est interdit par la loi, on aime satisfaire ses envies de bien-être par l’artifice du paraître. Dans les instituts de beauté, luxe et exceptionnel s’accordent à répondre aux besoins des femmes. Flairant là une nouvelle manne, le patron d’un hôtel haut de gamme a l’idée d’aménager dans son établissement un espace de détente et d’esthétique. Au service d’une riche clientèle, sont proposés séances de jaccuzzi (les spa-bath dans la langue de Shakespeare), massages, manucurie, coiffure... Ainsi naît le premier «amenity spa», traduit par «institut équipé de bains à remous».

Devant son succès, l’entreprise compte vite des émules. La vague amenity spa (nom de baptême d’un hôtel-spa citadin - déferle sur les Etats-Unis et traverse les océans. L’Asie l’accueille à bras ouverts et développe le concept. Sur des sites paradisiaques coupés du monde se construisent des havres de paix ultra-luxe. Là, des vacanciers aisés agrémentent leurs séjours princiers par toutes sortes de soins et de modelages exotiques. Le ton est donné à une nouvelle façon de voyager dans les destinations spa. Pour l’Europe, la frontière qui sépare la santé du bien-être est difficile à franchir. Et Catherine Lloyd, secrétaire générale de la British Spa Federation, de commenter : «Les Anglosaxons attachent de l’importance aux soins de beauté et à la relaxation, tandis que les Européens sont plus attentifs à l’aspect médical ».

En effet, desceller les préjugés passera par changer les modes de pensée : prendre soin de son corps, c’est aussi cajoler son esprit. Venues tout droit des autres continents, philosophies et médecines douces s’immiscent discrètement dans le quotidien. De plus en plus vantés par les médias, les soins de beauté visage et corps aux produits 100 % naturels et les méthodes de relaxation aux parfums exotiques (yoga, méditation zen, ayurvéda, stone therapy, qi qong, shiatsu, nuad bo’rarn etc.) finissent par faire fureur. La réponse à ce nouveau courant est toute trouvée : les spas, ces instituts extraordinaires qui ouvrent leurs portes sur un océan de sérénité, et dans lesquels aujourd’hui, chacun rêve de plonger.

PLAISIRS À LA CARTE

Qu’il s’appelle spa, day-spa, amenity-spa, resort-spa, hotel-spa, destination spa, health farm et beauty farm : un spa reste toujours un spa, tel que nous l’avons défini plus haut. Si les soins dispensés ne dérogent jamais du registre cosmétique et holistique - donc sans caractère médical ou paramédical comme la thalassothérapie, la balnéothérapie ou les cures thermales - le contexte, lui, existe en effet sous plusieurs formes. Explications.

Le day-spa

En guise de mini-cure anti-stress, rien de tel qu’une après-midi passée à se faire chouchouter comme une reine. Ou comme un roi ! Voilà exactement ce que propose le dayspa. Comme son nom anglo-saxon l’indique, cet institut de beauté citadin accueille pour quelques heures les clients en quête de volupté et de décompression. Il propose les mêmes services que dans n’importe quel autre spa intégré à une structure hôtelière. Là, prodigués dans une ambiance toujours très raffinée et cocooning, les soins esthétiques classiques (épilation, manucurie, pédicurie, gommage...) cohabitent sur la carte avec des rituels et des modelages exotiques. La qualité de la prestation ne varie pas en fonction de la durée (une heure minimum) et du prix (pouvant aller de 60 à 200 € le soin !) mais uniquement du savoir-faire du personnel.

L’hôtel spa ou amenity spa

Pour offrir un «plus» à leur clientèle aisée, les hôtels citadins haut de gamme ne se contentent plus d’une piscine penthouse et d’une salle de sport dernier cri. L’espace spa est désormais de rigueur. En libre accès, ou pas, aux non-résidents, ces instituts visent la même clientèle que celle des day-spas et proposent le même type de prestations à la carte et aux mêmes tarifs (même pour

clients de l’hôtel). Dans la majorité des cas, les soins esthétiques sont réalisés avec des marques de cosmétiques comme par exemple Anna Sémonin, La Prairie, Carita, Decléor, Algotherm, Phytomer, Thalgo, Kanebo... toutes spécialisées dans l’utilisation de composants naturels.

La destination spa ou resort spa

Après une rude journée de bronzage, se faire masser sur la terrasse de votre petite villa individuelle, le regard perdu entre votre piscine privée et un soleil cramoisi filtrant avec la mer, ça vous tente ? Si la réponse est oui, cassez votre plus grosse tirelire et offrezvous un séjour d’exception dans un des plus beaux sites hôteliers du monde. Plage carte postale, architecture d’excellence, table raffinée, service princier, sports nautiques à volonté, massages à la demande... Tout un programme proposé par des destinations spas (ou resort spas). Poussant un peu partout dans le monde aussi vite que des champignons après la pluie, ce type de spa se distingue des autres car il permet une nouvelle façon de voyager. En effet, de l’architecture à la restauration en passant par les soins, tous s’inscrit dans la philosophie et la culture du pays où on se trouve. Exception faite pour les soins prodigués dans les espaces spa appartenant à certaines marques de cosmétiques où les protocoles sont ceux de la marque.

La beauty farm ou health farm

A mi-chemin entre la destination spa et l’hôtel spa, cette appellation s’applique essentiellement à tous les spas de montagne et de campagne.

L’ÉVEIL DES SENS

Aucun spa dans le monde ne ressemble à un autre. Pourtant, ils ont tous le même but : conduire le corps et l’esprit vers un bienêtre absolu. De la décoration, toujours élégante et épurée, aux fragrances subtiles envoûtant l’atmosphère, en passant par une musique d’ambiance propice à la détente, des soins au toucher exquis et des tisanes relaxantes offertes souvent en fin de séance, tout doit être mis en œuvre pour stimuler et apaiser les sens. Mis ainsi à contribution, la vue, l’ouïe, l’odorat, le toucher et le goût ne s’emboîtent pas au hasard. Ils guident un parcours émotionnel, ponctué de multiples sensations. Pour mieux comprendre l’importance de chacun des cinq sens dans les spas, nous avons interrogé des professionnels en la matière. Leurs explications ? A mi-chemin entre science et poésie...

Voir
La vue adoucit les angles de la vie
par Kareen Trager-Lewis, décoratrice de spa

«Le premier spa que l’on ma confié est celui d’Anne Sémonin, dans un hôtel à Moscou. En tant que cliente, je n’avais jamais mis les pieds dans ce genre d’endroit et aucune directive, ou impératif (sauf de commodité), ne m’a été donnée. Je ne suis guère convaincue par les mouvements de mode comme le feng shui, le zen, la chromathérapie, etc. A l’instinct, je suis donc partie de ma vision personnelle de la relaxation et de ma perception du bien-être, comme s’il s’agissait du confort de ma propre salle de bains. La vue est le premier contact avec un lieu. Il est donc impératif de séduire, de ne pas agresser. Ma façon d’y parvenir est de laisser dans un champ de vision le plus de vide possible pour laisser libre cours à l’imagination. Trop d’objets, de meubles ou de couleurs orientent la pensée. En revanche, une déco épurée permet à l’esprit de s’évader à sa guise. Compte tenu d’un certain standing exigé par les spas, il y a forcément une quête de noblesse et d’élégance dans le choix des couleurs et des matériaux. L’invitation au rêve passe aussi par tout ce qui peut rappeler la nature : bois, pierre, nacre, eau... Bref tout ce qui peut inspirer une pureté atemporelle.»

Sentir
L’odorat, c’est la mémoire des émotions
par Yvona Ostojic, aromathérapeute

«L’odorat est le premier sens qui se développe chez le bébé. In utero, il mémorise les odeurs, comme celle d’une glace à la vanille dégustée par sa mère. A la naissance, c’est par là qu’il reconnaît celle qui l’a porté. Cette image symbolise les «deux» odorats dont l’humain est doté : l’odorat inconscient, celui de la mémoire. Et l’odorat conscient, celui du quotidien.

C’est vers le premier que se tourne l’aromacologie (étude des odeurs sur le psychisme et sur l’humeur). Cela consiste à utiliser des odeurs pour influencer l’état d’esprit. Diffuser des huiles essentielles dans un spa ou les utiliser pour agrémenter certains soins n’est pas anodin. Les fragrances sont choisies en fonction des effets désirés sur une cliente. Il ne faut pas perdre de vue que des odeurs enfouies dans la mémoire provoquent des émotions.»

Ecouter
La musique est un stimuli sensoriel extraordinaire
par Philippe Puydauby, producteur de musique de spa.

«La musique n’a cessé de refléter les aspirations des nouvelles générations. Aujourd’hui, une nouvelle philosophie émerge : celle du temps reconquis, avec à la clef la notion d’épanouissement personnel. Là encore, je crois que la musique a son rôle à jouer. Si on apprend lors des massages, à se laisser toucher, on doit aussi se laisser «pénétrer» par l’environnement sonore. C’est un stimuli sensoriel extraordinaire. J’ai donc cherché un nouveau genre musical, aidé par des ingénieurs et des musiciens qui travaillent sur des sons du monde entier. Le but, c’est que la cliente se laisse envelopper par différents sons : sourds, doux, rythmés mais toujours dynamiques ! Car, pendant un soin, on passe par toutes sortes d’émotions. C’est ce que la musique doit mettre en exergue. D’ailleurs les premiers à avoir de la musique de relaxation ce sont peut-être les Beatles ! Inspirés par la musique indienne, ils ont jeté les prémices d’un nouveau genre.»

Toucher
Le massage est un abandon régressif
par Anne Milan, responsable de l’espace esthétique du spa Cala Rossa en Corse.

«Le toucher est avant tout un échange entre celui qui donne le soin et celui qui le reçoit. La qualité d’un massage ne dépend pas de la connaissance théorique de la technique. Elle peut être parfaitement inutile si l’esthéticienne ne cherche pas à transmettre une sensation agréable, authentique et profonde à travers ses mains. Par ailleurs, pour que l’échange s’opère, il faut que la cliente massée ait confiance en celle qui la masse, au point de s’abandonner, de lâcher prise.

Le toucher est primordial car en provoquant une émotion régressive, il donne confiance, ou pas. C’est pourquoi, le premier contact entre l’esthéticienne et sa cliente - à savoir l’application de l’onguent de massage - doit impérativement être doux pour ne pas choquer, ni agresser la cliente massée.»

Goûter
C’est un plaisir lié à la convivialité
par Vincent Low, directeur de la Yi Xing Xuan Teahouse à Singapour.

«En Asie, plus spécifiquement en Chine, la simple dégustation du thé s’accompagne de tout un cérémonial de préparation et de recueillement. En Afrique, en particulier au Maghreb, partager un thé à la menthe véhicule de la bonne humeur entre des convives. En Angleterre, le «tea time» sacre l’élégance et le bon goût d’une personne. Faut-il en dire plus pour dire que le goût, honoré dans les spas par l’offrande de tisanes et de décoctions chaudes en début ou en fin de soin, est avant tout une marque de sympathie. Cela s’ajoute bien sûr à toutes les attentions bienveillantes dont la cliente fait l’objet pendant son soin. Par ailleurs, les ingrédients infusés ont des vertus thérapeutiques. S’en délecter, c’est donner une touche subtile à un moment d’exception.»

VOYAGER EN BEAUTÉ

Goûter aux rituels esthétiques d’un pays, c’est toucher un peu de son âme. Ainsi, à chaque soin correspond une spécificité qu’il est bon de connaître pour la cliente pour mieux décrypter une carte de spa et adapter ses envies à ses besoins. A quelques pas de chez elle ou à l’autre bout de la planète, elle peut découvrir pour chaque continent, ses soins phares et leurs vertus et s’embarquer pour le plus voluptueux des tours du monde.

Asie : le culte de la santé

Ici plus qu’ailleurs, le corps et l’esprit ne font qu’un. Etroitement liés, leur équilibre se respecte religieusement, car ils honorent les richesses de l’univers. A travers ses propres soins, chaque pays d’Asie traduit cette même philosophie et accorde dans son quotidien une place de choix à la santé physique et spirituelle.

Inde

• Le njavarakizhi
Elaboré selon les principes de l’ayurvéda - science de longévité -, ce soin vise à rééquilibrer les forces physiques, spirituelles et esthétiques de la cliente, comme chaque type de traitement ayurvédique. Destiné à purifier l’épiderme, et détendre et détoxiquer l’organisme, le njavarakizhi commence par un massage des muscles généreusement enduits d’huile de sésame tiède et se poursuit par des pressions sur le corps à l’aide d’un petit ballotin rempli de gingembre, de lait d’ânesse, de farine de lin et de farine d’avoine.

• Le shirodhara
Ce rituel consiste à verser sur le front, selon un trajet précis et en continu, un filet d’huile de sésame chaude. Il a pour vertu de soulager les migraines et lutter contre les insomnies.

• Le reiki
Traduit littéralement par «énergie cosmique», cette thérapie indienne a été exhumée par un théologien-scientifique japonais au début du siècle. Elle s’appuie sur une théorie holistique selon laquelle chaque particule vivante ou non de l’univers émet et reçoit de l’énergie. Inscrit dans ce contexte, le corps humain fonctionne grâce à une bonne connexion de ce flux énergétique. Un organe qui tombe en panne est un organe qui est mal irrigué par l’énergie. Par simple apposition des mains, un thérapeute formé par un maître reiki est à même de recharger d’énergie cosmique les batteries de la zone affaiblie.

 

Chine

• La réflexologie plantaire
Le berceau de la réflexologie se trouve dans l’Egypte ancienne mais c’est en Chine qu’elle s’est développée de façon spectaculaire. Cette thérapie part du principe que chaque organe est représenté par un point précis, appelé zone réflexe, situé sur la voûte plantaire. Lorsqu’un organe est déficient, la zone correspondant, douloureuse au toucher, indique au praticien la pathologie du client. Par simples pressions - équivalant à une forte stimulation du flux sanguin- sur les points désignés, le praticien agit sur l’organe et le soulage.

• Le massage taoïste
Baptisé plus simplement massage chinois, cette appellation folklorique désigne un des plus fréquents massages asiatiques. Alternant longs mouvements de glisse, pressions et étirements des extrémités (mains, pieds, tête) et frottements sur certaines zones musculaires, ce soin, sensé rééquilibrer les énergies yin et yang de l’organisme, détend et redynamise le corps et l’esprit. Idéal en cas de fatigue hivernale.

 

Japon

• Le shiatsu
Elaboré selon le même principe que l’acupuncture (comme le massage thaïlandais), le shiatsu consiste à stimuler le flux énergétique de l’organisme grâce à de fortes pressions effectuées du bout des doigts sur des points précis du corps. Guère relaxante et parfois même douloureuse lors de son exécution, cette méthode est idéale pour soulager durablement tous types de tensions.

• Le furo
Rituel de purification du corps et de l’esprit, le furo est un bain effectué dans une baignoire en bois odorant (santal, hinoki ou cèdre), remplie d’eau chaude et agrémentée de plantes, d’agrumes ou de fleurs. Par souci de propreté, l’immersion s’effectue après avoir soigneusement savonné et rincé le corps. Un bain furo est avant tout proposé dans les spas comme le délicieux prémisse d’un massage relaxant.

 

Thaïlande

• Le nuad bo’rarn
Ce soin ancestral n’est autre que le célébrissime massage thaïlandais. Prodigué dans son pays d’origine à des fins préventives ou curatives, il vise à soulager les tensions musculaires et nettoyer les tissus de leurs toxines. Son secret ? Un enchaînement de fortes pressions et d’étirements musculaires. Les premières provoquent un afflux sanguin dans les muscles et les tissus pour les oxygéner et les débarrasser de leurs impuretés. Les seconds soulagent les douleurs articulaires dues au stress et à la fatigue.

• Les tampons de Siam
Pratiqué à l’origine par des moines de campagne en guise de traitement de divers types d’affections, cette méthode relaxante et adoucissante s’est muée en un rituel de la beauté thaïlandaise. En effet, le praticien tapote et appuie sur le corps des petites bourses remplies d’herbes chaudes. Sous l’effet de la chaleur, les muscles se décontractent et les pores de la peau se dilatent pour mieux se gorger des principes actifs des plantes. Indonésie

• Le javanese lulur
Réservé jadis aux jeunes filles la veille de leurs noces pour sublimer leur peau, ce rituel de purification et de séduction est devenu un soin de beauté à part entière. Après avoir été exfolié par une mixture faite de grains de riz, de gingembre et de curcuma, le corps est enduit de yaourt, puis rincé et immergé dans un bain de fleurs.

Amérique :
le pacte avec la nature

Ici, les origines des soins s’illustrent par une légende selon laquelle un pacte sacré a été conclu entre les divinités de la nature et les chefs des tribus. Si les hommes louent les dieux de la forêt, des plaines et des montagnes, ceux-ci se chargent de les protéger contre les maladies. Un échange de bons procédés qui a donné naissance aux principaux traitements amérindiens dont on se délecte aujourd’hui.

• La stone therapy
Connu sous le nom de massage aux pierres chaudes, ce soin puise ses sources dans les rituels indiens. Il se destinait à soulager courbatures, fatigues, arthrose, contractions de grossesse... par simple apposition sur la zone à traiter, de galets volcaniques chauds. Dispensée aujourd’hui dans de nombreux spas, la stone therapy se traduit par un massage purifiant et destressant qui combine des mouvements de glisse et des appositions de pierres de basalte chaudes sur le corps huilé.

• Les enveloppements de boues canadiennes
C’est en appliquant sur la poitrine une boue récoltée sur le flanc des montagnes canadiennes que les anciens soignaient leurs fatigues musculaires et leurs affections pulmonaires. Résultant de la décomposition d’épines de pin et de fleurs d’eucalyptus, ce cataplasme naturel, riche en huiles essentielles et en essence de térébenthine, stimule la circulation sanguine et favorise la décongestion des voies respiratoires.

• Le massage californien
Destiné à déstresser les gens speedés, et particulièrement doux, ce massage est un enchaînement d’effleurements et de palpés musculaires.

Europe :
la beauté avant tout

Sur le Vieux Continent, le respect du corps s’est longuement heurté à celui de l’âme. Décrétés profanes par l’Eglise pendant des siècles, les désirs d’embellissements ont nourri les fantasmes des femmes. Braver les interdits pouvait aller jusqu’à mettre leur vie en péril. Il faut attendre le vingtième siècle pour connaître une nouvelle façon d’appréhender les gestes de beauté : les associer aux besoins de la santé.

France

• Le bain de foin
Novice dans l’art de prendre soin de son corps et de son esprit, la France est plus riche en remèdes de terroir qu’en rituels cosmétiques. Ainsi, on peut parfois trouver dans les spas nichés sur les flancs de nos montagnes, des soins curatifs tels que le bain de foin. Tradition séculaire des pays alpins, cette thérapie est préconisée pour stimuler et renforcer la circulation sanguine grâce aux huiles essentielles contenues dans les herbes séchées. Une immersion dans de l’eau tiède agrémentée de foin procure un excellent soin «coup de fouet».

• La vinothérapie
Elaborée il y a une dizaine d’année par la marque Caudalie et exclusivement réservée à ses créateurs dans leurs propres spas, la vinothérapie imagine tous ses soins cosmétiques autour des vertus protectrices et régénérantes des polyphénols de raisins. Du gommage corps au soin visage antirides en passant par les bains bouillonnants ou les massages relaxants, tout s’effectue avec des grappes fraîches.

Angleterre

• Les elixirs de Bach
Pas un spa ni une ferme de beauté en Angleterre ne propose d’associer ses massages, ses soins du visage ou ses bains de relaxation aux célèbres fleurs de Bach. Créés dans les années 30 par le Dr Edward Bach, ces élixirs visent à calquer le comportement des fleurs dont ils sont issus aux humeurs de celle qui s’en imprègne. Fruits d’une macération dans de l’eau de source mélangée à du Brandy, les fleurs de Bach s’inscrivent en tête de liste des remèdes holistiques anglais.

Afrique : la quête de pureté

Berceau de l’humanité, ce continent a vu naître presque autant de rituels qu’il compted’ethnies. Si la sensualité des musulmanes s’exprime à travers une quête de pureté du corps et de l’esprit, celle des femmes d’Afrique Noire illustre le respect qu’elles ont pour la nature.

Le Maghreb

• Le hammam
Héritage des thermes romains, le hammam est un incontournable de la culture musulmane. Sanctuaire de purification et lieu de rencontre et de divertissement pour les femmes, ces centres de bains de vapeur représentent bien plus qu’un simple rituel esthétique. Leur action sur l’organisme ? Provoquer une importante sudation. Elle permet aux tissus de libérer leurs toxines et décolle les impuretés de l’épiderme. Reste ensuite à frotter le corps avec un gant de crin pour parfaire la douceur et la propreté de la peau.

• Le massage à l’huile d’argan
Conclusion suprême d’un hammam, ce massage vigoureux achève la relaxation musculaire amorcée par la chaleur de la vapeur. Pour hydrater la peau et lui rendre sa souplesse et son éclat après le passage abrasif du gant de crin, les masseuses enduisent le corps d’huile d’argan pour accompagner leur gestuelle. Originaire du Maroc et considéré dans le Maghreb comme de l’or liquide, ce précieux onguent est le meilleur allié des cellules.

Le Proche-Orient

• Les trésors de la Mer Morte
C’est dans le désert de Judée que se situe le point d’altitude le plus bas du globe. Là, une mer fermée accueille depuis des milliers d’années des hommes en quête de mieux-être. Si Cléopâtre y puisait ses élixirs de beauté, les générations suivantes s’y baignent pour soigner stress, problèmes cutanés et rhumatismes. Des pouvoirs exceptionnels qui s’expliquent par un taux de minéraux dix fois plus élevé que dans les autres mers. Qu’il s’agisse de son sel, dissout dans l’eau d’un bain, ou de sa boue appliquée en cataplasme sur le corps, la Mer Morte offre une source intarissable de bienfaits.

 

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