Prévention du mélanome : informez vos clientes !
Parce qu’aujourd’hui, les Français sont de plus en plus nombreux à partir en vacances au soleil en dehors de l’été, l’Institut National du Cancer étend ses actions de prévention des cancers de la peau à d’autres périodes de l’année. Profitez donc des dernières recommandations de l’INCa pour rappeler à vos clientes à quel point l’exposition au soleil peut être dangereuse et quels sont les différents types de cancers de la peau qu’elle peut provoquer.
LE SOLEIL, PRINCIPAL FACTEUR DE RISQUE DE CANCER DE LA PEAU
Le soleil joue un rôle important dans notre vie et participe à notre bien-être physique et moral. C’est un plaisir, il dope le moral et il favorise la fabrication de vitamine D. Mais quelques minutes par jour suffisent à profiter de ses bienfaits. Au-delà, il peut provoquer de graves dommages pour les yeux (cataracte, atteintes de la rétine), un vieillissement prématuré de la peau (rides, taches brunes) et des cancers de la peau.
L’exposition au soleil, facteur de risque majeur
Toutes les études réalisées montrent que l’exposition aux rayonnements ultraviolets (UV) est un facteur majeur dans le développement des cancers de la peau. On estime que deux tiers des mélanomes sont dus à une exposition excessive au soleil, cette proportion étant plus élevée encore chez les personnes à la peau claire.
Les trois types de rayonnements ultraviolets émis par le soleil (UVA, UVB, UVC) se distinguent par leur intensité, leur longueur d’onde et leur capacité à pénétrer la peau plus ou moins profondément. Les UVA représentent 95 % des UV qui arrivent à la surface de la terre, les UVB 5 % et les UVC sont filtrés par la couche d’ozone.
Alors que l’on croyait auparavant que seuls les rayons ultraviolets très énergétiques (UVB) provoquaient des cancers, on sait aujourd’hui que les ultraviolets moins énergétiques (UVA) y contribuent autant.
L’intensité du rayonnement UV est donc un facteur de risque qu’il est essentiel que vos clientes prennent en compte pour adapter leur comportement en termes d’exposition solaire.
Le danger particulier des expositions solaires de l’enfance
Les données épidémiologiques à notre disposition indiquent que l’exposition au soleil pendant l’enfance, en particulier l’exposition intermittente et intense et les coups de soleil, est un déterminant majeur dans la survenance du mélanome à l’âge adulte.
En effet, la peau des enfants et des adolescents est plus fine et son système pigmentaire est encore immature jusqu’à l’âge de la puberté (environ 15 ans), ce qui la rend particulièrement sensible aux effets cancérogènes des rayonnements UV.
Par ailleurs, on estime que la majeure partie de l’exposition totale au soleil au cours d’une vie serait effectuée avant l’âge de 18 ans, dans la mesure où les enfants et les adolescents passent plus de temps en plein air que les adultes. Ce constat renforce la nécessité d’une prévention des risques du soleil dès le plus jeune âge.
LES DIFFÉRENTS TYPES DE CANCERS DE LA PEAU
On distingue deux types de cancers de la peau, les carcinomes et le mélanome.
Les carcinomes : les plus courants mais les moins graves
Les carcinomes représentent 90 % des cancers de la peau. Avec plus de 50 000 nouveaux cas par an en France, ils figurent parmi les cancers les plus fréquents. Ils surviennent généralement après 50 ans sur des zones découvertes du corps (visage, cou, épaules, avant-bras, dos des mains…). Ils trouvent le plus souvent leur origine dans une exposition au soleil excessive et répétée au cours de la vie.
On distingue les carcinomes basocellulaires et les carcinomes spinocellulaires:
• Les carcinomes basocellulaires sont les plus fréquents (70 % des cancers cutanés). Ce sont aussi les moins graves car leur évolution est lente et leur développement reste local (pas de métastases). Cependant, leur danger est lié à leur potentiel invasif local qui va entraîner des destructions des tissus.
• Les carcinomes spinocellulaires sont plus rares (20 % des cancers cutanés). Ils se développent parfois sur des lésions dites précancéreuses, les kératoses actiniques. Ils peuvent aussi apparaître sur des cicatrices de brûlure ou des plaies chroniques. Plus agressifs que les carcinomes basocellulaires, ils sont susceptibles d’envahir les ganglions lymphatiques et de se disséminer dans d’autres organes.
Les carcinomes sont facilement guérissables dans la majorité des cas. Une détection précoce permet un traitement chirurgical simple, généralement réalisable sous anesthésie locale. En revanche, une prise en charge tardive peut imposer une chirurgie lourde pouvant être mutilante.
De façon générale, informez vos clientes qu’une plaie qui ne cicatrise pas, un bouton ou une croûte qui persiste et se modifie doivent les conduire à demander un avis médical.
Le mélanome : le plus redoutable des cancers de la peau
Plus rare que les carcinomes, le mélanome est le plus grave des cancers de la peau. Quelques millimètres cubes de tumeur peuvent en effet entraîner une dissémination métastatique rapide mettant en cause le pronostic vital.
Le mélanome peut se déclarer chez des personnes de tous âges, mais il est rare chez les enfants. Il peut se situer n’importe où sur le corps, assez fréquemment sur le tronc chez l’homme et sur les jambes chez la femme.
Ce sont les coups de soleil de l’enfance et les expositions solaires intermittentes mais intenses (caractérisant les périodes de vacances) qui augmentent le plus le risque de mélanome.
Le mélanome se manifeste essentiellement de deux façons :
- soit par l’apparition d’une petite tache pigmentée sur la peau saine (cas le plus fréquent),
- soit par la modification d’un grain de beauté (nævus pigmentaire) préexistant.
Lorsque le mélanome est détecté assez tôt à un stade peu développé (quand la tumeur n’est pas trop épaisse et qu’il n’y a pas de métastases), il peut la plupart du temps être guéri. Le traitement consiste alors à retirer la lésion sous anesthésie locale (exérèse).
En revanche, diagnostiqué tardivement, le mélanome est souvent mortel car il s’étend rapidement à d’autres parties du corps (diffusion de métastases). Les traitements existants sont alors peu efficaces. Cette absence de traitement curatif des formes avancées de mélanome rend d’autant plus indispensable le développement des mesures préventives et de l’incitation à la détection précoce.
Le mélanome, un cancer de plus en plus fréquent
Les études épidémiologiques montrent que les cas de mélanomes sont de plus en plus fréquents, en raison notamment de l’évolution des habitudes d’exposition au soleil au cours de ces quarante dernières années. On compte aujourd’hui plus de 7 200 nouveaux cas par an : c’est trois fois plus qu’il y a 20 ans !
Le mélanome est en effet une des tumeurs dont l’incidence (c’est-à-dire le nombre de nouveaux cas chaque année) a le plus augmenté ces vingt dernières années. Entre 1978 et 2000 en France, elle a progressé chaque année en moyenne de 5,9 % chez l’homme et de 4,3 % chez la femme. Le nombre de nouveaux cas par an a ainsi triplé en 20 ans, passant de 2 300 en 1980 à 7 200 en 2000.
La mortalité due au mélanome a aussi régulièrement augmenté durant cette période, mais à un moindre degré. Elle a doublé en 20 ans, chez l’homme comme chez la femme !
En 2000 en France, le nombre de nouveaux cas estimés de mélanomes cutanés était de 7 231, dont 42 % chez l’homme et 58 % chez la femme. 1 364 décès étaient imputables au mélanome cette même année, dont 704 décès masculins (soit 52 %) et 660 décès féminins. Ainsi, le mélanome est plus fréquent chez les femmes, mais les hommes en meurent davantage, notamment avant l’âge de 65 ans.
L’âge moyen de survenue du mélanome était de 58 ans chez l’homme et de 56 ans chez la femme en 2000. Cependant, le mélanome peut toucher des personnes de tous âges, notamment des sujets jeunes (mais rarement des enfants).
Cette évolution préoccupante et l’absence de traitements efficaces à un stade évolué rendent d’autant plus indispensables des mesures de prévention fortes dès aujourd’hui si l’on veut éviter une hausse dramatique de la mortalité due au mélanome dans les prochaines décennies.
QUI EST PARTICULIÈREMENT À RISQUE ?
Tout le monde est susceptible de développer un mélanome. Cependant, nous ne sommes pas tous égaux face à ce risque, qui est majoré par des facteurs individuels constitutifs. Les principaux marqueurs de risque sont :
Les antécédents familiaux
Les antécédents familiaux de mélanome constituent un facteur de risque important. En effet, 5 à 10 % des cas de mélanome surviennent dans un contexte familial. Ils sont liés à des caractéristiques génétiques : ainsi, dans 44 % des cas de mélanomes familiaux en France, on retrouve une mutation héréditaire d’un gène appelé P16.
On estime que le risque est multiplié par 2 ou 3 si un parent de premier degré (parentsenfants, frères-soeurs) a eu un mélanome. C’est pourquoi les membres d’une famille déjà touchée par un mélanome doivent systématiquement se faire surveiller.
Le type de peau
Nous ne sommes pas égaux devant les effets du soleil. Ainsi, les personnes à peau claire ont davantage de risques de cancer cutané lors de l’exposition au soleil en raison de leur absence relative de pigmentation. Toutefois, une peau foncée est également sensible aux effets nocifs du rayonnement UV, même si elle possède davantage de pigments protecteurs.
Il est donc important de savoir quel type de peau l’on a pour modeler en conséquence la durée d’exposition et les mesures de protection. Pour cela, il existe une catégorisation des types de peaux vis-à-vis de leur sensibilité au rayonnement ultraviolet, appelée le «phototype». Il permet d’estimer le risque lié à l’exposition solaire pour chaque type de peau et de déterminer l’importance des protections nécessaires. 6 phototypes, correspondant à 6 types de peaux et couleurs de cheveux, ont été identifiés : plus le phototype est faible, plus le sujet doit se protéger du soleil.
Le nombre de grains de beauté
Par ailleurs, la présence de nombreux nævi (grains de beauté) sur le corps est un facteur de risque important : un nombre de 50 nævi ou plus, mesurant plus de 2 mm, multiplie le risque par 4 ou 5. La présence de nævi atypiques, (larges, irréguliers) ou de nævi congénitaux (présents dès la naissance) augmente également le risque de mélanome.
Vous devez conseiller à votre cliente d’en parler avec son médecin traitant ou son dermatologue pour évaluer son risque et la fréquence appropriée des examens de sa peau.
